Editions Du Typhon

  • Après une énième dispute avec son père - un universitaire à la vie austère, Jeremy fugue et arpente un Londres ravagé par les bombardements nazis. Seul et fauché, révolté contre un monde qu'il juge étriqué, il survit grâce à sa passion pour la musique.

    Vissé à son piano dans un bar enfumé, Jeremy réchauffe les nuits glacées des êtres brisés tout en rêvant de devenir un grand pianiste. Un soir, il fait la connaissance de Percy, un jazzman noir américain. Un rencontre qui bouleverse son existence... mais cette existence sera-t-elle comprise par son père pétri de certitude ?

    Mené sur un rythme trépidant qui épouse la sensualité du jazz, ce roman interroge les tensions générationnelles avec un regard perçant et serein. Si chaque génération semble toujours perdue aux yeux de la précédente, une trêve est possible quand les pères et les fils reconnaissent qu'ils portent en eux un peu de la souffrance de l'autre.

  • « Je sais que la plupart de mes chefs n'ont jamais voulu voir en moi qu'un nègre, qu'un sale nègre qu'il fallait tenir à l'écart, briser, humilier ; qu'un sale nègre indigne du moindre avancement et, malgré sa tenue, ou peut-être à cause d'elle, de toute considération.?» Au lendemain de la Première Guerre mondiale, un jeune homme embarque sur un paquebot pour Dakar. Il laisse à Bordeaux la femme qu'il aime et dont il est aimé. Alors pourquoi tient-il à la fuir ? Parce qu'elle est blanche et que Jean est noir. La haine déclenchée par sa couleur de peau, il y répond en s'autodétruisant. Blessé par le rejet dont il souffre et par la fascination idiote que sa différence exerce, Jean s'apprête à gâcher sa vie. Pour aimer, il faudrait qu'il s'aime un peu. Mais parviendra-t-il à se délivrer du complexe qui l'étouffe ?

  • Il n´y a qu´une ville à la taille de l´énergie de Doris : Berlin ! Fuyant la ville moyenne où elle végète, Doris, séduisante et séductrice, part à la conquête de la Babylone des années 30. Un objectif en tête : devenir une vedette. Elle plonge alors dans un univers éclatant et éclaté : le champagne coule à flot comme les êtres à pic dans la misère. Artistes, mondains, miséreux se lancent à corps perdu dans un dernier tour de piste avant le désastre qui s´annonce en Europe. Ne pouvant compter que sur elle-même, Doris va tout vivre au risque d´être emportée par ce torrent. Texte féministe avant l´heure, Irmgard Keun crée un personnage qui résiste à toute assignation.

  • Difficile de ne pas frissonner dans la bourgade anglaise de Middenshot. Quand le vent cesse enfin de hurler, c´est le tumulte intérieur qui prend le relai. Depuis son accident, quelque chose s´est brisé en Mr. Jarrow. Sa femme aimante et bien vivante, il s´est convaincu qu´elle était morte, alors il ne s´adresse à elle que lors de séances de spiritisme. Sa fille, en passe de devenir vieille fille, supporte toutes ses manies en se berçant d´illusions sur les intentions de son voisin : Mr. Holme. Or ce dernier sous ses allures de gentleman a des désirs bien dévorants. Et ce monde déjà bancal est menacé : un tueur fou rode à Middenshot. Pour lui échapper, il faudra aux personnages s´aventurer au-delà du bien et du mal. Êtes-vous prêts à les suivre ? Edgar Mittelholzer invente un ton inédit de comédie noire. Tout y est terrifiant et tout y est amusant. Cet impossible équilibre n´a guère d´équivalent à part chez les frères Cohen.

  • La réédition d´un bijou d´humour noir du dissident russe Andreï Siniavski, préfacé par son fils, l´écrivain Iegor Gran. Réussissant tout ce qu´il rate, André-la-Poisse ne porte pas son nom par hasard. La fée qui s´était penchée sur son berceau l´avait pourtant prédit : il aura tous les talents, sauf celui de savoir s´en servir. Alors à défaut d´une vie facile, c´est une existence trépidante qui s´offre à lui. Avec la fantaisie d´ETA Hoffmann, d´un réalisme satirique à la Mikhaël Boulgakov, Andreï Siniavski malmène son héros en l´affublant d´une malédiction : la malchance. Drôlement cruel, le roman transforme, d´une plume acérée, un destin poisseux en leçon de liberté. Poussant de saillie et en saillie, ce grand petit livre fait ainsi un bras d´honneur à la fatalité.

  • Sur le plateau d´une île règne une fragile harmonie dans un village isolé. L´arrivée d´un puissant cyclone confronte ses habitants à une nature indifférente et dévorante. Survivre tient du hasard, de la chance ou de l´exploit. Mais qu´en sera-t-il après la tempête ? Les passions sauront-elles s´apaiser ? Ou au contraire est-ce que le cataclysme s´invitera dans les âmes en réveillant en l´homme sa soif de destruction ? Dans une langue virevoltante, André Masson crée un monde qu´il regarde s´effondrer.
    Décrivant le déchaînement des éléments grâce à une écriture saisissante, l´auteur emmène le lecteur assister au combat acharné de l´homme à sa propre survie. Ici, la nature se révèle une menace quand les hommes pensent qu´ils la dominent et non composent avec elle. Cependant un danger plus grand couve en dedans, car du ressentiment à la haine, les passions mauvaises ont la violence des tornades.

  • Le chef Nouv.

    Le chef

    Harry Kressing

    L´arrivée d´un mystérieux et magnétique cuisinier sort la petite ville de Cobb de sa torpeur. Rapidement engagé dans une famille aisée, Conrad charme, fascine, inquiète. Sa cuisine est divine ? ses desseins le sont moins. L´humble serviteur ne goûte pas vraiment sa place. Comble-t-il les sens pour ravir les âmes ?

  • L'étrange feminin

    Collectif

    Fictions inédites de Caroline Audibert, Marie Cosnay, Bérengère Cournut, Clara Dupuis-Morency, Hélène Frappat, Karin Serres rassemblées par Lucie Eple et accompagnées par les paysages décomposés de Jérôme Minard. Six autrices des plus singulières de la littérature française contemporaine s´en vont explorer l´étrange. Six expéditions qui bousculent et métamorphosent le réel pour s´en émanciper. Six voyages à travers l´envoutement du féminin, de la nature et de la création. Six immersions dans les mystères du monde et de l´intime. Six aventures épousant les reflets profonds de l´ombre. Six expériences comme autant d´incantations pour l´obscurité, la sorcellerie et la littérature. Ce morceau de nuit qui a toujours une longueur d´avance.

  • Il était une fois un conte obscurci, englouti par un océan de ténèbres, qui gisait tout au fond du foyer des histoires, étouffé en secret sous le gris de la cendre.

    Dans un pays lointain, la jeune Eugénie est mariée de force au mystérieux Roi Barbiche par son père. Commence alors pour elle un voyage aux confins du monde qui l'entrainera dans un château rempli de noirceur.

    Pensé à la fois comme une relecture de Barbe-bleue, une réponse littéraire aux contes précieux du XVIIIe siècle et aux romans magiques d'Angela Carter, "Le chien noir" s'inscrit dans une histoire féminine de la littérature. Celle d'Anaïs Nin, de Mary Webb, en passant par les soeurs Brontë?

  • « Nous voudrions te proposer quelque chose. Au nom de tous les camarades... Que, ce soir, tu te fasses brûler devant l'immeuble du comité central du Parti ».

    Quand le personnage principal, un écrivain en panne d'inspiration aussi bien dans ses livres que dans sa vie, reçoit cette proposition, il décide d'y réfléchir sérieusement.
    Le non-sens n'étonne plus personne dans la Pologne communiste des années 1970, car l'absurde est le lot du quotidien des dépossédés. Dans la morosité d'un pays saigné par une oligarchie où règnent les arrestations arbitraires, une bonne journée consiste à faire passer le temps entre deux cuites.
    Mourir pour une cause perdue d'avance va réveiller le goût de ce qui brûle chez cet homme asséché par les compromissions. Durant la journée qu'il prend pour se décider, il plonge dans les méandres de Varsovie. Lors de situations kafkaïennes, ses anciens amis, rivaux, amantes l'accompagnent sur son chemin de croix. Ces rencontres le mènent au coeur d'un monde qui sombre et le confrontent à une dernière tentation : céder à l'abîme.

  • En se rendant en Normandie pour illustrer un reportage sur les traces du débarquement allié, Markus trouve l´occasion attendue de fuir Hambourg où la disparition d´Ira le hante. Dans ce voyage, le fils de sa soeur décédée l´accompagne. En traversant l´Europe, tous deux tentent de s´apprivoiser avant d´atteindre un hôtel quasi désert en bord de mer et du monde. Au milieu de ces paysages marqués par l´Histoire, Markus devra-t-il se dépouiller de tout pour mettre fin à la nuit ? Plus jamais nuit est un roman qui passe de l´ombre à la lumière. Son titre est un souhait, celui de s´extraire des souffrances du passé pour s´autoriser enfin un avenir lumineux. Dans ce texte charnel à l´écriture limpide et apaisée, Mirko Bonné sonde la capacité des êtres à se reconstruire après une catastrophe.

  • Auteur phare de la littérature allemande, Wolfgang Koeppen signe avec La mort à Rome, un roman polyphonique, nerveux et troublant. Après ce texte, que son plus grand défenseur, le critique Marcel Reich-Ranicki considère comme le sommet de sa carrière, il n'écrira plus de fictions ; sans doute à cause du sentiment d'éloignement qu'il ressentait vis-à-vis de son propre peuple.
    L'auteur dresse le portrait d'une famille allemande en exil à Rome après la Seconde guerre mondiale : Siegfried Plaffrath, jeune compositeur, est en Italie pour assister à la première de sa symphonie organisée par le couple Kürenberg. Dans cette Rome en ruine, Siegfried désespère et ne sait comment aménager son errance, lui qui est issu d'une famille qui s'est compromise pendant la guerre. Il culpabilise et rejette son passé comme son avenir.
    À Rome, il va croiser les membres de sa famille, ses parents - les Plaffrath, nationaux- allemands bon teint, ralliés pour la forme au régime de Bonn mais qui déplorent, en privé, les concessions qu'il a fallu faire à la démocratie occidentale -, son cousin qui cherche à devenir prêtre et surtout, l'oncle terrible, l'ancien dirigeant nazi, Gottlieb Judejahn. Criminel de guerre réfugié dans un pays arabe, il est à Rome pour négocier des contrats d'armements et compte bien revenir s'intégrer en Allemagne à laquelle il s'identifie et qui continue à le reconnaître comme l'un des siens, à l'image des parents de Siegfried, toujours solidaire de l'oncle nazi.
    Dans La mort à Rome, Wolfgang Koeppen sonde les tourments de la société allemande d'après-guerre en confrontant la génération des nazis impénitents à la suivante dans la ville des Césars, de Mussolini, de la mythologie antique et de la Chrétienté.

  • Hurry on down

    John Wain

    Dans l´Angleterre des années 50, Charles Lumley tente de fuir le destin tout tracé que lui offre la société d´après-guerre. Jeune diplômé d´une banale fac d´histoire, comment aspirer à une autre vie que celle, bien étroite, que lui impose son milieu social ? Une remarque fortuite entendue dans un pub l´entraine dans une aventure picaresque où il deviendra laveur de carreaux, trafiquant de drogue, chauffeur de voiture. tout en essayant de trouver un sens à son existence. Sous son apparence comique et rocambolesque, ""Hurry on down"" est un roman puissant qui clame haut et fort le désir d´émancipation d´une génération contre une société qui ne veut pas d´elle.

  • Pour s'évader de sa morne existence, Billy Fischer s'invente un monde imaginaire, ne prend rien au sérieux, frise le scandaleux, ment à ses copines, raconte qu'il va partir à Londres travailler pour un célèbre humoriste...
    Employé dans une entreprise de pompes funèbres, il rêve continuellement d'être ailleurs et s'empêtre dans des mensonges de plus en plus compliqués à gérer. Il lui suffit d'une journée dans cette petite ville du nord de l'Angleterre pour voir son monde s'effondrer.
    Billy le menteur est le portrait d'un jeune mythomane qui rêve d'une vie plus intense pour ne pas céder à la platitude de l'âge adulte. Ce texte comique, qui ressemble à une faste farce s'effrite peu à peu pour laisser place une anxiété plus profonde : comment devenir enfin celui que l'on a toujours prétendu être ?
    Best-seller en Angleterre, Billy le menteur a été adapté au théâtre, à la télévision et au cinéma en 1963 par John Schlesinger avec Tom Courtenay et Julie Christie.

  • Eltonsbrody

    Edgar Mittelholzer

    Quand le jeune peintre anglais Woodsley débarque sur l'île de la Barbade et ne trouve aucun logement libre, il est accueilli à Eltonsbrody : une vaste demeure tenue par Dahlia Scaife entourée par la mer et les champs de canne à sucre.
    Dans ce décor sublime où la végétation abonde, où le vent ne cesse de frapper les casuarinas, où les vagues éclatent inlassablement sur les falaises, Woodsley voit peu à peu ses certitudes vaciller. Est-ce à cause de l'étrange personnalité de Mrs Scaife ? Ou bien, de ces chambres constamment fermées d'où émane une diffuse sensation d'effroi ?
    Eltonsbrody use des codes du roman gothique pour questionner le basculement des individus vers la folie. Un roman captivant qui plonge le lecteur dans une histoire terrifiante.

  • Une chambre au soleil Nouv.

    Enfant de la classe ouvrière, Joe a une idée fixe : ne plus être cet homme de la rue que la société écrase. Fuyant sa ville natale frappée par la crise, il s'installe dans une ville prospère où il entend se forger un destin. Luttant contre le mépris de classe avec pour seul atout son charme et sa jeunesse, il séduit si bien les êtres qu'il risque de les briser. Pour enfin obtenir une chambre au soleil, vira-t-il en énième dominant docile d'un système qu'il hait et qui n'en pense pas moins de lui ? Transposition de Bel-ami dans l'Angleterre des années 1950, Une chambre au soleil jette une lumière crue sur une fable : celle qui fait de la conquête de la société le seul horizon du bonheur des pauvres. Et John Braine nous bouleverse par son antihéros : un personnage déchiré entre un trop plein d'aigreur et de douceur dans une société qu'il méprise tout en cherchant désespérément à lui plaire.

  • Zogru Nouv.

    Zogru

    Rusti Doina

    Venu du fin des âges, Zogru est un spectre qui s'empare des êtres non pour les dominer mais pour les révéler à eux-mêmes. Du monde médiéval roumain du seigneur Dracula à la Roumanie contemporaine, en passant par l'ère communiste, le récit suit les différentes possessions de Zogru. Entre un virus et un vampire, Zogru s'invite d'être en être, en intensifiant leur existence. L'hôte visité acquiert des pouvoirs inédits : il prend confiance en lui, sa sensibilité est accrue et son intelligence se réveille. Zogru bouleverse l'édifice solide, mais aliénant d'individus qui avaient renoncé à tout remuer, à commencer par eux-mêmes. Et d'hôte en hôte, Zogru apprend à aimer la fragilité des hommes. Composé d'aventures où l'humour, l'ironie, les saillies tiennent une place centrale, ce roman permet à une galerie d'antihéros de vivre ce qu'ils s'interdisaient. Ainsi, avec Zogru, le mal est libérateur !

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