• Picasso s'invita dans Les Ménines de Velázquez : ne nous privons pas de circuler dans les siennes.
    La tentation lui vint de soulever la robe de l'infante : épions les frémissements et les repentirs de son pinceau.
    Voici des ateliers, des chevalets, des colombes, des méandres de dictionnaires et de villes (Marseille, Barcelone), des créatures sur des seuils, des fentes triomphantes, des pères dont les âmes ne sont pas trahies par leurs images.
    En ce décor s'ébauche, filiale, narquoise, une Autobiographie au portrait dont on n'en finirait pas de louer les vertus : érudition jubilatoire, plaisir constant et constamment relancé de la preuve par l'étymologie, étonnante capacité de donner à voir, écriture impeccablement classique et secrètement iconoclaste...

  • Nombreux sont les acteurs de western, mais rares ceux qui furent de vrais cow-boys. Gary Cooper aurait pu se vanter de l'avoir été dans sa jeunesse, mais il était de tempérament modeste. L'inoubliable interprète du Train sifflera trois fois et de L'Homme de l'ouest ne s'est d'ailleurs pas illustré dans ce seul genre : de la comédie sentimentale au film de guerre, de l'aventure exotique à la parodie, il a apporté son aura naturelle à tous les genres qu'il a touchés, toujours avec cette générosité prompte à mettre en lumière ses partenaires, qu'elles se nomment Claudette Colbert, Barbara Stanwyck, Grace Kelly ou Audrey Hepburn. Et ce n'est pas pour rien que 60 ans après sa mort, il reste un modèle pour de nombreuses vedettes d'aujourd'hui. «Américain par excellence», dans le meilleur sens de ces termes, celui qui fut L'Extravagant Mr. Deeds (Frank Capra) et le Sergent York (Howard Hawks), fut également l'ami de grands écrivains, Hemingway en tête. Et si Clark Gable a été le «roi», John Wayne, le «duc», Gary Cooper méritait bien de se voir enfin décerner le titre de prince.

  • « Je m'étais cru original. Je compris à San Francisco combien sommaire et timoré avait été mon football de table. Encore ignorais-je qu'à ce moment-là, Kerouac, alcoolique en sursis dans sa petite maison à l'autre bout des États-Unis, repoussant les toqués de clochards célestes et d'anges vagabonds, tapait encore sans témoins son carton personnel. Jusqu'à la fin, attendant la mort les cartes à la main, il pratiqua ce complexe jeu d'enfant. Sa vie durant (courte vie), il transporta partout ses fiches bariolées, répertoriant les prouesses, les fiascos, les classements provisoires ou définitifs de toutes ses équipes et de tous ses joueurs, comme pour obéir au poète Ramos Rosa : «T'entourer de noms et te perdre». » Un Breton de Marseille fait irruption dans la vie et dans l'oeuvre de Jack Kerouac.
    Adrien Le Bihan qui, enfant, pratiqua des jeux pareils à ceux de Jack, qui partage avec lui la folie des noms, court sur ses traces de sa ville natale à Baltimore et San Francisco, de New York à Tanger et Paris, interrogeant les livres qu'il a lus, les océans où il a navigué, les dictionnaires qu'il a explorés, le crime qui l'a marqué.
    Interprétant avec lui les voix de la mer, il rapproche les branches de leurs arbres généalogiques, leurs fictions familiales et, résolvant quelques énigmes, s'émeut de découvrir en Jack Kerouac un héros plus fraternel qu'il n'osait l'espérer.

  • De Gaulle écrivain

    Adrien Le Bihan

    • Pluriel
    • 10 Novembre 2010

    Adrien Le Bihan a travaillé dans les services culturels français à l'étranger. Il a publié divers récits parmi lesquels Rue André Gide, et un pamphlet contre Sarkozy biographe, La Fourberie de Clisthène.De Gaulle écrivain ? Ses écrits ne sont pas seulement des documents pour l'histoire, qui éclairent tel ou tel aspect du chef de guerre ou de l'homme d'État. Première étude d'ensemble consacrée aux oeuvres du Général, le livre d'Adrien Le Bihan en analyse minutieusement la construction, le style et les principales thématiques et révèle le talent d'écrivain de cet homme d'action.Quel réconfort, en un temps où le manteau usurpé du Général masque l'indécence de maintes politiques, de fréquenter dans ses livres un homme pour qui écrire c'était déjà résister, qui mania aux moments décisifs la « syntaxe de l'éclair » et qui, mémorialiste de guerre sans équivalent dans la littérature française, se peint tel qu'il se voit parmi les événements tels qu'ils sont.Ouvrage paru en première édition en 1996 sous le titre Le Général et son double.

  • Biographie du romancier russe. Retrace son enfance marquée par les pogroms, ses débuts littéraires sous le patronage de Gorki, son engagement au sein de l'Armée rouge de 1920 à 1924, ses relations avec le pouvoir soviétique, son arrestation en 1939 et son exécution secrète en janvier 1940.

  • Rue andre gide

    Adrien Le Bihan

    • Rivages
    • 17 Octobre 2007

    On a connu plus d'un rapprochement, à droite comme à gauche, qui furent des désastres, particulièrement au cours de déplacements de propagande.
    Sauf exception, l'écrivain voyage mal, surtout en groupe et sur invitations intéressées... " partant précisément de la bizarrerie d'avoir donné le nom de gide à une voie de paris n'évoquant rien du prix nobel 1947, l'auteur revisite cette maldonne et les malentendus de son voyage en urss (1936) avec une maîtrise des faits, des propos et des personnages qui fait avancer, si c'est encore possible, notre connaissance du gide politique, ou plutôt "moral".
    " bertrand poirot-delpech, le monde, 30 avril 2003

  • James Joyce mystifia ses lecteurs en glissant le rapport d´un missionnaire à Madagascar dans la bibliothèque de Léopold Bloom. Le voici par ricochet confronté à un liturgiste, théatin de Majorque, auteur de livres de piété.


    Ce singulier duo déclenche entre les Baléares, l´Irlande et la Grande Île une circulation maritime et livresque, pimentée d´érotisme ecclésiastique.
    D´autres leurres de Joyce sont mis à nu. L´enquête le découvre lecteur gourmand de Brantôme, de Havelock Ellis et (surprise !) de Blasco Ibañez.

    Fort de ses affinités insulaires, féru d´accouplements imprévisibles, Adrien Le Bihan déchiffre dans Ulysse, Finnegans Wake et leurs traductions en français, des linéaments de sa propre histoire.

  • La Fourberie de Clisthène est, dans l´oeuvre d´Adrien Le Bihan, le pendant satirique de De Gaulle écrivain.
    Scrutant la biographie de Georges Mandel que Nicolas Sarkozy publia en 1994 et revendiqua pendant sa campagne présidentielle, Le Bihan y repère de stupéfiantes erreurs. Elles l´aident à mieux cerner affinités et lacunes d´un biographe qui écrit comme il parle. Confirmant que Sarkozy se flatte abusivement d´incarner le héros qu´il dépeint, La Fourberie de Clisthène nous éclaire sur ses intentions en révélant comment il efface de la vie de Mandel, à partir de l´Occupation, les traces du général de Gaulle.


    « Un livre implacable, drôle... » (Francis Marmande, Le Monde)

empty