• La perspective inversée Nouv.

    Florenski critique ici les fondements de la perspective et, avec eux, la conception classique de l'histoire de l'art, qui voit dans la Renaissance un acmé jamais égalé. Il analyse avec une grande finesse les icônes, qui génèrent une multitude de points de vue, au diapason de la pensée qu'elles véhiculent. Dans les icônes, mais aussi dans l'art égyptien, l'art grec, l'art du Moyen Âge et même l'art des enfants, il n'y a pas de point focal. Ce point ne se situe pas dans l'image, mais dans l'oeil mobile du spectateur. Daté de 1919, cet exposé est contemporain des recherches plastiques de Malevitch. L'on tient là non seulement un texte précurseur de maintes recherches théoriques mais aussi un plaidoyer éminemment pédagogique en faveur d'un art ouvert à la vision subjective du spectateur.

  • Ce texte, inédit en français, pourrait servir de guide et d'appui pour tous ceux qui, en ces temps de découragement de la pensée, s'apprêtent à entreprendre l'étude de la philosophie. Car c'est bien une question de fond qui intéresse Florenski : celle des stratégies que l'homme a mises au point au cours de son histoire pour "s'expliquer à lui-même" la réalité. Cette recherche est menée en toute connaissance de cause : Florenski est un penseur unique en son genre, qui rappelle la figure de ces intellectuels de la Renaissance capables de maîtriser les domaines de la connaissance les plus variés. Il a été physicien, mathématicien et ingénieur électronique, mais aussi philosophe et théologien, théoricien de l'art et linguiste. Cela ne le porte en rien vers les syncrétismes ou les conciliations amiables : on a rarement assisté à une prise de position aussi sévère face aux prétendues vérités de la science, et ses arguments sont d'une finesse si grande qu'ils anticipent bon nombre des thèmes de l'épistémologie du XXe siècle. Par rapport au "vide ordonné et la mort" des sciences, même le "discours commun" (avec sa "richesse désordonnée" et sa "vie chaotique") semble avoir davantage de possibilités d'accéder au vrai.

  • L'amitié

    Pavel A. Florenski

    • Mimesis
    • 24 Octobre 2017

    Forme de connaissance la plus accomplie, l'amitié occupe une place d'exception dans l'oeuvre et la pensée de Pavel A. Florensky, l'un des plus grands penseurs russes du XXe siècle. Se déployant dans l'action, elle se nourrit de la foi absolue en Dieu et serait l'émanation directe, sur terre, de la puissance divine.
    Figurant parmi les lettres publiées en 1914 dans le traité La Colonne et le fondement de la vérité, somme de la culture et de la pensée religieuse russes, Pavel Florensky s'adresse ici, sous forme épistolaire, à Sergej S. Troickij, mort dans des circonstances tragiques quelques années auparavant. D'un lyrisme inégalé, ce texte est le fragment d'un dialogue ininterrompu avec l'ami de toujours.

  • La sophie Nouv.

    La sophie

    Pavel A. Florenski

    La Sophie est la dixième des douze lettres qui composent La colonne et le fondement de la vérité, chef-d´oeuvre de la spiritualité orthodoxe. Dans cette somme de la culture et de la pensée religieuse russes Florensky nous parle de « l´expérience vivante de la religion, en tant que seul moyen de connaître les dogmes ». Ses argumentations théoriques rigoureuses sont accompagnées par des commentaires lyriques et des descriptions poétiques de paysages russes. Si elle a inspiré la théologie orthodoxe, La colonne n´a pas manqué de susciter craintes et incompréhensions, surtout dans ses pages consacrées à la sophiologie. L´aspect le plus contesté de ce monumental essai, publié à Moscou en 1914, étant sans doute sa présentation de la divine Sophie, sorte de personnification de l´idée divine. Ce sont ces pages d´une intensité rare que le volume présent offre pour la première fois dans une édition inédite.

  • Écrit en 1905, cet essai frappe par sa force anticipatrice. À travers la figure d'Hamlet, Florenski propose une lecture étonnamment moderne du monde contemporain. Selon lui, Hamlet vit de façon tragique le passage à un état nouveau du monde qui abandonne le "principe de la lignée", c'est-à-dire de la vengeance. En lui combattent des forces obscures et démoniaques, aux prises avec la conception consciente d'une "autre" justice, qui n'est plus celle des anciens dieux. Mais Hamlet, toujours habité par les images ancestrales, n'est pas encore prêt et son dilemme est celui de l'homme de la modernité, dont la conscience fragile et malheureuse oscille entre l'éternel retour des divinités païennes et l'idée chrétienne de pardon. L'analyse de Florenski, par ses rapprochements inattendus, sa perspective originale offre une vision neuve, extraordinairement stimulante de ce classique et prouve que cette pièce tant de fois commentée n'a pas encore livré tous ses secrets.

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