Markus Haller

  • Après la Première Guerre mondiale, quelques-uns des esprits les plus brillants se sont réunis à Vienne pour examiner les idées fondamentales des mathématiques, de la philosophie et de la physique depuis l'Antiquité. Inspirés par la théorie de la relativité d'Albert Einstein et par les recherches de Bertrand Russell sur les fondements des mathématiques, ces jeunes chercheurs avaient l'ambition de formuler une conception scientifique du monde qui renonce au jargon obscur de la philosophie traditionnelle. Ils ont appelé leur groupe le Cercle de Vienne. Les membres fondateurs du Cercle - le philosophe Moritz Schlick, l'économiste Otto Neurath et le mathématicien Hans Hahn - se sont donné pour tâche de créer une philosophie entièrement dépourvue de métaphysique. D'autres chercheurs extraordinaires, comme le mathématicien Kurt Gödel, se sont bientôt joints à leurs discussions régulières. Le Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein est devenu une source d'inspiration puissante. Au fil des années, les écrits des membres du Cercle ont entièrement transformé la manière traditionnelle de comprendre le monde. Leur influence reste importante jusqu'à aujourd'hui. Mais la Vienne de l'entre-deux-guerres a aussi donné lieu à des passions politiques. Le fascisme a finalement mis un terme aux recherches de ces penseurs qui se sont engagés sans exception pour les valeurs progressistes. Schlick a été assassiné, les autres ont dû s'exiler. Ce livre raconte leur histoire intellectuelle et personnelle. Karl Sigmund examine avec brio les idées et la vie des membres du légendaire Cercle de Vienne entre les deux guerres... Son livre contient des avertissements sévères non seulement pour les temps où l'irrationalité prend le dessus, mais aussi sur les coûts possibles d'une pensée exacte.The Economist Le livre de Sigmund restera pendant longtemps l'histoire la plus engageante et la plus accessible sur ce mouvement remarquable... Un chef-d'oeuvre. Daniel Gordon, Journal of Modern History Un récit passionné et subtilement humoristique. Scientific American

  • "C'est scientifiquement prouvé !" Voici l'expression, si souvent entendue, pour signaler qu'une croyance se rapporte à un fait établi ; en douter serait déraisonnable. Mais que veut dire exactement "scientifiquement prouvé" ? Les philosophes Willard V. O. Quine et Joseph S. Ullian montrent que nous qualifions nos croyances ainsi si elles se conforment à certains critères concernant leur source et leurs relations avec d'autres croyances. Savoir identifier ces critères et les appliquer correctement constitue la base du raisonnement scientifique. Ce type de raisonnement nous permet d'examiner nos croyances, en nous demandant tout d'abord comment elles sont liées à l'observation et dans quelle mesure elles se basent sur le témoignage d'autrui. Ensuite, il peut nous montrer pourquoi une hypothèse est préférable à une autre - et ce qui pourrait confirmer ou infirmer l'une ou l'autre. Finalement, il nous aide à déterminer ce qui peut être considéré comme une explication - et pas seulement comme un récit plausible. Ces questions - et de nombreuses autres - sont explorées d'une façon claire et accessible dans cet ouvrage qui permettra au lecteur de comprendre pourquoi certaines croyances sont scientifiquement prouvées, tandis que d'autres ne le sont pas. Un livre splendide. Gilbert Harman, Metaphilosophy Cette introduction concise et cohérente à l'étude de la croyance rationnelle fournit des points d'entrée dans des domaines de la philosophie tels que la théorie de la connaissance, la méthodologie de la science et la philosophie du langage. Accessible à tous, ce livre ne suppose aucune formation philosophique. Goodreads

  • Depuis l'Antiquité, la philosophie est une activité essentiellement argumentative. Pour apprendre à philosopher, il ne suffit pas de connaître des notions abstraites et de se référer aux doctrines de tel ou tel penseur. Le premier savoir-faire du philosophe est la capacité d'examiner de façon critique un raisonnement, de le défendre, de le réfuter ou de l'amender.

    Ce manuel fournit les outils pour acquérir ce savoir-faire indispensable à la compréhension et à la pratique de la philosophie. Rosenberg invite les étudiants - et toute personne curieuse de comprendre ce que font les philosophes - à découvrir.

    - en quoi consiste un argument ;
    - ce qui permet d'apprécier leur force ou leur faiblesse ;
    - comment les arguments s'enchaînent dans un essai philosophique ;
    - quels sont les pièges cachés qui peuvent dévaloriser une argumentation ;
    - pourquoi, comme Rosenberg le dit, "ce n'est qu'en philosophant qu'on peut devenir philosophe".
    Les nombreux exemples qui accompagnent les explications assurent la bonne compréhension des sujets abordés ; les citations et casse-têtes qui complètent le volume donnent l'occasion d'exercer les compétences acquises.

  • Justice les plus marquantes, et les difficultés qu'elles engendrent. La question de la justice se pose lorsqu'on cherche des solutions aux conflits d'intérêts.
    Kelsen montre qu'aucune valeur absolue ne peut rationnellement prescrire la meilleure solution.
    Ainsi, nous resterons inévitablement avec une pluralité de conceptions rivales de la justice. Il en découle que la morale ne peut être le fondement du droit. C'est ce que Kelsen explique en détail dans "Droit et morale", tiré de sa Théorie pure du droit. Parce que les jugements de valeur dépendent de nos sentiments, seule la tolérance permettra leur discussion critique, encourageant ainsi les institutions démocratiques.

  • Si Rousseau est à la fois philosophe, anthropologue, pédagogue, politologue et autobiographe, une même question sous-tend toute son oeuvre : pouvons-nous retrouver notre liberté ? Dans les sociétés modernes, notre dépendance à l'égard des autres n'est pas seulement matérielle, mais psychologique : nous ne ressentons plus notre propre existence en nous-mêmes, mais dans le regard et l'opinion d'autrui. Comment échapper à cette dépendance ? Rousseau recherchera d'abord les clefs de notre liberté dans l'éducation, puis dans la politique, et enfin dans son expérience personnelle et dans l'amour. Si sa quête demeure inachevée, les questions qui l'ont guidée n'ont rien perdu de leur pertinence dans nos sociétés contemporaines.

  • Suffit-il de faire valoir un conflit avec ses croyances religieuses pour se soustraire à une norme légale ? Qu'il s'agisse de vaccinations obligatoires, de cours de natation dans les écoles publiques ou de la prohibition de l'abattage rituel, les exemptions accordées aux croyants sont généralement motivées par le principe de tolérance. Dans les pays démocratiques, ce principe s'exprime par la liberté de conscience - la liberté d'exprimer ses convictions personnelles et d'agir selon elles - liberté qui a toutefois ses limites.
    Celles-ci devraient-elles être différentes lorsqu'il s'agit de convictions religieuses ? Y a-t-il des raisons morales d'accorder une place particulière à la religion ? Brian Leiter montre pourquoi nos raisons de tolérer la religion ne se distinguent pas de celles qui s'appliquent aux autres revendications de conscience et pourquoi le principe de tolérance ne peut justifier de dérogation aux lois édictées dans l'intérêt général.
    Cependant, interdire l'expression des convictions personnelles, religieuses ou autres, lorsqu'elle ne cause aucune nuisance - comme le port du foulard à l'école - revient à violer le principe de tolérance. En effet, selon Leiter, la laïcité telle qu'elle est concrétisée dans la législation française «constitue en réalité un cas d'intolérance religieuse inadmissible».

  • Les puritains se trompent : la recherche du plaisir sexuel est une bonne chose! C'est ce que nous explique le philosophe Simon Blackburn dans cet essai délicieux qui se lit comme un dialogue critique avec les penseurs du passé et les théoriciens du présent, de Platon à Freud et au-delà.

    Alors que la recherche du plaisir sexuel peut échouer de multiples façons, Blackburn montre que "le plaisir sexuel peut s'épanouir au mieux lorsqu'il n'est pas encombré par de mauvaises philosophies et idéologies" qui toutes l'empêchent de se développer librement.

    Ecrit par un des plus éminents philosophes vivants et agréablement illustré, Eloge du désir sexuel est un livre aussi séduisant qu'édifiant.

  • Qu'est-ce qu'une société juste ? Existe-t-il un modèle de justice capable de s'imposer à tout esprit rationnel, et de maintenir ainsi l'harmonie au sein de la société ? De Platon à John Rawls, nombre de philosophes ont répondu par l'affirmative. Cependant, selon Stuart Hampshire, leurs théories négligent une constante de l'histoire humaine : en tout lieu et en tout temps, le conflit est inévitable, aussi bien dans l'esprit des individus qu'au sein de la société, où s'opposent nécessairement plusieurs conceptions légitimes de la justice.

    Est-ce à dire que la notion de justice est purement relative ? Non. Selon Hampshire, bien qu'aucun modèle de justice particulier qu'il soit conservateur, libéral ou socialiste ne puisse prétendre à l'universalité, la notion de justice présente tout de même un caractère absolu : une société ne peut être juste que si tous les acteurs de la scène politique peuvent faire entendre leur voix, défendre leur propre idée de la justice, et si les conflits inévitables qui les opposent sont réglés selon des procédures rationnelles, équitables et reconnues.

    Testament politique d'un socialiste sceptique, cet essai séduit à la fois par sa clarté, par son érudition et par l'originalité de son argumentation. Il nous permet de comprendre pourquoi le mot « justice » nous évoque à la fois un idéal universel et une variété irréductible de valeurs et de conceptions morales.

  • Tout au long de l'histoire, les récits des explorateurs, des marchands et des missionnaires ont contribué à remettre en question l'idée que l'humanité entière partage un noyau de normes et de valeurs morales communes. Alors que les membres de chaque groupe culturel partagent certains jugements moraux, ceux-ci varient d'un groupe à l'autre. Pis, ce qui est moralement approuvé dans un groupe est parfois proscrit dans un autre.
    Devrions-nous alors accepter le relativisme moral - la thèse selon laquelle nous manquons de critères objectifs pour évaluer les jugements moraux de différents groupes culturels ? Les enjeux de cette question sont de taille. Le mélange de cultures différentes est plus que jamais une réalité et provoque inéluctablement des conflits moraux. Peut-on exiger le respect des droits de l'homme auprès de personnes issues de cultures communautaires ou patriarcales ? La condamnation morale des punitions cruelles infligées pour adultère ou pour apostasie n'est-elle qu'une expression de l'impérialisme culturel occidental ? Dans cet ouvrage, Steven Lukes nous introduit aux concepts et aux résultats de recherche en anthropologie, en psychologie et en philosophie qui caractérisent ce débat depuis Montaigne.
    Il montre pourquoi la simple observation du comportement social ne suffit pas à trancher la question, et comment les jugements moraux sont reliés non seulement aux contextes culturels mais également à la rationalité humaine.

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