• J'accroche une rose à mes cheveux Je chante le pacte de la route J'ai besoin de ton regard Pour tracer l'écart Entre l'exil et mon visage.

    Passeur de mots, de formes et de mémoire, Rodney Saint-Éloi est une des voix majeures des lettres contemporaines. Son oeuvre, à l'écoute du monde, est une longue traversée des villes et des visages. Nous ne trahirons pas le poème célèbre la Poésie comme moyen de survie, invoque la Femme symbolisée par le baobab ancestral et préfigure la Renaissance dans une « ville d'eau, de terre et d'arcs-en-ciel heureux ». La parole de Saint-Éloi, tendre et rebelle, est un véritable baume en ces temps où nos sociétés sont à la quête d'un centre de gravité...

  • L'ancêtre parle, invoque terre, feu, ciel, océan. Des voix résistent, résonnent ; le poème se joue, tambour, espérance et acte de foi. Rien n'est trahison dans cette traversée. Tout porte vers l'incandescence, lumière de nos humanités.

  • J'ai des allumettes sous ma culotte / Le ciel est trop grand pour les mathématiques / Je marche avec mes rêves en bandoulière / J'ai brûlé les arbres du ciel / J'ai brisé les tables de la Loi / Je suis impie et belle / Dans la convulsion du songe / Ma disgrâce n'a pas de port / Je suis la fille du baobab brûlé métisse voix, routes et identités. D'un bout à l'autre, résonne d'une coulée cette parole libérée des miroirs et des compromis. La fille du baobab cherche son visage, son corps et son chemin dans le déferlement d'une écriture sans concession.

  • Dans ce récit admirablement écrit, l'auteur rend hommage à sa mère, Bertha. Cette grande dame noire à l'énergie et à la générosité exemplaires, «amoureuse de l'amour», vient de mourir. Rodney, son fils aîné, raconte l'enfance bleue au pays natal, leur chemin d'exil, elle à New York, lui à Montréal. Le fils dialogue avec la mère. Lui, il est celui qui a grandi sous la dictature, qui rêvait d'être écrivain et qui parvient à mettre des mots sur la colère, la peine, la joie, le courage et l'amour. Elle, elle est la mère qui porte la mémoire du «pays-pourri» et la lumière de l'espoir. La parole de Bertha, poignante et belle, fait entendre la musique et la dignité de cet art d'être mère.

  • Je marche. je marche. Le poème est un cheval fou, se rappeler, la barque est la route. L'horizon est dans le regard du promeneur. Découvrir une chose douce et amère: des îles, il faut se résigner à foutre la mer dehors afin de pouvoir marcher librement pour célébrer la terre, dans le récitatif qui offre aux mots et aux choses le contrepoint du chant: éloge et mystère. Surtout l'élégance. L'élégance sauve le poème comme le soleil l'été.
    " Toute ville est un récitatif J'apprends du verbe apprendre le bon usage des rues les paysages de silence les plages de l'extase l'amitié des lauriers l'élégance de l'oiseau-mouche l'allaitement des ibis j'apprends par exemple que la mer est un immense gâteau bleu les soirs d'orage quand les nuages font la gueule les femmes couchent côté est pour aider le soleil à se lever"

  • Rodney Saint-Eloi nous offre de façon magistrale une vision de son pays, Haïti, dans un florilège de mots exhubérants de vie. Haïti : " Ce pays qui s'appelle ailleurs, et dont la route la plus droite est celle qui mène à l'aéroport, est radiographié dans ses géogra-phies intimes, dans une prose sensible où la poésie est toujours en embuscade... Rodney Saint-Eloi nous fait offrande dans ce magnifique livre de sa méditation sur la vie, le temps, [...] la mémoire sensible, politique et poétique d'un pays qui inventa la liberté et dit qu'il croyait en l'une de ses plus belles floraisons : l'humanité.
    " Felwine Sarr " Un très beau livre, donc, écrit dans une langue ample, belle, tendre et poétique, un livre à savourer, et surtout à méditer, lentement et en douceur. " Normand Baillargeon

  • Un témoignage unique sur les trente-trois secondes qui ont terrassé Haïti le 12 janvier 2010. Le récit hallucinant de ces destins frappés par le séisme, comme ce père qui presse ses enfants de rentrer pour étudier : cinq secondes plus tard, sa maison s'effondre sur les siens...

  • "Je revendique la sorcière qui m'enfanta une nuit mauve Je revendique la libation qui fit de moi l'orage des ciels d'octobre S'il y a un homme c'est ma main libre qui rencontre le monde S'il y a une route c'est mon corps aveugle qui cherche sa mémoire"

  • "Apprendras-tu l'exil À tes pieds exilés Là-haut Tes pieds poudrés Toucheront le sol Seulement pour nous rappeler que Toute terre est fruit d'espérance" Chacun d'entre nous devrait écrire une lettre à un ami. Écrire ces mots qui rappellent notre présence

  • Quarante Haïtiens parlent de leur pays.
    Penser le pays autrement ! Faire émerger l'espace de citoyenneté dans le discours social et dans l'espace public. Les espoirs sont grands et les promesses mirobolantes. Les interrogations ne manquent pas concernant la refondation et la reconstruction.
    Refonder comment ? Reconstruire quoi, pour qui et pourquoi ? Le débat s'ouvre ici avec la voix des citoyens haïtiens : l'exclusion, la ségrégation, la réparation, la justice sociale, le fait culturel, le créole, la finance, l'histoire. Voici un ouvrage sans complaisance, qui offre, sous diverses formes, le visages nouveau du pays à venir.

  • Nous livrons des bruits récoltés en passant au tamis la clameur du monde. Bruits de l'enfance, bruits de la vie, bruits de la mort, bruits des pas, bruits des rêves, bruits des langues, bruits du désir, bruits du silence, bruits du soleil... Voix fragiles, peuplées de rivières, de vies cheminant dans les mêmes sentiers, les mêmes résonnances. Peu importe si l'on vient d'Amérique, d'Europe, d'Asie, d'Océanie ou d'Afrique. Nous mêlons les cartes d'identité.
    Par la force souterraine de l'écriture, nous devenons des voyageurs clandestins dans nos propres pays.
    La littérature, libérée des catégories identitaires, respire.
    Un chant commun s'élève : la délicate rumeur du monde.

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