Arkae

  • Le best-seller sorti en 1998 aujourd'hui adapté en bande dessinée.
    Un témoignage exceptionnel pour un destin hors-norme.
    Né dans la misère, Jean-Marie Déguignet sort du rang lorsqu'une abeille cause un accident qui a pour conséquence d'aiguiser sont intelligence.

  • Publiés aux éditions An Here en 1998, Les Mémoires de Jean-Marie Déguignet ont connu un succés d'édition sans précédent en Bretagne depuis Le Cheval d'Orgueil de P.J. Hélias. Arkae vient de publier la XXe édition de l'ouvrage dans son format originel, ouvrage aujourd'hui disponible en anglais, en tchéque, en italien, et traduit partiellement en allemend, en russe et en espagnol. étudié dans de nombreuses universités, le témoignage du « Paysan bas-Breton » est cité dans de nombreux ouvrages d'histoire, de sociologie, de psychologie et de linguistique.
    Ce fils de journalier agricole du fin fond de la Bretagne bretonnante nous a en effet laissé un témoignage exceptionnel sur la société du XIXe siècle. Tour à tour mendiant, vacher, soldat, sergent, cultivateur, assureur, débitant de tabac, miséreux, Déguignet nous apporte une vision décapante de la Bretagne du siècle dernier, mais aussi de l'armée impériale à travers les campagnes de Crimée, d'Italie, d'Algérie et du Mexique. J.-M. Déguignet a perdu la foi lors d'un voyage à Jérusalem ; anticlérical, pourfendeur du conservatisme, de la routine, sensible aux thèses anarchistes et révolutionnaires, il s'est retrouvé en porte-à-faux par rapport à la société de son temps.
    Ce journal d'un écorché vif irrite parfois par ses outrances, mais le propos de l'auteur est incisif, son récit extrêmement alerte, sa vie se lit comme un roman d'aventures. Sa grande qualité est indéniablement la sincérité.

    1834 Naissance à Guengat (29), « Je vins au monde dans de biens tristes conditions. ».
    1844 Mendiant à Ergué-Gabéric, « J'étais si petit. si maigre, si triste que les fermières avaient pitié de moi. ».
    1851 Vacher à Kerfeunteun, « J'avais appris à lire et à écrire sans maître. ».
    1854 Service militaire à Lorient, « Ce milieu où presque personne ne savait lire ou même parler un mot de français. ».
    1855 Guerre de Crimée, « La mitraille qui passait comme grêle au-dessus de nos tètes. ».
    1856 Jérusalem, « Je ne voyais plus les choses avec les yeux de la foi aveuglante et abrutissante. » .
    1859 Guerre d'Italie, « Grande bataille, grande victoire ! signé Napoléon Empereur. ».
    1861 Guerre de Kabylie, « Les Kabyles, comme les Bretons, ne se seront jamais soumis à leurs vainqueurs. ».
    1866 Guerre du Mexique, « Cette ignoble et criminelle intervention. ».
    1868 Cultivateur à Ergué-Armel, « Des compliments tous les jours par les gens qui venaient voir la ferme. ».
    1877 Républicain, « Vive la république ! A bas la calotte ! ».
    1883 Chassé de sa ferme, « Je vous engraisse depuis quinze ans... et vous me chassez ! ».
    1888 Débitant de tabac à Pluguffan, « Le franc-maçon, le républicain rouge, le valet du diable. ».
    1892 Miséreux à Quimper, « Rien que des haillons pour couvrir mon vieux corps meurtri, usé et décharné. ».
    1897 Écrit ses Mémoires, « Cette petite plume qui, dit-on, est parfois plus dangereuse qu'une épée. ».
    1902 Séjour à l'hôpital psychiatrique, « Officiellement exclu de la société, mis au ban des hommes de l'humanité. ».
    1904 Publication à Paris, « J'ai vu mon nom briller au milieu des célébrités littéraires. ».
    1905 Décède face à l'hospice, « Je proteste contre toute intervention des prêtres autour de mon cadavre. ».

  • Publiés en 1998, les Mémoires d'un paysan bas-breton, de Jean-Marie Déguignet ont créé l'événement.
    Plusieurs facteurs expliquent cet extraordinaire succès d'édition : Déguignet parle vrai ; issu des couches les plus pauvres de la paysannerie, il exprime par ses tripes la misère ambiante au XIXe siècle. Déguignet le soldat de Napoléon III apporte un témoignage unique sur quatre campagnes du Second Empire : la Crimée, l'Italie, la Kabylie et le Mexique. Autodidacte, anticlérical et républicain convaincu, il se forge une pensée libre dans une société qui hésite entre empire, monarchie et république. Les Mémoires d'un paysan bas-breton ne contiennent que la partie dynamique de son existence, soit 40 % de Histoire de ma vie, écrit entre 1898 et 1905. Dans cette édition complète du manuscrit de 2584 pages, on trouvera le texte de cette précédente édition complété de l'ensemble de ses réflexions sur la société de son temps et surtout l'évocation des grands dossiers de l'époque : l'affaire Dreyfus, le scandale de Panama, la politique anticléricale de Combes. Le ton extrêmement virulent de Jean-Marie Déguignet rappelle le temps où la liberté d'expression était une conquête nouvelle et où le politiquement correct n'existait pas.

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