Dominique Barthélemy

  • D'Hugues Capet à Philippe Auguste, les premiers monarques capétiens jetèrent les bases d'un gouvernement monarchique absolu qui allait durer jusqu'à la Révolution française. Si, après l'élection d'Hugues Capet, en 987, la dynastie s'enlise au milieu des châteaux et des guerres de voisinage, au tournant de l'an 1100, les monarques capétiens entreprennent d'exploiter, accélérer ou simplement accompagner les profonds bouleversements qui agitent la société féodale pour donner naissance à un mode de gouvernement inédit jusque-là.
    En s'appuyant sur les chroniques de l'époque et sur les récentes découvertes de l'anthropologie sociale, Dominique Barthélemy met au jour le fonctionnement d'un système de canalisation des conflits et dévoile le caractère structurel et dynamique du système féodal pour donner un nouveau sens à la fameuse « mutation » de l'an 1100, si décisive dans l'établissement de la monarchie française et la transformation de la France en nation.

    Ancien élève de Georges Duby, aujourd'hui professeur à l'université de Paris-IV et directeur d'études à l'École pratique des hautes études, Dominique Barthélemy a publié une série d'études sur l'an mil et la France capétienne qui font référence depuis les années 1980, notamment Chevaliers et miracles (Armand Colin, 2004) et La Chevalerie (Fayard, 2007).

  • De la germanie antique à la France du XIIe siècle, le livre de Dominique Barthélemy. La chevalerie s'épanouit dans une grande compétition entre jeunes nobles : ils tiennent à donner le spectacle de prouesses réitérées plutôt que l'exemple d'une mort héroïque. Elle n'est donc nulle part plus présente que dans les tournois et à la cour du prince, où l'on en fait le récit. C'est en France aux XIe et XIIe siècles qu'apparaît cette chevalerie classique. Bientôt toute l'Europe en adopte les codes, et les Arabes eux-mêmes l'admirent à l'occasion. Mais d'où vient pareille civilisation des moeurs guerrières ? Est-elle vraiment à l'opposé des habitudes de vengeance qui caractérisaient les Francs et d'autres peuples "barbares" du haut Moyen Age ? Cet ouvrage novateur et incontournable part en quête des origines de la chevalerie et donne ainsi les clés de lecture de l'univers chevaleresque.

  • Voltaire, Michelet et Georges Duby ont bien suggéré que la bataille de Bouvines « si fameuse et si nationale » n'avait peut-être été au fond que « peu de chose ». Aucun des trois n'a malheureusement pris le temps d'approfondir assez l'étude du dossier. Même le livre de Georges Duby en date de 1973, appelle les rectifications et les enrichissements qui vont être proposées ici, au terme d'un effort de 10 ans de recherche et à la lumière des travaux les plus récents.
    Rappelons donc d'emblée comment les choses sont présentées dans le récit de référence. En 1213 et 1214 la Flandre insoumise donne du fil à retordre à Philippe Auguste et à ses hommes : il a beau, au printemps 1213, s'avancer jusqu'à Gand et rançonner ses riches villes, les comtes Ferran de Flandre et Renaud de Boulogne lui tiennent encore tête, adossés à l'empire et à l'aide de subsides anglais. En juillet 1214, il est revenu avec un ost auquel font défaut plusieurs centaines de chevaliers qu'il a dû dépêcher sur la Loire pour faire face à Jean Sans Terre, duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre. Le capétien ne s'avance cette fois-ci que jusqu'à Tournai, cité flamande, puis prudemment entame un repli, qui suppose le passage de la Marcq au petit pont de Bouvines. Il s'apprête lui-même à le franchir lorsque la nouvelle de l'attaque de son arrière-garde par les impériaux lui parvient.
    Le présent essai commencera par se demander ce que nous savons réellement des combats de Bouvines, avant de s'interesser aux récits historico-légendaires produit depuis le XIIIe et d'expliquer en quoi la bataille de Bouvines, en partie fabriquée, est devenue une des fiertés françaises.

  • Nombre d'historiens (et parmi eux quelques illustres) demeurent soumis à un modèle _ la " société féodale ". Comme tout modèle rigide, il les pousse à forcer le trait, à transformer les évolutions en ruptures (par exemple la France de l'an mil), à interpréter toute variation dans le style ou le volume de la documentation comme l'indicateur de bouleversements sociaux. La coupe est pleine quand on fait ressurgir le mythe des terreurs de l'an mil!

    Contre la " révolution " prétendument survenue en ces temps, il faut revenir à la chronologie traditionnelle. La servitude antique a changé de visage dès le IXe siècle et la classe dominante a très longtemps conservé les mêmes valeurs, la chevalerie n'ayant pas surgi ex nihilo à l'aube du XIe siècle (Charlemagne n'était-il pas déjà " chevalier "?). L'histoire des sociétés médiévales marche d'un pas lent, et les évolutions l'emportent sur les mutations brusques.

    Mais l'auteur ne se borne pas à s'en prendre aux idées à la mode; il multiplie les études de cas, s'attachant aux rites d'entrée et de sortie dans la servitude et la chevalerie, à leurs fonctions pratiques et aux idées qui les sous-tendent. Il montre aussi que coexistent une noblesse héritée et une énergie proprement chevaleresque; on retrouve en Charlemagne l'éclat d'une chevalerie royale et dans les récits de la paix de Dieu (989-1054) l'emprise des modèles de l'Ancien Testament.

    Professeur d'histoire médiévale à l'université de Paris-XII, directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE), Dominique Barthélemy a publié, entre autres ouvrages, La Société dans le comté de Vendôme, de l'an mil au XIVe siècle (Fayard, 1993).

  • D'Hugues Capet à Philippe Auguste, les premiers monarques capétiens jetèrent les bases d'un gouvernement monarchique absolu qui allait durer jusqu'à la Révolution française. Si, après l'élection d'Hugues Capet, en 987, la dynastie s'enlise au milieu des châteaux et des guerres de voisinage, au tournant de l'an 1100, les monarques capétiens entreprennent d'exploiter, accélérer ou simplement accompagner les profonds bouleversements qui agitent la société féodale pour donner naissance à un mode de gouvernement inédit jusque-là. En effet, les mutations sociales qui s'amorcent au début du deuxième millénaire sont riches de potentialités dans tous les domaines : socio-économique, culturel, religieux. Dominique Barthélemy choisit donc d'allier dans son propos une étude de cette société qui se transforme à une exploration du processus monarchique pour mieux mettre en lumière l'avènement de cette hégémonie inédite qui sera définitivement en place avec le règne de Philippe Auguste. En s'appuyant sur les chroniques de l'époque et et sur les récentes découvertes de l'anthropologie sociale, il met au jour le fonctionnement d'un système de canalisation des conflits et dévoile le caractère structurel et dynamique du système féodal pour donner un nouveau sens à la fameuse " mutation " de l'an 1100, si décisive dans l'établissement de la monarchie française et de la transformation de la France en nation.

  • Le vendômois passe traditionnellement pour avoir été un haut lieu de la civilisation féodale, parce qu'il fournit vers 1040 la première attestation de l'hommage lige (c'est-à-dire prioritaire) et abonde en indications précoces sur la taxation et la justice seigneuriales au xie siècle. s'agit-il de faits nouveaux résultant d'une brusque et radicale mutation intervenue autour de l'an mil, ou seulement du reflet de l'apparition de sources écrites plus nombreuses et plus précises _ auquel cas il faudrait parler de révélation plutôt que de révolution féodale?

    Méthodiquement exploitées, ces sources éclairent, entre 1040 et 1150, des phénomènes sociaux aussi importants que le " jugement de dieu ", la réduction volontaire en servage, la remise de cadeaux tenant lieu de monnaie, la dotation des filles par leurs père ou frère, etc. si les textes qui se rapportent à la période suivante se font plus secs et moins savoureux, on peut dresser en 1311 et 1354-1355 un tableau de la géographie féodale du comté de vendôme, et mettre en évidence l'émergence dès le xive siècle de quelques parvenus, légistes et bourgeois (ce qui est plutôt inattendu dans la france de l'ouest). il va de soi que l'histoire régionale sort renouvelée de cette étude exhaustive qui multiplie les informations inédites sur la vie des villages, le paysage rural, la démographie et la croissance économique, et qui pour la première fois reconstitue de nombreuses généalogies seigneuriales (parmi lesquelles celle de la famille de ronsard).

    Il faut insister également sur la contribution majeure versée par le présent ouvrage aux débats et aux recherches en cours sur l'an mil, sur la chevalerie, sur la justice, sur le servage et la seigneurie... et plus largement sur les ressorts culturels d'une société qui conserve pour nous une certaine étrangeté.

    Elève de georges duby (avec lequel il a collaboré à l'histoire de la vie privée) et de pierre toubert (qui a dirigé la thèse d'etat dont ce livre est issu), professeur d'histoire médiévale à l'université de paris xii, dominique barthélemy est également l'auteur de l'ordre seigneurial (xie-xiie siècle) (1990) et les deux ages de la seigneurie banale (coucy xie-xiiie siècle) (1984).

  • Les années 980-1060 passent pour le moment où la "féodalité" a connu en France son expression la plus parfaite, où le dénuement, la barbarie, la violence et le désordre ont été à leur paroxysme.

    Désespérés, les gens de ce temps auraient alors cru dur comme fer à l'imminence de la fin du monde, et ce n'est qu'en lançant le mouvement de la paix de Dieu que l'Eglise aurait redonné confiance au peuple et obligé la chevalerie à limiter son agressivité. Une véritable mythologie nationale est venue plus tard se mêler à l'histoire, envahissant jusqu'à l'oeuvre des plus grands chercheurs. Une lecture attentive des sources et des raisonnements oblige pourtant à en rabattre : aucun des "dossiers de l'an mil" ne révèle - à la fin du Xe siècle et dans la première moitié du XIe - une peur panique de la fin des temps ni même une crise sociale. C'est nous, les modernes, qui projetons nos propres inquiétudes sur le Haut Moyen Age ! Les multiples textes exhumés ou réexaminés ici (chroniques, chartes, décrets de conciles, récits de miracles) prennent en défaut une tradition historienne somme toute récente et permettent de bâtir à nouveaux frais un captivant récit de l'époque des trois premiers rois capétiens (Hugues Capet, Robert le Pieux, Henri Ier).

    On n'en saisit qu mieux, au fil des pages, l'étrangeté d'une société adonnée à la vengeance et en même temps régulée par les tractations et les procédures de paix ; d'une religion férue de châtiments miraculeux et qui prône des pratiques aussi surprenantes que le jugement du fer ardent ou l'épreuve de l'hostie. Loin de s'opposer dramatiquement, le christianisme et la féodalité s'interpénètrent de façon quasi inextricable.


    Professeur d'histoire médiévale à l'université de Paris-XII, directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE), Dominique Barthélémy a publié, entre autres ouvrages, La Société dans le comté de Vendôme, de l'an mil au XIVe siècle (Fayard, 1993) et La mutation de l'an mil a-t-elle eu lieu ? (Fayard, 1997).

  • La France de l'an mil est celle des chevaliers et des miracles. Les seigneurs de châteaux, les princes de petites régions ont un peu éclipsé les rois, et il semble par moments que les saints, grands faiseurs de miracles, portent ombrage à Dieu lui-même. Les uns et les autres, violents et vindicatifs, s'opposent, nouent et dénouent des alliances, occupent enfin tout l'espace social.Leur idéologie, leurs ambitions, sont-elles si divergentes oe Faut-il croire, comme on nous l'a enseigné, qu'à des chevaliers mal dégrossis et prompts à régler leurs querelles par l'épée, l'Église aurait appris peu à peu la civilisation des moeurs, la canalisation des pulsions, la paix et la charité ?À lire les récits du temps, les chroniques et les hagiographies, ces histoires de batailles, de miracles, d'exorcismes et d'anathèmes qui forment tout l'horizon culturel des hommes de l'époque, il semble plutôt que les seigneurs et les saints, avec ou sans la bénédiction divine, aient en fait combattu côte à côte, pour assurer et maintenir la domination d'une certaine caste, la même, la leur, sur la population paysanne. En somme, si le système féodal a pu durer, c'est parce qu'il était chrétien, c'est parce que la religion, dans ses pompes et ses oeuvres, est venue prêter son concours à un ordre politique très peu respectueux des commandements divins.Dominique Barthélemy a été l'élève de Georges Duby et de Pierre Toubert. Il est revenu sur la question de la mutation de l'an mil, à partir de sa thèse sur La société dans le comté de Vendôme, de l'an mil au XIVe siècle (Fayard, 1993). Il enseigne comme directeur d'études à l'École Pratique des Hautes-Études (IVe section) depuis 1994 et comme professeur à l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) depuis 2000. Les essais réunis ici prolongent deux ouvrages publiés chez Fayard : La mutation de l'an mil a-t-elle eu lieu oe (1997) et L'an mil et la paix de Dieu (1999).
    La chevalerie du Xe siècle, vue de Reims. Comment faire la guerre féodale. Les mésaventures de l'honneur. Saint Géraud, sainte Foy et la chevalerie d'Aquitaine. L'ordre seigneurial autour d'Aurillac. D'Odon de Cluny a la paix de Dieu. Sainte Foy de Conques et les violences de l'an mil. Les faveurs de la sainte aux chevaliers. Saint Benoît entre les chevaliers et les serfs. Un saint moralisateur et conformiste. Adrevald et les distinctions sociales. Les moines de l'an mil et leurs adversaires nobles. Noblesse et servage en l'an mil. Raoul Tortaire et la voix des serfs. Saint Arnoul face aux démons de la vengeance. Le travail social d'un saint homme. Une campagne de pacification en Flandre (1083). Épilogue - trente ans après. Le bon usage des jugements de Dieu. Pour l'histoire d'une vraie mutation. Une documentation exceptionnelle. Les débats du XIe siècle. Après 1100, le recul des jugements de Dieu. Les vengeances du roi. Louis VI et son mythe. Les campagnes de Louis VI. Louis VI, Suger et les trois ordres.

  • la chevalerie au moyen âge repose sur l'estime et les ménagements qu'ont entre eux des guerriers nobles, alors même qu'ils s'affrontent.
    certes, elle s'accompagne aussi de proclamations et de discours sur la protection des églises, des pauvres ou des femmes, de la gaule et de la germanie antiques jusqu'à la france du xiie siècle. en étudiant des chroniques et des récits de toutes sortes à la lumière de l'anthropologie, dominique barthélemy s'attache particulièrement aux défis en combat singulier, aux accords entre vainqueurs et captifs, aux rites d'adoubement, aux jeux et aux parades et à toute la communication politique des rois et des seigneurs, car ce sont eux qui font l'essence de la chevalerie.
    les guerriers " barbares " de l'antiquité classique et tardive, les gaulois et les francs, acquièrent ainsi une dimension " préchevaleresque ". mais c'est à l'époque de charlemagne que son statut et son équipement font du guerrier noble un vrai chevalier. et c'est au milieu du xie siècle que le comportement chevaleresque se développe par une mutation décisive : on l'observe ensuite dans les guerres de princes, les tournois et même au cours des croisades, mais toujours avec des limites.
    nulle part cependant il ne s'épanouit davantage que dans les romans arthuriens du xiie siècle.

  • Cet ouvrage est le fruit d'une réflexion commune lancée par ses deux directeurs qui, au fil de leurs travaux de leurs discussions et de leurs entretiens, ont à de nombreuses reprises eu envie d'établir des ponts et des passerelles entre la société féodale chère à l'un et le monde carolingien qui retenait l'attention de l'autre.
    À de nombreuses reprises, ils se sont retrouvés sur des interrogations communes qui touchaient aux aspects les plus pragmatiques de ces mondes, où les enjeux de pouvoir, le contrôle de la terre et de la société, la transmission de son rang et de son importance continuaient à puiser leur origine et leurs méthodes dans un passé magnifié. Aussi leur a-t-il paru utile d'associer à leur démarché d'autres chercheurs des universités de l'Ouest pour tenter une synthèse au niveau des pouvoirs locaux, car c'est à ce niveau d'encadrement, où les soucis d'une mutation politique due à l'effacement des souverains carolingiens est le moins sensible, qu'an est le mieux à même de percevoir les continuités, les mutations graduelles, les nouvelles stratégies visant à permettre à ceux qui se veulent quelqu'un dé tenir le rang auquel ils prétendent.
    Volontairement chaque auteur s'est circonscrit dans un espace étroit pour permettre d'établir des comparaisons et saisir ainsi les principes communs comme les diversités qui président à l'action des pouvoirs locaux dans la France du centre et de l'Ouest du VIIIe au XIe siècle.

  • Les histoires nationales d'antan étaient trop étroites : on aurait dit qu'un seul pays, France ou Allemagne, représentait le centre du monde. Les auteurs ont donc souhaité une nouvelle perspective, non moins sérieuse et fiable, mais un peu plus vibrante, et tissée de beaux textes et de documents captivants. Dans cette perspective, le duc d'Arenberg a conçu le projet d'un beau livre, de pair avec le Secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. L'entreprise est menée en étroite collaboration avec l'Institut historique allemand de Paris. Les contributions s'attachent chacune à un beau document, et à l'un des événements, à l'un des personnages réels ou fictifs, à l'une des institutions, qui donnent du relief à quatre siècles d'histoire franco-allemande. Parmi ces documents, certains sont neufs, d'autres méconnus. Les contributions s'efforcent d'allier beauté et justesse, et elles se gardent du vocabulaire pédantesque. En évoquant précisément et passionnément les racines de notre Europe, elles parleront par là-même aussi de son avenir.

  • Il est difficile aujourd'hui de parler de l'orientalisme sans évoquer la « querelle » dont il est l'objet depuis que Edward Said proclama que l'Orient dont s'occupent les orientalistes est une fabrication de l'Occident. Les contributeurs du présent volume entendent pourtant se situer en dehors ou au-delà de cette querelle.

    Pour ce faire, ils ont notamment porté leur regard sur ce que l'on peut nommer des « objets viatiques ». Ceux-ci rendent bien compte d'interactions qui ne sont nullement à sens unique, ou déterminés uniquement par un rapport de domination. Du choc esthétique que constitua pour Delacroix la musique judéo-arabe, à l'histoire d'un manuel d'érotologie mystérieusement traduit dans l'Algérie coloniale, en passant par la constitution du mythe touareg ou l'influence du tourisme sur l'artisanat marocain contemporain, le lecteur curieux et méfiant à l'égard des simplifications trouvera ici un ensemble d'études illustrant la diversité des approches dans un champ du savoir toujours fécond.

    Nous y retrouverons aussi l'inspiration de François Pouillon, pour qui ce volume a été composé. Animant depuis de nombreuses années un séminaire de l'EHESS, il n'a jamais hésité à aborder des sujets parfois décalés. Ce sont par exemple la biographie du peintre Étienne Dinet, qui mourut musulman dans l'oasis de Bou-Saada, les textes de l'Émir Abd-El-Kader sur le cheval arabe, ou les enjeux anthropologiques des formules de salutation. En même temps que ce volume qui lui est dédié, les éditions Karthala publieront prochainement un recueil de ses recherches consacrées au monde bédouin.

  • Cet ouvrage est une sorte d'aide-mémoire, de boîte à outils de premier secours. Il s'adresse à la très large frange des usagers, étudiants, professeurs en train de préparer leurs cours. On y trouvera donc une sorte d'instruments de dépannage, soit parce qu'il faut entamer un travail, soit parce qu'il s'agit de choisir un chemin dans le maquis des concepts du français langue étrangère.

  • Chaque ensemble éducatif possède ses propres spécificités, qui le font ressembler à la société dont il provient. Mais il faut, impérativement et en même temps, s'ouvrir à la comparaison, aux comparaisons. Voici un ensemble de repères, d'outils utiles à ceux qui veulent introduire dans leur enseignement une dimension d'éducation comparée. Cet ouvrage fournit une sorte de glossaire, d'aide-mémoire, un petit vocabulaire de poche, qui permet à chacun d'éclairer sa propre voix.

  • Les contributions réunies dans l'ouvrage examinent la pertinence de la notion de « communauté du royaume » comme outil pour comprendre les structures des entités politiques d'une large partie de l'Occident médiéval (Scandinavie, Empire, France, Angleterre et Écosse, pays tchèques) entre le Xe et le début du XIVe siècle. Cette notion peut recouvrir l'ensemble des hommes libres d'un royaume, qui ont le sentiment de former une communauté, ou bien une section de cette population, généralement les élites, qui estiment, face au roi, représenter la « communauté du royaume ». La dimension éminemment politique de cette notion explique qu'elle puisse avoir servi de cri de ralliement aux mouvements d'opposition à la royauté ; même lorsque le syntagme communitas regni est absent, on peut souvent percevoir, dans les programmes réformateurs comme dans les chroniques, les contours d'une « communauté » dont l'identité relève de l'imaginaire politique. Examiner l'Occident médiéval du point de vue des « communautés de royaumes » permet de s'interroger de manière renouvelée sur les fondements des entités politiques dans une phase où les bureaucraties n'ont pas encore partout connu d'essor.

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