Fayard

  • Dans une passionnante biographie, Claude Grimmer dresse pour la première fois le portrait de ce prince européen, à la fois homme de guerre et de foi, diplomate sans être courtisan, qui incarna mieux que tout autre la transition qui s'opéra au XVIIe siècle de l'homme de guerre à l'homme de cour.
    Charles de Gonzague-Clèves (1580-1637), duc de Nevers, de Rethel puis de Mantoue, est l'archétype de ces princes du début du xviie siècle qui se heurtent aux mutations de leur temps.
    Alors que s'affirment partout en Europe les aspirations d'États forts, chacun cherche les moyens de s'imposer. De jeune guerrier, fin stratège, meneur d'hommes sur les champs de batailles, Charles devient calculateur, posant ses pions, nouant des alliances. Engagé dans de multiples projets, de la fondation de Charleville à la reconquête de la Grèce contre les Turcs, protégé par Henri IV, haï par Marie de Médicis, ses liens de parenté lui offrent un destin européen exceptionnel, des bords de la Meuse au duché de Mantoue.
    À partir d'archives inédites dispersées dans de nombreux pays ainsi que d'un millier de lettres, Claude Grimmer nous immerge, chose rare, dans l'intimité familiale d'un homme aussi soucieux de protéger les siens que d'arriver à ses fins : jouer un rôle en Europe.

  • Dans cette biographie tissée à quatre mains, Elisa Brilli et Giuliano Milani éclairent d'un jour nouveau le destin de l'une des plus grandes figures du Moyen Âge italien, démêlant le vrai du faux au gré d'une enquête où se font écho archives et oeuvre littéraire.
    « Une enquête a été faite contre [...] Dante Alighieri, du sestiere de Saint Pierre majeur [...]  pour établir s'il a commis  des « barateries », des injustes extorsions et des gagnes illicites en argent ou en nature ».
    Cante Gabrielli da Gubbio, podestat de Florence, 27 janvier 1302.

    « Je tiens pour un honneur l'exil qui m'est donné : car [...] tomber avec les bons reste digne de louange. ».
    Dante Alighieri, Tre donne, vers 1302-1308.


    Écrire une biographie de Dante est un défi auquel se sont confrontés nombre de chercheurs. Tandis que les archives se taisent le plus souvent sur la vie du Florentin ou sont d'interprétation délicate, son oeuvre contient tant de passages personnels qu'elle pourrait aisément se lire comme une autobiographie. Mais naïve serait la démarche qui prendrait Dante pour un témoin fidèle de sa vie.
    Dans une enquête conduite à quatre mains, où documents et oeuvre littéraire se font écho, Elisa Brilli et Giuliano Milani renouent les fils de ce destin singulier. Celui d'un homme aux prises avec les bouleversements politiques de son temps, à la charnière des xiiie et xive siècles, et dont les expériences, horizons et réactions changent en fonction des contextes qu'il traverse (municipal, seigneurial, impérial, courtisan) ; celui d'un homme qui tenta à plusieurs reprises de façonner sa vie par l'écriture, inventant une forme de récit de soi, aux contenus toujours changeants, entre mémoire individuelle et universelle.
    Là est sans doute la contribution essentielle de Dante à la culture occidentale.

  • « Je veux que pendant des siècles, on continue à discuter sur ce que j'ai été, ce que j'ai pensé, ce que j'ai voulu. » A lire les injures, les jugements à l'emporte-pièce et les contresens qu'ont commis sur lui presque tous les historiens, le Diable boiteux a été entendu au-delà de ses espérances !


    Il faut dire qu'il a lui-même brouillé les pistes à plaisir, qu'il est resté au pouvoir pendant plus d'un demi-siècle, qu'il a servi neuf régimes et prêté treize serments. Il faut ajouter que, né et formé sous le règne de Louis XV, et mort l'année de l'avènement de Victoria, ce corrompu, cet homme qui savait faire marcher les femmes, ce joueur invétéré n'est ni un traître par profession ni même un intrigant de haute volée, comme le voudraient la plupart de ses biographes. On ne peut pas non plus soutenir sérieusement qu'il ait voulu à toute force servir la France, donner chair à des idées, poursuivre un idéal. Doit-on alors saluer l'artiste et se résoudre à n'avoir jamais le fin mot ? Rien de tel.


    Son ironie distante, sa subtilité et sa science de l'époque n'auraient pas suffi à Emmanuel de Waresquiel s'il n'avait aussi dépouillé, en France et à l'étranger, d'innombrables cartons d'archives qui lui ont livré des centaines d'informations inédites et d'éclairages nouveaux sur des points obscurs ou controversés. Avec ses intuitions et son sens de la formule, par touches successives, il dresse du personnage le plus complexe et le plus ambigu de notre histoire un portrait profondément humain, entièrement nouveau, cohérent et intelligible. Il fait revivre une figure d'une intelligence et d'une énergie exceptionnelles qui s'est montrée à la hauteur des secousses terribles auxquelles l'Europe a été soumise il y a deux siècles ; un grand seigneur de l'ancien temps fidèle à ses origines, qui a littéralement créé le rôle de l'homme de pouvoir moderne ; un visionnaire et un formidable metteur en scène de sa vie qui s'est forgé son propre destin en pesant sur les événements, tout en gardant la maîtrise de lui-même jusque sur son lit de mort.


    A cette biographie définitive est joint un cahier contenant de nombreux documents iconographiques le plus souvent inédits.

    Né en 1957, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, docteur en histoire, chercheur à l'Ecole pratique des hautes études, Emmanuel de Waresquiel est l'un des meilleurs historiens du premier XIXe siècle. Auteur d'une biographie remarquée, Le Duc de Richelieu, un sentimental en politique (1991), et (avec Benoît Yvert) d'une Histoire de la Restauration (1814-1830). Naissance de la France moderne (1996), il a également conçu et dirigé deux grands ouvrages de synthèse : Le Siècle rebelle. Dictionnaire de la contestation au XXe siècle (1996) et Mémoire du monde. Cinq siècles d'histoire inédite et secrète au Quai d'Orsay (2001).

  • Depuis, le xve siècle, l'histoire de la duchesse Anne de Bretagne s'est peu à peu transformée en mythe. Il est temps de retracer le portrait intime de cette femme de tête entourée d'hommes de pouvoir qui épousa un roi par deux fois et échoua à donner un héritier à la couronne de France.

    « Sa finesse d'esprit est remarquable pour son âge et une fois qu'elle a décidé de faire quelque chose, elle s'efforce d'y parvenir par n'importe quel moyen et à n'importe quel prix. » Érasme Brasca, ambassadeur de Venise.

    Si elle est devenue une reine aux contours parfois insaisissables, c'est parce qu'Anne de Bretagne a servi trop de maîtres après sa mort. On la voudrait fidèle à la France parce qu'elle fut reine, fidèle à la Bretagne parce qu'elle est née bretonne, fidèle à son père parce qu'elle lui promit de ne jamais assujettir son duché, fidèle à son peuple qui comptait sur elle, fidèle à son époux - mais lequel ? Charles VIII ou Louis XII -, fidèle à ses fils morts trop jeunes, fidèle à ses filles, comme elle éloignées du trône. Sa vie intense et fascinante, ses voyages et ses pèlerinages symboliques, contribuèrent à élaborer ce personnage mythique.
    Il est temps de retracer le portrait intime de cette femme de tête entourée d'hommes de pouvoir. Car, reine et duchesse, Anne de Bretagne fut aussi et d'abord une femme de son temps.

  • Dans une biographie inédite, Pierre Monnet dresse le portrait de ce souverain hors norme, infatigable bâtisseur, amasseur de reliques, grand lettré, inlassable voyageur. Un roi entre deux ponts, à la fois médiéval et moderne, au carrefour des langues et des cultures européennes.

    Charles IV (1316-1378) fut le roi et l'empereur d'une chrétienté en crise au xive siècle, déchirée par la peste, la guerre de Cent Ans et les débuts du schisme pontifical. Issu de la dynastie des Luxembourg, il est né à Prague, a été élevé à Paris, fit ses premières armes en Italie, devint roi des Romains, roi de Bohême, roi des Lombards, roi d'Arles et ceignit enfin la couronne impériale à Rome. Il parlait, lisait, écrivait le tchèque, le français, l'allemand, le latin, l'italien. Collectionneur passionné de reliques et d'oeuvres d'art, notamment de ses propres portraits, il est l'auteur, fait rarissime, d'une autobiographie qui raconte son enfance, ses rêves, ses doutes à la première personne. Il est aussi le père de la Bulle d'Or de 1356, une Constitution qui ordonne l'élection et les institutions du Saint Empire jusqu'en 1806, établit un équilibre fédéral et territorial à l'allemande, d'une certaine manière toujours actuel.
    Constructeur de châteaux, marié quatre fois, grand lettré, inlassable voyageur, Charles IV fut un roi et empereur à la fois médiéval et moderne, au carrefour des langues et des cultures européennes.

  • Notre siècle connaît-il encore Flavius Josèphe, ce prêtre né à Jérusalem qui, il y a près de deux mille ans, fut au centre de l'affrontement entre le monde juif et le monde romainoe Un homme au destin exceptionnel: après avoir été l'un des chefs de la grande révolte des Juifs contre Rome en 66, il prédit l'empire à Vespasien, se retrouva trois ans plus tard aux côtés de Titus sous les remparts de sa ville natale assiégée et finit ses jours à Rome auprès de ses protecteurs impériaux qui lui donnèrent un nouveau nom, Flavius.

    Fut-il un traîtreoe Fut-il un sageoe Josèphe est en tout cas le meilleur témoin de ce temps qui vit naître le christianisme, un grand historien sans lequel certaines des pages les plus dramatiques de l'histoire, l'incendie du Temple de Jérusalem, la chute de Massada, seraient aujourd'hui inconnues.

    Normalienne, agrégée et docteur ès lettres, Mireille Hadas-Lebel (Bonan) est actuellement professeur à l'Institut national des Langues et Civilisations orientales.

  • Les études iraniennes n'ont pas la place qu'elles méritent et notre connaissance du monde iranien est trop superficielle. On dirait qu'un grand voile le recouvre qui ne laisse transparaître que quelques phares, Suse, Persépolis, Samarkand, Herat, Ispahan, Chiraz, des miniatures, des poèmesoe Il devrait briller de tous ses feux, il devrait être éclatant comme son ciel d'un bleu inégalable, comme ses longs déserts de sable doré, ses montagnes dénudées, comme sa théologie de la lumière, comme ses dômes recouverts de faïences d'azur, comme ses roses d'Ispahan, comme ses poètes « d'inimitable simplicité ». Il se dissimule à nos yeux, dans la nébuleuse de l'islam où pourtant il affirme une forte personnalité.


    Et pourtant l'histoire de l'Iran intéresse de près l'histoire universelle. Sa connaissance est indispensable à tout historien, à tout honnête homme. Qui pourrait lire la Bible en ignorant la déportation à Babylone et l'édit libérateur de Cyrus, « l'oint de Iahvé », dit le Deutéro-Isaïe ? Comment pourrait-on étudier la Grèce en négligeant les Guerres médiques, Hérodote, né sujet iranien, Alexandre et sa conquête du monde ? Qui resterait indifférent devant la venue des Mages, des prêtres-rois iraniens, au berceau du Christ ? Qui oserait oublier l'importance capitale pour l'Empire romain de sa longue lutte contre les Parthes et les Sassanides ? Avec quel regard visiterait-on les Indes si l'on ne savait pas que l'islam indien dépend, en partie au moins, de l'islam iranien ? Et l'amour courtois de notre beau Moyen Âge n'est-il pas né dans ce pays cathare qui transmet un ultime écho des vallées de la Mésopotamie ? On pourrait multiplier à l'infini de semblables questions.

  • L'étonnante figure d'un dominicain qui à lui seul illustre et résume les contradictions de l'Europe catholique après la réforme.Une aventure passionnante et pittoresque.

  • Soixante ans après sa création, l'Etat d'Israël continue d'être au coeur de débats incessants, mais, trop souvent, ce pays n'est évoqué qu'en lien avec l'interminable confrontation avec les voisins arabes, et plus particulièrement avec les Palestiniens. Or, sans méconnaître l'acuité d'un conflit qui n'a cessé de rythmer l'histoire du Moyen-Orient, ne considérer Israël que sous cet angle serait une erreur. Tout le pari de cet ouvrage pluridisciplinaire est précisément d'aborder Israël dans ses multiples dimensions : fondements politiques et institutionnels, vie politique, populations et société, économie, relations extérieures (régionales et internationales), culture et communication.
    L'Etat d'Israël apparaîtra, au fil des pages, comme pétri de contradictions. La démocratie, bien vivante, fonctionne au sein d'une société de plus en plus multiculturelle, mais dans un Etat qui défend une identité nationale forte, ce qui ne va pas sans tensions. L'économie fait preuve d'un dynamisme soutenu, mais au prix d'un accroissement des inégalités, situation longtemps impensable au pays des kibboutzim. Les artistes participent aux grands courants culturels modernes, mais leurs oeuvres puisent largement dans l'héritage hébraïque et portent l'empreinte du conflit israélo-arabe et de la Shoah. Israël est devenu un membre souverain du concert des nations, mais sa reconnaissance sur un pied d'égalité avec les autres Etats, aspiration centrale du sionisme, fut longtemps précaire et reste tributaire d'un règlement complet du contentieux avec les Palestiniens.
    Saisir la complexité dans toutes ses nuances : telle est la démarche qui a guidé plus de trente auteurs français, israéliens et américains avec l'ambition de mettre en lumière toutes les facettes de l'Etat d'Israël et de mieux faire comprendre, au-delà des clichés, sa réalité, riche et contrastée.

  • L'" affaire Raspoutine " a joué un rôle déterminant dans la chute de la monarchie en Russie. Non seulement en accentuant l'antagonisme entre l'opinion publique et le pouvoir, mais surtout en creusant un abîme entre le trône et ses supports naturels dans le pays. Une sorte de paralysie des volontés en résulta au moment où se décidait le sort de l'Empire, ce qui précipita sa disparition.

    Quels ont été, sur le plan des faits véritables, les dons de guérisseur et de voyant qui furent à l'origine de l'influence de Raspoutineoe Comment a-t-il pu accaparer la confiance de la tsarine, princesse d'éducation anglaise ayant toujours conservé une très haute conception de la moraleoe Quel a été son rôle politique exact auprès des souverains russesoe Jusqu'à quel point ces derniers suivaient-ils ses conseilsoe Comment a-t-il profité de ses interventionsoe A-t-il vraiment servi l'espionnage allemandoe Le recours à une documentation inexploitée ou partiellement utilisée jusque-là permet à l'auteur de répondre à ces questions et de renouveler presque entièrement l'appréciation du rôle joué par Raspoutine.

    A cette étude de la personnalité du " staretz " est joint un tableau de la décomposition progressive du régime qui s'appuie sur les travaux d'historiens soviétiques et d'historiens russes émigrés dont les oeuvres n'ont pas été traduites et qui donnent sur de nombreux points un éclairage nouveau aux événements.

    Michel de Eden, spécialiste de la période pré-révolutionnaire, lui a consacré plusieurs études, ainsi qu'un ouvrage sur le grand réformateur des finances et de l'économie de la Russie du début du siècle, le comte Witte.

  • Le règne du dernier empereur de Russie a-t-il marqué l'inexorable déclin d'un régime ne pouvant déboucher que sur une rupture violente et radicale _ celle d'Octobre 1917 _ ou bien recelait-il les éléments d'une transition interrompue, celle que la Russie de Boris Eltsine, quatre-vingts ans après, s'est mise en devoir et en peine de reprendreoe S'attachant au destin du dernier tsar de Russie, l'ouvrage d'Hélène Carrère d'Encausse soulève une multitude de questions. Plus que tout autre, Nicolas II, héritier des réformes d'Alexandre II, a oeuvré pour la modernisation de son pays, apportant des changements profonds à l'Etat, à la société et à l'économie russes. L'échec et la révolution étaient-ils alors inscrits dès le départ dans le processus de modernisationoe Faut-il accepter l'idée défendue par certains historiens que toute tentative de réforme est en Russie condamnée à ouvrir la voie à la barbarieoe Ou bien peut-on regarder le stalinisme puis la stagnation néostalinienne comme une funeste parenthèse dans la transformation profonde que les circonstances ont momentanément arrêtée mais dont les germes, toujours présents, peuvent servir à fertiliser et légitimer la transition engagée en cette fin du XXe siècleoe Historienne de la Russie, Hélène Carrère d'Encausse, membre de l'Académie française depuis 1991, a notamment publié chez Fayard La Gloire des nations, Victorieuse Russie et Le Malheur russe.

  • Cette grande synthèse en 3 volumes retrace l'histoire d'un « empire » et des réactions qu'il suscita en son temps. Empire au sens d'« influence » d'abord, celle que les idées, la culture et les ambitions hégémoniques françaises exercèrent sur cette époque, dans le prolongement du Grand Siècle, du siècle des Lumières et, bien sûr, de la Révolution. C'est ainsi que l'aventure napoléonienne peut se replacer dans la longue durée. Empire au sens d'institution aussi, en ce que les gouvernants français imaginèrent des structures, avec leur fonctionnement et leur unité politique, afin de conquérir et d'organiser l'espace européen (et au-delà) pour réunir des peuples sous leur bannière par l'adhésion, l'intégration, la domination ou la suzeraineté. Si l'on ne peut échapper à la présence permanente de la volonté, de la personnalité et de l'oeuvre de Napoléon qui ont marqué la période de leur empreinte, et si les développements de ce livre ont pour clef de voûte le coeur même de l'Empire (dans les deux sens évoqués plus haut), c'est-à-dire la France, il faut aussi « raconter » - en l'expliquant - un peu plus d'une décennie d'histoire de l'Europe, voire du monde, en dépassant à la fois la figure de l'empereur et les points de vue purement nationaux.
    Le premier volume est consacré à la naissance et au développement de l'Empire, suivant l'un des grands desseins de Napoléon : créer un « système » hégémonique sur le continent. De la proclamation du régime (1804) au mariage de l'empereur et de Marie-Louise (1810), on suit l'enchaînement des événements qui a conduit d'une part la France à amplifier (mais d'une autre manière) la conquête de l'Europe commencée en 1792, et d'autre part Napoléon à créer à l'intérieur une dictature dont la nature « de salut public » disparut pour laisser la place à un régime autoritaire « classique ».
    Cette histoire se garde des accents de l'épopée et des facilités de l'anecdote comme des études militaires trop détaillées - même si, comme on peut l'imaginer, les guerres en sont l'une des toiles de fond. L'auteur se place dans la position d'un observateur aussi froid, aussi impartial que possible et parfois dans celle d'un contemporain ignorant la suite... et surtout la légende (dorée ou noire) édifiée par les récits enflammés des thuriféraires.

    Thierry Lentz est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le Consulat et l'Empire, dont Le 18 Brumaire (1997), Napoléon. « Mon ambition était grande » (1998), Le Grand Consulat, 1799-1804 (1999), un Dictionnaire des ministres de Napoléon (1999), et Savary, le séide de Napoléon (2001). Il est directeur de la Fondation Napoléon.


    NOUVELLE HISTOIRE DU PREMIER EMPIRE I. Napoléon et la conquête de l'Europe (1804-1810) II. L'Effondrement du système napoléonien (1810-1815), à paraître III. La France et l'Europe de Napoléon (1804-1815), à paraître

  • « quel roman que ma vie ! » ce mot de napoléon peut tout aussi bien s'appliquer à son plus jeune frère, jérôme, devenu, par la volonté de l'empereur, roi de westphalie. entré dans la marine à 16 ans, il a navigué de l'egypte au brésil, de sainte-hélène aux etats-unis. revenu en europe, il participe à la campagne de prusse en 1806-1807 avant d'épouser catherine de wurtemberg et de prendre possession du royaume de westphalie. pièce essentielle du système européen élaboré par napoléon, ce royaume doit aussi être un etat modèle dans l'allemagne française. souverain prodigue et charmeur, il multiplie les conquêtes féminines et mène avec sa cour une vie de plaisirs qui lui vaudra le surnom de « könig lustig ». mais il est aussi un roi réformateur, qui introduit les principes de 1789 dans son royaume. associé aux grandes étapes de l'histoire de l'empire, il sombre avec lui, avant de revenir en france aux cent-jours et de s'illustrer à waterloo. commence ensuite pour jérôme et sa famille un long exil qui ne s'achève qu'à la veille de la révolution de 1848. il est à paris aux premières loges pour mesurer la popularité du nom qu'il porte et soutenir la prise de pouvoir de son neveu, louis napoléon bonaparte, avec l'espoir de jouer un rôle dans le nouvel empire. tour à tour gouverneur des invalides, président du sénat, membre du conseil de régence, il est alors l'incarnation vivante, accentuée par sa ressemblance avec napoléon, du lien unissant le premier au second empire. acteur de l'épopée impériale, il a surtout été le témoin d'un siècle marqué par la figure tutélaire de napoléon.

    Jacques-olivier boudon, ancien élève de l'ecole normale supérieure, est professeur d'histoire de la révolution et de l'empire à l'université paris-sorbonne et président de l'institut napoléon. il est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, parmi lesquels napoléon et les cultes (fayard, 2002), la france et l'europe de napoléon (2006).

  • Justinien

    Tate-G

    Sous le règne de Justinien (527-565), l'Empire romain d'Orient connaît un renouveau de puissance politique et de richesse matérielle dont on n'aurait pas cru le vieil Empire capable après les invasions du ve siècle et la perte de sa partie occidentale.


    Le souverain de Constantinople entreprend avec succès la reconquête de l'Afrique du Nord, de l'Italie et d'une partie de l'Espagne, tout en assurant l'intégrité du territoire sur les autres fronts. L'Empire s'affirme comme la plus grande puissance du monde méditerranéen, l'une des plus grandes de son temps avec les empires perse et chinois. Il développe une civilisation régénérée dont certaines oeuvres éblouissent encore. Avec Sainte-Sophie, il se pare d'un des monuments les plus remarquables de l'histoire de l'art : dix siècles plus tard, les architectes ottomans, qui l'ont prise pour modèle, réussissent à en égaler les performances techniques mais sans les surpasser ; sa coupole demeure la plus haute d'Istanbul. Justinien lègue aussi à la postérité la plus grande oeuvre juridique de l'Antiquité : le code Justinien qui reprend, sous une forme raisonnée et dans un ordre logique, la majeure partie du droit de la Rome antique, les lois et ordonnances des empereurs aussi bien que la production des grands jurisconsultes. Par l'éclat et la portée des réalisations de son règne, Justinien est bien l'égal de Périclès, Auguste, les Médicis et Louis XIV, qui ont été jugés dignes de donner leur nom à leur époque.

  • La biographie renouvelée de l'un des très grands hommes de l'histoire corse.

  • Tocqueville

    Jaume-L

    La question centrale de De la démocratie en Amérique - reprise ensuite dans L'Ancien Régime et la Révolution - est celle des formes nouvelles de l'autorité à l'époque moderne. En nous parlant de l'autorité dans la société, dans la religion, dans la littérature, dans les pouvoirs locaux - et pas seulement dans l'Etat -, Tocqueville ne nous parle pas uniquement de l'Amérique. En réalité, il ne cesse de parler de la France et de l'avenir de ce qu'il appelle « démocratie » en Europe ; de plus, à travers une stratégie d'écriture, il livre et cache à la fois sa vision de la liberté. En restituant l'ensemble du contexte avec lequel Démocratie en Amérique mène un dialogue permanent, y compris grâce à la correspondance inédite, Lucien Jaume donne un portrait intellectuel de l'homme Alexis de Tocqueville : figure romantique et pascalienne, qui traite par l'écriture les conflits intimes de sa classe et de sa personnalité.

  • Mao tse-toung

    Short-P

    On ne saurait comprendre l'extraordinaire « éveil » de la Chine d'aujourd'hui sans connaître le rôle qu'y a joué Mao Tsé-toung des années vingt aux années soixante-dix. Car s'il y eut un géant au XXe siècle, ce fut bien lui ! Ce personnage à facettes multiples, poète et philosophe, chef de guerre et homme d'Etat, stratège génial mais aussi, à l'occasion, politicien rusé, suscite à la fois une forme d'admiration pour l'½uvre accomplie et un violent mouvement de recul pour les moyens employés. Son parcours rien moins que rectiligne, la nature totalitaire du régime avec son inévitable et morbide culture du secret et son goût pour le paraître ; ses interventions dans tous les domaines de la vie des Chinois, sa longévité au pouvoir (près de quarante ans) et l'adulation absurde dont il a longtemps fait l'objet en Occident ont découragé bon nombre d'analystes. Seuls une présence sur place au long de deux décennies (complétée par de nombreux séjours ultérieurs), une parfaite familiarité avec la langue, l'histoire et le mode de vie des Chinois, une connaissance précise des rouages du Parti communiste, une fréquentation durable de certains hommes clefs et un esprit d'observation aigu ont permis à Philip Short de proposer le récit, aussi exact et objectif que possible, d'un destin hors norme dont l'intéressé lui-même a embrouillé à plaisir la compréhension.


  • Voilà quelqu'un qui n'était privilégié ni par un rang social ni une fortune exceptionnels ; qui vivait dans une société où les femmes n'avaient guère de chances de faire connaître leur nom ou de passer à la postérité ; qui ne nous a laissé d'elle aucun écrit ni aucun portrait ; et qui pourtant a franchi le temps en focalisant sur son personnage plus de rêves, d'admiration ou de critiques que n'en ont peut-être fait naître Hélène de Troie ou Cléopâtre d'Egypte.
    Il est peu probable que ce soit pour avoir enseigné la rhétorique à Périclès, la philosophie ou l'art d'aimer à Socrate qu'elle a frappé l'esprit de ses contemporains ; ce n'est sans doute pas non plus pour avoir brillé par son esprit et sa beauté dans les banquets athéniens, ou dans un salon littéraire qui n'a jamais existé, du moins sous cette forme. C'est plus certainement pour avoir tenté un enseignement nouveau, destiné plus spécifiquement aux femmes, alliant la rigueur de la rhétorique à la subtilité dans ce qu'on pourrait appeler la gestion de l'entreprise conjugale : tentative qui lui valut d'abord un succès de curiosité, puis l'estime et l'admiration des grands esprits. Sans doute aussi pour avoir surpris le public par l'association (dans ses débuts du moins) d'un métier intellectuel original, exercé de façon particulièrement brillante, et d'un statut d'hétaïre nécessitant beauté et séduction. Enfin et surtout, c'est pour avoir conquis l'homme politique le plus remarquable de son temps, et, semble-t-il, conservé son affection jusqu'à sa mort.
    Pourquoi cette survie s'est-elle prolongée au travers des siècles et jusqu'au xxe et pourquoi notamment cette héroïne a-t-elle passionné les pionnières du féminismeoe Les témoignages antiques ne suffisent pas à expliquer la pérennité de l'image - ou plutôt des images - d'Aspasie, car son profil se modifie sans cesse selon les époques et les milieux. Or ce sont justement ces métamorphoses qui sont significatives : si Aspasie a survécu, c'est parce qu'elle est devenue une figure symbolique reflétant le rapport que chaque génération a entretenu avec l'Antiquité, avec le sexe et avec la femme.

  • La première biographie du principal protagoniste de l'affaire Dreyfus

  • Alexandra Kollontai : la Walkyrie de la Révolution Nouv.

    Voici l'histoire d'une femme exceptionnelle et méconnue, Alexandra Kollontaï.
    Née à Saint-Pétersbourg dans une famille aristocratique en 1872, elle fut la première femme ministre de l'Histoire. Première femme à gravir tous les échelons du corps diplomatique pour finir ambassadrice, elle participe à la révolution de 1905, puis rejoint les rangs des bolcheviks et fait partie du premier gouvernement de Lénine. Cette pionnière, revendiquant de mener sa vie, notamment amoureuse, comme elle l'entend, défend le droit de vote des femmes, le droit au divorce, le salaire égale entre hommes et femmes, etc. En 1920, elle réclame davantage de démocratie au sein du gouvernement des Soviets, puis va mener une carrière de diplomate, elle qui parle huit langues et a déjà beaucoup voyagé. En 1945, sa carrière s'achève et elle s'éteint en 1952 à Moscou après avoir publié ses Mémoires.

    Alexandra Kollontaï, quelle femme ! Et quel destin !

    Aristocrate russe, elle rejette très tôt son milieu, son pays et choisit la révolution et le monde. Révolution de 1905, exil, prison, agitation clandestine, et, en 1917, elle est avec Lénine dans la révolution. Elle fait partie de son premier gouvernement, ministre - commissaire du peuple - alors qu'en Europe les femmes n'accéderont, et rarement, à la fonction de ministre qu'après la Seconde Guerre mondiale. Puis, cinq ans plus tard, première femme ambassadeur que l'histoire ait connue.

    Mais Alexandra Kollontaï, qui parle plusieurs langues, remarquable oratrice, sera aussi un tribun célèbre, s'adressant avec facilité aux ouvriers américains, aux socialistes allemands, aux marins révoltés de Kronstadt ou aux femmes musulmanes de l'Asie centrale, partout électrisant les auditoires fascinés.

    Kollontaï est aussi une féministe passionnée, théoricienne de l'amour libre, combattant pour l'émancipation et les droits des femmes. Et encore une amoureuse dont les amours tumultueuses choquent Lénine, ce qui ne l'empêche pas d'être une mère attentive à son fils.

    Autre Kollontaï, l'écrivain dont les écrits politiques, les romans, le journal tenu tout au long d'une vie constituent une oeuvre remarquable dont la qualité littéraire est unanimement reconnue.

    Cette existence multiforme, si dense n'a pas empêché Alexandra Kollontaï de s'imposer à l'attention de ses contemporains par sa beauté inaltérable et une élégance constante, saluée toujours par la presse qui la présenta comme un modèle, préfigurant ainsi les « icones » médiatiques du XXe siècle.

    Enfin, et ce n'est pas le moindre de ses exploits, Alexandra Kollontaï sortit victorieuse de la folie destructrice de Staline. Alors que Staline déshonora et extermina toute la vieille garde bolchevique, Kollontaï échappa au sort tragique de tous ses camarades de combat et vécut, indemne et active, à quelques mois près, aussi longtemps que Staline.

    Pour retracer ce destin incroyable et comprendre cette personnalité hors du commun et le demi-siècle qu'elle aura marqué, l'auteur a rassemblé une documentation considérable - archives, écrits de Kollontaï, mémoires de bolcheviks présents à l'époque - et des études historiques qui y sont consacrées.

  • Emmanuel d'Astier : la conversion d'un résistant Nouv.

  • Honoré du titre de " Père du peuple " par ses sujets, hissé par les hommes des Lumières sur le même piédestal qu'Henri IV, Louis XII perdra tout son prestige au XIXe siècle sous la plume méprisante de Michelet, et son souvenir ne s'en relèvera pas; la mémoire collective et les historiens finiront même presque par l'oublier, en dépit de la durée relativement longue de son règne (1498-1515).

    Sait-on aujourd'hui qu'avant de subir des défaites en Italie _ on ne retient qu'elles _, Louis XII fut considéré par les rois d'Europe comme le plus puissant d'entre eux; qu'excepté Napoléon jamais souverain français n'a contrôlé _ brièvement, certes _ autant de territoires que luioe Sait-on aussi qu'une exceptionnelle période de stabilité politique, de modération fiscale, d'efficacité administrative, d'expansion économique, d'ouverture résolue aux courants intellectuels et artistiques les plus novateurs ont permis au royaume et à ses habitants d'entrer de plain-pied dans ce que l'on nomme la " Renaissance "oe Pour tout dire, serait-il légitime de privilégier l'énigmatique Louis XI, le trop jeune Charles VIII (qui l'ont précédé) ou le flamboyant François Ier (qui l'a suivi) et de négliger cette large terra incognita qui les séparait jusqu'à présentoe Professeur à l'université de Paris VIII-Saint-Denis, Bernard Quilliet, docteur ès Lettres, est l'un des meilleurs spécialistes actuels du XVIe siècle en France et en Europe. Il a publié, outre une thèse d'histoire sociale sur les officiers de la prévôté et vicomté de Paris au XVe et XVIe siècle, une biographie de Christine de Suède (1982), un essai d'histoire-fiction, La Véritable Histoire de France (1983) et a collaboré à l'Histoire de la France urbaine.

  • Émilie de Beauharnais, née en 1781, est la nièce - presque la fille adoptive - de l'impératrice Joséphine. Grande et jolie, elle a dix-sept ans quand Bonaparte, sans lui demander son avis, la donne en mariage à son fidèle aide de camp, Antoine de Lavalette, pour le remercier des services qu'il lui a rendus pendant la campagne d'Italie.

    Lorsqu'en 1815, il est condamné à mort, avec les autres opposants à Louis XVIII, Émilie imaginera et mènera à bien une spectaculaire évasion. Elle refuse de rejoindre son mari en exil. En détruisant des archives qu'elle voulait soustraire à la police, elle a découvert les aventures extraconjugales de son époux. Elle tombe amoureuse de celui qui la soignait : Guillaume Dupuytren, sans doute le chirurgien le plus célèbre de son époque.

    En marge de cette histoire d'amour au parfum de scandale qui a défrayé la chronique du temps, apparaît un étonnant mystère de trésor disparu. Lavalette a écrit, dans ses Mémoires, que l'Empereur, en 1812, avant la campagne de Russie, lui avait demandé de cacher dans son château de La Verrière, près de Rambouillet, une véritable fortune : un million six cent mille francs-or. Une partie de cette somme fut confiée à Eugène de Beauharnais avant les Cent Jours.
    Mais qu'advint-il du reste ? Y avait-il un lien entre la relation amoureuse du couple Émilie-Guillaume et la disparition du trésor ? Véritable casse-tête pour le policier Martin Varennes, jeune commissaire pugnace et intelligent chargé de l'enquête... et passionnante énigme pour le romancier.
    Gilbert Schlogel, chirurgien, se consacre à présent à l'écriture. Il est l'auteur, entre autres, de Les Princes du sang, de mort d'un médecin, de Victoire ou la douleur des femmes - dont l'adaptation télévisuelle a connu un très grand succès ; il a été lauréat du Prix du Quai des Orfèvres pour Rage de flic (1995)

  • L'Auteur :
    Directeur de la fondation Napoléon, Thierry Lentz est l'auteur de nombreuses études savantes sur Napoléon et sur l'Empire, en particulier Le Grand Consulat (Fayard, 1999).

    PAR LE PLUS REMARQUABLE DES NOUVEAUX HISTORIENS DE L'EMPIRE, LA BIOGRAPHIE DE L'UNE DES FIGURES LES PLUS NOIRES DE LA PERIODE NAPOLEONIENNE.

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