Langue française

  • Rebecca

    Jean-Yves Masson






    Extrait
    — Margot ! Un dernier!
    Elle a incliné le verre, fait couler l’eau de feu et m’a tendu mon demi…
    — Margot bouche à clodo ! Hu?! Hu?! Margot tronche de mégot ! Fnfff ! Margot ta chatte sent le bulot ! Pffff ! Ha ! Ha ! Ton cul, c’est une bouche de métro !
    J’étais trop soûl pour réagir. Ces deux tarés l’emmerdaient parce qu’elle s’en était sortie, et ils venaient régulièrement la faire chier, histoire de lui rappeler d’où elle venait. Elle a balancé un verre à travers la tronche du plus méchant, a shooté dans son tabouret, l’a récupéré par le col et l’a foutu dehors. L’autre a payé et s’est barré en vitesse.
    Elle m’a toisé avec mépris et a nettoyé le bar.
    — Alors Cyrano, on t’a coupé les couilles ce soir ?
    Je n’ai rien répondu. Elle pouvait crever et moi aussi. J’avais bu combien de verres au juste, depuis cette réunion?? Huit?? Dix?? Plus peut-être??
    J’étais?ramassé sur moi-même, écrivant des inepties sur un bout de papier. Dès que mon demi était vide, Margot m’en servait un autre malgré les difficultés que j’avais à me maintenir sur ce foutu tabouret. Elle se vengeait de mon inertie. Les cafetiers sont rarement vos amis quand vous n’êtes pas un «?natif?» du quartier, et encore moins lorsqu’ils finissent par contrôler votre carte bleue bien mieux que vous-même.
    J’étais prostré là, comme tous les cons qui viennent de se faire larguer, ajoutant du ridicule au pathétique, balançant de l’huile sur le feu par centilitres réguliers.
    Elle était là, à l’autre bout du zinc, à m’observer.
    Je dodelinais du chef comme un imbécile en lui lançant un regard mauvais?: «?Qu’est-ce vous voulez, vous?? »
    Elle s’est approchée de moi et m’a tendu une cigarette, histoire de remplacer celle qui pendait, cassée, à ma bouche?:
    —?Je te trouve très beau… très beau dans ta douleur. La souffrance te va très bien !

  • Extrait
    — J’adore les histoires de cul. Raconte-moi comment ça s’est passé !
    La requête prit Léone de court. Elle savait pourtant que l’oncle Gratien était porté sur le sexe, et que son divorce, quelques années plus tôt, n’avait rien arrangé, au contraire. Le premier réflexe de Léone fut de se dérober, mais quelque chose la fit céder. Après tout, même si la demande de son parrain était vicieuse, raconter comment elle avait perdu sa virginité ne l’engageait à rien, et ça s’était passé dans des circonstances si banales que cela ne valait pas le coup d’en faire mystère.
    C’était arrivé dans la bibliothèque du lycée, deux ans plus tôt. Installée au rez-de-chaussée d’un vieux bâtiment, la grande salle, éclairée par une étroite fenêtre, était encombrée de rayonnages qui ménageaient des recoins discrets. Comme elle était à la recherche d’un livre, Marc, un élève de terminale qui faisait partie du bureau des prêts, l’avait rejointe. Sous prétexte de l’aider, il s’était collé à elle. Evidemment, elle avait tout de suite compris ce qu’il avait en tête. D’ailleurs, ses copines l’avaient prévenue : mine de rien, la bibliothèque était un véritable baisodrome pour les filles et les garçons qui voulaient s’envoyer en l’air. L’administration ne l’ignorait pas, mais fermait les yeux du moment qu’il n’y avait pas d’histoire. Cet après-midi-là, Léone était dans une période de déprime. Moitié par curiosité – elle était la seule de sa classe à ne pas être encore « passée à la casserole » – moitié par lassitude, elle s’était laissé faire…

  • Vous allez découvrir comment la femme d'un homme politique du Midi qui fait campagne pour la pureté des moeurs va tomber au pouvoir d'un couple démoniaque. La masochiste bourgeoise va se voir contrainte de les prendre à son service comme chauffeur et comme femme de chambre. Et voici les démons dans la maison !




  • Extrait
    A l’étage de la direction de la Sitorep, Elodie suivait les longs couloirs à moquette grise et à murs blancs. Elle longeait l’alignement de portes de cuir capitonnées, vert bronze, tabac brun, bleu nuit. Ses talons enfonçaient dans la haute moquette ; elle manquait perdre l’équilibre à chaque pas et pestait contre sa maladresse. La jeune secrétaire comptable se sentait inquiète. La convocation immédiate que Christine Andreux venait de lui adresser par le circuit Intranet de l’entreprise n’annonçait rien de bon. En effet, la responsable de département n’avait pas pour habitude de faire venir les employées dans son bureau pour leur parler de la pluie et du beau temps. Elle jouissait dans l’entreprise d’une réputation bien établie de « teigneuse ». Elodie avait pu s’en rendre compte à plusieurs reprises.
    La Sitorep s’occupait principalement de proposer des assurances-maladies complémentaires et de conseiller à ses clients telle ou telle caisse de retraite. Christine Andreux dirigeait le département « Affiliations Générales » chargé de gérer les cotisations des entreprises et celles des particuliers.
    Elodie allait frapper à la porte de cuir rouge magenta, quand une idée lui traversa l’esprit, qui lui fit l’effet d’un coup de poing dans l’estomac. Si la directrice savait ? Cela faisait plusieurs mois que la jeune secrétaire comptable avait découvert un stratagème illicite pour arrondir ses fins de mois. C’était discret, mais...
    Mais non, Christine Andreux ne pouvait pas savoir. Même si on avait remarqué la disparition d’argent, il était impossible de remonter jusqu’à Elodie. Elle avait pris soin de se servir sur les comptes de clients dont elle n’avait pas la charge. C’était relativement facile. Il suffisait de bien connaître le programme informatique, surtout la grosse faille qu’il recélait. Non, la responsable du département ne pouvait pas savoir. C’était impossible. Il suffisait à Elodie de rester calme.


  • Martha se comportait comme une vraie babysitter.
    Après la sieste, elle vint les chercher pour les
    conduire à la plage. Les garçons se demandaient ce que
    serait son attitude quand ils se retrouveraient hors de
    la présence des grands-parents. Luc avait compris que
    ce qui excitait le plus la jeune fille, c?était d?être obligée
    d?obéir à leurs exigences.
    Les cousins marchaient en silence sur la promenade
    longeant la mer, portant les affaires de plage et le
    parasol. Ils lorgnaient vers la jeune fille, essayant de
    capter sur son visage un changement d?expression.
    Mais elle restait imperturbable ; un sourire poli se dessinait
    sur ses lèvres chaque fois qu?ils croisaient un
    visage connu.
    Quand ils parvinrent à l?escalier de planches qui
    descendait sur la plage, elle leur fit signe de continuer.
    Charles et Luc échangèrent un signe muet : si Martha
    voulait retourner au même endroit que la veille, c?est
    qu?elle avait envie qu?ils recommencent leurs jeux. Ils
    poursuivirent vers les dunes.
    Ils descendirent sur la plage, et chacun retira ses
    sandales pour marcher pieds nus dans le sable. Ils
    gagnèrent sans échanger la moindre parole l?endroit
    isolé au milieu des tamaris. Comme la veille, il n?y
    avait personne dans leur coin. Ils installèrent leurs
    affaires au pied d?une dune et se baignèrent chacun de
    leur côté. De retour sur le sable, Martha se mit sur sa
    serviette pour se sécher au soleil. Charles s?était plongé
    dans la lecture d?une bande dessinée. Martha restait
    distante, et Luc était persuadé qu?elle avait honte de ce
    qui s?était passé la veille, et boudait. Luc prit un Bibi
    Fricotin dans son sac de plage. Mais très vite, son
    attention fut détournée par la croupe de Martha,
    qu?elle offrait au soleil. Il remarqua qu?elle avaitmis un
    maillot échancré. Trempée par le bain de mer, l?étoffe
    moulait la forme de son cul. Luc comprit qu?elle avait
    fait exprès de mettre un slip aussi indécent. À sa façon
    de bomber les fesses en lisant, on comprenait qu?elle
    avait envie qu?ils l?obligent à jouer comme la veille.







  • Le docteur fit entrer la patiente suivante




    Le
    docteur fit entrer la patiente suivante. Isabelle Barnier
    eut à peine le temps de l'entrevoir. C'était un homme
    d'une quarantaine d'années, au regard inexpressif, qui
    portait des lunettes cerclées d'or. Elle consulta
    sa montre. Les patients restaient un bon quart
    d'heure dans son cabinet, c'était bon signe car trop
    de médecins, à son goût, bâclaient les visites, par souci
    de rentabilité. Elle se replongea dans la lecture de ses
    documents comptables. Dans une heure, elle devait
    présider un important conseil d'administration. Elle
    s'enfonça dans le fauteuil, cherchant la position la moins
    douloureuse pour son dos.


    A
    quarante ans, Isabelle s'était retrouvée, suite à la mort
    de son mari, à la tête d'une grosse entreprise de transports.
    La bonne marche de sa société, qu'elle menait
    d'une main de fer, lui prenait l'essentiel de son temps.
    Depuis cinq ans, elle n'avait pas eu beaucoup le
    loisir de s'occuper d'elle. Ses meilleures amies l'incitaient à
    revendre ses parts et à refaire sa vie, mais elle menait
    une existence trépidante et stressante qui ne lui laissait
    pas le temps d'y songer, ni d'aller perdre son temps
    chez son médecin au moindre problème. Puis il y
    avait eu cette soudaine douleur au dos qui l'élançait. L'aspirine
    n'y avait rien fait. Elle s'était décidée à prendre
    rendez-vous chez ce spécialiste.


    La
    douleur était constante, l'empêchant de se concentrer
    sur ses documents. Elle prit un magazine féminin
    qui lui parut vite sans intérêt. La porte
    s'ouvrit enfin et le médecin l'invita à entrer
    dans le cabinet. Il lui proposa un fauteuil en face
    de son bureau, lui posa quelques questions sur son état
    de santé et son mode de vie. Comme elle était souvent
    assise, il était normal qu'elle souffre du dos, lui expliqua-t-il.
    Il se leva et l'invita à se déshabiller. Il lui indiqua
    une minuscule cabine fermée par un rideau. Un
    miroir et un portemanteau en constituaient l'unique
    mobilier.


    Elle
    tira le rideau, mais il ne fermait pas complètement. Elle
    n'osa pas insister et commença à déboutonner sa
    veste. C'est alors qu'elle croisa le regard du médecin
    dans la glace...




  • Femme de routiers

    Gil Debrisac









    Extrait
    Tout a commencé en 1987. Divorcée et sans enfant,
    j'avais alors trente-trois ans et vivais avec Olivier, un
    chauffeur-routier français de quarante ans. D'origine
    belge, je m'étais installée chez lui, à Bavay. Olivier avait eu quelques
    aventures amoureuses, mais était toujours célibataire. Se consacrant
    entièrement à son travail, il ne rechignait pas sur les heures à passer
    sur les routes, ce qui avait dissuadé plus d'une femme de s'installer
    avec lui. La maison qu'il avait acquise grâce à son compte en
    banque bien fourni était en cours de paiement. Si je voulais en
    profiter, je devais y mettre ma quote-part. On passa donc un accord
    devant notaire, et chaque mois une grosse partie de mes allocations
    de chômage filait dans la caisse commune de notre couple. Je dois
    avouer que pour moi, financièrement, c'était plutôt difficile, et je
    ne parvenais pas à retrouver un boulot de caissière dans la région.
    Pour passer le temps pendant les longues absences d'Olivier qui
    effectuait régulièrement des transports à l'étranger, je lisais des
    romans à l'eau de rose et fréquentais assidûment un centre de fitness
    à Cambrai, non loin de chez nous, histoire de garder la ligne.
    Avec une taille d'un mètre soixante-dix et un poids de cinquantedeux
    kilos, j'arborais fièrement ma silhouette de vamp à chevelure
    blonde. Pour faire admirer ma belle poitrine, je portais des décolletés
    provocants ; je m'habillais en minijupe, exhibant mes cuisses
    galbées, et dans la rue, les hommes se retournaient sur mon
    passage. J'en avais la tête qui tournait ! Olivier, parfois, trouvait
    que j'en faisais trop :
    - Edeline, me dit-il un jour, tu sais que je t'adore, tu es la
    femme la plus douce, la plus aimable que je connaisse, mais je n'ai
    pas envie qu'on pense que je me suis mis en ménage avec...
    Il n'avait pas achevé sa phrase. J'avais deviné. J'ai essayé alors
    de lui faire comprendre qu'une femme aimait être admirée, séduire
    par sa féminité. Ce n'était pas parce que je portais des jupes courtes
    et des décolletés coquins que j'étais une pute. Il avait acquiescé,
    mais je voyais bien qu'il l'admettait difficilement. Malgré ces divergences
    de vue, Olivier, en général, me laissait m'apprêter comme
    je le voulais quand on sortait ensemble en ville. Quant au sexe,
    j'avoue que je restais souvent sur ma faim. Après deux ou trois
    semaines d'absence, Olivier rentrait fourbu de ses longs trajets sur
    les routes. Alors, la chose était vite liquidée. Et je me replongeais
    dans la lecture d'histoires romantiques, où le sexe n'était pas trop
    présent.
    En l'absence d'Olivier, j'allais parfois passer plusieurs jours chez
    ma mère, à Dour, la première petite ville belge après la frontière,
    à dix kilomètres de Bavay. Agée de cinquante-neuf ans, elle était
    veuve depuis peu. Je l'aidais à entretenir sa maison et son jardin.
    C'est d'ailleurs d'elle que tout est parti. Sans avoir jamais imaginé
    comment les choses tourneraient, elle est pourtant à l'origine de
    toute l'histoire.




  • La fille de Satan

    Gil Debrisac







    Sommaire




    Sommaire
    Chapitre premier : L'allumeuse
    Chapitre II : Sous l'objectif de Mako

    Chapitre III : Perverses confidences
    Chapitre IV : Le piège
    Chapitre V : Cathy devient la pute de Mako
    Chapitre VI : Cathy se confie à Mako
    Chapitre VII : Les « spécialistes »
    Chapitre VIII : Jouissance sous la torture
    Chapitre IX : Lumineuse Aphrodite
    Chapitre X : Le mari découvre son Aphrodite
    Chapitre XI : Une toison taillé en trident

    Chapitre XII : Déformée par une machine diabolique
    Chapitre XIII : Démonia en spectacle
    Chapitre XIV : Les invités inattendus
    Chapitre XV : L'exorcisation de Démonia
    Chapitre XVI : Le cousin germain américain
    /> Chapitre XVII : La femme-flipper
    Chapitre XVIII : Chang-Li, l'inventeur japonais
    Chapitre XIX : Le mannequin jouisseur
    Chapitre XX : Le mannequin pisseur

    Chapitre XXI : L'inventeur se fait sucer par son mannequin
    Chapitre XXII : Apparition de Solange
    Chapitre XXIII : Le plaisir des gouines
    Chapitre XXIV : Le dressage
    Chapitre XXV : Les dix-huit ans de Solange
    Chapitre XXVI : Le plaisir bestial des deux soeurs
    Chapitre XXVII : Le harem du chien
    Chapitre XXVIII : Cathy révèle tout à Mako
    Chapitre XXIX : Les tortures de Démonia et de Satania

    Chapitre XXX : Coco et Phallus
    Chapitre XXXI : La mutation de Satania
    Chapitre XXXII : Les tournées de la ménagerie de Satan
    Épilogue




  • Le jouet vivant

    Adrian Nell

    CHAPITRE II - Confidences intimes
    La chambre de Patricia se trouve au bout d'un
    appartement situé au troisième étage d'un immeuble de
    la ZUP, à l'est de Poitiers : une petite pièce aux murs
    couverts de posters de chanteurs et d'affiches de films ;
    une étagère remplie de bandes dessinées, une autre de
    disques compacts ; sur le bureau, des magazines de mode
    traînent au milieu des cahiers et des manuels.
     Installées sur le lit, pieds nus, les deux filles terminent
    un paquet de gâteaux au chocolat. Elles se sont
    connues au début de l'année scolaire et ne se quittent
    plus, ni au collège, ni au-dehors ; elles font leurs devoirs
    ensemble, vont en boîte le samedi soir, traînent dans les
    rues piétonnes du centre-ville le dimanche...
    D'un caractère plus réservé, Patricia montre
    une admiration sans bornes pour sa camarade, lui
    enviant, sans jalousie, son culot auprès des profs et son
    assurance vis-a-vis des garçons. Lydie a beaucoup de
    petits copains avec qui elle pousse les choses assez loin,
    alors que Patricia, qui est pourtant mignonne, n'a
    aucun flirt.
    Chaque jour, après le collège, les deux amies ont pris
    l'habitude de se réunir chez l'une ou l'autre pour
    papoter.
    Patricia se lève pour mettre un disque dans le lecteur
    de CD, et se rassoit en tailleur ; sa courte jupe écossaise,
    tendue entre ses cuisses, laisse voir son entrejam e ; le
    fond de sa culotte reste dans l'om re délimitée par le
    vêtement. Une musique syncopée, accompagnée de
    paroles en anglais, se fait entendre.
     Pour être plus à l'aise, Lydie retire son jean et son
    pull. Elle ne porte plus qu'un léger débardeur et ses
    escarpins à hauts talons qu'elle a enfilés par-dessus ses
    socquettes. Patricia avance les lèvres, ce qui accentue sa
    lippe boudeuse.
    -Te gêne pas, fais comme chez toi ! Fous-toi à poil
    pendant que t'y es !

    - J'ai chaud !
    - Et si mes parents rentraient ? T'imagines leur
    tronche ?
    Lydie s'étire, et un de ses seins sort du décolleté de
    son tee-shirt sans manches. Un petit sein rond et ferme,
    avec une large aréole marron.
    - Je m'en fiche de tes vieux ! De toute façon, ils
    bossent, alors on est tranquilles un out de temps.
    Elle se laisse aller en arrière,les épaules sur les oreillers.
    Patricia, qui lui fait face, ne peut s'empêcher de lorgner
    son ventre. Vautrée sur le lit, cuisses négligemment écartées,
    Lydie fixe son amie d'un oeil luisant. Son tee-shirt est
    remonté, dévoilant le haut de ses cuisses et son pubis nu.
    -Tu ne portes jamais de culotte ? demande Patricia d'une voix sourde.









  • Extrait :
    L'odeur du plancher huilé et les relents de bière
    qui m'étaient si familiers me ravissaient toujours lorsque
    le matin, très tôt, je poussais la porte du Twin.
    J'allumai les lumières du comptoir mais laissai la salle
    dans la pénombre. J'avais pour habitude de descendre
    quelques minutes dans mon bureau pendant que le
    percolateur montait en pression. La lourde porte
    grinça sur ses gonds. Je me remémorais la scène de la
    veille. Je revoyais Yasmine couchée sur le ventre, cul
    tendu, jambes ouvertes sur son sexe offert, gigotant
    de douleur pendant que je la fouettais. Dans le silence
    parfait, j'entendais les claquements du ceinturon sur
    les fesses rougies, les cris de Yasmine. J'en étais tout
    retourné. Mais je remontai dans la salle car, ce jour-là,
    elle devait prendre son service dès l'ouverture, et c'est
    bien avant neuf heures qu'elle entra dans le bar, pendant
    que je sirotais mon café.
    - 'jour, patron ! me lança-t-elle en me jetant un
    coup d'oeil furtif.
    - Bonjour, Yasmine ! Bien dormi ?
    Ma question resta sans réponse. Son casque de
    moto sous le bras, elle fila en direction des vestiaires.
    Je la regardai s'éloigner en ondulant des hanches.
    Aujourd'hui, elle portait un blue-jean qui moulait ses
    formes. Il fallait que je lui parle, mais je ne savais
    comment l'aborder. Bob fit son entrée, immédiatement
    suivi de Géraldine, qui n'avait pas l'air très en
    forme. Son artiste avait encore dû lui faire des misères.
    Je ne comprenais pas pourquoi une si jolie fille se
    laissait mener par le bout du nez de cette manière. A
    croire qu'elle aimait ça !
    Il était onze heures lorsque Yasmine s'approcha,
    l'air assuré. En posant son plateau sur le bar, elle
    poussa et renversa un verre. Le bruit de la casse me
    surprit tandis que Bob reculait pour éviter de justesse
    le liquide. Yasmine, quant à elle, les yeux plantés dans
    les miens, attendait ma réaction comme si elle venait
    de me lancer un défi.
    - Va m'attendre en bas, la porte est ouverte !
    J'arrive dans cinq minutes, lui dis-je.
    Elle fit demi-tour sans me quitter du regard, avant
    de se diriger vers l'escalier du sous-sol. Je ne voulais
    pas lui donner l'impression d'accourir, et préférai la
    laisser mijoter un moment.
    - Bob, je te confie la caisse, lançai-je avec un clin
    d'oeil. Je n'en ai pas pour très longtemps.
    - Prends tout ton temps, répondit-il, je me
    débrouillerai bien tout seul. Tu me raconteras...
    Son sourire complice m'accompagna jusqu'au fond
    de la salle.












  • Extrait :
    J'avais tout juste vingt ans lorsque mon père m'a
    rappelé auprès de lui, en mai 1932. J'ai quitté la Suisse
    et les bords du lac Léman, où je poursuivais dans un
    pensionnat huppé des études qui n'avaient rien de
    brillant, pour rejoindre le midi de la France. Il venait
    d'y racheter un palace et semblait décidé à relever le
    défi d'une saison d'été.
    Mon père, Henri Vogel, n'en était pas à son premier
    pari. A quarante-neuf ans, il avait toujours le
    dynamisme, l'allant et la haute stature du jeune
    homme qu'il avait été ; une épaisse moustache noire
    lui barrait le visage, soulignant son air déterminé. A
    la mort de ma mère, abandonnant l'Algérie et la
    brasserie familiale, il nous avait entraînés, ma soeur et
    moi, aux Etats-Unis, puis à Genève, s'adonnant avec
    passion à ses affaires.
    Je n'avais pas son sens de la finance ni son inépuisable
    énergie, même si physiquement je lui ressemblais trait
    pour trait. C'est sans doute de ma mère que j'avais
    hérité une certaine nonchalance et une bonne humeur
    méditerranéenne. Mais mon père continuait malgré
    tout à voir en moi son successeur.
    Il était venu m'attendre en automobile à la gare de
    Nice et, tandis que nous roulions vers l'est, sur la basse
    corniche, longeant les criques découpées et les eaux
    bleues de la Méditerranée, il me confia ses projets, sa
    vision. Dans les années vingt, la Côte d'Azur était
    désertée dès le mois d'avril par les Anglais oisifs qui
    s'y abritaient l'hiver. Il en allait désormais tout
    autrement : sous l'influence des Américains, et de gens
    comme lui, la Riviera était en train de devenir
    villégiature d'été autant que d'hiver. Il avait investi
    des sommes énormes dans l'hôtel, qu'il avait rebaptisé
    Imperator, pour en faire un havre de luxe, avec des
    salons obscurs, des boiseries et d'épais tapis qui
    plaisaient à la clientèle russe et britannique. Les
    équipements ultramodernes - réfrigérateurs,
    téléphones - mettraient le palace au standard
    américain. Il tenait à ma présence en qualité
    d'interprète d'abord - une vague inclination pour les
    langues étrangères était tout ce que m'avaient laissé
    mes études - puis, pourquoi pas, comme son bras
    droit.
    Tout en rêvant aux Américaines débauchées et aux
    gracieuses aristocrates qui ne manqueraient pas d'être
    bientôt à mes pieds, je tremblais à l'idée de le décevoir
    encore une fois.












  • Extrait :
    Carole réfléchissait, assise dans la cuisine, en préparant le repas
    de midi pour Julien. L'adolescent entra, vint s'asseoir en face d'elle,
    lui prit les mains. Elle lut dans son regard une flambée de désir et
    en fut rassérénée. Les yeux du garçon s'abaissèrent sur les cuisses
    de sa mère, légèrement écartées. Elle portait une jupe blanche qui
    mettait en valeur ses jambes bronzées.
    Julien lui glissa la main entre les cuisses, remonta en caressant
    sa peau jusqu'à toucher sa culotte. Elle ferma les yeux, écarta davantage
    les jambes. Elle acceptait tout ce que voulait le garçon, dont
    les doigts frottaient son sexe à travers le fin tissu, glissaient dans la
    fente moite qui se creusait sous le linge délicat. Puis les doigts de
    l'adolescent s'insinuèrent sous l'élastique de la cuisse, gagnèrent
    les replis onctueux, s'enfoncèrent dans la fente comme dans du
    miel, pour enfin la pénétrer, allumer son désir. Elle marmonna
    très vite :
    - Prends-moi ! Prends-moi ! Là, tout de suite !
    Elle se leva. S'appuyant sur la table, relevant sa jupe sur son
    ventre, elle ouvrit les cuisses pour s'offrir à lui. La bite sortie, déjà
    raide, il n'eut qu'à écarter le slip du doigt pour s'enfoncer en elle.
    Pour mieux l'accueillir, elle se renversa sur la table, parmi les couverts
    et les plats. Ce fut violent, brutal ; c'était justement ce qu'elle
    désirait. Elle se sentait prête à tout. Et même, elle se redressa pour
    observer la grosse bite qui la pénétrait à grands coups, allait et
    venait en elle, ressortait brillante de jute féminine, se renfonçait
    dans son con, secouait son corps étalé sur la table. Julien avait pris
    ses jambes sur ses épaules, ce qui le faisait s'enfoncer très loin. Elle
    était trempée ; sa mouille dégoulinait entre ses fesses, se répandait
    sur la table.
    - Maman ! Oh maman ! répétait-il. Qu'est-ce que tu es
    bonne ! Oh, oui, bonne !
    Ces paroles la faisaient jouir encore davantage. Elle était encore
    désirable, et son fils la baisait à mort sur une table de cuisine.





  • CHAPITRE PREMIER
    MADAME S'AMUSE TOUTE SEULE
    Les pneus de la Golf crissèrent sur le gravier. À la fenêtre, Marie-Ange De Witt, le coeur un peu serré, esquissa de la main un dernier geste d'adieu ; mais son mari, trop pressé, ne la vit pas. Au bout de l'allée, le portail se referma automatiquement. Voilà, il était parti, elle allait, une fois de plus, se retrouver seule pour de longues semaines. Avec un sourire las, elle rajusta son peignoir. La maison lui parut subitement vide.
    Les déplacements de Jean étaient de plus en plus fréquents depuis qu'il avait obtenu ce poste de directeur commercial. A cause de ce travail, il devait effectuer de longs voyages d'affaires à l'étranger. Cette fois, son absence serait encore plus prolongée que pour ses précédents périples car il s'agissait de monter une succursale en Afrique et Jean avait prévu qu'il ne pourrait pas rentrer avant septembre. Or l'été commençait à peine... Pour la première fois depuis qu'ils étaient mariés, elle allait donc le passer toute seule dans cette immense et superbe villa qu'ils avaient fait construire quelques années auparavant dans les Parcs de Saint-Tropez.
    Elle gagna la salle de bains et retira son peignoir. Le miroir lui renvoya son image. Elle éprouvait chaque fois la même moiteur quand elle se regardait toute nue, rien n'avait pu la guérir de cette émotion. Il faut dire qu'à trente-neuf ans, Marie-Ange avait gardé une silhouette presque parfaite, même si, selon certains canons, on aurait pu trouver ses formes un peu trop voluptueuses. Elle se rapprocha du miroir et souligna de l'index les deux fines ridules en pattes-d'oie qui marquaient les coins de ses paupières. Elle eut une moue coquette et alla se faire couler un bain.
    Comme après chaque départ de son mari, elle se sentait un vide dans la poitrine et les nerfs à fleur de peau. Ce matin, avant qu'il s'en aille, ils avaient fait l'amour, debout, dans le couloir, près des valises. Jean était habillé, il avait simplement ouvert son pantalon et elle, elle avait dénoué la ceinture de son peignoir. Il l'avait prise en vitesse, adossée au mur, et elle n'avait rien ressenti. Elle savait que l'esprit de son mari était occupé ailleurs, il était déjà devant le tableau d'affichage de l'aéroport, le numéro de son vol clignotait, la voix diaphane de l'hôtesse invitait les retardataires à se rendre au plus tôt dans la salle d'embarquement. Non, elle n'avait vraiment éprouvé aucun plaisir à ce coït d'homme pressé, de mâle énervé, uniquement soucieux de se vider les couilles. Quand il avait lâché son sperme, elle avait été plutôt soulagée que ce soit fini.
    Mais à présent, l'excitation procurée par cette étreinte bâclée renaissait dans sa chair ; son sexe la démangeait et son inassouvissement la rendait irritable. Elle se dit que le bain l'apaiserait peut-être, mais il n'en fut rien. Elle s'essuya, enroula ses cheveux dans une
    serviette et gagna la chambre. Le soleil entrait à flots par la grande baie vitrée ; sa caresse chaude la parcourut. La villa était entourée d'un immense parc, sans vis-à-vis, cela lui permettait de se promener nue à son gré.
    Elle se coucha et repoussa les draps des pieds pour offrir son corps aux rayons. Presque aussitôt, sans même qu'elle l'eût décidée, ses mains effleurèrent la chair élastique de ses lourds seins en poires. Une moite tiédeur naquit entre ses cuisses, supplantant l'irritation locale que lui avait procurée la fruste étreinte maritale. Une pensée furtive la traversa alors. Maintenant que Jean n'était plus là, elle allait pouvoir se masturber aussi souvent et aussi longtemps qu'elle le souhaiterait ; elle n'aurait plus à guetter, le coeur battant, l'approche de son pas.
    Elle avait tout son temps, aussi ne se pressait-elle pas. La peau de ses seins était douce et chaude. Elle résista à l'envie d'en caresser trop vite les pointes, il valait mieux doser son plaisir. Ses ongles taquinèrent les larges aréoles brunes devenues grumeleuses. Au centre des taches sombres se tendaient les tétines. Elles étaient anormalement allongées, un peu comme des extrémités de pis de chèvre, mais très fines, et cette particularité anatomique lui donnait parfois des complexes sur la plage, quand l'eau froide les faisait durcir.
    Mais en revanche, elles étaient terriblement sensibles, aussi ne résista-t-elle pas longtemps au plaisir de les faire rouler entre ses doigts, en les comprimant graduellement jusqu'à se faire un peu mal. Cela déclencha une secousse voluptueuse dans sa chair et elle se mordit les lèvres pour ne pas gémir, oubliant qu'elle était seule et qu'elle pouvait se laisser aller. Mais cela faisait partie
    [...]





  • 9782909850856HEX








    Bientôt,
    je me rendis compte que, le samedi soir et le dimanche matin, Laure me
    manquait.
    Il n'était pas question de confier à Laure ou
    à sa mère ce dont je venais de prendre conscience. Je devais le garder pour
    moi. Mais quand Laure venait déjeuner, je l'observais, en veillant à ce que
    cela ne se remarque pas. Elle retrouvait goût à la vie, souriait. Elle laissait
    pousser ses cheveux blonds. Ils atteignaient sa nuque, ça lui allait bien. Elle
    se maquillait : cils brossés, soupçon de fard à pau­pières, un rien de
    rose à lèvres. Je me disais qu'elle aurait dû changer de couleur de cheveux,
    choisir un roux foncé. Je l'imagi­nais en rousse, avec un maquillage qui
    mettrait son visage davantage en valeur. Mentalement, je lui faisais enfiler
    des T-shirts décol­letés pour qu'on lui voie le haut des seins. Pour cela,
    pensais-je, il fallait qu'elle assume son état, et même, soit fière de son
    corps.
    Un jour, j'aperçus à côté du téléphone un bon de commande à une
    firme de vente par correspondance. Elle l'avait laissé là par mégarde. Il
    s'agissait de sous-vêtements. Je pus ainsi connaître ses mensurations :
    soutien-gorge 100 C, culotte 50-52. Je ne doutais pas que si elle était
    bien baisée, elle serait capable de suivre sérieuse­ment un régime
    amaigrissant. Elle en avait déjà essayé plus d'un, sans jamais persévérer.
    Toutefois, ce serait bien qu'elle garde la même poitrine, quitte à la faire
    redresser par la chirurgie esthétique.











  • Di Rosa s?avança au pied de la couchette et fixa Agathe.

    ? Je crois que j?ai eu du flair en te choisissant. Je
    sentais bien que tu avais un tempérament de chienne
    en chaleur, mais je n?avais pas imaginé que tu l?exprimerais
    si vite, avec le premier marin venu.
    Il leva sa cravache vers le miroir.
    ? Tu penses que ton fiancé a apprécié le spectacle
    ?
    Baissant les yeux, Agathe tourna la tête d?un air
    las. La honte, la peur, le plaisir, et tout ce qu?elle venait
    de subir, la laissaient vidée de toute force. Elle répondit
    dans un murmure qu?elle ne savait pas. Di Rosa se
    dirigea vers la porte et il actionna un interrupteur. La
    cabine fut soudain plongée dans l?obscurité et des
    spots s?allumèrent dans la pièce voisine que le miroir
    devenu transparent permit soudain de distinguer. Di
    Rosa eut un petit sourire.
    ? Ne t?en fais pas pour lui, ma femme est déjà en
    train d?essayer de le consoler.
    Le coeur serré, Agathe découvrit Rémi au centre
    d?une cabine identique à la sienne. Il était face à elle,
    debout devant la couchette, attaché bras et jambes en
    croix par des bracelets de cuir reliés à des chaînes fixées
    au sol et au plafond. Lui aussi était bâillonné par un
    large bandeau noir, et complètement nu. Son oeil droit
    était violet et à moitié fermé, un peu de sang séchait
    sous son nez. Il grognait et tirait comme un forcené
    sur ses liens. Son sexe rose ballottait au gré de ses
    ruades. Sandra était là, nue elle aussi, et agenouillée
    sur le sol à moins d?un mètre de Rémi. Son long corps
    très mince était uniformément bronzé, ses petits seins
    portaient de larges mamelons bruns, dressés avec arrogance.
    Une chaîne en or brillait autour de sa taille, son
    dos était partagé par un sillon profond, ses reins
    avaient une cambrure très prononcée. Ses fesses
    étaient hautes, ses cuisses musclées. Di Rosa prit une
    voix railleuse.
    ? Ma chère épouse adore réconforter les jeunes
    hommes, et en général, ils ne s?en plaignent pas, au
    contraire...











  • Je me suis recouchée




    Je
    me suis recouchée, mais impossible de fermer l'oeil. Ce que je venais d'entendre
    avait déclenché en moi des images, m'évoquait des situations où l'imagination
    prenait le pas sur la réalité. Mon émotion a été si forte que je me
    souviens de cette nuit-là comme si c'était hier ; le souvenir, aujourd'hui,
    en est encore vivace, tout comme ce qui s'est passé ensuite.
    J'étais
    allongée sur le dos, en nuisette ; près de moi, Gilles dormait d'un
    sommeil paisible. Il faisait nuit noire ; les volets et les rideaux obstruaient
    le peu de lumière qui provenait des réverbères.

    Je
    croyais pouvoir retrouver le sommeil, comme chaque fois qu'il m'arrive de
    retourner au lit après m'être levée en pleine nuit. Mais cette fois, les
    images qui me trottaient dans la tête me tenaient éveillée. Ulrich, que je
    prenais pour un garçon sympathique, m'est apparu comme un homme tout à fait
    différent, je l'habillais d'un costume d'homme affirmé, viril,
    décideur. Près de lui, je voyais Élodie en retrait, douce, gentille,
    prévenante, réagissant positivement à toutes ses demandes. Mais ils n'étaient
    pas seuls !
    J'imaginais
    que j'étais devant Ulrich ; il m'ordonnait de retirer ma nuisette, le
    seul vêtement qui protégeait mon corps de son regard. La façon dont il me
    fixait, dont il me souriait, traduisait le sentiment de puissance qu'il
    éprouvait à mon égard, sa satisfaction de me savoir à sa merci. J'ai baissé
    les yeux, mes joues étaient en feu ; il me tétanisait ; je n'arrivais
    plus à réfléchir, je n'étais plus qu'un instrument dépendant de sa
    volonté. J'ai obéi ! Je me suis approchée de lui, la nuisette à la
    main, je n'essayais même pas de me cacher. C'était inutile ; de toute
    façon, il prendrait possession de mon corps quand il le voudrait ; je ne
    sais pas si j'en avais peur ou si je le désirais ; les deux à la fois,
    je crois. Il m'a arraché la nuisette des mains, l'a jetée au sol. J'étais
    nue, comme Élodie, qui se tenait toujours derrière lui.
    Ulrich
    portait un T-shirt et un pantalon sombres ; je ne pouvais m'empêcher de
    regarder la forme qui se dessinait, tenter de deviner ce qui se cachait sous le
    vêtement. Quand j'ai relevé la tête pour le regarder, je me suis sentie
    humiliée par son sourire ; il a compris ce à quoi je pensais, j'avais
    honte. J'aurais voulu qu'il m'insulte, qu'il se moque de moi avec des
    mots qu'on ne m'avait jamais dits. Cela m'aurait permis d'expier les
    pensées malsaines qui me traversaient, mais il n'en a rien fait. Un silence
    pesant s'est installé.
    Il
    a regardé Élodie. Elle aussi, je le lisais sur sa figure, avait deviné mes
    pensées. J'aurais voulu que cela s'arrête, qu'un mot d'Ulrich étouffe
    ce feu qui brûlait en moi. Un mot, un seul, un mot avilissant. Je ne méritais
    que ça !

    Mais
    il se taisait toujours, il se délectait de mon trouble. Son sourire
    moqueur accroissait en moi ce sentiment d'humiliation qui
    m'interdisait de le regarder dans les yeux. Mon regard a glissé sur
    lui, j'ai rougi. Peut-être aurais-je dû fermer les yeux, mais je ne pouvais
    pas. Alors, j'ai regardé mes pieds. Lâchement, j'attendais.
    Je
    n'avais pas la force de me battre, pas contre lui. J'étais prête à
    tout pour que cesse cette torture cérébrale, à
    tout, même à ce que je n'avais jamais
    osé imaginer. J'aurais voulu lui dire qu'il pouvait faire
    de moi ce qu'il voulait, mais c'était inutile, il le savait.

    Il
    ne me quittait pas des yeux. J'aurais voulu qu'il aime mon corps,
    ma poitrine, même si elle commençait à tomber un peu ; j'aurais
    voulu qu'il aime mon cul. Oui, mon cul, jamais je n'avais employé
    ce terme. J'étais prête à le lui offrir. Qu'attendait-il ? Le
    temps s'éternisait, je sentais confusément qu'il
    ne se passerait rien tant que je n'oserais
    pas affronter son regard.
    Peu
    à peu, j'ai levé les yeux vers son visage. Ulrich me fixait toujours
    en silence. Il lui aurait suffi de prononcer un seul mot pour
    me libérer de la tension qui m'étreignait.




  • L'esclave blanche

    Gil Debrisac




    TABLE DES MATIÈRES
    TABLE DES MATIÈRES
    CHAPITRE PREMIER Les fantasmes de Tante Sophie
    CHAPITRE II Tante Sophie se fait raser le sexe
    CHAPITRE III Tante Sophie se dévergonde
    CHAPITRE IV Tante Sophie fait du cinéma cochon
    CHAPITRE V Tante Sophie fait la chienne
    CHAPITRE VI Les chienneries de Tante Sophie
    CHAPITRE VII La machine
    CHAPITRE VIII La machine II (Le récit de Tante Sophie)
    CHAPITRE IX Monsieur Charles
    CHAPITRE X L'esclave blanche I - Tante Sophie au Togo
    CHAPITRE XI L'esclave blanche II- Bagolo
    CHAPITRE XII L'esclave blanche III - " Monsieur Horace "
    CHAPITRE XIII Les enchères
    ÉPILOGUE En attendant Tante Sophie



  • CHAPITRE
    III

    JEUX ENTRE FEMMES

    Les quatre amies
    avaient pris place autour d'une table basse
    en verre fumé, sur des fauteuils disposés en carré, dans un coin de l'immense salon. Marie
    regardait ses
    amies, les écoutait sans mot dire.
    Fabienne Bourgeon, l'aînée, professeur d'anglais au lycée Picasso, l'unique lycée public de la petite ville,
    était une rousse auburn de quarante-quatre
    ans, très plantureuse, autoritaire sous des
    manières douces.
    Nathalie Lenoir, l'hôtesse de la soirée, une avocate de trente ans, aux cheveux châtains, possédait des yeux noisette
    pétillants de malice.
    Karine Dumas, la benjamine, une brunette aux yeux bleus, âgée de vingt-cinq ans, se lançait dans une carrière
    de comédienne. Elle avait déjà tourné
    dans deux courts-métrages, dont un primé,
    et venait d'obtenir un rôle important dans un long-métrage.
    - C'est ton tour, Marie. Tu rêves ?
    Marie ne s'était pas aperçue que Nathalie s'adressait à elle.
    - C'est ton tour de tirer au sort.
    Marie se pencha vers la table basse sur laquelle était posé un bocal en verre plein de petits papiers pliés en quatre.
    Elle en choisit un, l'ouvrit.
    - Racontez l'un de vos plus grands
    fantasmes homosexuels.
    Marie aimait ce jeu qu'elles avaient inventé. Ce soir, elle allait s'en servir pour provoquer Nathalie, qui lui
    était particulièrement sympathique.
    Calée au fond de son fauteuil, elle commença le récit suivant :
    Elle se trouvait un soir avec sa copine, dans le salon d'une villa cossue, chez un couple de nanas sexy. D'emblée,
    elle s'est sentie attirée par Nadine.
    Après avoir bu, à quatre, une bouteille de
    whisky, toutes sont éméchées. Marie ose proposer un échange. Le couple se consulte. A la fin, bien qu'elles
    soient très amoureuses l'une de l'autre,
    elles acceptent. Marie se retire alors dans
    l'une des chambres avec Nadine, tandis que son amie reste avec l'autre copine. Au début, malgré l'alcool,
    Marie se sentait gênée, mais Nadine l'a
    mise à l'aise en se déshabillant sans la regarder. Ensuite allongée nue sur le lit, elle a commencé à se
    toucher partout. Marie s'est déshabillée à
    son tour, s'est couchée près d'elle.
    Alors, entre ses jambes, elle a senti la tête de Nadine qui se frayait un chemin...

  • CHAPITRE III
    Marion était au piquet, cul nu.
    Sophie se grisait du spectacle de son cul charnu encadré par les plis de tissu et la culotte blanche roulée à
    mi-cuisses. Ses fesses blanches marbrées de veines
    écarlates... Maud n'y était pas allée
    de main morte. Les traces de doigts s'enchevêtraient
    et se superposaient sur la chair meurtrie,
    offrant toutes les nuances du rose au pourpre. Certaines étaient enflées, comme de minces cicatrices
    rouges. Pour apaiser l'inflammation, Marion se gardait bien de serrer les fesses. Au contraire, son cul
    était affaissé, épanoui sous son propre
    poids.
    Sophie n'éprouvait aucune pitié pour la punie. La situation dans laquelle elle se trouvait plongée -
    quel contraste avec l'ennui des jours
    précédents ! - l'excitait comme
    jamais. Et tout à coup, alors qu'elle n'aurait su dire s'il elle devait partir ou rester, Maud se colla
    contre elle. Le contact de ses cuisses nues
    contre les siennes lui arracha un frisson.
    Maud tendit sa main vers son visage pour le
    caresser. Ses doigts, imprégnés de l'odeur de la chatte de Marion, insistèrent sur la bouche et sans réfléchir,
    Sophie se mit à lécher cette main qui punit et
    caresse. Le goût salé de Marion, loin de
    l'écoeurer, l'enivrait. Elle se sentit
    soudain démunie, soumise à cette femme qui lui caressait
    le visage et appuyait sa tête contre son épaule.

  • Inflexible,
    Guenièvre appuyait ses doigts sur le cul. Avec
    le même zèle qu'elle avait mis à le cravacher, elle en caressait les contours, s'attardant sur les endroits
    les plus atteints. C'était comme un
    ballet ; ses doigts papillonnaient, passant
    d'une fesse à l'autre. Le frottement sur la peau à vif réveilla les cris et les larmes de la jeune fille.
    Lorsque Guenièvre lui mit la main entre les cuisses, Marion fut éberluée. D'un mouvement du
    poignet, l'intendante enfonça deux doigts entre les lèvres qui bâillaient dans les poils châtains. Ils disparurent en
    entier dans le sexe bien fendu. La servante, au
    lieu de se redresser pour échapper à la
    pénétration, se cambrait pour la
    faciliter.
    - Tu es bien une chienne, comme les autres ! 
    Comme pour confirmer ses dires, elle faisait
    coulisser ses doigts dans l'orifice qui
    avait cédé avec aisance. De sa place,
    Marion voyait disparaître les phalanges, happées par le sexe. Guenièvre branlait la fille avec la même détermination
    qu'elle avait mise à la cingler. Le va-et-vient
    des doigts secouait les fesses de la servante, dont les larmes avaient cessé. Les cris se muaient en gémissements,
    d'abord étouffés, puis, bientôt, bruyants.
    - Vous me faites mal !

  • Il
    faisait très chaud en cette fin de mois de juin. Le Missouri coulait
    paresseusement à travers la ville de Pierre, capitale du Sud Dakota. Les eaux
    ayant baissé, des bancs de sable commençaient à apparaître au milieu du lit
    du fleuve. On était au début d'un été qui promettait d'être torride ;
    il ne fallait s'attendre à aucun vent rafraîchissant pendant la journée. L'air
    stagnait sur la petite ville en proie à la torpeur, sous un ciel
    désespérément bleu, voilé d'une légère brume de chaleur.
    Peu
    de monde passait dans les rues. Les habitants utilisaient leurs voitures
    climatisées pour se rendre dans les centres commerciaux ou à leur bureau. Les
    moins aisés arrosaient les façades de leurs maisons pour refroidir les briques
    brûlantes.
    En
    sortant de Grosvenor School, Liza Higgins fit exprès de passer devant une
    bouche d'incendie que des gamins avaient ouverte en grand. Eux se
    précipitaient sous le jet en hurlant, et elle, bien qu'âgée de dix-huit
    ans, se laissa arroser avec plaisir. Elle avait besoin de se rafraîchir après
    une étouffante journée de classe, dans des salles surchauffées, sous les
    pales inutiles des ventilateurs.
    En
    réalité, elle voulait se faire remarquer des jeunes hommes qui discutaient
    devant leurs voitures - particulièrement de Ron Bishop.
    Les
    conversations entre copains s'interrompirent : immobile, Liza laissait l'eau
    ruisseler sur sa tête, ses épaules. Les gouttelettes luisaient au soleil ;
    médusés, les garçons apercevaient la jeune Higgins au milieu d'un
    arc-en-ciel. Elle avait bien calculé son effet ; ses vêtements trempés
    dessinaient des courbes alléchantes.
    Tous
    la fixaient. Liza croisa le regard de Ron, qui répondit à son invitation
    muette. Elle s'éloignait vers Capitol Hill, longeant le grand bassin sans se
    presser. Le jeune Bishop allait sans doute mettre fin à sa discussion dans un
    délai raisonnable, puis tâcher de la rejoindre. Elle obtiendrait un
    rendez-vous... Ron lui proposerait d'être son cavalier pour la « Prom
    Night », le bal de fin d'année...
    -
    Tu n'as pas trop chaud, au moins ?
    C'était
    Joe, le marchand de glaces du centre-ville. Il connaissait Liza depuis des
    années. Elle était la petite-fille du vieux Sam Higgins, le propriétaire du
    Triple U Ranch, une propriété de trente mille acres située dans les collines.
    Trois mille têtes de bétail, dont un troupeau de bisons, y vadrouillaient à
    leur guise, comme jadis dans la prairie.
    Suite
    à sa douche impromptue, le T-shirt de Liza collait à sa lourde poitrine. Même
    son soutien-gorge était devenu transparent. On devinait les dentelles, les
    coutures, mais aussi les aréoles foncées, et surtout le mamelon prêt à
    percer l'étoffe.

  • CHAPITRE
    PREMIER : PREMIÈRES IMPRESSIONS

    Même
    à l'aide du plan fourni par Robert, Solange eut du mal
    à trouver le manoir isolé en pleine forêt. Au bout d'un chemin
    de terre, une grille en fer forgé s'ouvrit automatiquement devant
    la voiture. Elle roula longtemps, au milieu d'un parc
    planté de grands arbres, avant d'apercevoir un toit d'ardoises flanqué
    de deux tours carrées. Enfin, elle se gara devant les
    murs en pierre de taille d'une maison à un étage, percée de deux
    rangs de fenêtres à petits carreaux. Au bas du perron à marches
    de marbre blond, un majordome l'attendait : cheveux gris
    lissés en arrière, visage impassible. Il s'inclina cérémonieusement.
    -
    Mademoiselle est l'une de nos invitées, je suppose ?
    /> - C'est
    exact : Solange A.
    -
    Mademoiselle est la première, si mademoiselle veut bien me
    confier la clé de sa voiture, je la conduirai au garage.
    Toujours
    sur le même ton déférent, il lui conseilla de laisser sa
    valise dans le coffre de l'auto.
    -
    Je pense que mademoiselle n'en aura pas besoin.
    Elle
    scrutait son visage pour tenter de déceler s'il était au courant
    de la manière dont elle devait passer la semaine dans le manoir.
    Il demeurait impassible.
    Derrière
    lui, elle monta les marches du perron, traversa un hall
    immense. Le coeur serré, elle pensait avec nostalgie à la vie de
    jeune fille de bonne famille qu'elle avait abandonnée pour Robert,
    un modeste employé d'entreprise de dépannage en appareils
    ménagers. Solange, elle, hériterait d'un vignoble de grand
    cru dans le Bordelais. Pourtant elle faisait tout ce que voulait
    Robert. Et il en abusait. Elle était vierge quand elle s'était
    enfuie avec lui. Le souvenir de ce qu'il lui avait fait subir le
    soir-même l'emplissait de honte, pourtant elle était restée avec
    lui, et il l'envoyait dans ce manoir, se soumettre à des inconnus.
    Le
    majordome ouvrit une petite porte, au fond de la grande
    salle. Elle donnait sur un escalier étroit dont la rampe en
    marbre s'appuyait sur des montants de bois torsadés.
    -
    Mademoiselle est attendue en bas.
    Quand
    la porte claqua dans son dos, elle frissonna : impossible de
    revenir en arrière, le piège s'était refermé.

  • Elle avait une façon de me regarder de haut
    qui ne me plaisait pas. Elle « faisait sa belle ». A un moment, elle a
    insinué à demi-mots qu'elle avait connu des garçons, des grands qui l'emmenaient
    sur leur mobylette. Le pire, c'est qu'elle avait grandi ! Elle était même
    un peu plus grande que moi.
    Je craignais qu'elle ne réagisse plus à la formule magique, mais nous avons
    repris nos jeux comme avant. Je l'entraînais dans le fenil, j'exigeais qu'elle
    me montre ses seins tout neufs. Elle défaisait les boutons de son corsage dont
    elle écartait les pans. Elle ne portait pas de soutien-gorge. Ses seins
    ressemblaient à des demi-pamplemousses d'un blanc laiteux. La peau était
    presque transparente, on voyait de fines veinules sur les côtés. Ce qui m'attirait
    le plus, c'étaient les aréoles d'un rose bistre, surmontées de pointes
    qui devenaient grumeleuses au contact de l'air.
    Je trouvais que c'était plus vicieux quand elle me regardait ; aussi, je
    la forçais à le faire. Ça la gênait, mais elle finissait par céder. Elle me
    regardait fixement, une lueur effrontée s'allumait dans ses prunelles. D'abord,
    je frôlais les seins. C'était comme si un contact électrique la traversait.
    Son souffle devenait rauque. Du bout des doigts, je lui caressais la poitrine,
    guettant dans ses yeux la montée de l'excitation. Je soupesais ses seins. C'était
    lourd ; ça se balançait quand je les laissais retomber. Plus je lui pelotais
    les nichons, plus les pointes devenaient raides. Je pinçais les deux tétons en
    même temps, puis je les tordais, les allongeais, jusqu'à lui arracher une
    plainte ou des larmes. A la fin, elle me suppliait d'arrêter : je lui
    faisais trop mal.
    Je continuais. Ça me plaisait de la traire comme une vache, de la traiter en
    esclave. Mon slip s'humidifiait. Elle ne cherchait pas à se dérober. Elle
    subissait mes dures caresses.

  • - Maintenant, voyons comment vous faites votre toilette. Là aussi, il doit y avoir des choses à revoir.
    Solange ravala sa honte et monta dans le bac à douche mais à peine eut-elle tendu la main vers un robinet que la gouvernante lui donna un coup sur les doigts.
    - L'eau froide d'abord. Ça fait circuler le sang. Joignant le geste à la parole, elle tourna à fond le
    robinet concerné. Un jet glacé inonda Solange, la faisant suffoquer. Claquant des dents, elle ouvrit l'eau chaude et cette fois la gouvernante ne s'y opposa pas. Quand la douche vira au tiède, elle eut l'impression de renaître. Même lors de son bizutage en fac, où elle avait tout fait pour y échapper, elle n'avait pas connu une pareille épreuve. Miss Hamp lui lança un pain de savon et un gant de toilette.
    - Allez-y ! Et tâchez de faire cela correctement. Plus que les coups, c'était le fait d'être traitée
    comme une fillette, elle, une femme adulte, que Solange n'arrivait pas à admettre. Elle ne se souvenait pas d'avoir dû faire sa toilette devant quelqu'un. En pension, elle avait connu une pionne lesbienne qui ne se gênait pas pour détailler les filles sous la douche mais elle se contentait de se rincer l'oeil. Elle ne leur donnait aucun conseil sur la façon de se laver et elle ne les touchait pas. En revanche, à voir sa mine sévère, miss Hamp prenait très au sérieux son rôle d'éducatrice. Nulle trace de lueur malsaine dans son regard. Elle semblait aussi impassible que si elle avait affaire à un bout de bois et non à une femme de chair et d'os. Solange aurait préféré se trouver face à une gouine pure et dure, même sadique. Elle aurait pu essayer de la fléchir.
    Elle enduisit le gant de savon et le passa sur la figure. Jusqu'alors, elle n'avait accordé aucune attention à ce geste machinal mais la présence d'un témoin changeait tout. Elle réalisait le grotesque de cette attitude qui faisait ballotter ses seins autant que la séance de gymnastique de tout à l'heure. Elle sursauta quand miss Hamp lança :
    - Vous avez peur de vous écorcher ? Frottez plus fort. Et n'oubliez pas le cou ni le dessous des bras.
    Peu soucieuse de recevoir un nouveau coup de ceinture, Solange s'exécuta, passant à plusieurs reprises au même endroit jusqu'à ce que la peau soit toute rouge. Ce qui suscita une nouvelle fois une remarque agacée de miss
    Hamp.
    - Il faudrait peut-être penser à laver aussi le reste ! Penaude, Solange passa le gant sur ses seins. Une
    moiteur malsaine prit naissance dans son ventre quand elle effleura ses mamelons qui durcirent aussitôt. C'était plus fort qu'elle. Ses bouts épais étaient si sensibles qu'ils réagissaient au moindre attouchement. Elle leva les yeux et se heurta au regard ironique de miss
    Hamp.

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