Denoel

  • Cassandra Darke, Londonienne pur jus, vieille teigne misanthrope, mauvaise coucheuse en surcharge pondérale, n'est pas sans rappeler le célèbre Scrooge de Dickens. Elle ne pense qu'à elle-même et aux moyens de préserver le confort dont elle jouit dans sa maison de Chelsea à 8 millions de livres. La galerie d'art moderne de son défunt mari a été le théâtre de fraudes qui l'ont mise en délicatesse avec la justice et au ban de son milieu. Mais Cassandra s'accorde le pardon, au prétexte qu'«à côté de tous ces meurtriers récidivistes, on se sentirait presque comme Blanche-Neige». Ses fautes n'impliquent «ni violence, ni arme, ni cadavre». Hélas, dans son sous-sol, une ex-locataire, la jeune et naïve Nicki, a laissé une surprise qui pourrait bien s'accompagner de violence et d'au moins un cadavre...
    Affinant encore sa virtuosité unique, entre roman et bande dessinée, Posy Simmonds poursuit la fresque de l'Angleterre moderne entreprise dans ses livres précédents et donne sa vision au scalpel du Londres brutal et fascinant d'aujourd'hui, «entre paillettes et galères». Son coeur, comme toujours, penche pour les chiens perdus, mais le portrait qu'elle trace de Cassandra, cette femme trop riche à l'hiver de sa vie, est vibrant d'empathie. Pur plaisir. Pur Posy.

  • Tamara Drewe

    Posy Simmonds

    Tamara Drewe, son nez refait, ses jambes sans fin et ses airs de princesse sexuelle.
    La chroniqueuse trash revient semer panique et confusion à Ewedown, le village à la Gainsborough où une population rurale rêvant de la ville cohabite avec une colonie d'exilés bobos acharnés à faire revivre une campagne fantasmée.
    Ben, Andy et Nicholas, le triangle de mâles en chasse se reforme autour de la belle amazone, sous l'oeil toujours concupiscent de Glen, l'universitaire obèse en panne d'inspiration, et celui, douloureusement humain, de Beth, la bonne fée de Stonefield, retraite pour écrivains surmenés.
    Casey et Jody, les adolescentes locales, abreuvées de presse people, hypnotisées par la foire aux vanités londonienne, sont là aussi. Le tout prend force et vie sous la caméra du maître du cinéma britannique Stephen Frears. L'homme qui nous fit découvrir Hanif Kureishi, relire les Liaisons Dangereuses, regarder the Queen d'un autre oeil, se risque à l'adaptation d'un graphic novel.

  • Gemma Bovery

    Posy Simmonds

    Le décor, le destin, le nom de l'héroïne vous rappellent quelque chose... c'est à dessein. Posy Simmonds donne à l'Emma Bovary de Flaubert une arrière-petite-fille en jean, baskets et lingerie fine. Personne ne sort indemne de cette satire, ni ces Anglais middle class assoiffés de grands crus et d'exotisme continental, ni cette petite bourgeoisie française aux manies insupportables.
    Du désir de grandeur et de ses désillusions. De l'influence des régimes amaigrissants sur la fidélité conjugale. Splendeur et ridicules du désordre amoureux. Le grand Flaubert y retrouverait ses petits.

  • Ce que dit Posy à propos de Literary Life :
    « Ces chroniques en une page ont pant chaque samedi entre le 14 septembre 2002 et le 28 mai 2005 dans The Guardian Review , le supplément littéraire et artistique du joumallondonien. La seule consigne éditoriale était que le thème conceme la vie des lettres. le travaillais en fll/X tendu:
    Recherche d'une idée le lundi, fol espoir de l'avoir trouvée le mardi. Le mercredi, jour de remise, s'ouvrait sur une frénésie de travail matinal, en robe de chambre panni les miettes de toast. Puis à 11 h 50, course jusqu'aux bureaux du journal, au bout de la nte (mais pas en robe de chambre), pour livrer ma planche. Scanners et ordinateurs ne faisaient pas encore partie de mon existence.
    Le reste du mercredi était principalement consacré à Ull déjeuner bien mérité. » Ce qu'elle ne dit pas:
    Dans ces chroniques du Guardian , quotidien à mi-chemin du Monde et de Libération, produites entre ses fameux romans graphiques Gemma Bovery (2000) et Tamara Drewe (2009), Posy applique à ses victimes - éditeurs, écrivains, critiques, poseurs et autres « gendelettres » -la même finesse, la même acuité, la même ironie tendre et cruelle que celles qu'elle destinait à ses deux héroïnes. Page à page, gag à gag, elle compose une réjouissante Foire aux vanités moderne, à la fois proche et bien loin des folles époques de Jane Austen, William Thackeray, Virginia Woolf ou P.G. Wodehouse. Cette édition française comporte de nombreuses pages inédites, dont un épisode peu glorieux de la vie de Sherlock Holmes réalisé pour le Figaro Littéraire.

  • C'est l'intrusion incessante dans sa vie de la première femme et des enfants de son mari qui pousse la belle Gemma, seconde épouse de Charlie Bovery, à l'entraîner loin de Londres pour s'installer dans une fermette du bocage normand. Découverte émerveillée de la vie française, puis, très vite, retour à l'ennui et au dégoût. Une transposition libre de la vie de l'héroïne de Flaubert, Emma Bovary.

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