• "Il s'appelle Jake Johnson. C'est une légende de l'Ouest... Au
    chômage." Depuis 15 ans, Frank incarne le célèbre Marshal Johnson
    dans le spectacle quotidien de Woodstone. Il est obstiné, colérique,
    et totalement possédé par son personnage. Un peu trop, de l'avis du
    psychiatre, depuis que Frank a dégainé sur un touriste.
    Officiellement jugé « trop vieux » pour le rôle, Frank perd tout. Son
    seul horizon : un voyage organisé dans l'Ouest, offert par ses
    collègues. Pour tout bagage, sa prime de départ et un authentique
    Colt simple action, modèle 1880. Et au fond de son âme, une légende à
    réécrire.

  • Jamais

    Bruno Duhamel

    Face à une catastrophe naturelle, il faut une force de la nature. Madeleine, c'est les deux.

    Troumesnil, Côte d'Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d'un mètre chaque année, emportant avec elle
    les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore
    et toujours à l'autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

  • Doug vit retranché à Castle Loch. Ancien photographe, il ne montre plus aucun cliché au public. Pourtant, quand au bord du lac, il shoote une créature étrange, il partage le cliché sur le réseau social Twister. Avec ce geste anodin à notre époque de réseaux sociaux omniprésents, il déclenche pourtant des événements qu'aucun n'est prêt à supporter. Le petit morceau de paradis qu'est Castle Loch devient un enfer alors que des légions de journalistes, d'écologistes zélés, de suspicieux ou de simples curieux débarquent pour tenter d'apercevoir la créature.

  • Le retour

    Bruno Duhamel

    La mégalomanie est la pire des ennemis.Sur une île volcanique imaginaire, le célèbre peintre Cristóbal meurt violemment dans un mystérieux accident de voiture. Sa notoriété et son action politique donnent à cette mort un retentissement tel que la police estcontrainte d'ouvrir une enquête. Le peintre a en effet réussi à se créer une véritable collection d'ennemis parmi les investisseurs et les industriels locaux et étrangers. Un inspecteur reçoit alors la lourde charge d'aller fouiller le passé de l'un des hommes les plus puissants (trop peut-être ?) de ce morceau de lave perdu au milieu des océans.

  • "La vie est un voyage, pas une destination." À Reclesme, dans un
    petit village au coeur de la France, Abel vit seul avec son chien, ses
    deux vaches et ses chèvres. Il n'a jamais quitté son village.
    Pourtant, toute sa vie, il a rêvé de parcourir le monde, et imaginé
    de lointains voyages. En ce mois de septembre, et ce malgré son âge,
    Abel a décidé de partir en Éthiopie.

  • L'histoire est connue : tout commence quelque part en Grèce antique, alors que logos et mythos se confondaient en une seule voix dans la parole sacrée (hieros), jusqu'à ce qu'au siècle de Platon, une méfiance philosophique provoque la séparation entre les légendes fabuleuses et la recherche de la sagesse. La philosophie n'a peut-être d'autre origine que cette méfiance à l'égard du mythos, méfiance fascinée cependant, qui maintient à distance en même temps qu'elle semble répondre sans cesse au chant des sirènes narratives, attachée au mat de la raison.
    Cependant, la narrativité, comme l'a montré Paul Ricoeur à maintes occasions, notamment à propos de l'histoire, cette autre discipline soupçonneuse, ne se limite pas au simple fait de raconter de la fiction. Il y a de la narrativité jusqu'à la limite de la pure syntaxe, pourrait-on dire. À partir du moment où les mots sont arrangés de façon à représenter un monde, parler de ce monde ne peut aller sans le présenter d'une certaine manière, sans lui donner une cohérence quelconque, c'est-à-dire en somme sans le raconter, ce dont ne se prive pas bien sûr la philosophie, ni l'histoire d'ailleurs, comme le soulignent heureusement depuis quelques décennies de nombreux historiens et non des moindres, que l'on pense à Michel de Certeau. La racine du fait narratif est ainsi enfouie beaucoup plus creux que ne le laissent croire les récits philosophiques d'affranchissement du narratif (dont il faudrait dresser un inventaire exhaustif, si la chose était possible). Mais affirmer cela, c'est du même coup prendre en compte l'inverse, à savoir que la racine philosophique est elle aussi très profondément enfoncée dans le terreau narratif et que le récit ne fait pas que raconter, il fait mieux : il pense en racontant. Ce dossier voudrait donc, à partir de quelques exemples, montrer ce double jeu de la pensée et du récit en examinant à l'oeuvre la pensée se racontant ou le récit pris en flagrant délit philosophique.

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