Charles Enderlin

  • La Révolution française les avait émancipés : elle leur avait accordé les mêmes droits civils et politiques qu'aux autres nationaux à condition qu'ils acceptent de reléguer la pratique religieuse dans la sphère privée. Les Juifs de France jouèrent le jeu et se dévouèrent sans compter à la République, apportant leur contribution au développement de la démocratie et de la laïcité. C'est la grande époque du franco-judaïsme.

    Malgré les persécutions antisémites dont ils sont l'objet sous Vichy, les Juifs de France continuent, après la Libération, d'être animés par l'esprit d'intégration républicaine, en dépit de la création de l'État d'Israël (1948). C'est la vague des rapatriés d'Afrique du Nord, après les indépendances, qui donne la première inflexion : les nouveaux venus n'ont pas la même culture de l'intégration que les Juifs issus de l'est européen. La guerre de Six Jours (1967) marque le tournant : Israël attend des Juifs du monde entier un soutien sans faille. S'amorce alors la formation du franco-sionisme : fidélité au pays d'appartenance, bien sûr, mais aussi à Israël et à sa politique, quelle qu'elle soit.

    C'est ainsi qu'aujourd'hui les institutions dominantes du judaïsme français s'efforcent de convaincre les Juifs que leur destin est lié non plus au principe d'une République juste et exigeante, mais à un « État nation du peuple juif » à tendance messianique et qui discrimine les minorités non juives.

    Du franco-judaïsme dominant sous la IIIe République au virage franco-sioniste d'aujourd'hui, l'histoire des Juifs de France a connu bien des vicissitudes. La voici racontée par l'un de leur fils, sur la base d'une documentation exceptionnelle et à travers un récit riche et coloré.

  • Plongeant ses sources dans la haute antiquité biblique, sans consistance politique au moment de la création de l'Etat d'Israël en 1948, le fondamentalisme messianique juif a pris son essor en juin 1967, après la conquête de la Cisjordanie et, surtout, du Haram Al-Sharif, le troisième lieu saint de l'Islam - là où se trouvent les ruines du Temple d'Hérode, à Jérusalem-Est, là où le patriarche Abraham a prétendu sacrifier son fils Isaac.
    Convaincus que le monde est entré dans l'ère eschatologique, les militants de ce mouvement religieux, allié à la droite nationaliste, s'opposent à toute concession territoriale, et a fortiori à la création d'un Etat palestinien souverain et indépendant.
    Les idéaux, la politique, les principes qui ont inspiré le sionisme des origines, libéral et pragmatique, ont été, par contrecoup, complètement marginalisés. Mais le repli sur soi, c'est évidemment la pire des solutions.
    Dans ce nouveau document d'enquête, Charles Enderlin décrit la lente diffusion de l'idée messianique au sein de la société et de la classe politique israélienne et l'incompréhension des dirigeants palestiniens face à ces changements. Après deux décennies de négociations avortées avec Israël, l'OLP, qui a raté le coche, a perdu aussi ses interlocuteurs privilégiés et n'a plus d'autre choix que d'envisager l'Etat binational. Mais une telle issue, outre qu'elle signerait le renoncement palestinien à l'indépendance nationale, ne signifierait-elle pas la fin du sionisme et d'Israël tel que nous le connaissons ?

  • Voici le récit captivant du combat des Juifs de Palestine depuis la révolte arabe des années 1930 jusqu´à la fondation d´Israël.
    Un combat qui fut aussi une guerre totale. Notamment à partir de 1944, lorsque les trois organisations paramilitaires juives (Haganah, Stern, Irgoun), après avoir fédéré leurs forces contre l´occupant anglais, lancent des commandos armés contre les postes de police et les bases militaires, détruisent l´Hôtel King David, multiplient les attentats en Palestine et à l´étranger. Les Britanniques ripostent par des exécutions et des déportations. En ce temps-là, les têtes de Menahem Begin, d´Yitzhak Shamir et de bien d´autres futurs responsables politiques de l´État sont mises à prix pour faits de terrorisme.
    Et après l´Indépendance, en mai 1948, ce sont eux que l´on retrouvera logiquement à la pointe du combat contre les forces arabes. Car c´est par le feu et par le sang qu´Israël a vu le jour.
    Fondé sur une enquête auprès des derniers témoins de cette aventure, sur des sources souvent inaccessibles en français et sur de nombreux dossiers inédits, ce document éclaire d´un jour décisif un épisode crucial, et pourtant des plus mal connus, de l´histoire contemporaine.

  • En encourageant le développement à Gaza de la branche la plus extrémiste des Frères musulmans, Israël a joué avec le feu pendant près de deux décennies.
    Les gouvernements successifs à Jérusalem n'ont-ils pas longtemps cru que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas, pouvait être " l'antidote à l'OLP " ? Il est vrai qu'à l'époque les États-Unis eux-mêmes, en finançant et en armant les moudjahidine afghans, avaient grandement sous-estimé la menace islamiste. Ni la CIA ni les services de renseignements israéliens n'ont alors pris la peine d'analyser - voire de traduire - les textes diffusés par ces organisations.
    Ils découvriront trop tard qu'ils ont, de fait, participé à la création du Hamas et d'Al-Qaida. Dans ce nouveau document d'enquête, l'auteur du Rêve brisé (2002) et des Années perdues (2006), correspondant permanent de France 2 à Jérusalem, raconte, à partir de sources exceptionnelles et souvent exclusives, l'incompréhension, l'aveuglement, le double jeu parfois des services de renseignements et des politiques à Jérusalem, à Tel-Aviv et à Washington.
    Il décrit aussi comment l'occupation israélienne, le développement de la colonisation dans les territoires palestiniens et la politique américaine au Proche-Orient ont fait le lit de l'islam radical. Autant de leçons d'histoire à méditer pour tous ceux qui prétendent oeuvrer à une paix juste et durable dans la région.

  • Le 30 septembre 2000, Mohammed Al-Dura, un enfant palestinien, meurt sous les balles dans les bras de son père face à la position israélienne de Netzarim, à Gaza. Il est filmé par le caméraman de France 2. Diffusée le soir même sur la chaîne publique, avec un commentaire de Charles Enderlin, l'image fait aussitôt le tour du monde. Trois jours plus tard, un certain Yossef Doriel adresse une lettre au journal israélien Haaretz pour expliquer - sans en apporter la moindre preuve - que l'enfant a été tué par les Palestiniens eux-mêmes à des fins de propagande, quand le commentaire d'Enderlin affirmait que les tirs qui ont atteint Mohammed provenaient de la position israélienne. L'affaire du petit Mohammed est lancée. Que s'est-il vraiment passé le 30 septembre 2000 ? Comment la thèse du " complot palestinien " a-t-elle pu prospérer pendant dix ans contre toute vraisemblance ? Et quels objectifs s'agit-il finalement d'atteindre pour ses promoteurs ? Le récit est factuel, dépassionné, écrit à la manière des grandes enquêtes qui ont valu à Charles Enderlin, ici témoin et acteur, la réputation d'expert international du conflit israélo-palestinien.

  • Argumentaire auteur :
    Charles Enderlin est le correspondant permanent de France 2 à Jérusalem depuis 1981 et est donc un témoin privilégié du processus de paix au Proche-Orient.

    Argumentaire livre :
    D'offensives en ripostes, d'attaques terroristes en représailles, Charles Enderlin a suivi les soubresauts de la guerre, tant au coeur des territoires occupés que dans les salons feutrés des ambassades. Il nous livre à la fois le récit des événements et leurs coulisses diplomatiques, apportant de nombreuses révélations sur les contacts secrets entre Israéliens et Palestiniens. Voici donc l'histoire de l'échec du processus de paix au Proche-Orient, de l'assassinat de Rabin à l'offensive lancée par Sharon contre Arafat.

  • Au Proche-Orient, la paix se négocie depuis plus de quatre-vingts ans. Ces décennies ont été ponctuées de guerres, de rencontres secrètes, de malentendus et d'occasions manquées. Ce livre de référence, présenté ici dans une nouvelle édition, en retrace l'histoire.


    « Il n'existe pas d'équivalent au travail effectué par Charles Enderlin. En 730 pages remarquables, l'auteur récapitule les secrets des négociations israélo-arabes (connues ou inconnues) de 1917 à 1995. Récapitule et souvent révèle : l'ouvrage regorge de documents majeurs, de comptes rendus inédits. Du grand journalisme, et aussi un dossier pour l'histoire. » Hubert Védrine, Le Nouvel Observateur.


    « Un livre passionnant qui s'impose comme un ouvrage de référence, nourri de confidences et de procès-verbaux inédits où abondent les révélations dont quelques secrets d'Etat. » Jean-Pierre Langellier, Le Monde.


    « Ouvrage d'historien, le livre de Charles Enderlin se lit comme un roman car rien ne campe mieux les principaux acteurs que leurs propres propos. » Pierre Rousselin, Le Figaro.


    « Un livre événement. Un trésor de renseignements sur l'histoire régionale, les contacts et les négociations menés en coulisses. » Ahmad Youssef, Al Ahram (Egypte).


    « Un ouvrage désormais indispensable à toute analyse de la problématique proche-orientale. » Laurent Cohen, Tribune juive.

  • Charles Enderlin retrace ici un demi-siècle d'espoirs et de violences au Moyen-Orient. Arrivé en Israël en décembre 1968, il sera très vite familier de la vie politique israélienne, interlocuteur de choix des civils comme des militaires, de la gauche comme de la droite, des religieux comme des laïcs, et des Palestiniens, de l'OLP comme des islamistes. Il assiste dès la guerre d'octobre 1973 aux grands événements de la vie du pays et du Proche-Orient.
    Devenu correspondant pour France 2, il va, des années durant, expliquer en pédagogue aux téléspectateurs français les arcanes d'un conflit d'une rare complexité, et leur dévoiler le dessous des cartes. Ce souci d'indépendance lui façonne une image de reporter courageux et d'interviewer coriace, mais fait aussi de lui un ennemi pour les extrémistes de tous bords.
    Toujours sur la brèche de l'actualité, partout aux premières loges, le récit épique qu'il fait ici de cinquante ans de bruits et de fureur, mais aussi d'espoirs et de communions, nourris aux informations les plus précises et parfois les plus secrètes, est à la fois une leçon de journalisme et de clairvoyance.

  • Un enfant est mort

    Enderlin Charles

    • Seuil
    • 7 Octobre 2010

    - Le 30 septembre 2000, Mohamed al-Dura, un enfant palestinien, meurt sous les balles devant la position israélienne de Netzarim, à Gaza, filmé par le caméraman de France 2. Diffusée le soir même sur la chaîne publique, avec un commentaire de Charles Enderlin, l'image fait aussitôt le tour du monde. Trois jours plus tard, un certain Yossef Doriel adresse une lettre au journal israélien Haaretz pour expliquer que l'enfant a été tué par les Palestiniens eux-mêmes, à des fins de propagande. L'affaire du petit Mohamed est lancée.Plusieurs mois plus tard, les tenants du " complot palestinien " présentent une nouvelle " explication ". Enderlin aurait menti, il aurait diffusé en pleine connaissance de cause une mise en scène palestinienne, le petit Mohamed ne serait pas mort, un autre enfant que lui aurait été enterré, son père aurait exhibé des cicatrices issues de blessures subies bien avant l'incident de Netzarim. En vertu d'une variante de cette deuxième version, Enderlin n'aurait pas été lui-même à la manoeuvre dans cette mise en scène mais il aurait choisi de couvrir son caméraman, personnellement impliqué dans le complot.Le livre est factuel, précis, écrit à la manière des grandes enquêtes qui ont valu à Charles Enderlin la réputation d'expert international du conflit israélo-palestinien.

empty