• Chabrol : biographie

    Antoine de Baecque

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    • 22 Septembre 2021

    Claude Chabrol est un cinéaste à la fois célèbre et méconnu. Il fut, jusqu'à sa disparition en septembre 2010, un personnage public pendant un demi-siècle et il a, de lui-même, façonné un portrait de bon vivant gourmand, joyeux ou sarcastique. Il a attiré dans les salles françaises près de cinquante millions de spectateurs - ils ne sont pas nombreux à pouvoir en dire autant. Pourtant, son oeuvre proliférante - cinquante-sept films, vingt-trois téléfilms - n'a jamais permis à Chabrol d'entrer au Panthéon culturel du cinéma français. Aucun César, aucun prix au Festival de Cannes. Il faut donc redécouvrir Chabrol, immense metteur en scène, auteur d'une oeuvre, bien sûr inégale, mais beaucoup plus profonde et cohérente que sa réputation n'a bien voulu la dire. Claude Chabrol adorait les entretiens ; il parlait de lui, de son travail et de ses films mieux que personne, de manière juste et subtile, sans s'aveugler ni s'envoyer des fleurs. Loin de tout narcissisme et de toute mythomanie, il a toujours voulu dire la vérité. Pour un biographe, ces confessions forment un trésor. « J'ai trois masques, disait-il, derrière lesquels je me cache. D'abord le masque de bon vivant, puis celui de vieux rigoriste, enfin celui de l'intellectuel. » En reconstituant ces trois Chabrol, en tissant ensemble ces trois fils, cette biographie dessine un portrait de la France sur trois quarts de siècle. Chabrol a filmé sa « comédie humaine », comme il en avait l'ambition en regard de ses maîtres et alter ego, Balzac, Flaubert, Maupassant, Simenon.

  • « Le fait d'épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance .» De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en compagnie des moutons : aujourd'hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d'estive.
    Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950. Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées, serpentant au milieu d'un paysage que le passage des moutons a façonné. Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, de la plaine de Crau en Provence jusqu'au Piémont italien.
    Ce récit voyageur d'un parcours montagnard, où la quête de la mémoire d'une transhumance millénaire accompagne la mémoire intime du marcheur, résonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes.

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  • L'histoire-caméra 2 fait suite, dix ans plus tard, à L'histoire-caméra. Le premier livre s'attachait au rapport étroit que le cinéma entretient avec l'histoire. Ce nouvel ouvrage s'intéresse au rapport que le cinéma entretient avec la mort.Deux fils se croisent sur ce thème général. Le premier est la mort proclamée du cinéma à chacun des bouleversements techniques du 7e Art : Louis Lumière qui prédisait la mort prochaine de cette invention quand elle allait au contraire conquérir les foules ; le passage du muet, le vrai cinéma, au parlant, l'apparition de la vidéo et celle, enfin, du numérique qui pourrait tuer l'intimité de la salle obscure par la multiplicité infinie des écrans.Le second thème est la mort intrinsèque du cinéma portée par son principe même de faire vivre les morts. C'est aussi la simultanéité du développement du cinéma avec les guerres mondiales et la violence de masse : comment filmer l'horreur ? Doit-on la montrer ? Jusqu'où aller ? Où s'arrêter ? « La morale est affaire de travellings », dit le réalisateur Luc Moullet, formule inversée par Godard : « Les travellings sont affaire de morale. »Ces questions ont obsédé tous les grands cinéastes du siècle dernier, allant jusqu'à engendrer un art spécial du montage illustré par les Gianikian, Harun Farocki et Andrei Ujica. Elles trouvent leur apogée avec la représentation de la Shoah, Pontecorvo la représentant dans Kapo et le jeune Jacques Rivette trouvant cette représentation « abjecte ». La discussion va trouver son aboutissement dans les points de vue opposés de Claude Lanzmann, l'auteur de Shoah, et de Jean-Luc Godard, dont on découvre ici que la hantise de la mort est au centre de son oeuvre. Godard est d'ailleurs le héros de la réflexion d'Antoine de Baecque dont il incarne la thèse : le cinéma meurt au moment de Éloge de l'amour et renaît avec Adieu au langage.

  • Le 6 septembre 2009, Antoine de Baecque se lance sur le GR5, un sac de dix-sept kilos sur le dos, pour un mois de randonnée solitaire à travers les Alpes, depuis le lac Léman jusqu'à la Méditerranée : six cent cinquante kilomètres, trente mille mètres de dénivelée, sept à neuf heures de marche quotidienne. De cette aventure, il a tiré un exercice d'histoire expérimentale mêlant études savantes sur les Alpes et l'aménagement de la montagne et recherche personnelle, «par les pieds», attentive au corps.
    L'auteur raconte la genèse du GR5, tantôt chemin de pèlerinage, tantôt sentier commercial ou de contrebande, draille de la transhumance ou voie militaire. Il montre comment il s'est constitué en emblème, remontant à ses pionniers randonneurs, suivant ses «aménageurs», proposant une typologie de ses usages et une sociologie de ses usagers. De plus, il fait le récit au jour le jour de cette «grande traversée des Alpes» qu'il a désiré éprouver lui-même.
    Il résulte de cette expérience une forme originale d'écriture de l'histoire, un essai d'histoire marchée. Née de l'avancée du randonneur, celle-ci rend compte de la progression le long d'un sentier et, dans la foulée, plonge dans l'histoire même de ce sentier, les strates multiséculaires laissées par les circulations alpines passées. Ainsi permet-elle au lecteur lui-même de suivre, au rythme de la marche, le chemin qui va dans la montagne.
    Sous couverture illustrée, 108 x 178 mm

  • Des pèlerinages aux randonnées, des drailles transhumantes aux manifestations politiques, il n'y aura guère eu d'interruption dans la pratique de la marche. La circulation pédestre fait l'homme. Elle est une activité constitutive de l'être humain.
    Pour en faire l'histoire, Antoine de Baecque part à la rencontre de toutes les formes de marches, et des hommes qui les pratiquent : les peuples et les métiers dont l'identité même semble nomade et pédestre, des Lapons aux Sioux, des colporteurs aux bergers ; les pèlerins, selon toutes les traditions, ceux qui remontent aux sources du Gange ou empruntent le Tôkaidô, comme les marcheurs de Compostelle et de La Mecque. Et si la marche a quasiment perdu ses professionnels, elle a inventé ses praticiens du week-end, ses usagers du temps libre, les randonneurs. Mais l'on chemine aussi en ville, depuis l'apparition des promenades urbaines du XVIIe jusqu'aux « manifs » les plus récentes.
    Qu'elle permette de mieux vivre, de survivre ou qu'elle soit le support incarné de revendications, la marche a une histoire. Antoine de Baecque, nourri aux sources les plus diverses, déploie ses talents d'historien et de conteur pour offrir un livre profondément original et vivant.

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  • Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo déambulant sur les Champs-Élysées dans À bout de souffle, Jean-Pierre Léaud fuyant son enfance délinquante sur une plage de Normandie dans Les Quatre Cents Coups : autant d'images qui incarnent la mythologie de la Nouvelle Vague.
    La liberté scandaleuse de Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme avait ouvert la voie en 1956. Entre 1959 et 1962, de jeunes cinéastes - François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Éric Rohmer... - changent le visage du cinéma français. Ils imposent à l'écran, stylisés, des gestes, des attitudes, des apparences, des manières d'être, d'aimer, dans lesquels se reconnaissent d'emblée les spectateurs de leur génération.
    Mouvement de cinéma, mouvement de jeunesse : c'est ce moment unique de l'histoire culturelle française que retrace et analyse Antoine de Baecque.

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  • « Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j'ose ainsi dire, que dans les voyages que j'ai fait à pied », écrivait Jean-Jacques Rousseau. Il fut le seul écrivain randonneur à avoir imaginé une écritoire portative qui lui permette d'écrire tout en marchant, mais pas le seul à avoir nourri sa pensée en mettant un pied devant l'autre, loin de là.
    De Pétrarque jusqu'à Jim Harrison en passant par Flaubert, Rimbaud, Proust, Colette, Simone de Beauvoir, Jacques Lacarrière... tous ont écrit des pages inoubliables sur cette expérience qu'ils ont eue en commun avec tous les amateurs de randonnée.

  • Notre gastronomie est née à la fin du XVIIIe siècle. Quelques décennies plus tard, elle avait conquis le monde. Grâce à l'invention du restaurant à l'automne 1765, puis à son formidable essor à la Révolution et au XIXe siècle, plus personne n'ignore désormais que le Français aime manger, qu'il mange bien et qu'il sait en parler. Nous le devons à Mathurin Roze de Chantoiseau, le premier restaurateur de l'histoire, mais aussi à Grimod de La Reynière, premier grand critique gastronomique, à Antoine Carême, premier cuisinier vedette, à Brillat-Savarin, premier intellectuel de la table, et à Escoffier, qui propulsa la cuisine française dans la modernité. Nous le devons encore à la sauce poulette, qui permit aux restaurateurs de s'imposer définitivement face aux traiteurs et aux aubergistes, et nous le devons aux centaines de milliers de clients que les cuisiniers durent ensuite apprendre à séduire quotidiennement. C'est ce moment historique de notre culture que raconte Antoine de Baecque, le moment où la cuisine est devenue un trait spécifique de l'identité française.

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  • L'histoire a toujours fasciné le cinéma. En témoigne, depuis les origines, l'attirance des metteurs en scène pour les reconstitutions historiques. Très vite, également, elle s'est invitée dans les images, transformant les films en archives visuelles du XXe siècle. Ces deux mouvements - l'histoire reconstituée et l'histoire surgissant à l'écran - manifestent la rencontre du cinéma et de l'histoire : le cinéma donne une forme à l'histoire, laquelle, en retour, y inscrit son empreinte comme sur une plaque sensible. Le septième art aurait-il une dimension historique intrinsèque ? La réponse d'Antoine de Baecque est sans équivoque : " La forme cinématographique est de part en part historique, et le cinéaste, doté de son outil, l'histoire-caméra, un historien privilégié. " Le cinéma moderne d'après la Seconde Guerre mondiale incarne l'irruption de cet " âge de l'histoire " dans la vision des films. Il fournit à lui seul toute la matière de ce livre : les oeuvres des années 1950, confrontées en regards caméra au traumatisme de la mort de masse ; celles de la Nouvelle Vague, quand le style se fait trace du mal-être de la jeunesse sur fond de guerre d'Algérie ; les films " démodernes " du cinéma russe d'après le communisme ; le cinéma hollywoodien contemporain, où se reflètent les fictions maîtresses du 11-Septembre. S'y ajoutent les mises en forme de Sacha Guitry, filmant l'histoire de France en son château, de Jean-Luc Godard, qui fait resurgir l'histoire dans la mémoire muséale du siècle, et de Peter Watkins, qui la traque comme un reporter de guerre.

  • Eugénie

    Antoine de Baecque

    « Eugénie a seize ans ; elle pourrait en avoir plus, en avoir moins, elle est restée la même depuis ses six ans, même taille, mêmes traits, même corps. Elle a juste forci. Ses jambes sont courtes et larges, ses mains nouées, son ventre proéminent, son crâne volumineux, sa peau rugueuse, épaisse et plissée, ses pommettes saillantes, ses yeux petits, enfoncés dans les orbites, ses narines échancrées, ses lèvres épaisses et pendantes, son cou doublé d'un goitre imposant. La crétine, dans son silence étouffé, git aux confins de la nature humaine. ».

    Au matin du 22 juin 1835, une expédition part pour les Alpes du sud. Elle est financée par l'asile de la Salpêtrière dans le but de récupérer quelques crétines. Jean-Pierre Falret, l'aliéniste qui dirige le service des idiotes du grand hôpital parisien, tient à interner ces jeunes femmes arriérées physiquement et mentalement, typiques des massifs montagneux, dont la médecine et la presse de l'époque font grand cas. Peut-on guérir le crétinisme alpin ? Doit-on éduquer ces êtres difformes et limités ? Falret veut jauger ses méthodes révolutionnaires à l'aune de cette énigme.

    Le récit composé par Antoine de Baecque à partir de documents vrais, fiction dans l'histoire, s'attache à Eugénie, l'une des quatre crétines ramenées des Alpes pour vivre en cobayes au service des Petites Loges. À travers les regards portés sur elle, se révèle une personnalité rare, entre innocence et sauvagerie.

  • Le 20 octobre 1917 naissait Jean-Pierre Grumbach, alias Melville, l'un des plus grands cinéastes du xxe siècle. À l'occasion du centenaire de sa naissance, ce portrait en huit poses épouse les différentes faces, parfois contradictoires, souvent ambiguës, de la vie de cet homme insaisissable, à travers des recoupements féconds avec sa filmographie. Peu de livres existent sur Melville, réalisateur pourtant adulé à l'étranger, célébré en France, étudié à l'université. Ce beau livre sur son oeuvre et sa vie, croisant ses archives personnelles et des photographies en grande partie inédites, est un document d'importance pour la transmission cinéphilique et le rayonnement de son travail. Un livre trouble et haletant comme un «film noir», chaque chapitre devenant un nouveau rebondissement de cette existence - de la jeunesse de Jean-Pierre Grumbach, son engagement dans la Résistance, à l'invention d'une figure mythique au stetson, de la construction des Studios Jenner à l'incendie de son temple du cinéma, du précurseur de la Nouvelle Vague au maître du «polar». Un ouvrage pour comprendre celui qui, dans À bout de souffle, incarnant l'écrivain Parvulesco, répondait à la question de Jean Seberg «Quelle est votre plus grande ambition dans la vie?» par cette formule légendaire: «Devenir immortel. Et puis... Mourir.»

  • Juin 1789, l'Ancien Monde bascule, entraînant dans sa chute une partie de la France d'autrefois. Les Villemort forment une longue lignée d'aristocrates, un clan soudé par l'idée ancestrale de leur naissance supérieure, de leur sang pur, un sang dont précisément cette famille se délecte. Les Villemort, ces « talons rouges », sont aussi des vampires. Respectables mais assassins. Deux d'entre eux, William et Louis, veulent échapper à l'ordre familial, se fondre dans la communauté des égaux. Comment échapper à la malédiction venue du fond des âges ? Comment renoncer à faire couler le sang quand le peuple républicain défile, assoiffé, appelant au sacrifice de ses ennemis ?

  • « Crétin des Alpes ! » Avant d'être l'une des insultes préférées du capitaine Haddock, l'expression désigne un état prononcé de dégénérescence physique et mentale, éradiqué depuis les années 1920.

    Le crétinisme est l'objet d'un débat de santé publique essentiel au XIXe siècle, suscitant une « science de l'Alpe » qui pose exemplairement la question du « grand renfermement des corps » hantant le travail de Michel Foucault. Le crétin est aussi une victime, dont le sacrifice est un scandale silencieux. Il devient le cobaye de toute sorte d'expériences, pédagogiques et chirurgicales, généralement inutiles, et a été longtemps laissé dans un état débile et difforme.

    Sa revanche - une forme étonnante de fierté crétine - advient peu à peu par le travail de l'imaginaire collectif, qui en fait désormais l'un des emblèmes paradoxaux de l'identité alpine. C'est ainsi que les crétins ont, de multiples façons, tendu un miroir à la bien-pensance, ce que dévoile ce brillant essai d'histoire sur le pathétique ordinaire des « anormaux ».

  • « Une métamorphose de mon être, soit la vraie expérience de la transhumance. Le fait d'épuiser ma marche, et de demeurer pourtant au coeur du mouvement, me transforme en profondeur. Mes pensées se perdent moins, je surplombe moins les choses. Je me focalise sur le troupeau qui avance devant moi. Je suis porté par sa puissance.» De juin à octobre, randonner dans les Alpes du Sud signifie marcher en altitude en compagnie des moutons, aujourd'hui encore plus de trois cent mille bêtes se retrouvent chaque année dans les alpages d'estive. Ce moutonnement des troupeaux accompagne le marcheur comme une respiration vivante de la montagne.
    Antoine de Baecque est parti sur les traces du parcours millénaire des bêtes et des hommes, cette transhumance traditionnelle disparue dans les années 1950. Il a cheminé sur les anciens sentiers de la transhumance par des voies oubliées serpentant au milieu d'un paysage que le passage des moutons a façonné. Il a inauguré la Routo, cet itinéraire de randonnée bientôt homologué GR qui chemine sur plusieurs centaines de kilomètres à travers les Alpes, entre la plaine de la Crau en Provence jusqu'au Piémont italien.
    Ce récit voyageur d'un parcours montagnard, d'une quête de la mémoire millénaire d'une transhumance accompagnant la mémoire intime du marcheur, raisonne comme un hommage au lien entre hommes et bêtes, au bonheur de reprendre le cours d'une vie vécue dans et par la nature.

  • Marcheur au long cours, Antoine de Baecque propose, avec le talent de narrateur et le sens de l'enquête historique qu'on lui connaît, de se pencher sur un objet a priori dérisoire : les godillots, ces chaussures solides initialement conçues pour l'armée. Ce mot que tout le monde croit connaître, au point que, comme la « poubelle », il ait largement échappé à son concepteur du milieu du XIXe siècle, l'entrepreneur Alexis Godillot, est devenu un mot commun. Il reste pourtant singulièrement polysémique. Ses circulations et ses acceptions multiples ouvrent, sur un siècle et demi, à l'étude de milieux, de contextes, d'usages, de discours, extrêmement divers et révélateurs. Plusieurs traditions techniques, esthétiques, politiques, culturelles, s'y croisent et s'y combattent. Le godillot cristallise ainsi des représentations aussi diverses que polémiques et stimulantes. Cette micro-histoire d'un objet est un révélateur d'époques, de destins, de cultures, et permet de mettre à nu une forme de politisation qui fait du godillot un symbole méconnu de la sensibilité politique française. On y croisera des soldats et des paysans, des randonneurs, des artistes, des comiques troupiers, des hommes politiques et... des chaussures !

  • Femme qui pète n'est pas morte ! Si vous avez aimé le désormais cultissime «Art de péter» (plus de 100 000 exemplaires vendus), voici sa mise en oeuvre littéraire ! D'Angèle Thiébaud, qui pétait si divinement, à Émile Zola et son Jésus-Christ pétomane, en passant par Rabelais ou Aristophane, mais aussi Jérôme Pétion, fameux maire de Paris, ou la recette du pet sans odeur, voici une foule d'anecdotes, propos littéraires, faits divers et petites études qui se répondent au gré des vents. Lecteurs, que ceux-ci vous poussent ensuite à explorer vos propres livres à la recherche du pet caché !

  • Tim Burton, jeune dessinateur introverti chez Walt Disney, est devenu l'un des cinéastes majeurs des années 2000. Inventeur d'Edward aux mains d'argent, de Beetlejuice, de Mister Jack, créateur de la série des Batman, réalisateur d'Ed Wood, Mars Attacks !, Sleepy Hollow, Big Fish, ou encore Charlie et la chocolaterie, Les Noces funèbres et Sweeney Todd, Tim Burton a su faire coïncider son univers personnel avec quelques-unes des figures les plus populaires du cinéma américain. L'excentricité de son talent n'est pas incompatible avec les responsabilités quasi industrielles des budgets hollywoodiens d'aujourd'hui. Même un projet comme Alice au pays des merveilles, réalisé sous les fourches caudines de Disney, ne rencontre son intérêt que parce qu'il offre des liens émotionnels forts avec son univers intime. Il demeure l'un des rares cinéastes hollywoodiens à pouvoir réunir tous les publics, des adolescents à la critique, des movie fans aux artistes les plus conceptuels.
    Aux photos de film et de tournage, s'ajoutent des dessins de Tim Burton qui donnent au lecteur les clés de son univers féerique et coloré.

  • La cinéphilie fut une passion française dévorante et exigeante. Elle a, pour une bonne part, « fabriqué » Alfred Hitchcock, Howard Hawks, Roberto Rossellini, Jean Renoir et autres cinéastes, les consacrant comme artistes majeurs du XXe siècle. Ces jeunes mordus de cinéma s'appelaient André Bazin, Éric Rohmer, Henri Langlois, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, Claude Chabrol, Serge Daney. Fondé sur l'étude de leurs archives privées et des revues qu'ils animèrent, cet essai propose la première synthèse sur la cinéphilie française en son âge d'or. Une manière d'illustrer une autre histoire culturelle de notre temps.

  • En septembre 1947, la " Semaine d'art " réunit en Avignon une exposition de
    peinture, des concerts et trois créations dramatiques dirigées par Jean
    Vilar. Sans qu'il le sût un festival était né. Au fil des années,
    l'expérience est reconduite, avec le soutien de la municipalité et des
    habitants. La Cour d'honneur du palais des Papes est promue temple du
    théâtre, la troupe de Vilar devient le TNP, Gérard Philipe triomphe dans "
    Le Cid " et " Le Prince de Hambourg ". Avignon s'impose comme le rendez-vous culturel de tous les étés. Puis le Festival s'ouvre à d'autres metteurs en
    scène, d'autres arts, d'autres publics. Du cloître des Carmes à la
    chartreuse de Villeneuve, de nouveaux lieux sont associés à cette
    effervescence théâtrale. Parallèlement, se crée le Festival " off " qui
    investit la ville entière. Depuis la mort de Jean Vilar en 1971, ses
    successeurs ont poursuivi l'aventure et fait d'Avignon l'une des scènes
    majeures du spectacle vivant en Europe. Historien du spectacle, passionné de
    théâtre, Antoine de Baecque nous raconte l'épopée du festival d'Avignon, de
    1947 à nos jours. Jean Vilar et sa troupe, la Cour d'honneur et les autres
    lieux du Festival, les spectacles qui ont marqué son histoire, des pièces de
    Shakespeare aux mises en scène de Jan Fabre... 150 documents pour retracer soixante ans du Festival et de l'émotion partagée entre Avignon et son public.

  • L'histoire du théâtre de l'Odéon, le plus ancien « théâtre-monument » de Paris, inauguré en avril 1782, riche, mouvementée et parfois méconnue, témoigne au plus haut point des évolutions et des événements de la société française, de sa vie théâtrale ou de sa politique culturelle.
    Sur plus de deux siècles, à travers l'Odéon, il est possible de croiser l'histoire de la création théâtrale - des révolutionnaires aux romantiques, jusqu'à Lluis Pasqual, Georges Lavaudant, Olivier Py - avec l'histoire de la politique culturelle (l'Odéon est un curieux et intermittent laboratoire de l'action publique en matière de théâtre) et celle de la politique nationale (du scandale de Figaro à la prise de l'Odéon en 68).
    Mêlant ces chronologies et ces approches, cet ouvrage veut placer l'Odéon, tel un personnage dont on entreprendrait la biographie aventureuse, au centre d'une ambitieuse histoire culturelle.
    Il mêle dans sa forme l'histoire, les archives et les images, et monte l'un avec l'autre un récit nourri de documents, ourlé de spectacles et de portraits, ambitieux dans son approche historique, avec un ruban d'images (gravures, peintures, photographies, maquettes, manuscrits, documents d'archives, documents de presse...) - un continuum visuel puisant dans des représentations généralement peu connues, diverses, parfois spectaculaires. Avec cette idée en forme de manifeste : les rapprochements des images et des mots offrent une forme incarnée à l'histoire du théâtre.

  • AVRIL 1951.
    Dans un petit bureau des Champs-Elysées, Jacques Doniol-Valcroze, Lo Duca et Léonide Keigel feuillètent les premiers exemplaires d'une nouvelle revue voulue par André Bazin : les Cahiers du cinéma. La couverture du premier numéro est déjà jaune, et sera longtemps un signe de ralliement des cinéphiles.
    MAI 1959. Les Quatre Cents Coups triomphent au Festival de Cannes. Derrière François Truffaut, c'est toute une génération de critiques - de Claude Chabrol à Jean-Luc Godard, Jacques Rivette ou Eric Rohmer - qui passe avec armes (un don certain pour la polémique) et bagages (une passion et une vraie intelligence du cinéma) du côté de la mise en scène.
    On connaît la suite.
    ENTRE CES DEUX DATES. L'histoire des Cahiers du cinéma est celle d'une génération enthousiaste et injuste, brillante et provocatrice, conviviale et divisée, qui va donner naissance à la Nouvelle Vague. La figure centrale de ce noyau de moralistes du cinéma est incontestablement André Bazin qui, selon le mot de Truffaut, fut " un homme célèbre par sa bonté ".
    Du côté de Renoir et Rossellini, défendant le cinéma hollywoodien pourfendant " une certaine tendance du cinéma français ", ces jeunes Turcs inventent, au fil des débats et des polémiques, cette " politique des Auteurs " qu'incarnent des réalisateurs alors méprisés ou incompris tels que Hitchcock, Hawks, Lang, Nicholas Ray ou Minnelli, et qui va révolutionner la critique de cinéma dans le monde.

    Relisant les textes, traquant les personnages, profitant de sources d'archives inédites, Antoine de Baecque raconte les dix premières années d'une revue qui ne pouvait laisser quiconque indifférent. Il offre ainsi le premier récit du " cinéma vu de la critique ", d'une critique qui laisse aujourd'hui encore le lecteur haletant, ravi, parfois irrité, ou à bout de souffle.
    Des années soixante aux années quatre-vingt, quatre générations de critiques se succèdent aux Cahiers du cinéma, parfois se combattent, au sein d'une revue qui voit changer, non seulement son contenu, ses rubriques, mais aussi sa maquette, son allure, ses couleurs.
    Une identité faite de ruptures et d'éclats. Qui n'ont pourtant empêché en rien que le nom des Cahiers du Cinéma dresse, attire, polarise des exigences communes et que la pensée du cinéma se soit cristallisée là.
    Le premier tome de cette histoire faisait le récit d'une fondation. Au cours des années cinquante, un groupe de jeunes critiques a vu et compris le cinéma classique, violemment combattu la qualité française et jeté les bases de sa pratique future : la Nouvelle Vague était née.

    Le second volume est davantage un récit d'aventures. Car les Cahiers, d'abord classiques sous la direction d'Eric Rohmer, décident de s'ouvrir au monde, et au cinéma en tant qu'art moderne. La revue quitte alors les rivages de l'archipel cinéphilique pour traverser un univers culturel et politique foisonnant, riche de découvertes mais aussi de récifs. Les Cahiers du cinéma ont donc ressemblé à leur temps, apportant dans la vie intellectuelle un regard sur le cinéma.

    C'est la volonté de Jacques Rivette, qui entraîne la revue à la rencontre de théoriciens tels Barthes, Boulez et Lévi-Strauss, en 1963. C'est le désir de Jean-Louis Comolli et Jean Narboni, quand ils découvrent les nouveaux cinémas du monde, ou lorsqu'ils lancent la revue dans les combats politiques de la fin des années soixante : l'affaire Langlois, Mai 68, puis l'expérience jusqu'auboutiste du gauchisme.
    C'est encore le souhait de Serge Daney et Serge Toubiana, quand ils créent, en 1980, le " Journal des Cahiers ", et redonnent à la revue le goût et la curiosité d'arpenter le cinéma.
    Aussi, des histoires intellectuelles, les Cahiers en ont beaucoup partagées, pour le pire et le meilleur. Comme le dit Gilles Deleuze, ils ont été " très peuplés à l'intérieur d'eux-mêmes ". Telle fut l'attitude des Cahiers du cinéma, tel est l'intérêt de raconter leur histoire : comprendre, à travers le cinéma, les tours et détours de la pensée française contemporaine.

  • Chaque année, de septembre à décembre, le Festival d'Automne à Paris propose une cinquantaine d'événements à plus de deux cent mille spectateurs. Sans scène spécifique, il s'associe avec différents lieux culturels de l'Île-de-France peur présenter les oeuvres des artistes qu'il programme. Cette programmation, internationale et à l'affût des nouveautés, en fait, depuis 1972, le rendez-vous annuel des arts contemporains (théâtre, musique, danse, arts plastiques, cinéma), et un acteur majeur de la création en France et dans le monde.
    Restituer cette effervescence, ces échanges et ces mélanges entre les arts, les hommes et les idées, retracer pour son 45e anniversaire l'histoire du Festival, tel est le pari d'Antoine de Baecque. Au fil d'un récit vivant, qui mêle les époques et l'évolution des formes artistiques, il privilégie les voix et les mémoires : les archives du Festival - traces des rencontres avec les plus grands (Dubuffet, Brook, Bob Wilson, Chéreau, Régy, Boulez, Nono, Kantor, Strehler, Cunningham, Trisha Brown, Grüber, Stockhausen, Castellucci...) - et les témoignages de ceux qui l'ont accompagné toutes ces années : Marie Collin, Joséphine Markovits, Pierre Bergé, Dominique Païni, Stéphane Lissner, Jérôme Bol et Emmanuel Demarcy-Mota, qui le dirige aujourd'hui dans le sillage de Michel Guy (1972-1990) et d'Alain Crombecque (1991-2010).
    Nomade et cosmopolite, fidèle et audacieux: tel est l'esprit d'Automne.

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