Andrea Zanzotto

  • Venise, peut-etre

    Andrea Zanzotto

    • Nous
    • 6 Mai 2021

    Venise, peut-être recueille les textes qu'Andrea Zanzotto a consacrés à Venise et à la Vénétie. Mais il s'agit d'une autre Venise, peut-être : à la fois vue de très près et comme vue du ciel, prise dans un cadre plus vaste - une ville reliée, inscrite dans le temps intime et historique, dans la matière et dans l'espace. Venise n'est pas un joyau détaché, elle doit s'approcher de l'extérieur, ne se comprend qu'à travers sa lagune et son ancrage dans sa région, la Vénétie, site de terribles batailles de la première guerre mondiale et, plus tard, haut lieu de la lutte partisane. Venise, peut-être témoigne d'une certaine idée de l'écologie, du paysage et de l'habitation, où l'homme et la nature interagissent et se confrontent, où ville et nature sont le lieu d'une passion et d'un combat intimes et politiques.

    La ville entière a tenu ses temps resserrés contre elle, comme les pièces d'une marqueterie : fruit et ver, bave lumineuse et scories, puanteur chaque fois changée en parfum : comme un point d'absurdité dans le présent.

  •     Si Le Galaté au bois, premier volet de la trilogie d'Andrea Zanzotto,
    prenait pour thème un sud matérialisé par les bois sombres et feuillus du
    Montello semés de riches traces historiques, Phosphènes, le second pan du
    dessein trinitaire, campe, pour sa part, un nord peu ou pas historicisé,
    fortement minéralisé, inclinant au blanc enneigé, givré ou glacé. Dans cet
    univers comme surexposé, de réfractions en diffractions, la lumière est au
    surcroît. Une foule de scintillements se propagent de place en place, la parole
    s'émiette en une multitude de bribes tantôt abstraites tantôt concrètes où les
    effets de vérité et les épiphanies - Eurosie qui protège de la grêle et Lúcia
    porteuse de clarté au plus sombre de l'hiver - se bousculent. Cet univers
    transi et congelé se révèle toutefois réversible car, invisibles, des lacs
    peuvent se former sous les glaciers les plus hostiles, la lumière ricocher sur
    les surfaces blêmes. Un jeu d'oppositions contradictoires, mimant d'une
    certaine façon le silence et le cri, se fraye alors la voie. Le couple
    conflictuel et finalement complice du carbone et de la silice, susceptible de
    se changer en silicium, se fraye la voie. Une recomposition des minuscules
    signes éblouis, aveuglés explose alors en une pulvérulence de phosphènes
    proches et lointains, intérieurs et extérieurs, impersonnels ou privés. Des
    gisements de souvenirs fossilisés ou enfouis épars réaffleurent à mi-chemin du
    sens et du non-sense sur une page virginale mimant tous les jeux du
    recommencement. Là le moi et le monde se superposent sans se confondre pour
    parler ensemble et l'un de l'autre, l'un a travers l'autre, comme dans la
    transparence d'un prisme cristallin faceté. Un miracle synesthésique et
    anagrammatique devient alors tangible, la conquête d'une apaisante lumière
    dorée apaisante procédant d'une temporalité au futur antérieur devient
    finalement tangible. Andrea Zanzotto (Pieve di Soligo, 1921) est issu de
    l'hérmétisme. Il s'en éloigne dès Vocativo (1957). Une ironie insistante vient
    bouleverser le bel ordonnancement des images. À compter de IX Ecloghe (1962),
    il va s'attacher à explorer les plans de clivage de la tradition à travers le
    chant amébée. La Beauté (1968, Maurice Nadeau, 2000) constitue un premier
    aboutissement. Pâques (1973) s'ouvre notamment à la picturalité de la page et
    La Veillée (1976) s'abandonne à la poésie dialectale. Toutes ces découvertes
    confluent bientôt dans une trilogie récapitulative : Le Galaté au bois (1978,
    Arcane 17, 1986), Phosphènes (1983), Idiome (1986, José Corti, 2006). Météo
    (Maurice Nadeau, 2002). Andrea Zanzotto a également donné un recueil de
    nouvelles, Dans la brûlante chaleur (Maurice Nadeau, 1997) et de nombreux
    essais publiés par José Corti sous le titre d'Essais critiques (2006). Son
    dernier ouvrage s'intitule Surimpressions (2001).

  • Les pâques

    Andrea Zanzotto

    • Nous
    • 7 Juin 1999

    Le poète italien le plus intense.
    Depuis montale. pasolini et fellini, entre autres, l'ont célébré. depuis son village de vénétie, c'est son intimité, la nature, l'enfance, la culture populaire ou savante, et le quotidien malmené par l'histoire, qui fusent en un tourbillon de styles, du terrible au comique. une poésie complexe parce que dynamique, et entraînante.

  • Idiome

    Andrea Zanzotto

    • Corti
    • 24 Mai 2006

    Idiome constitue le troisième volet de la trilogie du poète entamée avec Le Galaté au bois et
    continuée avec Phosphènes. Le premier plan s'articulait autour de l'opposition nature/culture à
    travers les métaphores de la forêt et des règles de bienséance posant du même coup un sud aux
    riches sédiments historiques ; le second reconduisait l'espace du dedans de tradition pétrarquiste
    assigné à un nord peu effleuré par l'histoire à travers les images du gel et de la liquéfaction.
    Idiome, dernier segment du dessein trinitaire s'articule autour du bourg natal de l'auteur, Pieve di
    Soligo, et prend pour thème ce mouvement de longue durée qui édifie la langue entre érosion et
    germination, d'idioties (son niveau le plus bas) en idiomatisme (son niveau le plus haut). On peut
    entamer la lecture de l'ensemble par n'importe quel bout. Sans hiérarchie aucune, des poèmes
    écrits en italien et des poèmes en dialecte haut-trévisan se succèdent sur la page évoluant à des
    niveaux de littérarité diffé-rents : du plus humble au plus recherché. Il y est question des petits
    métiers d'autrefois, de la résistance aux troupes nazies, de personnages pittoresques, des
    attentats des années de plomb mais également des espaces sidéraux difficilement imaginables car
    plusieurs niveaux de réalité, attestés par différents niveaux de langages, se chevauchent. Entre
    personnification, et abstraction, le recueil fourmille, vibrionne de tableautins et de silhouettes
    contradictoires d'hier et d'aujourd'hui. Est ainsi décrit le mouvement destructeur et généalogique
    qui ensevelit et met bas les langues et langages de poncifs éculés en hapax hardis.

  • La Beltà est le recueil central du poète vénitien, le point d'aboutissement de ses recherches verbales.
    Andrea Zanzotto met à contribution Virgile, Hölderlin, mais aussi des onomatopées et le babil des enfants (appelé pétel en vénitien).
    Ses vers sont empreints d'une grande fraîcheur et d'une exquise délicatesse, noués autour du thème de la beauté féminine et artistique.
    Il parvient à rajeunir et revigorer le discours poétique d'une façon aussi douce que surprenante.

  • Tout au long de sa vie, comme Pier Paolo Pasolini, Eugenio Montale ou Italo Calvino, Andrea
    Zanzotto a multiplié les essais critiques sur des auteurs étrangers ou italiens ressentis comme
    proches : Michel Leiris, Henri Michaux, Antonin Artaud, Fernando Pessoa, Joseph Conrad, Félix
    Guattari, Gilles Deleuze, Jacques Lacan, Giuseppe Ungaretti, Giacomo Leopardi, Umberto Saba, la
    science-fiction, etc. Loin de tout académisme, le poète y reconnaît le noyau spécifique de chaque
    oeuvre prise en compte. D'une acuité et d'une originalité étonnante, le point de vue du poète
    surprend par la justesse de son propos, la richesse de son information, l'étendue de sa curiosité et
    son encyclopédisme. Dans ces essais, nous pouvons également, parfois, identifier des déclarations
    de poétique transversales. Ces réflexions ont aidé à la réalisation de l'oeuvre poétique du poète
    italien. Au-delà, dans l'affligeante insuffisance des outils critiques disponibles sur la littérature et la
    poésie italiennes, cet ensemble constitue un précieux viatique pour le lecteur français soucieux
    d'approcher cette tradition.

  • Météo

    Andrea Zanzotto

    D'Andrea Zanzotto, l'un des grands poètes italiens contemporains, paraît ce nouveau recueil, en édition bilingue, publié en Italie en 1996.
    Parmi les titres publiés en France, signalons chez Maurice Nadeau, traduits par Philippe Di Meo, Du paysage à l'idiome, anthologie poétique 19511986, (1994), Au-delà de la brûlante chaleur, récits et prose (1997), La Beauté/La Baltà (2000).

  • Vocatif publié en 1957 restait inédit en français. Sa publication permet de mieux saisir toute l'évolution du langage poétique de son auteur.
    Surimpressions est le dernier recueil de poésie d'Andrea Zanzotto publié en Italie en 2001. Formé de trois sections « Vers les Paluds », « Chansonnettes hirsutes » et « Aventures métamorphiques du fief », Zanzotto y peint avec une puissance expressive peu commune la destruction du paysage et ses réminiscences de la Résistance en Vénétie.. Passant du mutisme relatif à la parole proliférante, l'auteur combine toutes les formes italiennes et dialectales de poésie, dans une oeuvre originale sans pareil.

  • Vers, dans le paysage (Corot) Nouv.

    Si, à côté de sa poésie, Andrea Zanzotto nous a nous a légué une oeuvre critique particulièrement abondante, il n'a pour ainsi dire jamais écrit sur des artistes. C'est, peut-être, que fils d'un peintre, pour des raisons bien compréhensibles, il était pour lui difficile de se mesurer avec ce genre d'écriture.
    Ce « Corot » est donc une exception majeure qui a elle seule en souligne toute l'importance. Car dans le même temps, cette analytique prose n'est, de surcroît, pas fortuite ni même inattendue chez un poète qui a fait du paysage l'un des signifiants majeurs de sa poésie. Souvenons-nous : son premier recueil ne s'intitulait-il pas « Derrière le paysage » (1951) ?
    Le Corot de Zanzotto est ce peintre qui traite des arbres comme autant de personnages vivants pour exalter le sentiment de vie de la nature, comme par exemple dans « Souvenir de Mortefontaine ». Et, cela, au moment même où dans la peinture impressionniste le personnage était bien près de perdre peu à peu de son aura pour bientôt se changer en évanescente silhouette.
    Pour le poète de Vénétie, toujours en suspens, jamais passible d'une définition totalisante, une certaine idée du paysage se pose depuis longtemps comme l'horizon ouvert de toute activité psychique.
    Pour lui, elle est surtout « issue de la peinture », justement. Ne demeure-t-elle pas l'« épiphanie » la « plus appropriée » de la « nature. » Le « paysage » de Corot se révèle comme une tentative humaine de saisir, fût-ce l'espace d'un instant, le rapport avec une vérité potentiellement globale où l'origine de la nature et l'origine du moi se rencontrent. Le tout sous-entendant une « vision-idée » : celle du paysage tel qu'il a été, pour l'essentiel, médié par la peinture.
    De sorte qu'au-delà de la fine reconnaissance critique de l'oeuvre de Corot, cet écrit nous permet de cerner au plus près la poétique d'Andrea Zanzotto.

  • Haïkus for a season / per una stagione / pour une saison Nouv.

    Tout d'abord, cette publication s'inscrit dans un esemble prévoyant la publication de quatre ouvrages du grand poète italien Andrea Zanzotto («Le Galaté au bois», «Haïku for a season / per una stagione/ pour une saison», deux courtes proses-essais, «Tentatives d'expérience poétique» & «Vers, dans le paysage [Corot]»). L'ensemble de ces quatre livres de nature variée pourra permettre au lectorat français d'en découvrir ou redécouvrir, et d'en apprécier les différentes facettes. Chacun d'eux est donné à lire par son historique traducteur, Philippe Di Meo, lequel, toujours dans le cadre de ce projet, signerait un cinquième livre, un essai sur l'oeuvre de Zanzotto cette fois, sous le titre provisoire «Du futur antérieur à la généalogie».
    Ce projet s'inscrit en rapport à l'événement qui aura lieu en octobre 2021 où seront «célébrés» l'anniversaire de sa naissance (le 10 octobre 1921) et celui de sa mort (le 18 octobre 2011).
    Les trois ouvrages à paraître en ce mois d'octobre 2021 seraient «Le Galaté au bois», «Haïku for a season / per una stagione/ Haïkus pour une saison» & «Vers, dans le paysage [Corot]».

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