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Le port a jauni
-
Moi, ce n'est pas de pain dont j'ai envie
Haydar El-Ghazali, Nisrine Suleimane, Hamed Achour, Thomas Azuélos
- Le port a jauni
- 7 Novembre 2025
- 9782494753334
"Moi, ce n'est pas de pain dont j'ai envie,
seulement d'une mort ordinaire, une mort sans lambeaux de chair,
une mort plus attrayante que celle qu'on nous sert au quotidien
dans les salles de rédactions et les cuisines de l'information,
une mort insolite, confidentielle,
et qui n'aurait pas déjà été utilisée par cinquante mille autres avant moi"
Ce recueil rassemble cinq poèmes écrits par Hamed Achour et Haydar El-Ghazali, jeunes poètes et Nisrine Suleimane, jeune poétesse, vivant aujourd'hui à Gaza :
une supplique pour emporter cette nuit qui pèse sur nos poitrines,
une question « comment tu vas ? Je vais en ruines »
une voix de gardien dans un cimetière à Gaza
une envie de mourir dans un lit, pour rien, ni pour une cause, ni pour quelqu'un
une pensée de goutte d'eau.
Ce qui relie ces poèmes, c'est la présence entremêlée de la vie et la mort. La mort est dans la vie, la vie est pleine de mort. Impossible de savoir si la voix émane d'un.e vivant.e ou d'un.e défunt.e. Les mondes sont inversés, les ruines et les corps sont omniprésents, et c'est la poésie de trois jeunes poètes.se qui les charrie vers nous.
La peinture de Thomas Azuelos témoigne de corps empilés, entrelacés, perdus dans une masse rendue informe, dont rien ne dit si elle est inerte ou vive.
Dans cette peinture abstraite de l'humanité, la même page peut nous apparaître terrible et évoquer un charnier. D'autres fois, elle nous semble douce et l'on devine des visages humanisés. -
Pour fêter le Printemps de poètes 2026, ce nouveau titre de la collection KALIMAT explore les chemins, les graines, les racines, l'humus, les vers, la mousse... Tout ce que l'on voit et que l'on sent lorsqu'on va par les sentiers, fouler l'herbe menue ! Les mots sont simples, les dessins aussi, tout est sensoriels ici, la poésie jaillit des mots reliés par cette marche légère.
KALIMAT signifie « mots » en arabe.
Les lettres et les mots sont au coeur de cette collection lancée par Le Port a jauni en octobre 2024.
Après la collection POÈMES dédiée au chant croisé des langues arabes et françaises, RACINES dédiée à la structure de la langue arabe, nous arrivons à la structure de base, au coeur de la langue et de la poésie : le mot, en arabe, avec sa transcription phonétique et sa traduction en français.
Comment rassembler des mots ? Selon quels principes ? Rien de plus facile : tous les principes sont bons ! Abécédaires, imagiers, série de mots autour d'un lieu, d'un thème, de couleurs ou d'animaux, jeux de mots, mots rassemblés de façon poétique ou politique, etc. : la collection KALIMAT est avant tout une proposition ludique qui permet de découvrir et apprendre 32 mots (ou plus) en arabe, dans un petit format précieux de 11x16 cm, 32 pages, aux bords arrondis et au petit prix de 8E. -
Je meurs d'amour et de colombes
Edith Azam, Juliette Iturralde
- Le port a jauni
- 3 Octobre 2025
- 9782494753310
"Je meurs d'amour et de colombes
je meurs de mémoire et d'invention
je meurs des pleurs d'une jonquille
mais le Paradis une fois
mais le Paradis une fois...
Je suis malade des orties bleues
malade des statues qui transpirent
malade des horreurs de cave et des odeurs de caniveaux
je suis malade de vous aimer surtout quand vous ne m'aimez pas
je suis malade de mon cerveau
je suis malade de ne pas l'être.
Je meurs dans le rire du vent
je meurs de morsure et de joie
je meurs à en perdre la tête
mais le Paradis une fois
mais le Paradis une fois...
je meurs dans les violettes sauvages
je meurs dans le coeur d'un inuit
je meurs d'amour sur la banquise
je meurs, et voudrais me cacher
mais dans mes veines : le Paradis !"
Le poème d'Edith Azam dit mieux que tout ce qui est à l'oeuvre dans ce recueil : écrire sur l'amour, les raisons de vivre, la joie, l'attente, l'exaspération, l'invocation, la joie à nouveau. L'écriture d'Edith Azam est magnifique et puissante. Elle se lit et s'entend à tous les âges. Elle s'oralise et s'amplifie à chaque nouvelle lecture.
Pour accompagner cette écriture, Juliette Iturralde remplit des pages et des pages de femmes qui chantent dans l'eau, de femmes qui crient, de paysages aux feutres et feuillus qui, on ne saurait dire pourquoi, semblent chanter eux aussi. Et nous avons pioché parmi ses dessins fleuves pour les assembler et faire échos aux poèmes fleuves d'Edith Azam.
Je meurs d'amour et de colombes est le second recueil d'une série consacrée à l'écriture d'Edith Azam. Nous avons publié en 2024 le premier volume, Rien à faire, on s'embourbe (avec des illustrations de Pauline Barzilaï), sélection Pépites du SLPJ de Montreuil dans la catégorie Fiction ados. -
Printemps rouge
Louise Martin Burgier, Chloé Fraser, Miranda Beshara
- Le port a jauni
- Poèmes
- 5 Mars 2025
- 9782494753235
Que se passe-t-il pendant ce Printemps rouge, exactement ?
Rouge colère, rouge sang, rouge règles, rouge corps qui gît en bas d'une fenêtre, rouge fleurs du printemps ?
Reposée, c'est mieux comme ça, au soleil qui ne la brûle pas, qui l'accueille, Louise Martin Burgier laisse flotter son écriture entre les différentes lectures possibles.
Ce poème pourra vous sembler selon les jours, profondément désespéré, légèrement menaçant et inquiétant, vraiment joyeux. Le printemps rouge est un poème magnifique écrit par une "jeune fille en fleur", au lendemain des années Covid et au début de son adolescence.
Lors d'un salon du livre à Sucé-sur-Erdre à côté de Nantes en 2023, Le Port a jauni était invité à intervenir dans plusieurs collèges. Les classes avaient particulièrement bien préparé les rencontres, nous gardons un souvenir ému des créations faites par les élèves inspiré.es par nos livres, un souvenir ému de leurs questions, de leur enthousiasme.
Louise Martin Burgier était l'une de ces élèves, elle s'est élancée pour lire son poème, Printemps rouge. Le poème nous a semblé incroyablement mûr et polysémique, nous avons réfléchi un temps, puis proposé de le publier. Pour la première fois, nous publions le poème d'une adolescente, dont nous pensons qu'il peut parler à tout un monde, dans la tristesse, dans des questionnements existentiels, dans la joie de contempler les saisons...
Et puis, il y avait ces arbres rouges de Chloé Fraser, publiés sur les réseaux sociaux. De grandes peintures de nature rouge, dans un style proche de l'hyper réalisme américain : tout est calme, et pourtant, quelque chose menace... Nous avons commandé à l'illustratrice d'autres images dans la même série : son illustration construit une narration parallèle à celle du poème, comme une promenade dans un paysage en dégradé de rouges, accueillant et inquiétant. -
Ma mère a refusé que quiconque écrive sur nos corps
Mustapha Benfodil, Amine Hanine, Thomas Azuélos
- Le port a jauni
- Poèmes
- 16 Août 2024
- 9782494753150
"Ma mère a refusé que quiconque écrive sur nos corps" et c'est elle qui écrit : nom, prénom, père, mère, lieu et date de naissance..., pour que les corps ne se dispersent pas, pour que l'humanité demeure.
Lorsque nous entendons ce poème pour la première fois, il résonne avec les périodes sombres de l'espèce humaine. Il demeure et fait son chemin, dans nos corps, comme un cri pour l'humanité, venu de Palestine par la voix de Hanine Amine et de Mustapha Benfodil.
La peinture de Thomas Azuelos explore ce chemin et ce cri : il donne à voir le corps, entre lambeaux et humanité magnifiée, entre horreur et jouissance. -
LE SOLEIL DE LOUXOR
Ramona Bádescu, Benoît Guillaume
- Le port a jauni
- Poèmes
- 23 Mai 2025
- 9782494753297
"Le soleil de Louxor" est dédié au soleil, comme un motif qui rythme les poèmes en mouvement autour de ce village de Haute Égypte et son temple de l'Égypte antique, sur la rive droite du Nil, face au village de Gourna et ses tombes de l'Égypte antique.
Le motif du soleil vient nourrir les dualités propres à ce lieu :
- l'ombre / la lumière,
- les vivants / les morts,
- Louxor sur la rive droite où le soleil se lève, où l'on vit et prie / Gourna de la rive gauche où le soleil se couche et où l'on meurt et voyage vers l'au-delà,
- le jour / la nuit.
Ce recueil de poèmes est bâti comme une architecture autour du soleil, qui structure le livre et son langage.
"Le soleil de Louxor" est le troisième livre de la trilogie consacrée à l'Égypte par le duo Ramona Badescu et Benoît Guillaume.
Voyageant ensemble de Tanger ("Par hasard", 2019), à Marseille ("Bus 83", 2020), à l'Égypte, ils s'installent au même endroit au même moment, l'une écrit tandis que l'autre dessine, et au fil des jours, naissent les livres.
Après "L'heure égyptienne" (2023) consacrée au temps et au rythme des grandes villes Le Caire et Alexandrie.
Après "Les yeux Fayoum" (2024) consacrés au portrait et au regard à travers le temps dans cette oasis proche du Caire.
"Le soleil de Louxor" vient clore ce cycle avec celui du soleil. -
Il y a d'abord les carnets à dessin de Walid Taher qu'il remplit de façon compulsive sur des thèmes libres et qu'il nous montre à chaque retrouvaille. Au printemps 2023, Walid Taher déclinait les montagnes et leur donnait des noms : nous en avons fait un livre au titre et aux poèmes tout simples, Les Montagnes (Le Port a jauni, avril 2024). À l'automne 2023, Walid Taher remplissait des carnets sur le temps qui passe, la fugacité des heures, les visages et les montres, les horloges et les bateaux, les passants dans la rue, les chiffres et les aiguilles : une déclinaison sur l'existence, le collectif et l'éphémère.
Walid Taher ne se pose jamais la question du dessin « publiable », des bords perdus, de la qualité du papier, de sa transparence, des matières impossibles à scanner... Il remplit de dessins ses carnets au papier de qualité médiocre, de petit format, jusqu'au bord des pages, à ras bords et quand un carnet est fini, il le confie au Port a jauni !
Et là, nous commençons à réfléchir ensemble...
Pour cette série de dessin, un poème nous est apparu comme une évidence, car lui aussi parle du temps qui passe, et il attendait ses images !
Avant les dessins de Walid Taher, il y a en effet un poème : Tant de temps, que Bernard Friot nous a confié depuis plusieurs années. Tant de temps commence et finit comme un jeu de mots homonymes.
---Tant de pierres.
Temps des pierres.
---Tant, tant de temps.
Pour les temps des temps.
On aurait pu en rester là, tant de jeux de mots à faire sur le temps !
Mais la ritournelle se diversifie et le rythme s'intensifie. Le poème devient plus complexe, il explore le temps des hommes, tant de jours et temps des nuits. Il plonge dans les chemins de vies, les cris, les corps, tant de joies et temps des guerres. Il y a quelque chose de dramatique soudain, on sent le temps qui presse, il reste tant à vivre, une tension s'installe, on passe par le temps des hivers glacés, et des loups affamés, et du silence qui ouvre ou ferme le poème.
Il y a tant à comprendre dans ces jeux de mots sur le temps.
Les dessins de Walid Taher et le poème de Bernard Friot n'ont pas été faits ensemble, mais pourtant ils étaient faits l'un pour l'autre. Nous n'avons eu qu'à trouver le rythme graphique du livre, en jouant sur la transparence des pages, qui relie le temps et le poème, le dessin et son carnet.
Et puis, il y a eu la traduction : comment rendre ces jeux de mots du français vers l'arabe ?
Golan Haji a pris son temps : il y a tant de mots en arabe pour dire le temps !
Zaman, dahr, waqt, kharîf, 3asr, joulba, sabt, sabât, fatra, 3ajoûz... sont autant de nuances d'intensité, de moments de la journée, de saisons. Certains de ces mots sont usités aujourd'hui, d'autres sont anciens et plongent dans les origines de la langue arabe. La traduction de Golan Haji est savante et ludique : il joue avec chacun de ces mots pour retrouver un rythme et un sens pour chaque duo de vers. Il explore un genre poétique arabe ancien nommé al-jinas qui utilise le principe des racines arabes pour les intervertir et jouer avec les sons, les allitérations.
« Pour la poétique arabe du moyen-âge, l'allitération (al-jinas) consiste à répéter dans un vers la même ou les mêmes syllabes, ou encore des mots ayant une même racine. C'était un jeu qui dotait quelquefois le vers d'une certaine harmonie, mais qui, le plus souvent, conduisait à la cacophonie ! Ce qu'on est accoutumé à appeler aujourd'hui « harmonie imitative » est une idée fort nouvelle » écrit Amjad Trabulsi dans une thèse consacrée à La critique poétique des Arabes jusqu'au Ve siècle de l'Hégire (XIe siècle de J.C.), Ifpo, Damas, 2014.
Donnons un exemple simple de ce jeu autour des trois lettres H-r-b : on retrouve ces lettres dans les mots Harb, la guerre, Hibr, l'encre, baHr, la mer, ribH, le profit, raHiba, accueillir. L'art du jinas est d'écrire un poème intégrant tous ces mots aux consonnes inversées !
Dans sa traduction de Tant de temps, hadrou-d-dahr, et dans tous les poèmes du recueil, Golan Haji joue sur ce même principe dans une composition poétique virtuose en arabe contemporain ! -
Les jumeaux de Bargo
Salah Elmour, Salah Emour
- Le port a jauni
- Poèmes
- 5 Septembre 2025
- 9782494753303
Le point de départ de l'histoire est un dicton soudanais, à partir duquel Salah Elmour a laissé flotter son imagination. Le dicton dit « les jumeaux de Bargo ne se séparent jamais » pour signifier que des amis qui vont ensemble, qui sont fidèles, sont des personnes protégées et fortes que la vie ne se séparent jamais. On entend dans ce dicton un appel à la paix et la fidélité.
La tribu de Bargo, aussi appelée Maba ou Wadai, est originaire des montagnes de Wadai à l'est du Tchad et au sud du Soudan. La tribu est musulmane et vit traditionnellement de son activité pastorale.
Le dicton fait aussi référence à des jumeaux dont la culture est ancrée, qui appartiennent à une tribu, qui savent d'où ils viennent et qui ils sont, qui sont leurs ancêtres. Les jumeaux sont héritiers d'une culture ancienne et riche en histoires imaginaires.
On entend dans ce dicton un appel à la culture profonde et un écho à l'ancrage culturel africain de Salah Elmour.
Salah Elmour a choisi les deux jumeaux comme héros de son histoire pour explorer les thèmes de l'amitié, de l'imaginaire et de l'humour. Les jumeaux laissent filer leur imagination après cette incantation, comme une formule magique, qui borde le livre « Imagine, imagine, imagine, l'imagination n'a pas de limite ! »
La structure du livre ressemble à celle d'Abracadabra (publié dans la collection Poèmes par Le Port a jauni en 2023) qui s'ouvre et se ferme par l'exclamation du magicien Chahbandour « Jala, Jala, ouvrez les yeux, faites un voeux ». Et comme dans Abracadabra ou dans Le train (publié dans la collection Albums par Le Port a jauni en 2019), tout un monde merveilleux se met en oeuvre, se découvre, éclot.
Les jumeaux de Bargo est comme une boîte magique qui s'ouvre, comme un jeu d'enfant : « et si j'étais... » dit un enfant à son frère de sang, à son frère de coeur... Et le jeu commence, l'imagination n'a pas de limite, le monde s'ouvre et s'amplifie, l'histoire devient loufoque, jusqu'à ce que les enfants s'endorment. -
« L'homme montagne » est né un jour de salon du livre, à la Fête de la poésie jeunesse de Tinqueux, à côté de Reims. Invité de la matinée professionnelle, Carl Norac s'est avancé vers la scène pour commencer sa présentation de deux heures, consacrée à son écriture poétique pour la jeunesse. Il marchait lentement, sa grande silhouette est montée sur scène.
Installées côte à côte dans le public, l'illustratrice Natali Fortier et l'éditrice Mathilde Chèvre se sont dit qu'il ressemblait « à un homme montagne ».
- Enfant, j'étais déjà vaguement poète parce que je ne dessinais que des vagues, a commencé Carl Norac.
Et deux heures durant, il a laissé filer sa pensée de poète en parlant des matières qu'il a peu à peu incarnées au fil de sa vie, de façon éphémère : vague, rocher, sable, arbre, montagne... Des matières auxquelles il donnait corps sous nos yeux.
Dans son cahier à dessin, qui toujours l'accompagne, Natali Fortier s'est mise à dessiner un enfant vague, un homme montagne, un homme sable, un homme poème...
Mathilde Chèvre, alors en pleine préparation de la nouvelle collection Racines au Port a jauni, s'est mise à décliner des mots issus de ceux prononcés par le poète : rocher, Saghr, désert, Sahara, magie, siHr, ironie, sughriya... Éphémère, 3abir, passage, ma3bar, larme, 3abra... etc.
À la fin de la matinée, un livre était né.
Nous sommes parti.es de cette matière première pour imaginer le recueil que nous vous présentons aujourd'hui, dédié au corps et aux matières, à la sensation des corps en paysages, à l'énergie que génèrent dans l'humain les matières qui l'entourent.
Carl Norac a repris scrupuleusement les champs de mots qui lui étaient proposés par son éditrice, et il a joué à les intégrer TOUS, par thème, dans un poème. En parlant de matières, il nous parle de lui et de son cheminement de poète. Il s'adresse directement à l'enfant lecteur, comme une invitation à déambuler avec lui, à devenir poète lui-même.
Poursuivant son élan premier, Natali Fortier a rempli des cahiers entiers, à l'intérieur desquels nous avons fait une sélection de dessins, qu'elle a ensuite recomposés.
Le livre, peu à peu, s'est affiné et voilà : la boucle de L'homme montagne est bouclée, au bout de cette belle aventure improvisée, nous le publions à présent. -
Dès la première lecture, ce poème rappelle le thème de la course à cheval dans la poésie du désert préislamique : la grande course folle, la chevauchée épique, la vie qui défile au fil de la pas de l'animal ; un pas encore et l'enfant grandit, rempli des souvenirs de ces courses sauvages ; la course à cheval convoque le souvenir du jeu, quand on était petit.es ; le coeur cheval continue de battre malgré les chocs de la vie, les tristesses, les deuils ; la course à cheval de nos lectures d'enfance aussi qui continuent de nous porter toute une vie...
L'écriture de Nathalie Mansuy est toute simple, elle convoque les souvenirs et sensations de l'enfance, elle invoque et dynamise ce coeur cheval qui bat en nous, qui nourrit des jeux que l'on a joués, des livres que l'on a lus, des souvenirs joyeux qui nous portent.
Ce poème sauvage est accompagné par les peintures libres de Junko Nakamura : nous sommes allées piocher dans ses carnets à dessins foisonnants, ses paysages au pastels gras pour laisser Mon coeur cheval gambader gaiement ! De temps à autres, le cheval apparaît au trop, au galop, en course folle, mais il laisse aussi la place pour que chaque lecteur et lectrice puisse y voir... son coeur cheval. -
L'homme sans paysage : Battre la campagne
Mo Abbas, Jeanne Macaigne
- Le port a jauni
- Poèmes
- 4 Octobre 2024
- 9782494753143
Dans son premier recueil de poèmes MACADAM paru en 2020 au Port a jauni, Mo Abbas courait les rues en terrain connu : poète urbain, il est habitué à battre le pavé de Marseille et les rues des villes, avec « une bonne paire de chaussures, un carnet, un crayon et une tortue imaginaire en laisse », selon sa propre expression. Mais quant à battre la campagne... c'est une autre affaire ! Et d'ailleurs, qu'est-ce que la campagne ? La nature ? Un paysage ? Grand lecteur de poésies qui témoignent de la beauté, la pureté, la puissance de la Nature, Mo Abbas raconte ici sa difficulté à entrer dans un flot lyrique quand vient son tour d'écrire sur le sujet. Mo Abbas a grandi et toujours vécu en ville. Une fois dans la nature, il témoigne de son ignorance des mots pour bien nommer ce qui l'entoure, de sa difficulté à sentir ce qu'il lui "faudrait ressentir", à dire un bien-être, une aisance, un épanouissement qu'il ne ressent pas, de son incapacité à savoir, puisqu'il ne sait pas ! Homme sans paysage, Mo Abbas raconte sa quête de Dame nature et finalement bat la campagne à grand renfort de jeux de mots. À l'inverse, l'illustration de Jeanne Macaigne foisonne de détails végétaux et de vie naturelle. Et l'homme, quand il y est présent sous la forme d'un homme-papillon, se fond dans le paysage. Nous aimons ces images en contre-point qui, loin d'illustrer à la lettre les poèmes, témoignent d'un rapport personnel et différent de l'illustratrice au corps et au paysage. Le style de Jeanne Macaigne, très inspiré de l'illustration des années 70 et de l'art naïf , nous paraît particulièrement riche pour battre la campagne, d'image en image. Ce livre n'est donc pas un recueil d'écologie poétique ou de poésie écologique. Il pose la question du point de vue et du ressenti sur les paysages qui nous entourent, il aborde, en substance, la question de la présence au monde, avec humour et truculence.
-
Été 2022, au festival Passeurs d'humanité dans la vallée de la Roya.
Tous les soirs à «L'heure bleue» (l'heure du soleil couchant, où le port a jauni à Marseille), Mo Abbas lit les hai¨kus qu'il a écrits avec les festivaliers durant la journée. La récolte est vraiment merveilleuse, chaque jour plus vaste et poétique. Les gens se répondent d'un jour à l'autre, les thèmes se font écho : la solidarité dans la vallée, la tempête, la montagne puissante, la roche, la trace, le passage, la migration, la solitude, la mort, la joie... On a vu ce livre apparaître, avec une certaine émotion. Parmi les nombreux hai¨kus écrits cet été-là, nous en avons choisi vingt-huit pour peigner la montagne et peindre ses gens. Exceptionnellement, ces poèmes ne sont pas uniquement bilingues franc¸ais-arabe. Ils sont multilingues de la Roya, traduits dans les langues entendues dans la vallée pendant le festival : les langues des villages de Saorge, le saorgien, et de Tende, le tendasque, l'italien car la vallée était italienne jusqu'en 1947, le catalan et l'occitan qui se parlent de l'autre côté de la montagne, mais aussi les langues des migrants et nouveaux arrivants, l'arabe, le turc, l'anglais, l'espagnol. -
Rien à faire, on s'embrouille
Edith Azam, Pauline Barzilaï
- Le port a jauni
- 15 Novembre 2024
- 9782494753136
"On s'enfonce dans un corps on ne sait pas si c'est le nôtre. On mélange tout on est le coeur on est les reins les pieds les poumons les artères on est tout un tas d'os mais on ne sait plus trop ce que cela veut dire. On marche en se disant que l'on ne comprend pas. On est là au milieu du tumulte à partir se départir oublier d'où l'on vient on se dit que pour les racines la terre ne suffira pas que c'est plus bas qu'elles nous tiennent. On se ferme les yeux on s'en va au plus loin on s'enfonce dans ce corps que l'on ne connaît pas on mélange tout on est le coeur."
Écrire sur l'écriture, écrire sur le corps, écrire sur le corps en écriture ; faire entendre l'oralité dans l'écrit, faire entendre le cri de la difficulté de vivre, faire entendre le corps qui s'exprime dans l'écrit : voici le projet à l'oeuvre ici. L'écriture d'Edith Azam est magnifique et politique, dramatique et humoristique. Elle se lit et s'entend à tous les âges. Elle s'oralise et s'amplifie à chaque nouvelle lecture. En écho à ces mots, Pauline Barzilaï a peint un cycle. Celui d'une lune. Ou d'un soleil. Ou d'une vie.
Et nous le mettons en page dans un livre qui s'ouvre et se déroule, jusqu'à ce que la courbe de la lune, ou du soleil, ou de la vie, soit entièrement déroulée, ouverte, écrite, dessinée. Finalement ce livre devient une longue bande de poèmes qui se lèvent et se couchent. Rien à faire, on s'embourbe. -
Un chat dans la cafetière
Raphaële Frier, Agathe Monnier
- Le port a jauni
- Poèmes
- 6 Septembre 2024
- 9782494753112
"J'ai la nostalgie du pain de ma mère, du café de ma mère, des caresses de ma mère, et l'enfance grandit en moi, jour après jour,et je chéris ma vie, car si je mourrais,j'aurais honte des larme de ma mère" écrit Mahmoud Darwich traduit par Elias Sanbar.
UN CHAT DANS LA CAFETIÈRE a pour point de départ de poème dédié « à ma mère », le thème du café et celui de l'enfance.
Raphaële Frier et Agathe Monnier ont composé un recueil de mémoires sensorielles et d'anecdotes croustillantes en listant leurs propres souvenirs d'enfants, ceux de leurs proches, ceux qu'elles ont lus.
Pour un enfant, le café, c'est tout à la fois : une boisson interdite dans laquelle on a le droit de tremper un canard ; un lieu fascinant réservé aux grands mais où l'on est toléré, sur le zinc ; un jeu de dînette, un geste d'adulte, le moment du réveil où l'odeur emplit la maison, le moment après le repas quand les adultes s'enflamment et se disputent, le moment dans la nuit où mon grand-père se lève et me réveille pour manger ensemble en cachette des gâteaux et de la fouasse...Posez-vous la question, souvenez-vous... Le café, pour vous, quand vous étiez petit.e ?
"Un chat dans la cafetière" est un recueil de poèmes illustrés, particulièrement destinés aux enfants qui n'ont pas le droit de boire du café. Et aux grands que le café fait encore rêver. -
Les lettres du rêve explorent la racine Ha-L-M, une très jolie racine en arabe ! Qui nous a parue évidente pour ouvrir joyeusement la nouvelle collection "Racines" du Port a jauni. Elle rassemble dans une même famille les mots rêve - holm, apaisement, bonté - hilm, puberté - ihtilâm, papilles gustatives - halama et téton du sein - houlayma. À l'inverse de Layla Zarqa (qui a écrit l'autre titre de cette nouvelle collection, Les Lettres du jardin), Raphaële Frier a aimé l'idée d'explorer le sens de ces mots mis ensemble, creuser le lien qui les unit dans la sensation du corps de l'enfant qui tête, dans le souvenir éveillé du rêve. Kam a choisi de relier le thème du rêve au surréalisme, dont on retrouve l'inspiration dans son graphisme. Dans cette série de mots, il a ressenti un frottement entre sensation de l'enfance et monde des adultes, entre nature et culture, entre ville et campagne. Autour de ces thèmes, il a dessiné une série d'images dont les motifs, les gestes, les couleurs se répondent et se transforment. Les Lettres du rêve est le second titre de cette nouvelle collection (Les lettres de...) inspirée par la structure linguistique des langues sémitiques : en arabe (comme en hébreu), la plupart des mots ont pour origine trois sons, une racine qui se retrouve dans tous les mots d'une même famille. À partir de cette racine se fabriquent des mots selon des schèmes, en rajoutant des lettres avant, après, au milieu, de nouveaux sons. Comme un motif musical autour duquel on brode. Comme une formule qui se complexifie. Parfois, la racine est très claire, très simple : par exemple, la racine K-T-B rassemble dans une même famille tous les noms et verbe liés à l'écriture et l'on voit bien le lien entre un livre - kitâb, un écrivain - kâtib, un bureau - maktab, le destin (ce qui est écrit) - maktoub et le verbe d'écrire - kataba. Mais d'autres fois, on se demande ce qui peut bien avoir fait pousser ces mots dans le même champ, dans la même famille, à partir de la même racine tant leur sens semble à prime écoute éloigné.
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TOUPIE est un recueil de poèmes en légèreté : toupie comme un enfant qui virevolte et parcourt le monde ; toupie comme un escargot, une robe de princesse ou une étoile filante ; toupie tourne, s'envole, voyage ; toupie matière de bois, pèle la planète plus ronde qu'une pomme ; toupie ronde, point, volute dans l'illustration... La toupie dans tous ses états ! avec beaucoup d'humour et d'imagination pour tous les âges. La traduction de ces poèmes nous a bien donné le tournis ! Car toupie se dit "boulboul" en syrien, ce qui signifie «rossignol» en arabe litte´raire et «zizi» en e´gyptien ! Toupie se dit "naHla" en e´gyptien, ce signifie «abeille» en arabe litte´raire ainsi que dans la plupart des langues arabes parle´es. Toupie se dit "trombia" en marocain, qui vient probablement de l'espagnol, nous rappelle la "tromba" - la «trompette» en italien - et tout ce qui arrive «en trombe» dans les langues latines ! Toupie se dit "khazrouf" en arabe litte´raire, un mot relie´ a` d'autres mots qui e´voquent le bois, les jeux d'enfants et le mouvement. Bref ! La traduction du mot toupie en arabe ne tourne pas rond. Golan Haji a choisi le mot boulboul pour le rythme du mot, pour son lien avec la nature, pour l'e´vocation du chant de l'oiseau. L'édition de ces poèmes est accompagnée d'une version sonore en ligne indiquée par un QR code dans le livre papier, disponible dès sa publication en janvier 2023. Catherine Estrade et Mohamed Alarashi seront les voix de la toupie. La mise en scène sonore jouera avec tous les instruments à vents du cazoo au saxophone, et à percussion du triangle au derboukas. Une attention particulière sera portée au rythme pour accompagner les tours et détours de cette toupie en voyage.
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"Les yeux Fayoum" est le second livre d'une trilogie consacrée à l'Égypte, au temps qui passe, au voyage et au regard. Le premier, "L'heure égyptienne", a paru en mai 2023.
Les yeux Fayoum fait référence aux "portraits du Fayoum", série de portraits peints sur bois et intégrés aux sarcophages des défunt.es dans l'Égypte romaine, du 1er au 3e siècle après J.C. Ces portraits, aujourd'hui conservés dans nombre de musées, dont le musée du Caire, nous frappent par le réalisme et l'acuité des regards. Puis on ressort du musée, on déambule dans les rues du Caire et à nouveau, les regards s'échangent.
Qui regarde qui, d'hier à aujourd'hui ?
Ce recueil de poèmes nous interroge : les yeux sont comme une fenêtre sur le passé, une trace de la personne, une connexion avec le vivant à travers le temps, nous regardons les morts qui nous regardent. Le temps passe, les yeux demeurent, un sentiment de vertige et d'intemporalité nous étreint. Les gens de l'époque romaine posaient et faisaient peindre leur portrait dans leur jeunesse, de leur vivant, pour laisser la trace d'un visage éternellement beau, un visage sans âge à travers les âges. Aujourd'hui, les portraits du Fayoum sont reproduits sur les murs de maisons égyptiennes par leurs habitants qui, par ces peintures, rendent hommage et se situent dans une filiation, tout en regardant passer les passants. Les passants croisent ces regards de temporalités croisées, puis reprennent la route et traversent des paysages. Les passants posent leur regard sur ces paysages communs que tant d'autres ont traversés. Est-ce qu'on traverse le temps comme les paysages ? Voyager en explorant ce lien entre les lieux et le temps, étirer le temps et l'espace, cela permet-il d'éloigner l'exotisme ?
Les poèmes de Ramona Badescu, les illustrations de Benoît Guillaume témoignent de ces regards, temporalités et des paysages traversés,
Qui regarde qui, d'hier à aujourd'hui ?
Après avoir parcouru les rues de Tétouan au Maroc, "Par hasard", et pris le "BUS 83" à Marseille, le duo Badescu-Guillaume est parti en Égypte à l'invitation du Port a jauni et de l'Institut français du Caire. Ils ont plongé dans "Les yeux Fayoum" comme dans la nuit des temps. Les Égyptiens eux-mêmes ne disent-ils pas eux-mêmes que l'Égypte est Oum ad-dounia (la mère du monde) ? Et que « celui qui boit l'eau du Nil revient toujours vers lui », dans une boucle intemporelle, depuis la nuit des temps, jusqu'à la fin des temps ? -
Les lettres de la source
Mo Abbas, Amélie Jackowski
- Le port a jauni
- Racines
- 6 Octobre 2023
- 9782494753013
Quatrième titre de la nouvelle collection Racines autour d'un autre champ lexical et sonore : ici, nous avons choisi la racine 3-Y-N, qui nourrit les mots 3ayn (un mot qui a quatre sens pour la même prononciation : 1- source | 2 - oeil | 3 - mauvais oeil ou sort jeté à quelqu'un | 4 - personne notable, pure, de qualité), mou3ayyin (un mot qui a deux sens pour la même prononciation : 1 - losange | 2 - instrument à vent en forme de losange, le rhombe), et ista3âna (implorer le secours). Mo Abbas a fabriqué de petites étiquettes portant les mots. Il les a étalées devant lui, il a joué avec. Deux poèmes en sont sortis : l'un consacré à la blanche Casbah d'Alger, source de vie, paradis perdu. L'autre consacré à l'oeil qui, contrairement à ce qu'il croit, n'a pas tous les droits ! Amélie Jackowski a fabriqué une grammaire de formes pour fabriquer des cartes de jeu : losanges, oeil, ronds, main... L'un dans l'autre, ou inversement, et les mots apparaissent en image.
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Les lettres du jardin
Layla Zarqa, Clothilde Staës
- Le port a jauni
- Racines
- 3 Mars 2023
- 9782919511976
" Les Lettres du jardin " est le premier titre d'une nouvelle collection (Les lettres de...) inspirée par la structure linguistique des langues sémitiques : en arabe (comme en hébreu), la plupart des mots ont pour origine trois sons, une racine qui se retrouve dans tous les mots d'une même famille. À partir de cette racine se fabriquent des mots selon des schèmes, en rajoutant des lettres avant, après, au milieu, de nouveaux sons. Comme un motif musical autour duquel on brode. Comme une formule qui se complexifie. Parfois, la racine est très claire, très simple : par exemple, la racine K-T-B rassemble dans une même famille tous les noms et verbe liés à l'écriture et l'on voit bien le lien entre un livre - kitâb, un écrivain - kâtib, un bureau - maktab, le destin (ce qui est écrit) - maktoub et le verbe d'écrire - kataba. Mais d'autres fois, on se demande ce qui peut bien avoir fait pousser ces mots dans le même champ, dans la même famille, à partir de la même racine tant leur sens semble à prime écoute éloigné. Les lettres du jardin explorent la racine J-N-N, l'une des plus jolies ! Qui nous a parue évidente pour ouvrir joyeusement la collection. Elle rassemble dans une même famille les mots jardin - junayna, paradis - janna, fou - majnoun, djinn ou esprit malin - djinn et le bébé dans la ventre de sa mère - janine. Layla Zarqa s'est emparée des mots de façon très ludique. Son principe d'écriture était de créer des étiquettes pour chaque mot et de les assembler, les combiner, les déplacer à souhait jusqu'à entendre sonner le poème. Clothilde Staës a créé des tampons, des formes en linogravure et comme Layla Zarqa avec les mots, elle joué et cherché le sens de chaque mot en image.
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Troisième titre de la nouvelle collection Racines autour d'un autre champ lexical et sonore : ici, nous avons choisi la racine H-D-D, qui nourrit les mots Houdoud (frontières), Haddad (forgeron), Hadîd (fer), Hidda (amertume), Hidâd (deuil). Où l'on entend que le champ des racines est plus ou moins léger et joyeux... Golan Haji, poète syrien kurde en exil depuis 2012 en France, a travaillé sur la résonance entre ces mots, dans leur sonorité et dans leur sens profond, pour écrire deux poèmes dans une langue arabe contemporaine et magnifique. Mohamad Omran, peintre syrien, a réalisé l'illustration, cadrée dans une peinture de grande taille, faite à la plume et encre en 2013. Des hommes machines font face à des hommes plantes.
Les hommes machines, peints à la verticale, portent des lunettes noires et exhibent de gros sexes. Face à eux, les hommes plantes et arbres, peints à l'horizontale, se défendent avec leurs branches et leur masse protège un corps allongé, le corps d'un homme mort. D'une page à l'autre, on découvre cette peinture par morceaux, on la reconstitue mentalement, grâce aux fils de la racine ! -
"Bois profonds" est un conte. "Il y avait, il y a, si l'on y croit, si l'on se donne la peine d'y croire, bien plus profond que l'oce´an, un bois sans fin..." A` la manie`re des histoires de nos anciens, celle de Raphae¨le Frier explore les peurs et les espoirs de l'enfance, le jeu de se faire peur, en sachant que l'on ne risque rien. Tous les e´le´ments sont la` : le chemin, l'e´paisse fore^t, les branches et les ronces, les craquements, les grognements et les cris. Et a` chaque de´tour de vers, on s'attend a` voir surgir le loup, qui gi^t au fond de nous... "Bois profonds" est un re´cit philosophique. "Jusqu'au moment ou`, jusqu'a` l'endroit qui, pourquoi, comment, on ne sait pas, mais on y est." On sent que la que^te parle de soi. On sent que chaque histoire parle de soi, qu'e^tre lecteur, c'est entrer dans cette exploration de soi. "Bois profonds" est un jeu, un parcours ludique. Dans les ""Bois profonds", on dirait qu'on tire les cartes de sa vie. L'autrice serait-elle cartomancienne ? Est-ce que "Bois profonds" est un pre´cis de me´ditation ou de yoga pour enfants ? On se le demande parfois. "Quelque chose bouge, la` ! Un seigneur te regarde, (...) Immobile, et pourtant tu foules ses pas puissants, tu files entre les grands che^nes, si loin de toi, bien au-dela` de toi". Une chose est certaine, "Bois profonds" est un poe`me et chacun le lit comme il a envie. C'est la proposition faire a` Ame´lie Jackowski par Le port a jauni : entrer graphiquement dans ces "Bois profonds" par le conte, la magie, la cartomancie pour laquelle elle est si doue´e, la philosophie ou la psychologie, mais y pe´ne´trer avec jeu et avec joie ! Et voila` le livre.
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Les montagnes sont des femmes, les montagnes sont des hommes, des géants, des monstres, des rythmes, des sons et des chants. Les montagnes sont la pierre, le mer, les nuages et le ciel mélangés. Les montagnes sont un rêve et une idée, violence, douceur, maternité et menace mélangées. Les montagnes sont des contes, les montagnes sont vraies, les montagnes sont le monde entier. Nées de l'imagination d'un fils du Nil et du désert, qui de sa vie n'a jamais vu une seule montagne, celles de ce livre sont purement fantasques et imaginaires. Pourtant les poèmes et le principe du livre relie cette oeuvre à la grande tradition de la poésie arabe du désert : évoquer le monde et la puissance des éléments, raconter l'homme comme un élément parmi les autres, écrire ensemble les rêves, la vie observée, les contes et légendes, enchâsser les récits. Comme pour d'autres livres publiés au Port a jauni (Mes idées folles, Sept vies, Balad), Walid Taher est d'abord parti d'une série de dessins réalisés sans intention narrative. Puis nous avons choisi un fil pour relier ces montagnes entre elles et aux poèmes, aux chants qui les ont précédées.
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Les lettres du vent
Fabienne Swiatly, Pascale Lefèbvre
- Le port a jauni
- Racines
- 1 Mars 2024
- 9782494753075
Nouveau titre de la nouvelle collection Racines autour d'un champ lexical et sonore : ici, nous avons choisi la racine r-ô-H, qui nourrit les mots rîH, le vent, le souffle, l'air ; rôH, l'âme, le souffle vital, l'esprit, ce qui nous conduit à l'exclamation, yâ rôHi ! mon amour ! mais aussi à mirwâHa, l'éventail, le ventilateur, ainsi qu'à râ'iHa, le parfum, le souffle parfumé ou l'air parfumé, aux adjectifs mourîH, apaisant, reposant, confortable, et mourtâH, calme, détendu, reposé, serein, soulagé, on trouve encore dans le même champ ce mot qui à lui seul invite des sens et des traductions multiples, le mot râHa qui signifie tout à la fois, le vin / la paume de la main / le repos, le répit, la paix, le bien-être ou la tranquillité, et enfin les célèbres expressions roH ! Va-t-en ! Dégage ! et son opposé arwaH ! viens là ! arrive ! Vous sentez combien cette racine est inspirante, invitante, et agréablement parfumée ? Nous l'avons confiée à Fabienne Swiatly, car qui a lu son magnifique roman autobiographique « Saïd » devine le lien intime qu'elle entretient avec le monde arabe, la langue arabe, le parfum du passé, le bord de mer et l'absence. Pour l'illustration, nous avons choisi les peintures de Pascale Lefebvre car elles sont libres comme le vent, le souffle de vie, l'âme, et nous apportent dans le même temps repos et apaisement.
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Les lettres de l'éphémère
Georgia Makhlouf, Laurent Corvaisier
- Le port a jauni
- Racines
- 1 Mars 2024
- 9782494753051
Nouveau titre de la nouvelle collection Racines autour d'un champ lexical et sonore : ici, nous avons choisi la racine 3-b-r, qui nourrit les mots 3âbir, éphémère, fugace, passager ; 3oubour, la traversée, le passage, le franchissement ; 3abra, la larme ; 3ibriy, hébreu ; 3ibâra, la phrase, la façon d'exprimer quelque chose, la formulation ; i3tibâr, la considération, le respect. Il est intéressant de voir le mot "hébreu" entouré de tous ces mots de la même famille : la traversée, la larme, le sens de la formule, le respect, l'éphémère. Nous avons confié cette racine éloquente et périlleuse à Georgia Makhlouf, écrivaine libanaise qui a depuis toujours une histoire commune avec la langue arabe, la langue française. Qui vient et vit en partie dans un pays pour lequel les mots éphémère, hébreu, traversée, etc. prennent un sens vaste et particulier du fait de son histoire contemporaine. Qui est en relation avec les livres et l'édition pour enfants depuis ses débuts d'écrivaine, puisqu'elle a participé à la première maison d'édition spécifiquement dédiée aux livres pour enfants, Dar el Fata el Arabi (créée à Beyrouth en 1975), et plus récemment écrit des albums pour les éditions Onboz à Beyrouth, maison de création contemporaine majeure et novatrice. Pour l'illustration, nous avons choisi les peintures sur bois de Laurent Corvaisier : les couleurs suivent la veine du bois, elles traversent des paysages naturellement écrits par la matière, conduisent le sens sans le maîtriser.