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Les éditions du Chemin de Fer
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Renata n'importe quoi
Catherine Guérard
- Les éditions du Chemin de Fer
- Petite Ceinture
- 23 Janvier 2026
- 9782490356607
Renata n'importe quoi a paru une première fois en 1967, c'était le deuxième livre de la très discrète et mystérieuse Catherine Guérard après Ces princes paru 12 ans plus tôt. Dans ce roman, Catherine Guérard nous emporte dans le monologue de son héroïne, bonne à tout faire, qui décide un jour de quitter ses patrons pour devenir "une libre". Ce sont trois jours et deux nuits d'errance, à marcher dans les rues, s'asseoir sur les bancs, regarder les passants et écouter les oiseaux. La narratrice va se confronter à un monde qu'elle semble découvrir au fur et à mesure qu'elle l'arpente, un monde qui la rejette systématiquement, elle dont la liberté ne peut souffrir aucune entrave. Le plus saisissant dans ce roman est la réussite magistrale d'un parti pris formel : une seule longue phrase ponctuée de quelques virgules et majuscules judicieuses. Le flot du texte emporte le lecteur dans les ressassements et les obsessions d'une pensée pleine de candeur mais toujours déterminée et dangereusement radicale. Publiée pour la première fois en 1967, cette oeuvre résonne aujourd'hui comme un hymne prémonitoire. N'annonce-t-elle pas le vent révolutionnaire qui soufflera bientôt sur un monde corseté dans ses certitudes et empêtré dans sa peur de manquer ou de perdre ses acquis ? Renata n'importe quoi c'est un trésor qu'une communauté de lecteurs initiés se transmet comme une pépite, qui nourrit une réflexion profonde et nécessaire sur l'absurdité de nos sociétés, la loi, l'argent, le travail et la consommation. Ou pour le dire autrement : comment refuser l'aliénation qui nous est imposée sans apparaître soi-même comme un aliéné dans le regard des autres ?
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Vie de Gilles
Marie-Hélène Lafon, Denis Laget
- Les éditions du Chemin de Fer
- 14 Février 2025
- 9782490356515
Le livre réunit deux nouvelles qui se font écho et qu'il faut lire comme deux épisodes de la vie de Gilles. Gilles c'est le frère de Claire et Isabelle, qui étaient les personnages du dernier roman de Marie-Hélène Lafon, Les sources.
Si la première partie "La confession" évoque le personnage de la Nini, qui fait le catéchisme aux enfants, c'est bien Gilles qui est au coeur du texte. Gilles enfant, qui imagine l'enterrement du père, qui a hâte d'être un homme sans bien savoir ce que cela veut dire. Gilles incapable de trouver les mots pour se confesser, car ce sont des pensées et des pulsions intimes qu'il faudrait dire.
Dans la seconde, "Cinquante ans", Gilles est devenu adulte. Sa soeur Claire qui habite Paris revient dans la ferme familiale pour quelques heures. Les usages et habitudes de la maison, les souvenirs de la vie d'avant lui reviennent, mais c'est Gilles qu'elle attend et redoute en même temps. Gilles, le taiseux qui, contrairement à elle, n'a pas quitté le monde d'où tout deux viennent, son frère qui reste littéralement embourbé dans la terre qui l'a vu naître.
Vie de Gilles est un double portrait dans lequel le lecteur retrouve les sources, les lieux et l'univers de Marie-Hélène Lafon : le Cantal, la vallée de la Santoire, le monde paysan et la ferme isolée d'où elle vient, auxquels son oeuvre revient sans cesse et que son écriture creuse et transfigure depuis de nombreuses années. -
La bête dans la jungle : Adaptation théâtrale de la nouvelle d'Henry James
Marguerite Duras
- Les éditions du Chemin de Fer
- Micheline
- 6 Février 2026
- 9782490356621
La bête dans la jungle est une histoire d'amour ou plutôt l'histoire d'un aveuglement, d'un acte manqué, une histoire à la fois banale et tragique : passer toute sa vie à côté de ce qu'on cherche sans le voir.
Lors d'une réception dans un château anglais, vers 1880, un homme, John Marcher, et une femme, Catherine Bertram, se rencontrent. Ils parlent et voilà que s'impose l'étrange sentiment de s'être déjà vus quelque part. Elle se souvient parfaitement et le laisse s'égarer dans les erreurs de sa mémoire avant de lui rappeler : c'était à Sorrente, l'été, il y a des années. John lui avait confié une chose encore dite à personne, qu'il avait au plus profond de lui la conviction d'être réservé à un sort très rare et mystérieux, à un événement d'ordre extraordinaire, peut-être même terrible, terrifiant. Ensemble, Catherine et John vont attendre leur vie durant qu'advienne cet événement, que surgisse cette bête que John sent tapi dans la jungle et prête à bondir sur lui. Catherine va accompagner cette attente, en retrait, discrète, n'osant ou ne pouvant pas dire qu'elle est là, qu'elle sait. Seule la mort de Catherine révélera à John, trop tard, ce qu'était cet événement.
L'intrigue de la nouvelle d'Henry James est déjà, en elle-même, une histoire d'impossible amour durassien. Au début des années 60, la télévision française demande à James Lord d'adapter la nouvelle pour le théâtre. Celui-ci réalise une adaptation en anglais qu'il demande à Marguerite Duras de traduire en français. Celle-ci prend quelques libertés avec la version de James Lord, les relations entre les deux se tendent. La pièce est finalement montée au théâtre de l'Athénée en 1962. La presse se déchire entre les partisans qui évoquent Tchekov et notent déjà l'entêtante musique du texte, indissociable de l'oeuvre de Duras, et les détracteurs qui dénoncent une pièce mortellement ennuyeuse. Au début des années 1980, Marguerite Duras reprend l'adaptation à la demande d'Alfredo Arias, qui la met en scène au théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis, avec Delphine Seyrig et Samy Frey. Avec cette deuxième adaptation, Marguerite Duras s'approprie définitivement la trame de la nouvelle d'Henry James pour en faire une oeuvre propre. ELL la publiera en 1984 dans le volume 3 de son théâtre chez Gallimard. C'est cette version que nous reprenons ici en lui adjoignant en annexe la version inédite de 1960, conservée à l'IMEC. Le lecteur pourra ainsi mesurer, à la lecture de ces deux versions, comment, par la magie de la réécriture, une oeuvre qui restait assez classique devient définitivement une oeuvre durassienne
La postface de Mireille Calle-Gruber éclaire lumineusement ce processus de réécriture et met en lumière les liens entre la nouvelle d'Henry James et les thèmes - l'amour impossible, le chant de la mémoire, la douleur, l'attente, le silence - qui parcourent toute l'oeuvre de Marguerite Duras. -
Tryggve Kottar
Benjamin Haegel
- Les éditions du Chemin de Fer
- Petite Ceinture
- 23 Janvier 2026
- 9782490356614
Tryggve Kottar vit à l'écart d'un hameau, dans un temps incertain, quelque part en Scandinavie. Ses journées ne sont contraintes que par le travail du potager, et s'écoulent paisiblement entre introspection et contemplation de la nature. Quand un élan, à la saison de ses amours, vient affoler cette quiétude par ses ébats, tout bascule alors inexorablement dans la vie jusque là délicieusement hors du monde de Tryggve Kottar.
Dans ce premier roman, porté par une langue d'une profonde originalité, Benjamin Haegel s'attaque à une histoire hallucinante qui nous plonge sans ménagement dans la face érotique du retour à la nature, qui nous emporte, sans que l'on s'en méfie, à la découverte de la part animale qui affleure sous le vernis de notre apparente humanité. -
Le pin, les moineaux, et toi et moi : Nouvelles inédites
Katherine Mansfield, Anne Besnault
- Les éditions du Chemin de Fer
- Petite Ceinture
- 6 Juin 2025
- 9782490356553
Trente-deux nouvelles inédites en français de Katherine Mansfield (1888-1923), la plus grande écrivaine néo-zélandaise - proche de Virginia Woolf et de D. H. Lawrence - dont l'oeuvre est fondatrice de la nouvelle contemporaine.
Dans la voix impalpable qui anime les nouvelles de Katherine Mansfield, quelque chose reste toujours en souffrance : une secrète obsession du temps et de la mort, la menace constante de la solitude ou de l'abandon, un cri sourd contre toute forme de violence, mais aussi les palpitations joyeuses du "moment de vie" lorsque celui-ci annule la fuite perpétuelle du présent : le rire d'un enfant, les mots réconfortants d'un parent ou d'un ami, le bruissement délicieux de la nature.
Le lecteur de ces inédits découvrira ainsi, ou redécouvrira, le génie de Katherine Mansfield lorsqu'elle donne la parole aux enfants : cet incroyable façonnage de la langue, de son rythme, de son lexique, de ses torsions enfantines magiques. Mais il découvrira ailleurs, comme en contrepoint, la veine tout à la fois réaliste et satirique de Mansfield qui s'avère être un des aspects centraux de son oeuvre, une arme littéraire irrésistible contre la domination impérialiste et masculine, l'utilisation des clichés, le prêt-à-penser, l'assujettissement aux codes de l'élitisme culturel et du rapport amoureux. -
La rose et l'anneau
William Thackeray, Alain Le foli
- Les éditions du Chemin de Fer
- Le Tortillard
- 17 Octobre 2025
- 9782490356577
En 1854, alors qu'il est déjà célèbre dans son pays grâce à La foire aux vanités et à son autobiographie, Pendennis (1850), plus célèbre encore aux États-Unis d'où lui est venue la renommée, William Makepeace Thackeray est à Rome. C'est au moment de Noël, pour ses filles, qu'il imagine la trame d'un conte de fées qu'il décrit comme une pantomime à jouer au coin du feu. De fait si tous les personnages du conte de fées sont bien réunis, c'est d'une parodie bien burlesque qu'il s'agit : la chronique politique, militaire, psycho-physiologique et amoureuse du règne de Valoroso XXIV, roi souverain de Paphlagonie.
La rose et l'anneau met en scène des idiots royaux, rois usurpateurs et princes dépossédés de leur trône légitime, le tout mené sous la baguette de la fée Bâton-noir qui complique les relations amoureuses en jetant entre tous les protagonistes un anneau magique et une fleur à la boutonnière qui rendent ceux qui les porte irrésistibles. Thackeray n'épargne aucun de ses nobles personnages, tour à tour contraints de tenir d'horribles promesses, d'affronter des lions affamés dans une arène, de parcourir la campagne en haillons ou d'espérer un sursis de dernière minute.
Conte pour enfants de son temps, La rose et l'anneau est bien plus un conte pour adultes qui résume tout ce que l'écrivain est à quarante-trois ans - notablement son goût pour l'Histoire, son obsession du snobisme, son effort vers une liberté de ton devant laquelle il a renâclé jusque-là, allant jusqu'à pasticher malicieusement Rebecca et Rowena de Walter Scott.
À l'origine du récit, un épisode du temps désastreux : la guerre de Crimée, qui débute en 1853 et donne à Thackeray le vocabulaire et la carte des opérations. Il s'agissait alors de défendre l'Empire ottoman contre l'invasion russe. La Crime-Tartarie est la Russie, les Paphlagoniens sont les Turcs. Parti de là, le conteur se réfugie dans les Temps Reculés, et les parsème d'allusions contemporaines anglaises, allusions à des jeux, à des sports, à des nuances de comportement, à l'université de Cambridge où il fit ses études. Cette transposition taquine le conduit à suggérer, sur un canevas de bêtises, de traîtrises et de catastrophes, la malfaisance satisfaite de la comédie politique et, à travers elle, la pérennité du malheur humain. Difficile de ne pas y voir de multiples résonances avec notre monde présent.
Pour de nombreux critiques, La rose et l'anneau, tant par les similitudes d'écriture (conte imaginé pour des enfants que les auteurs couchent ensuite sur le papier), que par la fantaisie que les deux textes se permettent pour se moquer de ses contemporains, précède et annonce Alice aux pays des merveilles, de Lewis Caroll. L'autre rapprochement qui s'impose l'est avec Ubu Roi d'Alfred Jarry, tant les analogies entre les deux textes sont légion. -
«Se barrer à vingt ans d'un pays qui sort d'une dictature atroce et ouvre ses frontières, rien d'étonnant là-dedans. Franchement ça a été la première chose réellement bandante qu'elle ait faite depuis sa naissance. Ou presque.»
Mars Violet est un roman total, un roman monstre. Oana Lohan, met tout ce qui fait sa vie, son éducation, la révolution, les blessures et les deuils, la fuite, l'exil ou le retour, les amours et les errances dans ce texte furieusement intime et complètement rock.
Le pivot du livre, c'est une nuit de décembre 89 aujourd'hui entrée dans l'histoire, le soir où les Ceausescu vont tomber, le jour où la Roumanie communiste va finir, pour entrer tout à trac dans le magma du capitalisme sauvage. Mais cette Histoire avec un H majuscule a une tout autre saveur quand elle est vécue au ras des événements, quand elle est racontée à chaud par une jeune fille un peu bizarre et son groupe d'amis, partis à la recherche d'un des leurs disparu, eux-mêmes égarés dans les circonvolutions d'une nuit de révolution qui mêle la panique à l'exaltation, l'incompréhension à l'inquiétude.
Oana Lohan tisse une toile narrative complexe où se croisent des souvenirs d'enfance, ceux de la Roumanie communiste dans laquelle elle a grandi, des souvenirs plus intimes ou formateurs, ceux de l'Europe postcommuniste où elle a poursuivi sa voie et sa soif d'expérience de la fin des années 80 à nos jours. On y croise une foule de personnages décrits en touches de couleurs vives qui dresse, au-delà du portrait autobiographique, le portrait intime et déjanté d'un pays aujourd'hui disparu, la Roumanie d'avant 89.
Ce roman est un alcool fort que l'on déguste en gorgées avides. -
Là où se forment les montagnes
Pauline Allié, Carlotta Bailly-Borg
- Les éditions du Chemin de Fer
- 22 Août 2025
- 9782490356560
Pour sa fille enceinte et empêchée d'assister à l'enterrement du père, une mère se souvient et, raconte l'homme malade avec qui elle a partagé sa vie. Peu de place ici pour la psychologie. Le roman se concentre, patiemment, sur des sensations liées aux petites choses du quotidien, au temps qui passe, aux gestes, aux verbes, aux objets qui constituent la vie et qui, mis bout à bout, créent un délicat récit intime, souvent déroutant de sincérité. Ce monologue est celui d'une femme enfermée dans un quotidien rétréci par la maladie de son mari où pointe pourtant, par petites touches, quelque chose de plus vaste. Cette femme donne à la fois de l'attention, du soin et de l'amour petitement dit et le raconte avec les mots simples, touchants, parfois drôles qui sont les siens.
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La vie fragile
Virginie Billaudeau, Louise Pommeret
- Les éditions du Chemin de Fer
- 14 Mars 2025
- 9782490356522
C'est une maison à la veille de sa démolition. Demain les hommes de la route viendront et effaceront le lieu.
Une femme passe la nuit en ce lieu déserté, ce sont les dernières heures de ceux qui l'habitent encore et ne peuvent le fuir. Les voix humaines se sont depuis longtemps tues, l'heure est venue d'en entendre d'autres. Des voix qui ont fait le lieu, qui ont vu la ferme sortir de terre, la vie s'y déployer. La femme vient recueillir l'histoire d'un siècle : en 1910 il y a eu les Marsand, trois générations de fermiers. Puis l'homme qui s'est installé quand la lignée des paysans s'est éteinte. Enfin elle, l'échouée, venue trouver refuge il y a quelques années. -
Ce qui est resté d'un Rembrandt déchiré en petits carrés bien réguliers, et foutu aux chiottes
Jean Genet
- Les éditions du Chemin de Fer
- Micheline
- 1 Juin 2013
- 9782916130545
Ce qui est resté d'un Rembrandt déchiré en petits carrés bien réguliers, et foutu aux chiottes a été publié pour la première fois dans la revue Tel Quel en 1967. Le titre doit être pris littéralement : en 1964, suite au suicide de son compagnon, Jean Genet détruit les manuscrits sur lesquels il travaille, dont un consacré à Rembrandt. Quelque temps auparavant deux fragments en avaient été confiés à un traducteur, ce qui les sauve de la destruction.
Pour Tel Quel, Jean Genet les place en vis-à-vis sur deux colonnes, faisant de l'un le commentaire de l'autre, mise en forme radicale qui laisse entendre que toute parole est double.
Le premier fragment fait allusion à un épisode fondamental de sa vie : «un jour, dans un wagon, en regardant le voyageur assis en face de moi j'eus la révélation que tout homme en vaut un autre». Cette expérience profondément humaniste est mise en regard du second fragment où il évoque sa fascination pour les peintures de Rembrandt.
L'épisode du train apparaît alors pour lui comme un événement aux conséquences fondamentales : si tout homme en vaut un autre, la puissance érotique se délite, tout individu devenant le sujet possible de l'art.
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Le 3 décembre 1956, l'abbé Desnoyer, curé à Uruffe, tue sa maîtresse, Régine Faye, 19 ans, qu'il a mise enceinte, d'un coup de revolver puis l'éventre à l'aide d'un canif, tue le foetus (âgé de huit mois et donc viable) et le défigure à coups de couteau pour qu'on ne puisse reconnaître qu'il en est le père. Ce fait divers sordide défraye la chronique des années 50 et 60 et hante la littérature française.
De son crime, le curé d'Uruffe ne s'expliqua jamais. Silence de la foi. Silence au procès. Silence en réclusion. Silence dans l'obscurité d'une abbaye du Morbihan qu'il rejoignit à sa sortie de prison en 1978 et ce jusqu'à sa mort en 2010..
C'est à ce silence que tente de répondre Hubert Gonnet avec Le grand scandale roman monstre à plus d'un titre. Par son personnage d'abord, inspiré du curé d'Uruffe. Par sa structure ensuite, puisque ce roman qui se déploie sur plus de 500 pages est constitué de deux récits qui se font face, page de gauche, page de droite, mélodie et accompagnement comme les appelle l'auteur dans son avertissement au lecteur qui introduit le livre.
Page de gauche donc, le récit de l'enquête qui suit le meurtre de Rose Médieu jusqu'au procès de l'abbé Jacques Dupin. Page de droite, le monologue intérieur du prêtre, sa "confession", tentative de saisir la complexité, les contradictions d'un homme d'Église qui préféra le crime au suicide car l'Église interdit le suicide.
Gonnet choisit d'entrer dans la psyché de l'abbé par un redoutable stratagème, livrant deux romans en un. Mais en véritable démiurge, il sait agencer les vis-à-vis pour que la lecture reste toujours fluide.
Le grand scandale tient autant des grands romans bernanosiens sur le fond, passionnante réflexion sur le mal, ses racines et leur intrication au sacré que du Nouveau Roman par sa forme. -
Rue Castellana Bandiera
Emma Dante, Eugenia Fano
- Les éditions du Chemin de Fer
- Les Pas Perdus
- 13 Septembre 2024
- 9782490356461
La rue Castellana Bandiera est une rue étroite de Palerme, à double sens, où deux voitures pourtant ne peuvent se croiser. La voiture de Rosa s'engage dans la rue au moment où celle de la famille Calafiore, conduite par Samira, arrive dans le sens opposé. Ni Samira ni Rosa ne sont prêtes à faire marche arrière. Ce sont deux mondes qui d'ordinaire ne se rencontrent jamais qui s'affrontent, deux femmes bien décidées à prendre leur revanche sur les blessures que la vie leur a infligées.
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Mon travail d'écrivain n'autorise à mes yeux aucune concession : Lettre à Federico Mayor
Claude Simon
- Les éditions du Chemin de Fer
- 15 Janvier 2025
- 9782490356508
En 1986, Claude Simon, convié par l'écrivain Chinghiz Aitmatov, accepte de participer au Forum d'Issyk-Kul, au Kirghizstan, en compagnie d'autres invités de marque, dont Peter Ustinov, James Baldwin et Arthur Miller. Le forum se tient du 14 au 17 octobre 1986. Dix-huit éminents créateurs du monde entier, les figures les plus célèbres et les plus importantes dans le domaine de la littérature, de la culture et de l'art de l'époque, sont réunis, en pleine Perestroïka, pour discuter, excusez du peu, des problèmes globaux de l'avenir de l'humanité à l'aube du 21e siècle, et échanger leurs points de vue à ce sujet. Lors du voyage de retour, les invités sont reçus par Gorbatchev, à Moscou.
De retour en France, Claude Simon reçoit la déclaration finale du Forum, qu'il refuse tout d'abord de signer, tant elle lui semble insignifiante au regard des enjeux que le Forum souhaitait embrasser. Sur l'insistance de Federico Mayor, directeur adjoint de l'Unesco (il en deviendra le directeur général en 1987), il accepte finalement de la signer. Quelques semaines plus tard, Claude Simon écrit une longue lettre à Federico Mayor pour lui exposer ses nombreuses réserves. De larges extraits de cette lettre sont publiés en novembre 1986 par le journal Le monde. Nous la publions aujourd'hui dans son intégralité, sous le titre "Mon travail d'écrivain ne mérite à mes yeux aucune concession". Elle peut être considérée comme une véritable profession de foi d'écrivain et d'intellectuel et poursuit la réflexion que Claude Simon avait amorcée l'année précédente en rédigeant le discours de Stockholm pour la remise du prix Nobel, en insistant cette fois sur le rôle que tout créateur peut avoir en tant que citoyen, engagement qui ne pourra et ne devra jamais se faire au détriment de l'acte de création. -
Suzanne, c'est la mère de Denis Belloc. Tout commence dans la banlieue ouvrière de La Rochelle en 1929. Nazaire et l'Andalouse mettent au monde Suzanne. La misère dans laquelle elle grandit est immense, la violence parfois insoutenable. À 16 ans, Suzanne rencontre Lucien dont elle tombe éperdument amoureuse et l'épouse. L'Andalouse meurt. Ils élèvent ensemble le frère et la soeur de Suzanne et bientôt deux enfants. Mais la misère colle à la peau, quand Lucien a bu, personne ne peut le maîtriser. Suzanne s'accroche malgré le désastre de son mariage. Elle reste debout face aux drames, aux tromperies et à la mort. Marguerite Duras, commentant le livre, avance le concept de "nuit sociale", et évoque "un grand et terrible roman politique", celui de la misère dans la France des années quarante. Avec une interview de D. Belloc par Marguerite Duras et une postface de Patrick Autréaux.
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Nucléus, ce qui reste, quand il n'y a plus rien
Zinaïda Polimenova
- Les éditions du Chemin de Fer
- Les Pas Perdus
- 1 Mars 2024
- 9782490356416
Une fresque haletante dans la Bulgarie des années cinquante. Un groupe d'amis, ingénieurs et architectes, travaille à la construction d'une usine qui devra être le symbole de la modernité du pays. L'histoire commence quand le groupe part pour un échange en Allemagne de l'Est, fleuron industriel du bloc communiste. Parmi eux, Theodor, étroitement surveillé par le régime, se lie d'amitié avec Emil, fils d'un artiste allemand dont l'oeuvre est désormais interdite car jugée subversive. À son retour, Theodor est arrêté sans raison et déporté à Béléné, l'un des plus terribles camps du pays... Zinaïda Polimenova signe un roman poignant sur l'arbitraire du régime communiste bulgare et son absurdité technocratique. A l'origine du livre, un album de photographies anonymes, chiné aux puces de Sofia qui semble documenter un voyage professionnel ou syndical en RDA, un échange entre deux délégations communistes. A partir des photographies de ces hommes et femmes souriants, elle imagine quelle aurait pu être la « véritable » histoire de ce voyage, en-deçà et au-delà des apparences pour retracer l'histoire de son pays dans les plus dures années du totalitarisme.
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Marceline Lantier est une vieille dame indigne qui vit de rapine, d'animaux braconnés et de mauvais vin rouge, à l'écart des autres villageois. Alors qu'elle ramasse du bois mort dans la forêt, elle croise Yann Rosengold, étudiant en sociologie qui décide d'en faire son sujet. Le jeune homme et la vieille femme s'observent, se méfient, les mots volent haut, fort et cru. Yann prend soin de Marceline qui petit à petit se laisse faire. Comme toujours dans les romans de Beck, la vie passe en un clin d'oeil, la mort aussi. Marceline meurt. On suit alors la vie de Yann, précepteur chez une aristocrate, marié à une de ses étudiantes, professeur reconnu et père de famille comblé avant de se voir rattraper par son passé. Les deux parties du roman seraient apparemment sans lien si Béatrix Beck n'avait pris soin de semer, comme des cailloux blancs, quelques repères renvoyant à ce qui émaillait naguère les échanges de Yann et Marceline : la mort, le racisme ordinaire, l'antisémitisme...
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Traversée sensuelle de l'astronomie
Jean Giono, Paul Mignard
- Les éditions du Chemin de Fer
- Micheline
- 3 Novembre 2022
- 9782490356331
Avec Traversée sensuelle de l'astronomie, Jean Giono célèbre la splendeur céleste et l'immensité de l'univers. Sous sa plume éclatante de précision et de lyrisme,
la course des astres, l'infini du temps et de l'espace deviennent l'ultime énigme à laquelle l'homme ne pourra jamais se mesurer et devant laquelle il lui faut s'incliner. La science a beau nous dire que la vitesse de la lumière est de trois cent mille kilomètres par seconde, notre instinct lui répondra toujours que la lumière est immobile. Pour Giono, c'est précisément la nécessaire modestie qui nous est imposée face à cette démesure qui peut nous permettre de préserver la liberté et la sagesse humaine. Écrit en 1938, alors que les progrès de la technique et de l'industrie faisaient perdre aux hommes le lien avec la nature et que le fracas de la guerre se rapprochait, Traversée sensuelle de l'astronomie est un texte visionnaire à bien des égards tant l'observation poétique invite à une réflexion profonde et incroyablement clairvoyante sur nos aliénations contemporaines.
Initialement publié dans La revue de Paris, Traversée sensuelle de l'astronomie est intégré ensuite au Poids du ciel, essai polémique et profus. Lui redonner une vie autonome permet aux lecteurs d'en découvrir toute la beauté et la puissance.
"À quatre kilomètres d'altitude, le ciel est bleu marine. À huit kilomètres, il est violet sombre. À dix kilomètres, le ciel est noir et poussiéreux comme un écroulement de suie. À vingt kilomètres de hauteur, le ciel est plus noir que le ciel de la plus noire nuit malgré l'éclatant soleil, et malgré le soleil de grosses étoiles vertes le déchirent. D'ici, les bonheurs commencent à se voir en bas sur la terre : un grand morceau de continent, assez étendu pour qu'on puisse en comprendre la composition et l'économie. Des grappes de montagnes, l'eau qui ruisselle, le discours logiquement déroulé des vallées à travers toutes les raisons géologiques des roches, les conclusions des plaines où déjà la plupart des mystères sont mis à la portée de l'homme. La mer ; les contours des caps, des promontoires, la flexion des golfes, l'élan général des terres qui bordent la mer, se prolongeant à ses côtés, avec toutes les tentatives d'amour réciproque des deux matières. Des troncs de fleuves. À cinquante kilomètres de hauteur, le ciel n'est plus un plafond ; il est à l'intérieur d'un océan de ténèbres. L'énorme soleil ne cache rien." -
Un homme amputé de la jambe droite est retrouvé nu, échoué sur la plage interdite de Crizal, le corps entièrement recouvert de tatouages multicolores. Il ne s'exprime que par des cris. Parlerait-il la langue des oiseaux ? Dans un monde dystopique guetté par le totalitarisme, c'est peut-être une écriture et un langage nouveau que porte le nageur unijambiste, susceptible d'ouvrir grand la porte sur le rêve et l'imaginaire.
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Nouvelles de prison
Albertine Sarrazin
- Les éditions du Chemin de Fer
- Micheline
- 4 Avril 2019
- 9782490356065
Je suis arrivée ici révoltée et bien décidée à ne rien fiche. Puis... il a bien fallu que je me mette au pas. Dix ans, ça fait long. On finit par comprendre qu'il vaut beaucoup mieux se ménager une petite détention pénarde et apprendre tout ce que l'on peut. - Le cachot, en hiver surtout, ça finit par coller des rhumatismes. Maintenant je travaille?: du service général, du bricolage?; je lis et j'écris à mes moments de loisir. Seulement, y a qu'une chose que le personnel n'a jamais pu m'ôter de la tête - c'est mon goût presque maladif de la solitude.
C'est en prison qu'Albertine Sarrazin a écrit ses deux romans autobiographiques, La cavale et L'astragale. C'est là également que fut rédigé son journal, déclaration d'amour à Julien, où dominent l'introspection et la recherche de soi.
Les nouvelles qui composent ce recueil, écrites également en prison, puisent toujours aux sources de l'autobiographie, mais dévoilent un autre visage d'Albertine Sarrazin?: celui de l'observatrice qui pose un regard empreint de gouaille, de légèreté et de tendresse sur l'univers carcéral qui fut son monde pendant huit ans. Compagnes d'un jour, amies de coeur ou de malheur, garde-chiourme détestables ou gardiennes justes, Albertine Sarrazin campe la comédie humaine à l'oeuvre dans ce huis clos qui, par la grâce de son style inimitable, devient expérience littéraire.
Un dernier texte, écrit après sa libération, clôt le recueil?: Albertine se voit décernée en 1966 le prix des Quatre Jurys. Elle écrit «Voyage à Tunis» pour décrire son émerveillement de prendre l'avion, de retourner dans son Maghreb natal, mais sait faire preuve d'une ironie féroce et pleine d'humour lorsqu'elle se peint égarée au sein de ce milieu littéraire qui n'est pas sans lui rappeler la communauté carcérale.
Ces nouvelles ont été publiées pour la première fois en 1973, aux éditions Sarrazin.
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Deux frères amoureux de soeurs jumelles similaires en tout point décident de s'en remettre au sort pour savoir qui épousera qui. Mais au bout de deux ans, le frère aîné découvre qu'il est amoureux de la femme de son frère cadet et que ce sentiment semble réciproque. S'ensuivent manoeuvres, scandales et fuites, jusqu'à la révélation finale.
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Quand le jeune Antoine Villaert croise le Général lors d'un dîner, il est loin d'imaginer que la passion vient d'entrer dans sa vie...
Publié pour la première fois en 1955, Ces princes est la chronique alerte d'un amour qui, comme tout amour de littérature, voit le jour, fleurit puis, selon les cas, mûrit, éclate, ou meurt.
Catherine Guérard joue d'une langue d'un classicisme ciselé et parfaitement maîtrisé qui ne masque pas la puissance et la profonde originalité de ce conte aux accents stendhaliens.
Car si le roman emprunte au vaudeville et au marivaudage, les amants y sont, excusez du peu en 1955, un général et un aspirant polytechnicien. Ce glissement de genre aurait pu être le propos du livre mais le génie indocile de Catherine Guérard est de ne pas faire de l'homosexualité le sujet de Ces princes, à peine un détail face à l'évidence d'un amour absolu que seule la guerre parvient à faire vaciller. Ce n'est pas à la morale ni aux conventions bourgeoises que se heurteront Antoine et le Général mais aux responsabilités de l'homme de guerre d'un côté, à la fougue passionnée du héros romantique de l'autre.
Ces princes est le premier roman de Catherine Guérard, autrice rare qui publiera douze plus tard Renata n'importe quoi, et qui fait aujourd'hui figure de météore incontournable de la littérature française.
"Et lorsque le monde craque et que les bruits sinistres des folies humaines se font entendre, l'amour ne meurt pas, mais c'est un amour qui devient triste."
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Livre phénomène, salué par la critique lors de sa parution en 1987, Néons est un récit exutoire, sans fard ni limites.
Dans ce texte écorché et douloureux, qui n'est rien d'autre qu'une quête éperdue d'amour, Denis Belloc revient sur ses années de jeunesse?: l'enfance sans père, sa mère remariée à un homme qui le maltraite, la découverte à onze ans de son homosexualité dans une pissotière, l'errance puis la prostitution sur les boulevards de Pigalle à Barbès.
La force du récit est de ne rien excuser ni juger de cette dérive implacable et parfois miraculeusement lumineuse. Il n'y a chez Belloc ni misérabilisme, ni regret, juste le pouvoir implacable d'une langue dont l'obscénité et la cruauté tour à tour révulse et fascine.
Avec une interview de Denis Belloc par Marguerite Duras,
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Noémi Duchemin est une enfant surdouée, née dans une famille dysfonctionnelle, élevée dans une décharge, recueillie après un drame familial par mademoiselle Minnier, institutrice rigide qu'elle vénère jusqu'au désenchantement lorsqu'elle découvre ce que sa sollicitude signifiait.
Nul doute que La décharge est l'oeuvre maîtresse de Béatrix Beck. C'est un roman qui, dans sa profusion, son exubérance et son extrême liberté, concentre tous les partis pris qui rendent l'autrice irremplaçable. Qui saurait aujourd'hui donner vie à une telle héroïne ?
Béatrix Beck ose tout, montre tout, renverse toutâ€...: le déterminisme, la bêtise, les conventions, les superstitions, les marges, l'inceste ou la mort sont broyés, disséqués, au fil d'un texte monstrueusement prolifique. Bien au-delà de la satire sociale, La décharge est un monument scandaleusement généreux de littérature porté par la plume alerte de Béatrix Beck et sa capacité inépuisable d'étonnement. Elle emprunte au langage populaire, s'amuse des rythmes, se joue du verbe pour le plus grand bonheur du lecteur qui en sort estourbi mais réjoui.
Rob Miles relève le défi d'accompagner en image ce roman foisonnant. Il multiplie les points de vue, parsème ses dessins d'indices et de références au texte tout en bousculant l'espace et sa logique. Lui aussi brise avec malice la convention d'une représentation linéaire. Gageons que Béatrix Beck aurait adoré cette liberté.
La décharge a reçu le prix du livre Inter en 1979.
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Scénario de La route des Flandres
Claude Simon
- Les éditions du Chemin de Fer
- Micheline
- 12 Avril 2023
- 9782490356362
«Dans la brume jaunâtre des premiers plans du générique, une silhouette grise de dragon 1940, le sabre haut, s'incline sur le côté et s'écroule au ralenti comme un cavalier de plomb mis sur le feu, les pattes de droite du cheval fondant peu à peu tandis que se déchaîne une rafale de coups de mitraillette en même temps que le bruit d'une galopade effrénée.»
On connaît l'immense écrivain, prix Nobel de littérature, mais on oublie trop souvent l'homme d'images, photographe, dessinateur, plasticien polyvalent et visionnaire qu'était Claude Simon.
Alors que La route des Flandres paraît en 1960, Claude Simon met au point, dès l'année suivante, le scénario de son grand roman choral. Ce texte, d'une écriture somptueuse et d'une précision incroyable, publié ici pour la première fois, donne littéralement à voir le film qu'imaginait l'écrivain. Comme l'écrit Mireille Calle-Gruber dans sa riche et passionnante postface, «la lectrice ou le lecteur du scénario émerge, abasourdi, écarquillé, comme halluciné, du vertige d'images ainsi mises en scène, que relient entre elles et les péripéties des émotions humaines et les mouvements de l'oeil inhumain de l'objectif.»
En 1992, après l'échec d'une tentative en 1977 de réaliser lui-même le film, Claude Simon s'accorde avec la réalisatrice Michelle Porte pour donner vie au projet mais pose ses conditions : «Il est pour moi impensable qu'un film soit réalisé à partir de mon roman La route des Flandres sans ma participation et mon approbation à tous les niveaux : découpage, choix et direction des acteurs, décors, musique, tournage.» Face à ces impératifs et en dépit de nombreuses divergences, le film aurait vu le jour sans le refus de l'avance sur recettes qui oblige Michelle Porte à le redimensionner pour la seule télévision. Cela, Claude Simon ne peut l'accepter, ce serait «un peu comme si j'avais à écrire un roman dans un délai imparti, ou si un éditeur me demandait de condenser en cinquante pages un roman de quatre cents».
Le scénario de La route des Flandres est le roman d'un film qui n'aura jamais vu le jour.
Édition établie par Mireille Calle-Gruber. Avec un cahier iconographique de 16 pages, une postface de Mireille Calle-Gruber, suivie des lettres inédites de Claude Simon à Michelle Porte.
«Non seulement j'ai écrit La route des Flandres, mais encore je l'ai vécue. Vous comprendrez alors mon souci que n'intervienne aucune altération de sorte que si je ne me trouvais pas en mesure de donner mon accord sur tous les points, même de détail, le film ne pourrait pas se faire.»
Extrait d'une lettre de Claude Simon à Michelle Porte