Theatre Du Soleil

  • Macbeth

    William Shakespeare

    Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'oeuvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points :

    - MOUVEMENT LITTÉRAIRE : Le «grand théâtre du monde» - GENRE ET REGISTRE : La poétique du mal - L'ÉCRIVAIN À SA TABLE DE TRAVAIL : Macbeth, un texte universel - GROUPEMENT DE TEXTES : Les femmes monstrueuses dans la tragédie - CHRONOLOGIE : William Shakespeare et son temps - FICHE : Des pistes pour rendre compte de sa lecture Recommandé pour les classes de lycée.

  • L'Illyrie, ce continent où la mer jette Viola, et qui paraît lointain parce qu'il est ignoré, pays légendaire où souffle le vent brûlant de la passion, royaume de la musique, de la volupté et du désir impitoyable. L'histoire qui s'y déroule sans relâche, ce sont les phases d'un astre dévorant, les péripéties de l'amour, sa naissance, sa brûlure, les battements qu'il imprime au coeur, au corps, à l'âme, la blessure qu'il inscrit, sans retour, en l'homme. Ceux que le destin y mène devront connaître la sauvagerie de l'amour, et comme dans les plus grands contes, traverser les épreuves, subir l'initiation, accomplir les rites, les figures obligées du plaisir et de la douleur. La Nuit des rois dépayse moins par la distance dans le temps ou l'espace que par la profondeur du lieu où naissent les désirs de l'homme, ce pays des merveilles, ces Indes intérieures qui, pour l'imagination, tiennent de la légende, de la magie de l'enfance, et du cauchemar.

  • Cette histoire de Norodom Sihanouk et du Cambodge de 1955 à 1979 est un chant d'amour pour le peuple khmer. Le prince Sihanouk vit sur la Terre comme sur une scène de théâtre. Il prend le monde entier à parti. Il se montre tel qu'il est. Et il montre les autres tels qu'ils sont. Il a fait sienne la maxime shakespearienne : « Le monde entier est un théâtre. » Cette nouvelle édition du drame historique et poétique mis en scène par Ariane Mnouchkine en 1985 est accompagnée de notes de répétitions, de croquis d'instruments et de scénographie, ainsi que du CD de la musique de Jean-Jacques Lemêtre.


    Voici que l'Histoire doit devenir Théâtre. Dans le passage d'un genre à l'autre, la vérité (historique ici) ne change pas. Ce qui change, c'est le rythme. Créer pour le théâtre, c'est d'abord se soumettre à l'agence. Le livre peut attendre la lecture : il a l'éternité. Mais le théâtre n'a que le temps du spectacle. Le présent, seulement le présent. Alors il faut écrire à l'immédiat. On voit le livre s'écouler comme un fleuve, la pièce de théâtre se dresser et se presser comme une succession de batailles. Il faut gagner... du temps. Pour une pièce historique, le travail du théâtre doit être semblable au travail du rêve : nos épopées de rêve durent cinq minutes, grâce à la condensation et au déplacement. On a seulement le temps de jouer " à la vie, à la mort ".

  • Le Prince : Le jures-tu, garnement impie ? Mais ne tourne plus tes yeux vers moi, désormais. Tu es entraîné avec violence loin de tout ce qui est la grâce, il y a un diable qui te hante sous l'apparence d'un vieux gros homme, un tonneau à figure humaine est ton compagnon. Pourquoi es-tu le familier de ce sac de toutes les humeurs. de ce ramas de toutes les bestialités, de ce paquet boursouflé d'hydropisies, de cette énorme gourde de xérès, de ce portemanteau rembourré de tripes, de ce boeuf rôti de Manningtree qui a de la farce dans le ventre, de ce Vice vénérable, de cette Iniquité au poil gris, de ce ruffian patriarche, de cette Vanité décrépite ? A quoi est-il bon ? A goûter le xérès et à le boire.
    A quoi est-il expert ? A découper un chapon et à le manger. En quoi est-il habile ? Dans l'artifice. En quoi est-il artificieux ? Dans l'infamie. En quoi est-il infâme ? En tout. En quoi est-il estimable ? En rien ! Falstaff : Je voudrais bien que Votre Grâce m'explique. De qui Votre Grâce parle-t-elle ? Le Prince : De cette abominable crapule, de ce corrupteur de la jeunesse, de ce vieux Satan à la barbe blanche, Falstaff.

  • Un jour des agneaux apprennent à leur corps défendant que leurs bergers étaient des loups. Blessés, ils agonisent. Mais ceci n'est pas une fable... Ces événements tragiques se sont produits entre 3500 avant J.-C. et l'année 1993. Par la suite sont arrivés, dans la réalité, des faits qui leur ressemblaient. « Et si ce crime étrange et monstrueux était justement né de notre époque ? Justement des nombreuses injustices et injustesses enchevêtrées de notre propre temps ? N'est-il pas le symptôme de la nouvelle maladie du royaume ? » (Hélène Cixous) La nouvelle édition de cette pièce créée en 1993 par Ariane Mnouchkine comporte une nouvelle préface, des notes de répétition, et est accompagnée du DVD du film D'après « La Ville parjure » de Catherine Vilpoux, qui, en confrontant certaines scènes du spectacle à différentes traces de l'actualité, a voulu rappeler toute la brutalité des faits qui avaient inspiré ce travail.

  • Les Naufragés du Fol Espoir (Aurores) est une création collective du Théâtre du Soleil, mi-écrite par Hélène Cixous, et librement inspiré du roman posthume de Jules Verne Les Naufragés du Jonathan (1897), (publié sous le titre En Magellanie, « Folio » Gallimard, 1999). Ce spectacle se joue actuellement à la Cartoucherie et donne lieu à une édition du texte.

    Très beau livre-objet, sous forme de scénario, Les Naufragés du Fol Espoir (Aurores) entremêle textes, croquis, partitions musicales, et autres délicieuses surprises.

    Nous sommes en 1914, à la veille de l'assassinat de Jaurès. Nous sommes à l'étage de la guinguette de Félix Courage, qui prête gracieusement le lieu et son personnel au cinéaste socialiste Jean LaPalette. Nous sommes sur le lieu de tournage d'un film, projet utopiste et nécessaire, et nous embarquons, avec ses protagonistes, sur le Fol Espoir en 1895. Un radeau des espérances qui nous mène tout au long de son voyage au plus près des grands thèmes historiques qui ont construit le xxe siècle : la montée du socialisme, l'impérialisme anglais et son colonialisme en Amérique du Sud qui ont favorisé l'extinction des ethnies, les enjeux du capitalisme, la question du pacifisme, l'ébauche d'un contrat social avorté, le droit des femmes. « Ça tourne » dans un mouvement de ballet, voiles au vent, sur les mers glacées du Sud, tous ayant pour projet de fonder un ordre nouveau : « Ni dictature, ni anarchie, mais gestion mutuelle. La Liberté comme base, l'Égalité comme moyen, la Fraternité comme but. » Un spectacle et un texte épiques pour restituer les espoirs dont le XXe siècle d'avant la Grande Guerre était porteur.

  • Les tragédies historiques nous disent « les tristes histoires de la mort des rois, comment les uns ont été déposés, d'autres tués à la guerre, d'autres hantés par les spectres de ceux qu'ils avaient déposés... » Richard II est le premier chapitre de cette chronique d'une tribu de personnages qui luttent pour construire le monde, agrippés à leur île sauvage battue par les tourmentes, encore presque déserte. « Ce majestueux trône de rois, cette île couronnée, cette terre sacrée, ce siège de Mars, cet autre Éden, ce presque Paradis » est pour chacun de ces aventuriers l'image du monde ; et eux-mêmes sont à eux-mêmes l'univers, lorsqu'ils découvrent et racontent leurs paysages intérieurs. Chacun chante les terribles tempêtes qu'il voit gronder autour de lui. Ils se regardent, ils s'analysent : ils exhalent un flot d'images crues, somptueuses, sanglantes, extrêmes, faisant affleurer à chaque instant leur destin et leur mort, comme en une vivisection de l'âme.

  • L'Âge d'or, c'est peut-être demain. Mais c'est d'abord un spectacle d'aujourd'hui fait pour parler à la sensibilité et à l'intelligence du spectateur d'aujourd'hui. C'est le regard lucide porté sans complaisance sur ceux qui sont et font le monde que nous vivons : chacun peut se retrouver, et peut-être se trouver.
    Dans L'Âge d'or, première ébauche, des personnages quotidiens sont réinventés pour mieux témoigner de notre société. Il ne s'agit pas de théâtre militant au sens habituel mais d'un théâtre de l'immédiateté, avec, en plus de son authenticité, son plaisir ; sa beauté, et sa force tranquille. C'est le théâtre de la réalité qui se dévoile sous le masque arraché de la commedia dell'arte, moule générateur et révélateur d'une théâtralité immédiate qui, sous le couvert du rire et de l'émotion, rejoint directement, tant elle finit par se confondre avec elle, la vie. Et alors l'Âge d'or, ça peut-être demain.

  • Au départ, il y a ce roman de Jules Verne : un bateau s'échoue sur une île, à la pointe de la Terre de Feu, ses passagers vont tenter de construire une société nouvelle, un modèle pour l'humanité future. En juin 1914, une équipe de cinéastes tente l'adaptation cinématographique de ce roman.
    Une fable poétique et politique, à une époque charnière où toutes les utopies d'un siècle naissant semblaient possibles.

  • Le roman Mephisto pose la question du rôle et de la responsabilité des intellectuels à la naissance du Troisième Reich. La fable qui, pour nous, s'est dégagée du roman pourrait se formuler ainsi : le spectacle serait l'histoire de deux comédiens, liés par l`amitié, également passionnés de théâtre, également talentueux, également préoccupés de la fonction politique, voire révolutionnaire, de leur art, dans l'Allemagne de 1923.
    « Pour qui est-ce que j'écris ? Qui me lira ?
    Qui sera touché ?
    Où se trouve la communauté à laquelle je pourrais m'adresser ?
    Notre appel lancé vers l'incertain tombe-t-il toujours dans le vide ?
    Nous attendons quand même quelque chose comme un écho, même s'il reste vague et lointain.
    Là où on a appelé si fort, il doit y avoir au moins un petit écho. »
    Klaus Mann

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