• En 1983, Patrick Roegiers s'établit à Paris pour devenir écrivain. Personne ne l'attend.
    Installé dans la maison de Saint-Maur, d'où sortent tous ses livres, il conte avec humour ses premiers pas dans l'édition. Le bonheur en famille se conjugue avec des coups de théâtre, des incidents tragi-comiques ou carrément burlesques, qui émaillent l'existence de celui qui construit son oeuvre au fil de la plume, sans quasiment sortir de son bureau, alors que le monde tourne autour de lui.
    Voyages et vacances au bord de la mer, rencontres inattendues, portraits émouvants d'artistes, auteurs, acteurs, chanteurs, éditeurs ou cinéastes admirés.
    Portée par une écriture enthousiaste, une éblouissante déclaration d'amour à la France.
    Cet hymne à la création crépite comme un feu d'artifice apollinien.

  • En une langue tour à tour picaresque, cruelle, mélodieuse et torrentueuse, ce roman évoque l'histoire de la Belgique depuis 1830 jusqu'au XXIe siècle à travers les tribulations d'un héros de 11 ans, sans prénom ni parents.

  • Avec beaucoup d'humour, l'auteur commente, sous forme d'abécédaire, la vie culturelle de son pays d'origine : littérature, peinture, moeurs, sport, cuisine et langue belges. Brel, Merckx, Magritte, Spilliaert : les plus célèbres personnalités belges participent de cette « autobiographie ».   Né en 1947 à  Bruxelles, Patrick Roegiers s'est établi à  Paris en 1983. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages sur la photographie et a publié sept romans dont Beau regard (1990), L'Horloge universelle (1992), Hémisphère nord (1995), La Géométrie des sentiments (1998), L'Oculiste noyé (2001) et Tripp (2002).

  • « Lorsque j'ai été mis à la porte de chez mes parents le jour de mes vingt ans, vendredi 22 septembre 1967, j'aurais dû comme Salvador Dali dans la même situation me raser le crâne et placer un oursin sur le dessus de ma tête, à l'instar de Guillaume Tell posant une pomme sur le front de son fils ... ».
    Dans ce livre incisif et percutant, allègrement écrit, après avoir attendu longtemps, avec beaucoup d'amusement et une grande sincérité, Patrick Roegiers parle pour la première fois de lui-même, de ses parents, de sa famille, de son éducation, des fracas de son adolescence et des tumultes de son enfance. Sans nostalgie mais non sans émotion, il raconte son histoire comme il l'a vécue et, surtout, telle que la reconstitue et la ressent inconsciemment la mémoire. Le portrait de sa mère, Gorgone moderne, Médée vengeresse, chargée d'une lourde hérédité et agonisant sa progéniture, est plus que saisissant. Le souvenir n'est pas le pardon. Le passé n'est jamais mort. C'est un fantasme du présent.

  • Le cousin de Fragonard

    Patrick Roegiers

    • Points
    • 20 Novembre 2008

    Son père le voulait gantier, à sa suite, mais le jeune Honoré Fragonard se découvre une toute autre vocation : la dissection. À Paris, il exerce avec brio ses dons d'anatomiste à l'école vétérinaire. Bien vite, la science chirurgicale occupe toutes ses pensées. Dépassé par son propre génie, loin des vivants, Honoré conçoit un étrange musée d'écorchés.

  • Beau regard

    Patrick Roegiers

    Beau Regard est le récit détaillé d'un dîner où l'on ne mange que des homards.
    Spectres de chair et d'os, aux gestes mesurés, les invités en tenue de soirée sont dépecés de sang-froid par un hôte imprévu qui, tel un mauvais ange, s'évertue à donner corps à ses fantasmes. De menus incidents, des détails infimes et la plus fugace image prennent une importance disproportionnée aux yeux de cet observateur distant et muet qui se livre à un acte de véritable chirurgie visuelle. Projection rêvée d'une situation banale, ce récit virulent célèbre l'absolue primauté de la vue.
    Mené avec une rigueur sourcilleuse, il se déroule en continu, d'une seule respiration, comme la rotation de la terre ou la circulation du sang. Une scène de genre, une sonate acide, aux tonalités singulières.

  • Jacques Henri Lartigue eut une existence passionnante pour trois raisons qu'il résumait lui-même le plus simplement du monde : " Je peins, j'écris, je fais des photos.
    " Dès 1900, il tient son journal qui parcourt tout le siècle, dessine pour capter ce qu'il voit - dans une multitude de registres : croquis sur le vif, pochades, dessins techniques ou de mode, caricatures -, mais aussi pour doubler la prise de vue photographique au cas où celle-ci serait ratée. Dilettante entêté, assoiffé de bonheur, doté d'un incurable optimisme, Lartigue a pour unique but de faire de la vie le sujet de son art.
    S'il est célèbre en tant que photographe, il se considère avant tout comme peintre. Il mène de front jusqu'à sa mort, en 1986, ces trois disciplines - dessin, peinture et photographie - qui sont analysées ici pour la première fois. L'essai enlevé et brillant de Patrick Roegiers saisit dans l'ensemble de ses pratiques Jacques Henri Lartigue, à qui le Centre Georges Pompidou consacre, en cette année 2003, une grande rétrospective.

  • La Géométrie des sentiments, fresque romanesque, raconte sur six siècles l'histoire fictive ou vraie de neuf couples dont neuf peintres ont fait le portrait : Van Eyck, Titien, Rubens, De Hooch, Gainsborough, Wright of Dervy, Ensor, Hopper et Hockney.
    De 1434 aux golden sixties, c'est à une inédite carte du Tendre et du Temps, mariant les langues, les villes (de Bruges à New York, via Venise, Anvers, Amsterdam, Ostende, Londres), les us et coutumes, le sexe (dans tous ses états), l'art et l'argent (de la création de la Bourse au krach de 1929), que convie ce feuilleté kaléidoscopique, à la fois tableau satirique et polémologie hardie des stratégies amoureuses.
    Entre ce que montre une toile célèbre et ce que perçoit le lecteur - que se passe-t-il la nuit de noces ? Qui sont vraiment les personnages ? Comment finit l'histoire ? - éclôt un monde ou s'éploie la fiction. ?uvrant en cartographe de l'intime, Patrick Roegiers brosse un étourdissant traité des passions et poursuit avec jubilation le dialogue érudit entre littérature et peinture inauguré avec Hémisphère Nord.

  • - Vous avez le permis pour regarder le lac ?
    - C'est combien ?
    - 50 francs suisses.
    - Ce n'est pas donné.
    - Tout se paye.
    - On l'a noté.
    - Pas de sous, pas de Suisse.
    - Quel beau pays !

    Hergé, le père de Tintin, et Léopold, le roi des Belges, se rencontrent au bord du lac Léman, en juillet 1948. L'un est en dépression, l'autre en exil. Ils sont les protagonistes d'un film où ils jouent leur propre personnage et qui se tourne à mesure que le roman s'écrit. La distribution comprend Marlene Dietrich, Humphrey Bogart et Ava Gardner notamment, mais aussi Tex Avery, Walt Disney et Harold Lloyd. Le film est dans le roman, le roman est dans le film.
    Un livre vraiment original, drôle, inattendu, mordant et sarcastique, où la virtuosité s'allie à la plus haute fantaisie.

  • La nuit du monde

    Patrick Roegiers

    • Seuil
    • 7 Janvier 2010

    Au printemps 1922, une soirée mondaine est donnée au Ritz par de riches Américains, à  l'issue de la représentation d'une pièce de Stravinski, James Joyce en est un des invités d'honneur. L'alcool le réconforte dans sa solitude face aux agitations mondaines, mais la conscience de son génie le tient à  part. Il fait chaud, la soirée bat son plein. Bientôt arrive Proust, revêtu d'une infinité de manteaux, hagard, pà¢le dans la nuit festive. Il est arrivé au bout de sa Recherche du temps perdu. Le génie, là  aussi, a accompli on oeuvre.La rencontre entre ces deux énormes écrivains du XXe siècle a bel et bien eu lieu. Elle fut, à  ce qu'on en sait, tout à  fait décevante. A peine quelques mots échangés.Tout le génie de ce roman est précisément de compenser la décevante réalité de cette rencontre. Patrick Roegiers met toute sa verve langagière à  imaginer ce qu'aurait pu se dire les deux hommes, à  la fois si différents (par leur sexualité, leurs attaches culturelles, leur situation sociale) et si proches dans leur ambition littéraire et dans leur incessante invention de mots et suffixes et néologismes et onomatopées. La langue déborde, s'emballe, elle malmène les usages et emporte tout dans un grand flux de rire et de démesure. Dès lors, Joyce et Proust, liés d'amitié dans leur solitude partenaire, se racontent leur vie, leur oeuvre, leurs déboires, et surtout : leur rapport au temps.Dans une scène finale à  la fois fantastique et visionnaire, l'auteur nous invite aux funérailles de Proust devant un parterre qui décloisonne les siècles comme un Panthéon idéal.

  • Hémisphère nord

    Patrick Roegiers

    Hémisphère Nord conte en sept parties - nombre de la totalité - la vie d'Ulrich, peintre romantique dont on suit l'existence depuis sa naissance en 1774 à Greifswald (Suède), en passant par Copenhague où il s'inscrit à l'Académie, puis à Dresde, alors haut lieu culturel de l'Allemagne, où il arrive à vingt ans, réalise son oeuvre, se marie, connaît la gloire, et meurt en 1840.

    La portée du destin, l'élan de l'âme, l'amour de l'art, l'effroi de la perte et la griserie de la mélancolie - mal endémique -, la quête constante de la causalité (héritage des Lumières), la complétude de l'amitié, autant de thèmes qui étayent ce feuilleton érudit, fourmillant d'anecdotes, d'épisodes inattendus, et de rapports avec des personnages réels (Goethe, Schopenhauer, Turner).

    Cette fresque effervescente, haute en couleurs et brossée à traits amples, obéit à un parti pris osé : celui de la démesure, qui lie l'homme à la Nature, aux éléments forts de l'univers, selon le dessein d'Ulrich quand il crée sur le motif.

  • ce livre raconte l'histoire de la belgique à travers la vie de ses rois.
    chaque souverain est saisi à un moment emblématique de son règne. léopold ier quand il entre dans un pays où il n'a jamais mis les pieds ; léopold ii, en tricycle sur la digue d'ostende, se rendant chez sa maîtresse ; baudouin le jour où il refuse de signer la loi sur la dépénalisation de l'avortement. les femmes, les frères, mais aussi les enfants décédés ou naturels (une tradition monarchique) sont les figures secondaires d'un roman familial qui se lit comme un véritable roman-feuilleton, avec ses coups de théâtre et ses rebondissements.
    le fantasme de l'abdication, récurrent chez chaque monarque, le culte du secret, les angoisses (folie, phobie, neurasthénie), les accidents, les guerres, les drames, les haines et les rivalités sont les ressorts cachés d'une grande aventure individuelle et collective. loin de toute hagiographie, cet ouvrage décapant traite les rois non comme des figures de papier, mais comme des individus réels qui ont un corps, des failles, une personnalité propre et, si possible, une vie privée.

  • Les deux proses de ce volume, diptyque crépusculaire conçu dans un même élan narratif, célèbrent deux figures emblématiques de la Renaissance : Dürer et Vésale, l'artiste et le savant, quasi contemporains puisque l'un voit naître Charles Quint et que l'autre le voit s'éteindre. Pour l'un comme pour l'autre, il s'agit d'une parole ultime ou « testamentaire », qui suit le décès dans le cas de Dürer - sa servante alors a charge de conter la vie de son maître et se révèle à elle-même à mesure de l'avancée du discours - et qui précède la fin dans le cas de Vésale, ce dernier parlant en son nom propre et clamant sa vérité face à l'oubli de l'histoire. Ainsi s'entend le tumulte des sorts illustres : écho puissant et imagé, silence grave des ateliers, rumeurs chuchotées des amphithéâtres de dissection. Dans leurs ultimes moments, les grands destins, prémonitoires, sonnent comme des catastrophes.

  • A ceux qui ont de bon coeur enterré le Théâtre Provisoire qui fut un des fleurons les plus actifs de ce qu'on a appelé le " Jeune Théâtre " dans les années 1970, en Belgique, mais à ceux aussi qu'intéresse la création au présent, nourrie par la mémoire du passé, Patrick Roegiers raconte avec allant, sans merci et sans concessions, mais non sans ironie, comment ce qui est provisoire dure alors même qu'on le croit disparu, et comment disparaissent sans les mots ceux qui ont le tort de ne croire qu'au pouvoir pour contrer l'éphémère.

  • Frère cadet de Georges Simenon, Christian fut élevé à ses côtés par une mère bigote qui le chérissait et traitait son aîné d'incapable.
    Proie idéale pour le rexisme, parti d'extrême-droite fondé en Belgique par Léon Degrelle, braillard intarissable, Christian s'égara dans la collaboration et participa activement à une effroyable tuerie.
    De son côté, Georges menait la vie de château en Vendée. Livres à succès, femmes et films. Comment se défaire de ce frère encombrant qui allait salir sa réputation?
    Christian, se sachant condamné à mort, s'engagea dans la Légion et disparut sans laisser de traces ...
    Portrait croisé de deux êtres au destin opposé, L'autre Simenon est un roman à double face, où la mise en lumière de l'un révèle la part d'ombre de l'autre. C'est aussi le portrait d'une époque. Un tableau de faits troublant, porté par une langue implacable, qui parle du passé pour mieux dire le présent.

  • Tripp

    Patrick Roegiers

    • Seuil
    • 5 Avril 2002

    J'ai eu envie, dix ans après la publication de mon premier roman, Beau Regard, de retrouver mes personnages qui venaient de participer à un singulier dîner de homard.
    Ainsi, Ange, le narrateur, se retrouve-t-il - par le plus grand des hasards - chez les Tripp qu'il vient à peine de quitter. Et qui le convient aussitôt à passer la nuit sous leur toit.
    De menus événements (un doigt coupé, une claudication, un saignement de nez), perçus comme autant d'indices révélateurs, alimentent cette étrange nuit vécue dans un état second, à mi-chemin du mauvais rêve propre aux digestions difficiles et aux fantasmes ou hallucinations éprouvantes que fait naître un sommeil impossible à trouver.
    Se joue ainsi une partition narrative, cruelle et sauvage, où le cochon qui dort en chacun de nous prend peu à peu le dessus sur la digestion en cours des crustacés. Le séjour nocturne chez les Tripp s'assimile donc à un effrayant voyage intérieur où le refoulé s'allie à l'innommable. Une vraie nuit de cauchemar.
    P.R.

  • La salle était comble./Tout Bruxelles était là/Et pour une fois/Tout le pays plat.
    C'était le 28 juin 2005 à Bruxelles, et la Communauté française de Belgique fêtait ses créateurs à l'occasion du 175e anniversaire du pays. Ce soir-là, le Théâtre de la Monnaie était comble, et Patrick Roegiers disait ce poème symphonique, création-recréation-récréation d'un soir.

  • Le journal d'aurore

    Patrick Roegiers

    Martine attend une fille. L'autre jour, il m'est venu à l'idée de l'appeler Aurore, joli nom en forme de métaphore. J'écris le soir pour dire le nom d'une petite fille qui porte celui du jour qui se lève.

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