• Chant d'amour mélancolique à la banlieue, aux souvenirs et à l'enfance, Aujourd'hui est aussi une ode aux vies anonymes, à « ceux qui ne sont rien » quand on les croise sans les voir dans le hall d'une gare, et qui pourtant, pour peu qu'on s'y attarde et s'y intéresse, forment le coeur vibrant de notre humanité.
    Un homme mûr revient dans la banlieue de son enfance et de son adolescence, revoir un ami malade et enfermé chez lui. Dès le train, plus confortable qu'autrefois, il se met sans le vouloir à faire le compte de ce qui a changé et de ce qui ne changera jamais. Les wagons sont neufs, mais les rails sur lesquels ils roulent suivent toujours le même trajet.
    S'agit-il de renouer les fils d'une histoire ancienne ? Peut-être. Il s'agit de se souvenir, d'exprimer ce qui a compté autrefois, ce qui fait une vie, même invisible.

    Chant d'amour mélancolique à la banlieue, Aujourd'hui est aussi une ode aux anonymes, à « ceux qui ne sont rien » quand on les croise sans les voir dans le hall d'une gare, et qui pourtant, pour peu qu'on s'y attarde et s'y intéresse, forment le coeur vibrant de notre humanité.

  • De Rome à Jérusalem, (deux lieux dits, traversant de Haute Savoie en Savoie), les gamins ont traîné les pieds («qu'est-ce qu'on fout là ?»), se sont frottés au froid, à la pluie, frités sous la tente, moqués de la psy qui voulait parler de leurs rêves («On est pas des pédés M'dame !»), ont mis la piquette aux deux Max quand ils ont joué au billard, se sont bastonnés pour négocier le prix du téléphérique...
    Et ont pleuré d'émotion quand ils ont vu la neige. Bref, sous le mont-Blanc, qu'ils ont à peine regardé, les gamins des quartiers ont donné tout d'eux-mêmes. Et ce texte, drôle ou ému, de Dominique Fabre, jolis portraits de vies croisées, destins brisés, qui au détour d'une phrase, découvre quelques bouffées de souvenirs personnels. Ils sont partis à neuf pour marcher ensemble dans la montagne. Cinq adolescents sous «protection judiciaire», deux éducateurs (les deux Max), une psy (la seule fille) et l'auteur, observateur discret mais rusé de cette équipée à but éducatif.

  • « Elle peut vous laisser tranquille, la vie, mais il y a toujours un moment où elle vient frapper à la porte d'entrée. » En se laissant embarquer dans un drame qui n'est pas le sien - un couple du village où il a grandi vient de perdre son enfant dans un accident - le narrateur des Prochaines vacances se lance dans une quête qui, entre les Alpes et Paris, entre son enfance sans famille et sa vie d'adulte solitaire, pourrait tout aussi bien être pour lui la possibilité d'un nouveau départ. La tendresse teinte chaque phrase de Dominique Fabre et fait résonner en nous quelque chose d'infiniment nostalgique. Olivier Masmonteil refait le voyage du narrateur, ses paysages nous entraînent dans un voyage intérieur au bout duquel point la lumière.

  • Photos volées

    Dominique Fabre

    La photographie était la passion et le métier de Jean. À 58 ans, lorsqu'il perd son emploi, il entreprend de mettre un peu d'ordre chez lui et en profite pour trier ses photos. Ses amours et ses pertes, ses amis, ses déambulations urbaines, ses regrets, ses espoirs : c'est sa vie tout entière qui soudain refait surface et se révèle à lui.

  • « J'ai connu Richard à 13 ans, à l'internat de banlieue où nous sommes restés jusqu'au bac. Nous avons continué de nous fréquenter toute notre vie. Il était notre ami plus que le mien seulement. L'amitié entre nous tous a été notre boussole bien souvent.
    Ce livre parle de Richard vissé à son lit d'hôpital, de moi réduit à l'impuissance, aussi de l'addiction et de la périphérie ouest de Paris où nous avons grandi, ensemble.
    Nous avons tous perdu des amis, mais je n'avais jamais ressenti si intensément la violence de cet arrachement au monde avant sa disparition. »

  • « Il portait une chemise blanche, un jean bleu nuit, il était très élégant. Quand je suis arrivé, son père lisait le journal dans la grande pièce, le double living. Je pense à ma mère en disant cela : un double living, ça lui plaisait. Au bout d´un certain nombre d´années, tous les mots vous font penser à des gens, et les gens disparaîtront, mais pas les mots. Les mots ne disparaîtront jamais tout à fait. » Ces disparus, ces paroles enfouies persistent à éclairer notre route, à nous montrer le chemin : il faut continuer d'aimer, malgré les abandons et les chagrins. Que lisiez-vous en 1983, Duras ou Albertine Sarrazin? Étiez-vous fan des Pink Floyd ou de Keith Jarrett? Fréquentiez-vous le pub Renault? Et ces autres miracles de nos vies ordinaires.
    Il faudrait s´arracher le coeur nous murmure que notre jeunesse est éternelle: tout un monde qu'on croyait enseveli réapparaît. En fait, il n'avait jamais cessé d'exister.
    Dominique Fabre a notamment publié Moi aussi, un jour j´irai loin (Maurice Nadeau, 1995 ; Points, 2012), Ma vie d´Edgar (Le Serpent à Plumes, 1998) et plus récemment J´aimerais revoir Callaghan (Fayard, 2010).

  • Dépossédé de ce qu'il croyait être sa vie, Pierre Lômeur, 43 ans, divorcé et chômeur de longue durée, habite un studio dans un quartier populaire parisien.
    N'ayant rien à faire, il se pose des questions sur tout, s'accroche aux petits riens de la vie, à des bouts de rencontre. Autant d'espoirs toujours déçus, autant d'étapes sur un chemin sans fin qu'il doit continuer à parcourir

  • Dans les années 80, un jeune homme désoeuvré hante les bars autour de la gare Saint-Lazare. Il y fait des rencontres, dont celle d'un mystérieux Égyptien avec lequel il noue une relation ambiguë et forte, et celle d'une bande d'amis qui se retrouvent pour faire la fête dans une grande maison à Sèvres, chez Mathilde. Convié aux soirées de cette femme qui le fascine, le jeune homme navigue dans un monde à l'opposé du sien, un monde où on boit, on bavarde, on flirte, on danse (surtout le slow).
    L'atmosphère de ces soirées plonge le jeune homme dans une torpeur délicieuse qui l'éloigne peu à peu de l'existence solitaire et étriquée qu'il mène à Paris. Il tombe amoureux, ébauche des projets, sait déjà que cette période restera à jamais inscrite en lui.
    L'émotion est là, à fleur de peau, fugitive, capturée par l'écriture sensible de Dominique Fabre.
    Par petites touches, celui-ci poursuit la peinture d'une époque à jamais disparue, Ronde de nuit dans laquelle les personnages finissent par se confondre avec le décor en clair-obscur de la mémoire.

  • Jimmy Callaghan, c'était mon pote anglais à l'internat.
    Il fumait des Benson et mettait les bouts en passant par un trou dans le grillage. Je l'ai revu vingt ans plus tard. Il avait une grosse valise. De retour d'Australie, il était bronzé et SDF. Trop fort ! On est redevenus un peu amis. Puis il est parti en me laissant sa valise. C'est moi qui la lui ai rapportée. Dix ans étaient passés. Calla était gérant d'un pub et avait une sale vieille tronche d'Anglais.
    C'était triste. Quoique. Il y a aussi des femmes, des enfants, des amours, des voyages, des fugues, des bitures et des galères immobilières. Une vie. On a tous en nous quelque chose de Callaghan.À la croisée de ces chemins, de ces vies chiffonnées, disjointes, c'est là que Dominique Fabre noue à mots simples, presque chuchotés, ces retrouvailles qui disent l'amitié et l'étrangeté d'un lien qui perdure par-delà le temps.
    Christine Rousseau, Le Monde.

  • Ma vie d'Edgar

    Dominique Fabre

    Edgar est un petit garçon assez singulier.
    Son intelligence semble paresseuse et ses gestes incertains. mais il a ses oreilles ! ses oreilles et son silence. si celui-ci en fait un être qui communique peu, celles-là, vastes, déployées, écoutent les sentiments alentour avec une rare justesse. edgar perçoit tout, les amours, les tristesses, et aussi toute une vie, une époque. livre impressionniste, ma vie d'edgar est un roman enlaçant, pudique et doux.

  • Dans tous ses livres, pour la plupart des romans, Dominique Fabre a l'art de donner chair à des héros anonymes, les petites gens du quotidien et autres êtres ordinaires. Il déclare : « Ce sont des histoires de gens venus d'ailleurs, des histoires de gens que l'on croise sans se retourner, d'amitiés ébauchées, de voisinage, des histoires d'amour instantané avec les passagères du bus et du tramway, des histoires d'enfants qui grandissent et de vieilles personnes qui meurent.. .».
    Une sorte de rêve éveillé en forme de récit poétique, qui à travers le personnage d'un postier Antillais dessine une réalité sociale et affective dans un monde du travail qui s'embrume et se délite, et où certaines enveloppes brillent plus que d'autres...

    Extrait (début) : Je t'ai écrit une lettre à enveloppe transparente le postier qui l'a sortie de la boîte jaune fluo souriait encore une aujourd'hui il ne l'a pas rangée avec les autres il l'a mise là devant par-dessus la boîte à gants de l'auto de la poste où sont rangées les choses ampoules feux stop paquets de chewing-gum entamés vieux tickets de caisse il a continué sa tournée le postier Antillais.

  • Les types comme moi

    Dominique Fabre

    Des types seuls, ou divorcés, ou les deux. Des types au sourire bleu. Des types qui ont perdu au jeu de la vie, avec des C.V. à trous. Des types qui se retrouvent dans des bars. " Et qu'est-ce qu'il devient, untel ?". Des types qui baissent les stores. Des types qui baissent les bras. Des types qui s'achètent un scooter, depuis le temps qu'ils en rêvent. Des types qui ne croient pas aux secondes chances, et qui pourtant. Des types comme moi. Des types comme vous.

  • Fantômes

    Dominique Fabre

    Edgar a quinze ans, c'est " un con d'interne " qui va prendre le train.
    Jusque-là Edgar connaissait surtout les gares, il était temps de passer aux trains. Son monde se mêle à celui des voyageurs, et Edgar n'a pas son pareile pour les observer ou leur parler. Comme au monsieur qui a l'air si fatigué, ou à Aline Soviétique, la fille avec le chouchou rouge dans les cheveux. C'est le temps des Charbonnages de France et du chocolat Meunier. C'est 1975, Giscard à la barre, le stylo Stypen, Mesrine ennemi public n° 1 dans Paris Match.
    Hors d'Edgar et dans Edgar il y a les souvenirs, ces fantômes qui vont et viennent, la vie comme elle va. Entre chronique d'époque et portrait sensible, Fantômes est un pur plaisir de lecture.

  • La vie d'un homme est jonchée de souvenirs d'événements dont, plus jeune, il fut l'acteur ou le témoin.
    De jalons indélébiles qui ont fait de lui ce qu'il est devenu. un voisin se suicide des gitans s'installent au village, un adolescent vit sa première aventure avec la maîtresse de sol père et un enfant fait la connaissance de celle de son oncle, un lycéen découvre la complexité de celui qui n'était pour lui que le cancre de la classe. dans chacune de ces nouvelles, comprendre l'autre, accepter sa différence, c'est aussi mesure tout ce qu'il reste à apprendre sur soi-même par petites touches, se dessine alors la trajectoire d'un homme qui, au contact des autres, gagne peu à peu son humanité.

  • Dominique Fabre, auteur de romans et de nouvelles : Ma vie d'Edgar (Le Serpent à plumes) La Serveuse était nouvelle et J'attends l'extinction des feux (Fayard) nous offre pour la première fois un livre de poésie.
    On y retrouve les thèmes sensibles de l'enfance, l'absence du père, la famille d'accueil à la campagne et la banlieue. Cette poésie du quotidien où évoluent filles perdues, ouvriers anonymes, enfants solitaires touche à l'universelle condition humaine.

  • Chargé par Le Matricule des anges de chroniquer la vie quotidienne sous Sarkozy, Dominique Fabre n'a pas tardé à glisser parmi ses observations quelques parenthèses plus personnelles (ses voyage au Chili ou au Japon, ses vacances dans les Alpes ou aux Etats-Unis), quelques-unes de ses obsessions (les belles femmes, la presse gratuite, le bus PC2) et nostalgies (l'enfance de ses fils ou les amis de sa jeunesse). Sans jamais se départir de la forte empathie qu'il éprouve pour tous ceux qu'il croise chaque jour dans son quartier. Or dans ce quartier, situé porte d'Ivry à Paris, cohabitent des désoeuvrés et des travailleurs, des hommes et femmes de tous âges, d'ici et d'ailleurs, des habitants des tours et des personnes de passage. Tous ces gens, des « gens de peu » pour la plupart, et pour certains des « bons à rien », forment un microcosme fascinant. A la suite de l'auteur on s'attache à tous ces êtres et l'on regrette comme lui que le retraité laisse son pied de rhubarbe pourrir dans le petit carré de la Petite Ceinture transformé en jardin secret. Ou encore, que le veilleur de nuit n'ait plus devant lui une existence suffisamment longue pour lire les dizaines de romans dont il rêve, se contentant de lire les notices biographiques de leurs auteurs sur Wikipédia.
    La singularité de ce récit poétique, profondément humain, tient au regard que Dominique Fabre porte sur son village urbain, sur ses mutations et ses révélations saison après saison. Le Paris qu'il nous invite à partager est un curieux mélange entre celui de Modiano et celui d'Orwell.

  • J'ai entendu parler du dancing de Lavorel, je devais Dominique Fabre avoir dix ans. Ça fait pas mal de temps que je veux y aller, du coup. Une nuit d'automne, j'ai rêvé que j'y retrouvais tous les gens que j'ai connus depuis mon enfance. Ils étaient encore tous là pour moi. Je suis allé chez Lavorel avec elle, les lui présenter. Bien sûr nous avons dansé, mais, surtout, ils m'ont parlé, j'ai dû noter tout cela. Nous nous serons beaucoup aimés, dans la vie. Je t'emmènerai danser chez Lavorel évoque cet amour-là. D.F. Enfance abandonnée, mélancolie des banlieues et de ceux qui se sentent condamnés à errer à la périphérie de la vie, les thèmes qui hantent l'oeuvre de Dominique Fabre trouvent dans sa poésie une expression poignante de sincérité et de simplicité qui révèle plus que jamais ses espoirs et sa soif d'amour.

  • Ces nouvelles parlent d'enfance. De rêves enfermés dans un dortoir d'internat. De mères seules qu''emmènent pour un soir des hommes mariés, sous les yeux plein d'interrogations d'un fils sans père. Ces nouvelles parlent de la certitude précoce que rien ne sera jamais tout à fait facile, jamais tout à fait rose, que les appartements resteront toujours petits, et les trains de banlieue, poussifs. Ces nouvelles parlent d'amour. L'enfance y ressemble à l'apprentissage d'une solitude inéluctable, et pourtant, jamais naturelle. L'amour peut résoudre ce paradoxe. Et les personnages de Dominique Fabre l'attendent, le cherchent, l'espèrent. Sans savoir qu'ils l'ont déjà trouvé - chez leur auteur.

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