• Près de quarante ans après son départ de l'Élysée, la mémoire du président Giscard d'Estaing (1974-1981) demeure brouillée. C'est le grand mérite de ce livre que de nous aider à y voir clair et de remettre ce septennat dans la perspective d'une vie tout entière consacrée à hisser la France au-delà d'elle-même.
    Hérétique et fossoyeur du gaullisme ? Par son ambition pour la mission historique d'une France à l'échelle de l'Europe, « VGE » nous a transmis le grand oeuvre du Général et le legs de la Constitution de 1958 en « héritier de l'avenir » et demeure, à ce titre, « le plus gaullien des hommes d'État français en dehors de l'éponyme ».
    Président distant et hiératique ? Ce livre, qui n'est pas une biographie, offre le portrait inattendu et sensible d'une vie publique étalée sur près d'un siècle, celui d'un homme passionné et dont la clairvoyance ne manquera pas de frapper le lecteur.
    Surtout, c'est une magistrale leçon pour les sciences de l'action, sur la transformation d'un pays enfin mûr pour épouser la mondialisation, un enseignement qui nourrira la réflexion de tous ceux qui cherchent à redonner impulsion et sens à l'engagement politique.

  • A Ve République prend corps le 4 septembre 1958.
    Ce soir-là, place de la République, à Paris, de Gaulle décrit au peuple la Constitution par laquelle il l'invite à conclure une longue phase de mise au point des institutions ouverte en 1789.
    Désormais, la République sera enfin  «  forte et efficace  », comme l'exigent les enjeux du siècle. Il parachève ainsi l'oeuvre assumée le 18 juin 1940  : maintenir la République française, la mener à la victoire, lui conférer les moyens de reprendre son rang, tout en assurant la prospérité de son peuple et sa sécurité à jamais. Ce texte est une apogée.  Soixante années ont passé. D'immenses évolutions ont mis la Constitution à l'épreuve. Pourtant, ainsi qu'en 1958, le besoin de rénovation si manifeste en 2018 trouve toujours dans ce discours une réponse d'une justesse impressionnante.  Dans ce livre, Philippe Ratte part de ce moment décisif pour proposer une lecture neuve et pénétrante tant de l'oeuvre du général de Gaulle que de l'histoire de la République, jusqu'à sa plus récente actualité.
     

  • Tintin ou l'accès à soi

    Philippe Ratte

    • Ginkgo
    • 22 Octobre 2015

    Les aventures de Tintin (1929-1983) sont datées.
    La refonte des premiers albums ne les fait pas échapper à ce demi-siècle-là, aujourd'hui si révolu. Pourtant, on les sait intemporelles, et leur succès mondial le prouve depuis lors.
    Leur statut de classiques du genre y est pour quelque chose, ainsi que la qualité intrinsèque de chaque histoire, qui fait leur force. Mais l'universalité de cette réussite suggère qu'elle tient à une valeur plus profonde encore.
    Pour tout individu se pose la question des origines.
    Lorsqu'elle n'est pas résolue par un roman familial dénué d'ombres, elle peut devenir la croix intime du sujet ;
    Interrogation non résolue : d'où, de qui viens-je ?
    C'est cette question que développe, traite et résout le corpus des aventures de Tintin.
    Elle se ramène à deux termes : il doit y avoir eu de la femme dans cette affaire, et alors qu'en dire ? Et quelle a été la part d'un homme dans cette affaire de femme ? Tout être naît avec en lui cette alarme de se demander comment il est venu au monde. Usuellement, pour une majorité, le cadre familial propose une réponse censée aller de soi, qui étanche la curiosité en la gavant d'une évidence supposée Mais si l'on commence par faire élision de cette matrice familiale (avec papa et maman allant de soi en tant que réponse à l'énigme de l'origine) celle-ci devient lancinante, et exige pour vivre qu'on lui construise une réponse situant une génitrice et un géniteur assumant la nécessité de leur interaction Or, lorsque prévaut cette situation, c'est que la mère, ou le père, ou les deux, ont refusé de jouer ce rôle, introduisant dans le panorama de l'origine un déni en lieu et place d'une apparente évidence naturelle. Ce déni pèse lourdement sur la capacité de l'individu à remonter vers l'amont de lui-même et construire son être au monde en se définissant une origine, car pour ce faire il lui faut combattre le déni qui a été posé sur ce point précis par la femme et/ou l'homme qui l'ont engendré.
    En pareil cas, l'individu ne peut réussir cette fondation de soi par rétablissement d'une origine qu'à partir de l'accès préalable à soi, c'est à dire en lui-même à l'être profond, authentique, distinct subsumé par le moi dont il lui est reconnu l'usage par tout le monde sous les espèces de son nom. Il lui faut trouver sa vérité intime, la force de son propre droit à exister indépendamment de quelque origine ou identité externe que ce soit.
    Les aventures de Tintin exposent exactement cela, à travers l'ensemble des personnages qu'elles mettent en scène. Elles montrent à travers les 20 albums comment Tintin construit l'accès à son Soi et accède à la résolution de cette crise des origines à travers trois accomplissements décisifs :
    D'abord l'identification et le rapatriement vers soi d'un personnage en qualité de père, à savoir Tournesol ; puis le combat pour accéder à soi sous les espèces initiatiques du sauvetage de Tchang disparu au Tibet, et qui se révèle retenu dans une cavité utérine par un monstre femelle (à la fois neige silencieuse et yéti abominable) dont il s'agit de se purger; enfin l'acceptation au moins par prétérition du fait qu'il y ait forcément eu de la femme dans tout cela, à travers toute la métaphore des Bijoux de la Castafiore.
    Les autres personnages principaux sont là pour contreforter par antiphrase cette accession de soi à Soi par Tintin : les Dupondt, piégés dans leur quasi-gemellité, sont incurablement incapables d'accéder à soi : Haddock de même, et à l'inverse, de qui l'unique double est le mythe d'un ancêtre, est lui aussi inapte à accéder à soi, et en manifeste la rage permanente par sa violence au moins verbale. Abdallah reste enfermé dans l'enfance irresponsable, Milou découvre qu'il n'est pas l'Autre de Tintin mais une simple dépendance de son maître.
    Advenu d'emblée sans famille, Tintin incarne le problème de l'être-au-monde de tout individu privé d'origine.
    Si une minorité d'individus grandissent en situation d'enfant sans ascendance avérée, la situation psychique qu'ils affrontent de ce fait à son paroxysme est aussi celle de tout un chacun, à qui l'aura douceâtre d'un roman familial aura assuré une protection opiacée contre cette énigme de sphinx que chacun porte en soi, de savoir d'où il provient pour oser commencer à être qui il sera, enfin à l'image de Dieu, seul à être par construction exempt de cette angoisse liminaire.
    L'épopée de Tintin nous dit ce qu'il y faut de droiture et de courage, et combien c'est difficile, puisque tous autres s'en montrent incapables.
    Lus dans cette optique, les vingt albums se révèlent être la plus formidable leçon de fondation de soi qu'on puisse lire, et de ce fait un viatique magistral pour tout être humain - Une sorte de psychanalyse « homéopathique ».

  • De l'Appel du 18 juin à la Libération de Paris, de la création de la Ve République à l'affirmation du rang de la France dans le monde, le parcours de Charles de Gaulle se confond avec l'Histoire. Ce livre revient sur la vie du plus illustre des Français. Le Mémorial Charles de Gaulle de Colombey-les-deux-églises permet de mieux comprendre l'action, la pensée et la personnalité de cet homme d'exception. II est aussi un rendez-vous avec les événements majeurs du XXe siècle : ses nombreuses salles d'exposition plongent le visiteur dans l'Histoire Grandeur nature.

    1 autre édition :

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