• Danton et Robespierre sont restés, dans l'imaginaire collectif, deux monstres politiques incarnant deux faces de la Révolution. Car si l'on en croit la puissance du verbe, à la capacité d'entraînement de cet art consommé de la séduction, la parole de Danton et de Robespierre porte un écho qui dépasse de loin leur mort. Ils témoignent de cette vérité que rien dans le monde ne se fait sans passion. En cela ils sont le miroir d'une génération, d'un élan et d'une certaine idée de la France, dans ce qu'elle a de profondément national et universel. C'est pourquoi aussi ils incarnent plus que ce qu'ils ont été, et parlent encore.

    Tout semblait les unir. Ils étaient avocats et du même rang social, des bourgeois. Ils étaient tous les deux révolutionnaires, patriotes, démocrates, républicains. Tous les deux, premiers élus de Paris, montaient à la même tribune, étaient du même parti de la Montagne, fréquentaient les mêmes sociétés politiques, ayant les mêmes amis, les mêmes ennemis. Jeunes et déjà célèbres, ils ont gouverné la France par la puissance de leurs discours, avant que la fièvre révolutionnaire ne les emporte. Ils promirent de donner leur vie pour la Révolution et moururent la même année, à trois mois près.

  • La chute de Robespierre et la fin de la Terreur font entrer la Révolution dans une nouvelle ère, en rupture avec l'idéologie jacobine. Le projet de sortir de la Révolution par le droit, par la porte libérale, est renouvelé. Mais comment concilier respect des libertés individuelles et salut public ?
    L'auteur souligne l'impossible « rattrapage » de la Révolution au temps de la Convention nationale finissante. Réparations à l'égard des vaincus de la Terreur, politique de répression visant les « terroristes », recours à l'armée... Cette histoire peu connue de 1795 est aussi un essai sur la justice d'exception, la violence révolutionnaire et les limites du recours à l'arbitraire dans les démocraties.

  • La fantasia

    Loris Chavanette

    Au soir de sa vie, dans la pénombre de son vaste appartement montpelliérain, Mariane se met en tête de confier un lourd secret à son petit-fils. C'était juste avant la guerre, en 1953, en Algérie, sa terre natale...
    26 ans, deux beaux enfants d'un riche mari colon, Mariane ne connaît rien de la vie lorsque vole en éclats son univers trop prévisible lors d'un spectacle de fantasia. Plus fort que la fougue guerrière qui émane des cavaliers, plus poignant que le drame qui surgit, s'impose à elle la puissance d'un sentiment nouveau envers un jeune descendant des Maures. Sous nos yeux, Mariane se métamorphose en femme libre, bravant les convenances asphyxiantes de son milieu, prête à tous les sacrifices pour vivre cet amour jusqu'au bout.
    A travers ce destin de femme absolu et douloureux, Loris Chavanette rallume les feux d'un monde disparu, entre Mostaganem et les monts de Tlemcen, dans un roman tout en ombre et lumière d'un lyrisme éblouissant.

  • La chute de Robespierre et la fin de la Terreur font entrer la Révolution dans une nouvelle ère, en rupture avec l'idéologie jacobine. Au fil des luttes politiques est renouvelé le projet de sortir de la Révolution par le droit, par la porte libérale. Mais comment concilier le respect des libertés individuelles et le salut public ?

    Loris Chavanette souligne l'impossible « rattrapage » de la Révolution en 1795, au temps de la Convention nationale finissante. Réparations à l'égard des vaincus de la Terreur, politique de répression visant les « terroristes » (procès de Carrier et Fouquier-Tinville), recours à l'armée qui devient progressivement une force politique à part entière... Cette histoire peu connue de 1795 est aussi un essai sur la justice d'exception, la violence révolutionnaire et les limites du recours à l'arbitraire par le pouvoir dans les démocraties.

  • « La recherche de l'ordre et d'une issue aux violences et épurations successives, auxquelles la République semblait condamnée, était devenue en 1795 le rêve de toute une génération avide de rétablir la stabilité institutionnelle et la paix sociale. [...] Cette recherche de sécurité, véritable quête de sûreté, n'impliquait pas qu'on doive renoncer à sa foi républicaine. Loin de là. [...] Ce que cherchaient les hommes de l'an III, c'est le Saint Graal de tout révolutionnaire, au milieu de l'incertitude créée par une révolution : comment faire une république sans révolution ? ».
    C'est par ces mots qu'Alan Forrest introduit ce livre regroupant une équipe internationale d'historiens et d'historiennes. Comment sortir de la guerre civile sans renoncer à la République ? Restaurer au quotidien les contre-pouvoirs tout en luttant contre les royalistes d'une part et les Égaux rassemblés autour de Gracchus Babeuf, de l'autre ? Le thème de l'autorité républicaine confrontée au défi de la recherche de l'ordre est au centre de ce livre. Le présent ouvrage met en lumière la difficulté à instaurer un gouvernement légitime en mettant un terme à la Révolution française. Les plumes ici réunies esquissent de précieux portraits des hommes du Directoire (dont Sieyès, Carnot, Babeuf), dessinent un tableau saisissant des institutions de l'an III, et tentent de dresser le bilan de cette époque charnière, non seulement en France mais aussi au-delà des frontières.
    Ressortent les idéaux, pensées, doutes, contradictions également, d'un régime fragile empêtré dans une profonde crise de confiance, mais bien disposé à forger la République.

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