Michel Wieviorka

  • Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, s'est inquiétée en février 2021 de l' « islamo-gauchisme » qui, selon elle, « gangrène » les Universités. Ses déclarations ont suscité émotion et colère parmi les universitaires, qui ont signé en grand nombre une pétition demandant sa démission. La ministre a demandé dans le même contexte une « enquête au sens sociologique du terme », un « état des lieux », un « bilan de l'ensemble des recherches » sur « l'ensemble des radicalités qui traversent notre société » - au risque d'alimenter les passions, mais aussi le climat néo-maccarthyste et les menaces pesant sur les libertés académiques.
    D'où ce rapport, qui ne s'arrête ni aux propos confus et mal informés de la ministre, ni aux réactions qu'ils ont entraînées. Il traite du fond, et apporte de quoi alimenter la réflexion par des éléments relatifs au racisme, à l'antisémitisme et à l'antiracisme tels qu'ils sont abordés par la recherche, non sans tensions ni dérives.
    Un pamphlet brûlant et qui vient éclairer les divisons qui agitent le monde universitaire comme le montre la mise sous protection policière de trois enseignants de Grenoble.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Pourquoi les Juifs sont-ils l'objet d'une haine particulière ? Quand l'antisémitisme est-il apparu ? Est-ce une forme du racisme ?
    Qui sont les " Sages de Sion " ? Ont-ils existé et comploté ? Pourquoi Hitler détestait-il les Juifs ?
    Comment l'antisémitisme a-t-il pu renaître après le génocide des Juifs ? Nier le génocide, est-ce être antisémite ?
    Les Juifs ont-ils le monopole historique de la souffrance ? Existe-t-il un business de la Shoah?
    Pourquoi une partie des jeunes issus de l'immigration sont-ils séduits par des discours antisémites ?
    A-t-on le droit de critiquer Israël ? L'antisionisme ou le soutien à la Palestine, est-ce de l'antisémitisme ?
    Ce petit livre n'hésite pas à poser les questions les plus dérangeantes. Il démonte avec clarté et tranquillité les idées fausses, les pièges et les théories du complot.

  • Déclin des systèmes et des partis classiques, mise en cause de la représentation politique, montée du populisme et des nationalismes, emprise des fake news, tentation de la violence... : force est de constater la fragilité, aujourd'hui, de la démocratie. Alors que soufflent les vents mauvais de l'extrémisme, de l'autoritarisme, du racisme, de l'antisémitisme, du terrorisme, comment défendre ce bien commun qui nous semblait acquis mais ne l'est pas ?
    Face à ces maux qui minent nos sociétés et qu'il décrypte en profondeur, Michel Wieviorka interroge la place et le rôle des sciences humaines et sociales. Il y invite le meilleur de sa discipline - la raison, la connaissance de l'histoire, l'imagination sociologique, l'esprit critique - à se mettre (se remettre ?) au service de l'idéal démocratique.
    Pour une démocratie de combat est un ouvrage pionnier qui conjugue une orientation authentiquement citoyenne, des propositions théoriques et méthodologiques exigeantes et des pistes concrètes pour une démocratie vivante et active. Indispensable en ces temps de perte de repères, de fureur et de démoralisation : à coup sûr un livre de référence.

  • Ce livre est issu de la conférence tenue le 10 décembre 2018 au conseil départemental de la haute Garonne dans le cadre des Rencontres de la Laïcité.
    Il reprendra le texte liminaire du président Georges Méric, ainsi que la retranscription amendée sur la forme, des questions et interventions de la salle à l'issue de la prise de parole de Michel Wieviorka.
    La conférence, synthétisée par l'auteur en un texte compact et éclairant, porte sur différents points relatifs aux populismes en Europe.
    Après un court rappel sémantique et historique sur les populismes, Michel Wieviorka décrit et analyse la situation en Europe, différencie les populismes de l'Europe de l'Est de ceux en croissance à l'Ouest, pour finalement amener le lecteur sur une analyse des néo populismes, émanant autant d'extrême droite que d'extrême gauche, bâtis sur une société en crise morale et politique. Exclusion, xénophobie, préférence nationale pour certains, euroscepticisme, idéalisation de la lutte des classes et manichéisme pour d'autres, les populismes croissent et parfois, comme en Italie, convergent, au plus grand péril de la République et du vivre ensemble. Ce livre éclaire des concepts parfois utilisés sans aucune référence et, en prenant le soin de comparer, donne au lecteur les clefs pour se forger une opinion indépendante.

  • Le Front national était extrémiste à la naissance : jusqu'à quel point l'est-il encore ? Il est généralement tenu pour populiste : mérite-t-il pleinement cet étiquetage ? Capable de parler avec un certain succès au nom des « oubliés » et des « invisibles » et ainsi de se référer à des figures sociales, le FN n'est pas seulement une force nationaliste. Porté par la hantise de l'islam, il semble soucieux de se rapprocher des Juifs, et de s'écarter de son lourd passé antisémite - mais n'est-il pas, ici profondément ambivalent ? Ses succès politiques récents dessinent une carte de France inédite, dans laquelle les villes, et même les « banlieues » dites « difficiles » prennent leur distance avec ce parti, tandis que des pans entiers de son électorat résident aujourd'hui dans des zones périurbaines : cette tendance est-elle appelée à se renforcer ?

    En retraçant l'histoire de ce parti, l'ouvrage répond entre autres à ces questions en mettant à disposition du lecteur des connaissances précises, documentées et à jour sur le Front national. Et pour comprendre l'installation durable de cette force politique elle-même en changement, il analyse les transformations sociales, politiques, économiques et culturelles de la France.

  • La France est inquiète, et les Français seraient incapables de se projeter vers l'avenir. Le « déclinisme » frappe des pans entiers de la population : qui n'est pas convaincu de la perte d'influence de notre pays, de son impuissance face à la mondialisation, qui croit vraiment que son inclusion dans l'Europe est la réponse ? Qui ignore que les jeunes générations vivront plus mal que les anciennes ? L'idée de progrès a cédé face à celles de la régression, voire de la décadence. Et faute d'avenir, le passé ne fait guère sens tant priment le présent, l'actualité ou le fonctionnement des médias et d'Internet.
    L'ouvrage part de tels constats sans s'y réduire, et encore moins s'y résoudre. Un retour sur la notion d'utopie s'impose alors. Celles du passé, qui ont parfois débouché sur de grands drames, sur des catastrophes totalitaires. Mais aussi celles qui s'inventent aujourd'hui, notamment en matière écologique. De même, la recherche scientifique ouvre des formidables perspectives pour l'avenir, à propos par exemple de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, ou au sujet de l'humanité toute entière, de son histoire et de ses transformations. En même temps, il invite à rompre avec toute idée de sens de l'histoire et de lois générales de la vie collective, pour s'intéresser de plus en plus aux ruptures, aux discontinuités, aux singularités. Le sentiment d'une perte de sens, d'une absence d'avenir est souvent décrit en termes de crise. Crise économique. Crise politique. Crise des institutions, de la famille, de l'École, de l'Église, du système de santé et, au-delà, crise de notre modèle d'intégration républicaine, version française de l'universalisme. Crise de l'Europe, comme projet et comme construction, etc. Sortir de la crise, plutôt que de retourner au stade antérieur et à des fonctionnements un moment mis en difficulté, ne doit-il pas relever d'une tension vers l'avenir ? De l'idée d'une mutation et d'une entrée, certes difficile, dans une ère aux contours encore indéfinis, mais permettant de mettre fin au déclin et de retrouver sens et la confiance, alors que règnent la perte de repères et la méfiance ?
    La prévision et la prospective sont difficiles. Comment penser l'inconnu, prévoir l'imprévisible, ou plus simplement, s'y préparer ? Qu'il s'agisse des institutions, du système politique, de l'Europe, de la démocratie, qu'il s'agisse de retrouver une certaine idée de progrès, d'ébaucher des utopies, de produire des grands récits, nous ne sommes pas pour autant condamnés à l'impuissance ou au pessimisme généralisé. Redonner sens et perspective à l'idée d'avenir : tel est l'enjeu de cet ouvrage.

    Sous la direction de Michel Wieviorka Sommaire PASSE-PRÉSENT-AVENIR - Étienne Klein, (Physicien, directeur de recherches au CEA) Quel avenir pour nos origines ?

    - Jean Bauberot (Historien et sociologue, Président d'honneur de l'EPHE) L'histoire, une projection dans l'avenir ?

    - A Ariel Colonomos (Directeur de recherche au CNRS, CERI, Sciences Po) La politique des oracles - Hervé Le Bras (Directeur d'études à l'EHESS, Chaire « territoires et populations » du collège d'études mondiales) Le futur passé : pourquoi les prévisions démographiques ont échoué ? Pourquoi elles échoueront (sans doute) ?

    - Daniel Innerarity (Directeur de l'Institut de gouvernance démocratique) Après les utopies. Sur la possibilité d'un futur alternatif VIVRE ENSEMBLE QUESTION DE CONFIANCE ?

    - Yann Algan (Professeur d'économie à Sciences Po Paris) Bonheur et Confiance - Marc Fleurbaey (Professeur à l'université de Princeton, membre du Collège d'Études Mondiales) L'utopie démocratique - Philippe Fremeaux (Éditorialiste au magazine Alternatives Économiques) Le défi de la transition écologique - Monique Castillo (Professeur à l'université Paris Est) Crise de confiance et culture européenne - Joël Roman (Philosophe, membre du comité de rédaction d'Esprit) À quoi, à qui faisons-nous confiance ?

    - Alberto Toscano (Journaliste et écrivain italien) L'avenir de l'Italie - Michchel Morineau (Président de la Section Prospective « Bourgogne 2030 » du CESER de Bourgogne) 2030 : Si la Bourgogne m'était « Comté » ?

    CRITIQUES DE LA RAISON TECHNOSCIENTIFIQUE - Jean-Mich el Besnier (Professeur de philosophie à l'Université Paris-Sorbonne, Directeur de l'Équipe de Recherche « Rationalités contemporaines ») L'immortalité, pour en finir avec l'avenir. Fantasmes et programmes technoscientifiques - Françoise Thibault (directrice de programme à la FMSH) L'éternelle utopie numérique - Dominique Leglu (Directrice de la rédaction de Sciences et Avenir) Sous le signe des algorithmes ÉTHIQUE, HUMANISME, DROITS DE L'HOMME - Rony Brauman (Directeur d'études à la fondation Médecins Sans Frontières, professeur associé à Sciences Po Paris) L'avenir de l'humanitaire - Véronique Fournier (Médecin des hôpitaux, Centre d'éthique clinique Hôpital Cochin) Le retour du singulier : utopie ou projet d'avenir ? L'expérience d'éthique clinique.

    - Valentine Zuber (Directeur d'études à l'École pratique des hautes Études) Les droits de l'homme ont-ils un avenir ?


    GÉOPOLITIQUES DE L'AVENIR - Jean-Pierre Dozon (Anthropologue, directeur d'études à l'EHESS) L'Afrique-monde. C'était hier, ce sera demain - Michel Fouch er (Géographe et diplomate) La France : s'ouvrir au Monde - Franckck Galland (Directeur général d'Environmental Emergency & Security Services, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique) Les enjeux stratégiques et sécuritaires liés aux ressources en eau - Jean-Vincent Holeindre (Maître de conférences en science politique à l'Université Paris 2) La guerre a-t-elle un avenir ?

    - Pascal Perrineau (Professeur des Universités à Sciences Po) L'avenir de la politique

  • Michel Wieviorka Neuf leçons de sociologieSociologue, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, et administrateur de la Fondation Maison des sciences de l'Homme, Michel Wieviorka a été président de l'Association internationale de sociologie de 2006 à 2010.
    Il a notamment publié en « Pluriel », La violence et La tentation antisémite ainsi que, chez Robert Laffont, Pour la prochaine gauche.Michel Wieviorka analyse ici la manière dont les changements qui ont profondément affecté notre monde ont rendu obsolètes nos précédentes manières de voir et exigent de nouveaux outils.Il souligne en particulier l'émergence de la figure du sujet dans les sciences sociales : les individus résistent aux objectivations auxquelles on veut les soumettre et cherchent à se réapproprier le sens de leur action.
    Dans le même temps, la globalisation ne se réduit pas à une extension sans frontières d'un modèle économique unique, mais révèle la possibilité de rencontres et de ressources nouvelles pour les acteurs, qui puisent dans un imaginaire transfrontalier.Dès lors, la pensée sociologique doit faire face à une compréhension élargie du social, où les appartenances revendiquées, les mutations culturelles et les réaménagements des mémoires composent de nouveaux ensembles, moins stables et plus mobiles.C'est à explorer ces nouvelles formes de l'être ensemble qu'invite ce livre qui se clôt sur l'examen sans concession des nouvelles fractures que suscite la fragmentation contemporaine : violences, terrorismes et racismes.

  • Peut-on en finir avec l'argent-roi ? Collection Les Entretiens d'Auxerre ? Ces interrogations se nourrissent d'un constat empirique : l'argent est aujourd'hui plus qu'hier caractérisé par sa dématérialisation. Il est devenu numérique, sa circulation est planétaire, instantanée, il est fluide et d'accès universel. Il en devient plus puissant et se déconnecte de toute signification. L'argent est- il nécessairement synonyme de mal, de domination ou d'exploitation, et pas seulement de dérives passagères qui n'appelleraient que des interventions ponctuelles de la part de la puissance publique ? À quelles conditions peut-il fonctionner comme un facteur d'émancipation personnelle, de développement et de liberté individuelle, tout en correspondant à l'intérêt collectif, à la justice sociale, à la régression des inégalités, à l'échelle de la planète ? Faut-il beaucoup attendre de la puissance publique, de l'État, comme si l'argent privé était moins propre que l'argent public, ou, en tout cas, l'argent contrôlé et maîtrisé par l'État ? Finalement, s'interroger sur l'argent, c'est réfléchir sur le lien social, sur la démocratie, sur le projet d'un monde plus juste et plus démocratique.

  • Différences, injustices, discriminations en France aujourd'hui...
    Après le rapport Védrine et le rapport Attali, voici le rapport Wieviorka.

    La « diversité » désigne la variété de profils humains qui peut exister au sein d'une société (origine de pays, de région, de quartier, culture, religion, âge, sexe, apparence physique, handicap, orientation sexuelle, diplômes, etc.). Elle soulève de très délicates questions car il est aisé de voir dans toute imputation de particularisme une marque de racisme, de discrimination ou de stigmatisation. Ces débats qui ont pour sujet la diversité sont en permanence sous-tendus par une opposition entre deux pôles philosophiques principaux : l'un républicain, l'autre multiculturaliste une opposition qui, lorsqu'elle se radicalise, exerce des effets de crispation et de paralysie sociale.

    Comment articuler en bonne intelligence les valeurs universelles du droit et de la raison, et le respect des différences ? Michel Wieviorka, spécialiste des questions de différence et de diversité, dresse un état des lieux édifiant et donne les nouvelles clés pour vivre ensemble dans le respect des différences. Une politique de la diversité a besoin de s'appuyer non pas sur des préjugés ou des informations journalistiques, mais sur des connaissances solides. Michel Wieviorka propose de nouvelles pistes, énumère les expérimentations qui pourraient être envisagées, fait le point sur les expériences novatrices et sur les impasses avérées en matière de diversité, en France et à l'étranger.

  • La place et le rôle de la France dans le monde sont-ils menacés ? Qu'ont été et que sont devenus les grands élans qui ont façonné son image internationale ? L'exception culturelle française est-elle un mythe, et la Douce France chantée par Charles Trénet n'est-elle plus qu'un lointain souvenir, si tant est qu'elle ait jamais vraiment existé ? Faut-il en finir avec les images d'un pays où il fait bon vivre ? L'idée d'une douce France repose sur un récit national gommant certains aspects particulièrement sombres du passé (colonisation, torture durant les guerres de décolonisation, collaboration) qui pèsent pourtant sur la situation présente. Elle est aujourd'hui mise à mal par le nationalisme,
    l'existence des ghettos, les violences urbaines, avec les dimensions qu'elles révèlent ou soulignent de racisme, de sexisme, d'exclusion, de précarité.

    Sous la direction de Michel Wieviorka, avec Jean Bart, Robert Castel, Jean Chesnaux, Patrice Decormeille, Marie Duru-Bellat, Éric Favey, Philippe Fremeaux, Guy Gauthier, Bronislaw Geremek, Nacira Guenif-Souilamas, Claude Hagege, Jacqueline Lalouette, Hervé Le Bras, Gilles Manceron, Gérard Mottet, Nobutaka Miura, Pascal Perrineau, Jean-Robert Pitte, Alexandra Poli, Daniel Reisz, Joël Roman, Louis-Georges Tin, Françoise Verges. Déjà publié(s) : A l'Aube: Disposer de la vie, disposer de la mort (2006), De la séparation des Eglises et de l'Etat à l'avenir de la laïcité (2005).

  • Et si l'omniprésence du numérique signait non seulement une nouvelle ère, un changement culturel majeur mais aussi une rupture profonde, une transformation radicale de l'humanité ? Et si le numérique constituait, après l'invention de l'écriture et celle de l'imprimerie, la troisième grande révolution ? A ces questions, Michel Wieviorka en ajoute une autre : l'ère du numérique ne pourrait-elle pas susciter en France aussi le renouveau des sciences humaines et sociales (SHS) ? Sa réponse est oui. Dans ce manifeste, le sociologue met en évidence le retard des SHS françaises dans la prise en compte et l'utilisation des nouveaux outils numériques. Sans doute ceux-ci représentent-ils un risque pour les libertés individuelles. Mais ils sont aussi un formidable outil de travail pour le chercheur en sciences sociales, fertile en innovations, nouvelles pratiques et nouvelles méthodes : le monde virtuel ne pourrait-il pas, par exemple, constituer un nouveau terrain d'enquête ? L'histoire, dont Fukuyama prédisait la fin, ne devient-elle pas une histoire à la fois globale et individuelle grâce aux Big data et leurs millions de données consultables en open access ? De sujet d'étude, l'homme et la société ne deviennent-ils pas acteurs/auteurs de leur propre récit ? Pour Michel Wieviorka, les sciences humaines et sociales doivent être partie prenante des nouvelles technologies de l'information. Comment ? En utilisant données et réseaux sociaux du web 2.0 pour échanger, communiquer, travailler de manière collaborative et produire des Humanités numériques - référence aux anciennes Humanités. Exemples à l'appui, il explique tout le parti qu'elles pourraient tirer du numérique et propose une nouvelle organisation de la recherche afin de dépasser le système des disciplines, véritable frein à l'innovation intellectuelle. Un saut qualitatif propice à l'éclosion des figures d'intellectuels qui nous font aujourd'hui défaut.

  • Aujourd'hui comme hier, dans la vie publique comme dans la vie privée, le mensonge et son contraire, la vérité, mais aussi le secret occupent une place ambivalente.

    En politique, le rêve d'une société transparente à elle-même a abouti au cauchemar totalitaire. Qui peut accepter l'idée d'un contrôle s'exerçant jusque sur les consciences individuelles, ou le projet de substituer le mythe à la vérité, l'idéologie et le mensonge permanent à la science ? Le mensonge est à première vue incompatible avec l'idéal démocratique, qu'il pervertit. Pourtant, le mensonge semble devenu inhérent à l'activité politique, en même temps qu'il est aussi rendu plus difficile qu'avant avec les technologies nouvelles de communication. Mais les succès des théories du complot, qui décrivent des univers dominés par le mensonge, le secret ou la manipulation doivent également beaucoup aux nouvelles technologies de la communication. N'y a-t-il pas ici une expression de la crise politique contemporaine, voire une faille de la démocratie ?

    Le mensonge, et en tout cas le secret, ne sont-ils pas aussi, dans certaines circonstances, associés à des valeurs supérieures, ne faut-il pas mentir pour assurer la paix sociale - ou celle du ménage ? Ne faut-il pas accepter l'existence de secrets d'État, ou de secrets de familles, pour rendre possible le vivre ensemble ? Le secret est aussi ce qui permet de résister à un pouvoir, une domination, une oppression ; il ménage l'espace privé, toujours menacé d'intrusion, il autorise des équilibres, il va de pair avec l'idée de raison d'État.

    Ce livre propose de réfléchir aux conditions qui pourraient permettre de renforcer la démocratie, les solidarités, la capacité de vivre ensemble en réduisant la part du mensonge (et celle du secret) à ce qui serait un strict minimum. Mais lequel ?

    Avec les contributions de : Henri Atlan, Laëtitia Atlani-Duault, Jean Bauberot, Régis de Castelnau, Olivier Chopin, Pierre Conesa, Monique Dagnaud, Patrice Decormeille, Jean Dhombres, Pascal Dibie, Jean-Pierre Dozon, Pascal Engel, Michel Foucher, Philippe Fremeaux, Éric Guichard, Werner Hadorn, Jean-Vincent Holeindre, Daniel Keller, Hervé Le Bras, Dominique Leglu, Christian Lequesne, Nobutaka Miura, Alexandre Moatti, Anne Muxel, Pascal Perrineau, Myriam Revault D'allonnes, Patrice Rolland, Daniel Schneidermann, Michèle Skowron, Valentine Zuber.

  • À travers différents éclairages et points de vue de spécialistes et duniversitaires, le livre présente les fondements et les enjeux nombreux et sans cesse renouvelés de la question de la justice.

  • Un thème est devenu lancinant : notre monde va très mal et trop vite, l'injustice et la violence règnent sans partage. Dans nos sociétés sans avenir et en proie au cynisme, seule compte l'actualité la plus immédiate.
    Mais l'histoire est ce qu'en font les hommes, il n'y a aucune fatalité, ni naturelle, ni surnaturelle ou divine, qui mènerait nécessairement au pire, et rien n'interdit d'y réfléchir.
    La perte de sens, le déficit de repères, l'incapacité à nous projeter vers le futur seraient certainement moins envahissants si nous étions capables de concevoir des visées, des projets susceptibles de mettre en jeu notre sentiment d'appartenance à une même humanité, de porter des valeurs de solidarité, de responsabilité collective, et, osons le mot, de progrès. L'objectif de cet ouvrage est tout entier là.
    Oui, les idées peuvent changer le monde ! Michel Wieviorka, l'un de nos plus grands sociologues, en fait la brillante démonstration.

  • Préparé par Michel Wieviorka, le dossier contient un débat, le premier jamais publié, entre Dany Cohn-Bendit et Alain Geismar, des analyses sur quelques expériences étrangères de Karol Modzelevski (Pologne), Sergio Zermeno (Mexique), etc., les interventions d'Alain Touraine, d'Elizabeth Roudinesco, d'Edgar Morin, etc. L'ensemble revient sur l'importance qu'a revêtue le mouvement de mai, à chaud, mais aussi au fil des 50 années qui viennent de s'écouler, dans une perspective largement internationale et, ce qui n'est pas la même chose, globale.

  • Le modèle EDF

    Michel Wieviorka

    Que reste-t-il du modèle EDF, mis en place en 1946, de cette formule que beaucoup ont cru et voulu exemplaire ? Que subsiste-t-il de cet ensemble intégré de relations entre les dirigeants d'une grande entreprise nationale et divers acteurs, CGT, appareils d'État, clientèle industrielle et domestique, etc. ? Où sont désormais la toute confiance dans la science, la raison et le progrès, l'identification à la Nation, l'adhésion à la notion de service public, qui apportèrent sa cohésion au modèle EDF ?
    En quarante ans, celui-ci a subi bien des chocs, il a été bousculé, complexifié et affaibli, du dedans de l'entreprise, et du dehors plus encore, ne serait-ce qu'avec l'entrée en lice de nouveaux acteurs, syndicats et mouvement antinucléaire notamment. Son avenir semble incertain. Au fil d'une longue et exigeante recherche, Michel Wieviorka et Sylvaine Trinh ont d'abord organisé une série de rencontres où tous les acteurs impliqués ont eu l'occasion de vivre avec les dirigeants de l'entreprise des débats approfondis. Ils ont ensuite encouragé les dirigeants d'EDF à analyser eux-mêmes leur action et à réfléchir sur leur attachement au modèle de 1946, aussi bien que sur leur capacité de le rénover.
    Mais qu'on ne s'y trompe pas. Par sa démarche novatrice, par les questions qu'il pose, par les réponses qu'il apporte, ce livre est beaucoup plus qu'une monographie d'EDF, déjà décisive. Il renouvelle, de façon originale, la méthode de la sociologie des organisations, dont il élargit l'espace ; en même temps, il aide à comprendre la crise de la social - démocratie à la française et les changements qui affectent nos entreprises - en particulier dans le secteur public - entrées dans l'ère des stratégies et en quête d'un management à la fois mobilisateur et rationnel.

  • Violence en france

    Michel Wieviorka

    • Seuil
    • 26 Février 1999

    Enseignants agressés, voitures brûlées, conducteurs de bus attaqués, émeutes dans les banlieues, pillages, saccages, incivilités : depuis vingt ans, la France est entrée dans l'ère des violences urbaines.
    Le sentiment d'insécurité grandit. D'où vient cette violence nouvelle ? Comment faire reculer l'insécurité ? Pour bien comprendre, pour distinguer entre la réalité de la violence et la manière dont elle est perçue ou représentée, il faut analyser le fonctionnement des médias, la crise des institutions républicaines, le comportement des équipes municipales, l'impact des politiques de la ville. Il faut aussi aller aux sources, sur le terrain même.
    Michel Wieviorka et son équipe ont enquêté dans les quartiers populaires, dans les entreprises de transports, dans les écoles, en Région parisienne, au Havre, à Strasbourg, dans l'agglomération lyonnaise. Le résultat de ce travail met à mal les idées reçues. Loin du prêt-à-penser, ce livre documenté et nuancé prolonge l'analyse par des recommandations politiques.

  • La violence

    Michel Wieviorka

    • Pluriel
    • 21 Février 2012

    Comment comprendre la violence ? La plupart des explications disponibles, tant en sociologie qu'en anthropologie ou en sciences politiques, sont souvent réductrices, tant la violence combine des aspects différents, depuis la violence fondatrice jusqu'à la violence gratuite de l'extrême cruauté. Dans ce livre, Michel Wieviorka tente de proposer une vision d'ensemble, qui ne laisse de côté aucun des traits de la violence et la resitue dans sa véritable dimension : manifestation d'une fêlure, voire d'une fracture du sujet, dans les moments où le sens se dérobe.

  • Dans notre vocabulaire politique, le mot " peuple " occupe une place singulière. Parfois, nous le délaissons, parfois, au contraire, le mot s'impose. C'est le cas aujourd'hui, surtout depuis qu'au début du printemps dernier, l'un après l'autre, dans le monde arabe et musulman, des régimes autoritaires et corrompus ont vu se dresser contre eux des mouvements populaires, des peuples.
    Mais qu'est-ce qu'un peuple ? Le peuple constitue-t-il l'ensemble du corps social, ou seulement une partie, faite de " petites gens " et susceptible de s'affronter aux " gros ", aux élites... La France d'en bas, par exemple, en opposition à celle d'en haut ?
    Cette perspective devient populiste quand elle exalte le peuple, dans ses versions de gauche, par exemple dans la Russie de la deuxième moitié du xixe siècle, ou dans la France, d'après 68, lorsque des militants " gauchistes " allaient rejoindre le peuple et " s'établir " en usine. Elle est aujourd'hui surtout de droite, et d'extrême droite, et alors xénophobe, raciste et nationaliste.
    Ni la foule ni la masse, le peuple n'en est pas moins une totalité relativement indéterminée, indifférenciée, faiblement organisée. D'où l'image d'un être collectif, éventuellement représenté par un symbole ou dirigé par un leader charismatique. Le peuple, en lui-même, n'est pas de gauche ou de droite, et pourtant, la notion le tire plus du côté de la gauche. À droite, on préférera parler de nation. Il peut être présent, fonctionner comme un acteur de l'histoire qui se fait, mais aussi être silencieux, inexistant ou absent. Quand il s'affirme, il est plus prédémocratique que démocratique, il apporte la rupture, ou sa nécessité, sans dire comment se fera le changement, avec quelle structuration du système politique.
    Ces flous, ces ambivalences font la force et le charme du mot peuple. Ce mot s'impose là où la démocratie est affaiblie, inopérante ou inexistante, bien plus que là où elle est vivante et sûre d'elle-même. Il faut s'intéresser au retour de l'idée de peuple, il faut aussi la considérer avec circonspection.

  • Il est des périodes historiques où les scientifiques sont directement partie prenante dans le mouvement général des idées en faveur de l'émancipation, du progrès et de la citoyenneté. Il en fut ainsi avec les Lumières, puis avec la Révolution française. Mais il arrive aussi que des scientifiques semblent dépourvus de tout sens moral, indifférents aux valeurs humanistes, acteurs d'une « science sans conscience » au service des pires projets, totalitaires, racistes, brutalement colonisateurs, etc. La science est aussi contestée aujourd'hui au regard des dégâts du progrès : destruction de la nature, productivisme à outrance...
    Notre pays, plus que d'autres, est déprimé, inquiet, au point de perdre de vue ses atouts et ses possibilités, notamment en matière scientifique, ou d'éviter de s'engager au nom, par exemple, du principe de précaution.
    A quelles conditions la science peut-elle aujourd'hui avancer et faire avancer l'homme, dans un monde où elle est financée, organisée ou stimulée d'une part par la puissance publique et d'autre part par le marché, ce qui peut la rendre dépendante des forces de l'argent Qui décide ? Comment faire vivre le lien entre liberté des scientifiques et progrès social ? Quels sont les rapports entre démocratie et science ? Et, si la science a encore un avenir, quel est-il ?

  • Agressions, profanations de cimetières, violences verbales, menaces le XXIe siècle est-il celui du retour de l'antisémitisme en France ? Après deux ans d'une enquête menée avec une équipe de douze sociologues, Michel Wieviorka présente un état des lieux approfondi et répond à toutes les questions soulevées par les manifestations actuelles d'antisémitisme.
    L'antisémitisme en France est-il lié à l'existence d'une importante population musulmane, comme l'assure une idée répandue ? Doit-il beaucoup à la rencontre de l'islamisme et d'une extrême gauche résolument antisioniste ? Le phénomène est-il favorisé par la tendance au communautarisme des juifs de France ? Trouve-t-il un débouché dans une extrême droite puissante, comme semble en témoigner l'Alsace ? Rencontre-t-il dans l'institution scolaire un espace favorable, susceptible de le rendre vivace ? Dans chaque cas, une étude de terrain fournit une réponse nuancée et concrète qui permet de comprendre les origines et le contenu de la haine des juifs aujourd'hui, comme d'en apprécier l'ampleur.
    Loin de tout excès, un ouvrage rigoureux et objectif qui dépasse toute polémique.

  • Zygmunt Bauman (1925-2017) est l'un des plus grands sociologues du XXe siècle qui sait ce qu'est l'histoire pour l'avoir vécue.

    Le dossier de Socio revient sur cette haute figure récemment disparue, met en valeur l'apport de ce grand sociologue et en même temps, d'une certaine façon, invite les lecteurs à s'interroger sur la place des sciences humaines et sociales, leur évolution et leur capacité à penser le monde et l'histoire.

empty