• Mariant la sensibilité la plus fine aux traces documentaires les plus brutes, Martine Sonnet croise mémoire collective et souvenirs familiaux dans un hommage à toute une génération d'ouvriers, celle de son père, artisan campagnard précipité dans la classe ouvrière par son embauche chez Renault à Billancourt dans les années 1950. Aux forges, atelier 62, réputé le plus dur de la Régie, le charron-forgeron-tonnelier normand asservit sa carrure et sa puissance à l'industrie automobile triomphante.

  • " La très grande réussite d'Atelier 62, publié début 2008 au Temps qu'il fait, et qui, depuis lors, ne cesse de disséminer, d'être réédité, c'est de n'avoir pas voulu rompre avec la démarche de l'historienne pour le supplément d'âme qu'est la dette familiale à écrire. Le présent, ou presque présent, est abordé avec cette même exigence, pluralité de sources. Et, quand on ne sait pas, on se confie à la présence des matériaux quasi bruts de témoignages rapportés ou insérés.
    Dans Montparnasse monde, le défi est autre : pas facile, ce positionnement où la langue affronte le monde immédiat, mais doit faire résonner dans l'arbitraire du quotidien tout ce qui - intérieurement - nous porte, exigence de décryptage, de mémoire, d'ouverture aux signes.
    Martine Sonnet vient de quitter le bureau qu'elle occupait dans la gare Montparnasse, et qui faisait de ce microcosme urbain par excellence, lieu de circulation, de croisements, de profusion des signes, une traversée quotidienne, avec tous les aléas qui vous font découvrir ses coulisses, ses aspects ignorés.
    Montparnasse Monde décortique, en textes courts et en images, la conscience composite et obsédante qu'elle a de cette gare, généralement mal aimée, pratiquée quotidiennement et haut-lieu de son histoire familiale. " (François Bon)

  • Intarissable d'éloges sur les bienfaits d'une éducation des filles bien tempérée, la société raisonneuse des Lumières renâcle à passer aux actes.
    La vie quotidienne dans les écoles de la capitale, bien pourvue en ce domaine pour satisfaire les aspirations de chacun selon ses moyens, ne brille guère par ses audaces novatrices. Inspirées et édifiées au XVIIe siècle par le souci de former de bonnes épouses et mères chrétiennes, les institutions éducatives féminines maintiennent toujours leur cap quand se lève le vent des Lumières. Déchiffrer l'abécédaire, apprendre son catéchisme, broder, dessiner, danser ou chanter, tout cela ne compose pour les jeunes filles qu'un piètre bagage, comparé à la culture reçue au collège par leurs frères.
    En se gardant bien de cultiver des femmes savantes, l'enseignement des filles les confine dans les destins traditionnels, domestiques et religieux, de leur sexe. De la classe pour les filles du menu peuple jusqu'au pensionnat de couvent, réservé à celles de l'élite, l'éducation reflète la mosaïque des positions sociales et des modes de vie. Lieu d'acquisition de savoirs, l'école est aussi un lieu de vie et de travail où se retrouvent les enjeux et les conflits de la vie religieuse, culturelle, économique et sociale du temps.
    Un bon observatoire en somme pour déceler, en filigrane des apprentissages féminins, quelques ombres aux Lumières.

  • Couturière

    Martine Sonnet

    « LA COUTURIÈRE. Oui, quand j'y repense, j'en ai habillé des événements dans les vies de mes clientes ! »
    En quatre essayages, les mêmes personnages mais à des temps très précis, qui nous renvoient dans la guerre d'Algérie ou la grande secousse des années 70, puis le bord de notre présent, Martine Sonnet plonge dans l'intime : une couturière à domicile et l'une de ses clientes discutent ont ce genre de conversation de chez-le-coiffeur, où se disent le futile et l'essentiel en même temps.
    Et la beauté de ce vocabulaire des tissus et des boutons, d'un artisanat millénaire et respectueux - la langue danse à l'arrière-plan, de tout ce que nous avons perdu, mais reconnaissons.
    Quatre périodes de vie en quatre temps, avec une vue directe sur l'intérieur, la télé (Télé-Cagnotte, « 1 franc dans le monnayeur, une heure de programme »), un vocabulaire déjà enfui, mécanographe, loden, popeline, instamatic - le temps a passé si vite - des naissances, le divorce, les modifications du quotidien... Et un arrière-fond politique qui donne des résonances de fresque bien plus large.
    Et ce que ça raconte nous ressemble, c'est la beauté de la petite histoire des anonymes de venir nous chercher par le bout des détails perdus. Lisez quatre pans de vie de femmes, comme quatre petits vestiges, gracieux et graves, qu'on aurait retrouvés dans une boîte à bijoux, un carton, un grenier, ou la boîte à ouvrage d'une Couturière.
    À la fois historienne, spécialiste du XVIIIe siècle et des questions touchant au travail des femmes, Marinte Sonnet est la romancière de "Atelier 62" et de "Montparnasse monde", voir son site.
    Christine Jeanney & François Bon

  • Avertissement, VII La Gaule romaine et les grandes invasions, 1 480- 751 : Les Mérovingiens, 5 751- 987 : Les Carolingiens, 41 987-1180 : Les Premiers Capétiens, 95 1180-1328 : De Philippe Auguste à Charles IV, 133 1328-1498 : De Philippe VI à Charles VIII, 181 1498-1589 : Un " Beau Siècle " qui finit mal, 255 1589-1661 : Le Royaume construit et contesté, 303 1661-1715 : Succès et revers d'un long règne, 353 1715-1749 : Croissances et Lumières, 399 1750-1788 : Les fêlures de l'Ancien Régime, 425 1789-1815 : La Révolution et l'Empire, 457 1815-1848 : La Restauration et la Monarchie de Juillet, 517 1848-1870 : La Seconde République, le Second Empire, 541 1870-1914 : La IIIe République, des Modérés aux Radicaux, 571 1914-1940 : La Première Guerre mondiale et l'Entre-Deux-Guerres, 613 1940-1944 : L'Occupation, 653 1945-1958 : La Libération et la IVe République, 669 1959-1974 : La République gaullienne, 697 1974-1993 : L'Alternance, 719 Indications bibliographiques générales, 743 Tableaux généalogiques et cartes, 751 Index des noms de personnes, 779 Index des noms de lieux, 851

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