• Pour relancer un « ascenseur social » interminablement en panne, les grandes écoles affichent depuis quelques années leur ouverture à la « diversité » et leur volonté de renouer avec la méritocratie qu'elles auraient incarnée par le passé. Certains les accusent au contraire d'instaurer des critères étrangers au mérite, quand d'autres dénoncent une volonté de sceller le sort des universités, reléguées à la gestion des flux étudiants. Mais, de la IIIe République à nos jours, les grandes écoles ont-elles jamais récompensé le mérite ?
    En retraçant les controverses oubliées et les choix politiques qui ont garanti les prérogatives de ces établissements et ainsi légitimé un haut niveau de reproduction sociale, cette enquête sociohistorique montre que rien n'est moins sûr. Si l'évocation rituelle de figures emblématiques de boursiers entretient le mythe d'un âge d'or méritocratique, l'histoire de ces filières d'excellence révèle la pérennité d'un système héritocratique, grâce auquel des élites résolues à défendre leurs frontières et leurs intérêts parviennent à consacrer leur héritage comme un privilège mérité.
    Replacée dans des rapports de force qu'occulte la croyance en l'égalité des chances, l'introuvable démocratisation des grandes écoles ne s'explique pas par un complot de caste, mais par une succession de luttes dont les élites en place sont régulièrement sorties victorieuses. Face aux perspectives de changement et aux projets de réforme, elles ont su se mobiliser pour restaurer l'ordre qui était sur le point de s'ébranler. Des lendemains de la Commune au Front populaire et à la Résistance, de la Libération à Mai 68 et aux années Mitterrand jusqu'à Parcoursup et la refonte de l'ENA, la continuité qui s'observe derrière les secousses éphémères et les évolutions structurelles ne relève donc pas d'une mécanique implacable - ni d'une fatalité politique.

  • Cible principale des débats sur les vices et vertus de l'élitisme à la française, les grandes écoles font aujourd'hui l'objet de multiples mesures pour élargir leur vivier de recrutement. L'instauration de la « discrimination positive » à Sciences Po Paris, puis l'obligation faite aux grandes écoles d'accueillir au moins 30 % de boursiers ont provoqué de vives polémiques. Mais ce tumulte médiatique laisse dans l'ombre les principaux intéressés : les étudiants bénéficiaires de ces politiques. Souvent issus des milieux populaires et, pour beaucoup, de familles immigrées, qui sont ces jeunes ? En franchissant les frontières sociales, à quelles épreuves sont-ils confrontés au quotidien ?
    Grâce à une enquête ethnographique au long cours sur une classe préparatoire réservée à des bacheliers ZEP dans un lycée prestigieux de province, ce livre écrit comme un roman d'apprentissage montre comment ces « enfants de l'ouverture sociale » sont sélectionnés, formés et transformés au fil de leur parcours, jusqu'à leur arrivée dans le monde du travail. À travers leurs espoirs et leurs craintes, leurs découvertes et leurs déconvenues, leurs succès et leurs échecs, ils et elles s'affrontent à un problème qui nous concerne tous : que signifie concrètement changer de milieu social et tout faire pour « réussir » ?

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  • Cible principale des débats sur les vices et vertus de l'élitisme à la française, les grandes écoles font aujourd'hui l'objet de multiples mesures pour élargir leur vivier de recrutement. L'instauration de la « discrimination positive » à Sciences Po Paris, puis l'obligation faite aux grandes écoles d'accueillir au moins 30 % de boursiers ont provoqué de vives polémiques. Mais ce tumulte médiatique laisse dans l'ombre les principaux intéressés, les étudiants bénéficiaires des politiques d'ouverture sociale. Ils ont leur mot à dire. Souvent issus des milieux populaires et, pour beaucoup, de familles immigrées, qui sont ces jeunes ? En franchissant les frontières sociales, à quelles épreuves sont-ils confrontés au quotidien ?

    Grâce à une enquête ethnographique au long cours sur une classe préparatoire réservée à des bacheliers ZEP, dans un lycée prestigieux de province, ce « polar sociologique » montre comment ces étudiants sont sélectionnés, formés et transformés au fil de leur parcours, jusqu'à leur arrivée dans le monde du travail. À travers leurs espoirs et leurs craintes, leurs découvertes et leurs déconvenues, leurs succès et leurs échecs, ces étudiants s'affrontent à un problème qui nous concerne tous : que signifie concrètement changer de milieu social et tout faire pour « réussir » ?

  • L'enquête est le coeur du métier sociologique, le principal instrument de la production de connaissance sociologique. Ce livre montre comment ça marche. A partir du cas d'enquêtes sociologiques françaises parmi les plus célèbres, il raconte comment elles se sont déroulées, dans quels contextes et avec quels moyens, comment elles ont été accueillies sur place, les obstacles qu'elles ont rencontrés, les manières de faire qu'il a fallu inventer. Les sociologues y trouveront une sorte d'antidote au méthodologisme en voyant comme les choix scientifiques se font réellement dans une pratique collective de recherche. Le livre est plus généralement un moyen de mieux comprendre ce qu'apporte une connaissance sociologique du monde.

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