Rocher

  • Crazy Horse : l'homme étrange des Oglalas Nouv.

    Cette biographie du chef sioux Crazy Horse est l'exemple même de la fusion entre l'art de la biographie et l'oeuvre littéraire. Né au sein des Oglalas, une des sept bandes des Sioux tetons-lakotas Crazy Horse, comme pour rappeler ses cheveux aux boucles un peu claires, portait tout jeune le nom de Curly. Perçu aux yeux des siens comme énigmatique, solitaire, le jeune chef exerçait auprès du « peuple profond » des Lakotas un prestige mystérieux. Il consacra sa vie à combattre un envahisseur dont la supériorité militaire et les épidémies qu'il apportait ont attiré sur les Indiens les pires malheurs et calamités. Sandoz, outre qu'elle s'attache à décrire « son homme étrange » dans l'émotion comme dans l'affliction, rapporte dans le souffle de sa passion, les événements historiques et personnels qui ont accablé la vie de « son héros ». Après une courte existence où se sont croisées joies simples, déconvenues, trahisons, défaites mais aussi victoires comme à Little Big Horn face au général Custer en juin 1876, Crazy Horse sera contraint, surtout par les siens, de se rendre. Le 5 septembre 1877, après avoir présenté sa reddition, il sera lâchement assassiné à Fort Robinson par un soldat... grâce à l'aide d'un de ses « frères Lakotas ».
    Mari Sandoz (1896-1966) est née dans le Nebraska et a grandi sur les lieux où vécut Crazy Horse. Ses écrits sont imprégnés d'une enfance où elle côtoya toute petite les Indiens. Cela explique en partie une certaine manière d'écrire qui fait sa spécificité. Sandoz a de nombreux livres à son actif dont Automne cheyenne publié dans la présente collection.

  • « La trilogie des Sioux de Hyde représente une référence dans l'histoire des Indiens d'Amérique du Nord. Son travail était révolutionnaire et innovant, à la fois dans la méthode et dans les détails à tel point que ses livres ont servi de modèles aux historiens qui lui ont succédé. ».
    Raymond J. DeMallie.

    L'avènement de cette trilogie sur les Sioux, rédigée de 1937 à 1961, demeure une étape unique quant à l'utilisation de sources écrites allant du XVe au XIXe siècle auxquelles s'ajoutent des témoignages directs par ceux ayant vécu les dernières décennies de la fin d'un monde. Des premières migrations dès 1650 aux années 1890, l'ouvrage reconstitue méticuleusement l'histoire des Sioux tetons-lakotas : fratricide guerres intertribales, affrontements contre l'armée américaine, conflits avec les marchands de la Frontière et les agents de réserve. Quant aux chefs, Hyde démontre que la dynamique de cette histoire a pour beaucoup procédé du succès ou de l'échec de ces derniers à comprendre la futilité de résister aux Américains. En ce sens il établit les différences entre le duo Sitting Bull-Crazy Horse et le duo Red Cloud-Spotted Tail, celui-ci ayant eu la patience, la diplomatie d'effectuer l'inévitable transition du passage des siècles de liberté à l'enferment dans les réserves.

  • Wisconsin 1873. À la mort de ses parents victimes de la grande crise financière, Jenny Doussmann part dans les Grandes Plaines rejoindre son frère, Otto, vétéran de la guerre de Sécession devenu chasseur de bisons. Ceux-ci commencent à se faire rares, sans compter les rivalités entre chasseurs et la plupart des tribus indiennes entrées en guerre. Le premier hiver de ces deux émigrants allemands, seuls dans l'immensité, tourne au cauchemar. Ils seront sauvés par une vieille connaissance, Two Shields, un Cheyenne du Sud qui s'engage à veiller sur eux. Devenus membres de sa tribu, Jenny et Otto devront combattre à la fois d'autres chasseurs et des tribus ennemies des Cheyennes. Dans ce roman sauvage et lyrique, les Grandes Plaines sont le réceptacle d'un monde à l'agonie et font corps avec l'Indien et le bison décimés. Ce tableau de l'Ouest américain, avec ses descriptions crépusculaires, mais réalistes, n'épargne personne, animaux et humains : Indiens comme Blancs.

  • À l'instar de la rencontre en 1930 entre Black Elk, homme-médecine lakota, et John G. Neihardt, de laquelle résultat le célèbre Élan Noir parle (Black Elk Speaks), la rencontre dans les années 1970 entre Thomas E. Mails et Frank Fools Crow, chef cérémoniel lakota, procède du même « hasard » de Grand Rendez-Vous spirituel. Né en décembre 1890, année et mois du massacre de Wounded Knee, dans la réserve des Sioux oglalas de Pine Ridge, ce neveu de Nicholas Black Elk est le dernier descendant d'une grande lignée de Saints-Hommes. Outre son parcours personnel, il nous relate un monde et un mode de vie entrelacés à des valeurs morales et spirituelles consubstantielles de l'identité lakota. Au début de sa vie, Fools Crow dut vivre caché, presque exilé sur sa propre terre, pour échapper à l'école des Blancs. Longtemps il pratiqua des rites secrets interdits par le Bureau des Affaires indiennes, particulièrement la danse du Soleil. Toute sa vie au service des siens, Fools Crow a conduit aussi d'autres cérémonies des plus importantes dont celle du Yuwipi, de la Pipe Sacrée, du Hunka, de la quête de la Vision. Tenant à la fois du passé comme du présent, les propos de l'homme-médecine, à leur façon, répondent aux questions que se pose aujourd'hui un vaste public quant au devenir des Indiens d'Amérique du Nord, en l'occurrence sur l'héritage spirituel les Sioux lakotas. En cela la préface de Didier Dupont répond en partie, aujourd'hui, à certains aspects de ce questionnement.
    Reconnu comme un des principaux interlocuteurs de personnalités indiennes d'Amérique du Nord à l'instar de John G. Neihardt, Richard Erdoes, Harvey Arden, Thomas E. Mails (1920-2001) pasteur luthérien, a notamment publié Mystics Warriors of the Plains, Buffalo Soldiers, People Called Apache, The Hopi Survival Kit, Secret Native American Pathways, The Cherokee People.

  • Ces dialogues avec le grand écrivain kiowa N. Scott Momaday sont des conversations à bâtons rompus, jubilatoires et emportées, riches et joyeuses, sérieuses, jamais graves et par lesquelles nous côtoyons avec une étrange facilité la littérature, l'esthétique, la spiritualité, le langage liés à l'univers des Indiens d'Amérique du Nord. Nous y accédons par ces échanges avec un géant de la littérature, autant indienne qu'américaine, dont la voix profonde résonne à notre entendement et nous met en contact direct avec son oeuvre.
    Par sa nature, le livre donne à apprécier la chance d'avoir l'opportunité d'entrer dans l'art de la Conversation, la puissance évocatrice que cela peut revêtir. Momaday révèle ici à quel point, et comment, il a été profondément influencé par ses racines kiowas. Dans son travail incessant de création, tant comme écrivain que comme peintre, Momaday, comme l'écrit Woodard, étonne par la « diversité et l'ampleur de son expression artistique ». Voix ancestrale nous emmène aux sources de sa création, au coeur de son univers. De ces échanges viennent à nous les voix calfeutrées dans les livres, dans les replis de l'esprit et les ressacs de l'Histoire. En exprimant la quintessence de son monde mythologique, en nous faisant part de certains aspects de son histoire personnelle liée à celle des Indiens d'Amérique du Nord, Momaday replace l'individu au centre du processus de création artistique, de son identité propre, dans son environnement originel et de son émotion unique.

  • S'il y a une approche primordiale sacralisée de la mythologie du Diné, les Navajos, c'est bien celle qui procède des rituels de guérison. Au-delà des symptômes et des soins apportés au corps physique, ces rituels cherchent toujours à replacer la psyché de l'individu en harmonie avec l'ensemble des forces naturelles et surnaturelles qui l'entourent. Le livre expose les processus symboliques de guérison développés par les rites ancestraux qui mettent en application des principes redécouverts par la psychanalyse jungienne. Le principal support physique, comme artistique, de ces processus se traduit par la réalisation de peintures de sable créées uniquement dans un contexte rituel et religieux. Elles représentent les formes symboliques issues du mythe du Diné de la Création. L'auteur, psychanalyste jungien, évalue et compare son savoir à la tradition navajo ; en cela, il s'est souvent entretenu avec plusieurs hommes-médecine. Nous découvrons ainsi la Voie de la Beauté, de la Bénédiction, du Grand Dieu, du Vent, de l'Ennemi, du Projectile, de la Grande Étoile mais aussi le Chant de la Nuit comme celui de la Voie Malfaisante, le Chemin du Pollen, les fumigations sacrées à base d'armoise. Ultimement, nous pouvons aussi considérer ces rituels ancestraux de guérison comme une forme de réflexion sur notre héritage et nos anciennes médecines holistiques.

  • Les premiers peuples des Plaines dont Hyde nous rapporte l'histoire, du XVe siècle au début du XIXe, portent des noms autant célèbres qu'emblématiques : Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Kiowas. Et pourtant, ce livre couvre bien plus que ces seuls mythes. Il nous fait découvrir d'autres tribus dont le rôle dans l'histoire de l'Amérique indienne fut autant déterminant. En cela l'ouvrage - grâce aussi aux informations capitales rapportées par le grand spécialiste Daniel Dubois - demeure un texte irremplaçable dans lequel Hyde nous renvoie souvent à nos ancêtres français, premiers voyageurs d'Amérique du Nord, marchands, aventuriers, cartographes et autres illustres écrivains-voyageurs.Ces pages offrent une image vivante des tribus qui occupaient, du Canada au nord du Mexique, les immenses espaces des Plaines et des Rocheuses. Hyde y décrit avec précision les conflits intertribaux pour la conquête et l'occupation des territoires. Nous découvrons comment et pourquoi, entre tribus, il y aura toujours des rapports de forces laissant de fait très loin l'image idyllique du bon homme sauvage. On reste étonné des divers motifs que s'ingéniaient à trouver les Indiens entre eux pour se faire la guerre. Plus opportunistes que pragmatiques, les amis d'hier deviennent soudainement des ennemis jurés qu'on ira massacrer le lendemain et dont on s'empressera de réduire en esclavage les survivants qu'on pourra en revendre parfois à des tribus voisines, voire aux nouveaux venus : les Européens.
    George E. Hyde (1882-1968) fut longtemps un emblématique doyen des historiens américains spécialiste des Indiens des Plaines. Sa trilogie sur l'histoire des Sioux, ainsi que son travail sur l'histoire des Cheyennes d'après les lettres de George Bent ont été traduits dans la présente collection.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Karin BodsonPréface de Daniel Dubois

  • L'homme blanc sait tout fabriquer, mais il ne sait pas distribuer ce qu'il fabrique.Sitting Bull, lakota hunkpapa, 1885
    Toute la philosophie spirituelle de ce recueil demeure dans cette phrase de l'écrivain kiowa, N. Scott Momaday en 1998 : « À l'endroit où les mots et le lieu se rejoignent, on trouve le sacré. »
    Norbert S. Hill, Jr, est inscrit comme membre de la tribu des Iroquois oneidas du Wisconsin. Il a oeuvré dans les administrations universitaires facilitant aux étudiants de diverses tribus d'accéder à l'enseignement supérieur. Hill est titulaire de deux doctorats dans les domaines de l'ingénierie.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par Danièle Laruelle.

  • Issu des plus récentes études sur les Sioux des Plaines, cet ouvrage est à ce jour l'un des plus abouti sur cette tribu qui, presque à elle seule, synthétise sur son nom la résistance et la funeste destinée des Indiens d'Amérique du Nord.Jeffrey Ostler démontre - avec solides arguments à l'appui, témoignages irréfutables de toutes les parties et documents officiels - comment l'Histoire peut aspirer dans sa spirale, pour mieux le broyer, un peuple entier comme les Sioux lakotas, notamment face au processus de colonisation qu'a, au départ, plus que symbolisé l'expédition de Lewis et Clark de 1804 ordonnée par le président Jefferson. Dans une parfaite et claire chronologie, Ostler rapporte les événements et les engrenages militaire, géopolitique, diplomatique, juridique et économique qui ont réduit à portion congrue les immenses contrées des Indiens des Plaines et tous les éléments ayant inéluctablement concouru au massacre de trois cents Sioux dans le Dakota du Sud, à Wounded Knee, en décembre 1890 quelques jours après le meurtre de Sitting Bull.
    Auteur de plusieurs ouvrages, Jeffrey Ostler est responsable du département d'Histoire de l'Université de l'Oregon.
    Traduction : Florence Moreau et Alexandre Prouvèze
    www.nuagerouge.com

  • « Jamais je n'oublierai cette bataille. »Chef de guerre cheyenne Two Moon
    Un brûlant dimanche de juin 1876, dans la vallée de la Little Big Horn, au coeur de l'Ouest américain : une coalition de Sioux et Cheyennes, réunie par les chefs Sitting Bull et Crazy Horse, anéantit le 7e de cavalerie du général Custer. Immédiatement, la bataille est propulsée au rang de mythe identitaire des États-Unis.Un mythe qui dure : à ce jour, aucune bataille nationale ne déclenche une telle fascination outre-Atlantique. L'historien, pour sa part, se retrouve face à de nombreux mystères : la défaite était-elle due aux erreurs et aux ambitions de George Armstrong Custer ? Comment les Indiens ont-ils vécu leur victoire emblématique ? Comment expliquer ces témoins que l'on a voulu faire taire ou ces cartes truquées ?Du fracas de la guerre de Sécession aux clameurs des Grandes Plaines, l'auteur nous plonge dans une Amérique brutale, brossant le portrait sans fard des icônes Custer, Sitting Bull et Crazy Horse mais aussi d'acteurs moins connus de la période. L'immersion se poursuit avec la bataille elle-même, qui reprend vie à hauteur d'homme, à travers la voix de dizaines de témoins oculaires et d'experts.Fruit de sept ans de recherches et de voyages sur le terrain, cette «autopsie » d'une légende a été considérée dès sa première édition comme la référence sur le sujet.
    Membre des Little Big Horn Associates, titulaire d'une maîtrise d'Histoire, David Cornut ouvre ici l'un des dossiers les plus controversés de l'histoire américaine.

  • Depuis toujours les Indiens et la Nature ont été deux termes indissociables, liés dans l'image que nous en avons tant dans les grands classiques de la littérature, de la BD ou du cinéma. Le présent ouvrage, s'il n'est pas conçu dans un esprit religieux mystique, ni même par une adhésion à l'idéologie New Age par rapport aux Indiens, ou par on ne sait quel militantisme écologique acerbe, relève plutôt d'une forme d'écologie spirituelle.
    En cela, le motif premier du livre, son intérêt réside plus dans la fusion totale des Indiens avec la Nature et non comme si ces derniers étaient des parangons d'une écologie traitée à toutes les sauces... Dans ce voyage, nous sommes conviés à la "re" -découverte d'une terre du début du monde avec des personnages sortis tout droits d'un grand mythe que l'on croyait éteints. Le livre instaure la contemplation d'une nature si puissante dans son omniprésence qu'elle force toujours le respect avec ses paysages qui abritent des animaux sauvages encore libres, et ses horizons enivrants.
    Parce que l'histoire de ce livre, c'est aussi celle de la Dernière Frontière qu'au fil des pages nous pouvons saisir. Entre les Indiens et la Nature il y a l'évidence tant physiologique que spirituelle, métaphysique et pour tout dire, parfois, "mystique" . Les mythes en rapport avec la nature décrits ici nous le démontrent. Mystique au sens noble et "traditionnel" du terme, celui que les Indiens appréhendent dans leur héritage spirituel qu'ont façonné des siècles de cosmogonie.
    Les photographies commentées ne sont pas de simples "illustrations" et font plus que d'évoquer la nature. Elles expriment sa diversité, sa force et sa faiblesse, des hommes aux cultures variées qui en dépendaient et avaient appris à vivre avec elle en harmonie, jusqu'au Cercle de la vie brisé à l'arrivée des étrangers venus de l'Est. Les Indiens sublimaient tant les paysages, les grands espaces que nous sommes en mal d'imaginer qu'il ne s'agisse pas d'un phénomène de réciprocité.
    La disparition des dernières immensités sauvages laisse répandre l'idée que nous assistons à la fin d'un monde, voire notre propre fin. Conçues comme des documents scientifiques, géographiques et ethnographiques, ou comme des curiosités ou des tableaux artistiques, ces photographies - rares et pour certaines inédites - dépassent l'instant furtif de la prise de vue et l'intention du photographe. Elles nous invitent à diriger notre regard vers l'avenir.
    Les Indiens ont été combattus, spoliés, dépouillés, humiliés pour être finalement "protégés" par ceux-là même qui les envahirent. Des Parcs naturels pour la Nature, des Réserves pour les Indiens. Pour les deux, un même surprenant pouvoir de résilience.

  • Depuis plus d'une vingtaine d'années de séjours prolongés chez les Indiens navajos, l'anthropologue de terrain Marie-Claude Feltes-Strigler a tissé les liens étroits avec de nombreux membres du peuple du Diné et notamment avec celui qui est devenu, dans la seconde moitié du XXe siècle, l'un des plus grands homme-médecine navajo : Sam Begay. Ce dernier a accepté de confier sa vision de ce qu'était le monde « avant le début des temps », les mythes, les valeurs qui régissent la vie quotidienne dans la réserve. L'homme nous rapporte le déroulement de plusieurs cérémonies et rites de guérison qu'il dirige et pratique, donnant ainsi à appréhender cette Connaissance qui se transmet de génération en génération. Sa voix parle de la richesse de sa culture, d'une vie traditionnelle qu'il sent en danger, des maux du monde moderne qui menacent le mode de vie séculaire navajo, tout comme le nôtre.Dans ce voyage au coeur de l'Amérique indienne d'aujourd'hui, dans la Grand Rez de Monument Valley en Arizona, Sam Begay nous fait partager son savoir où se perpétue la mémoire du passé sur laquelle nous pouvons, bien souvent, fonder notre avenir.
    Sam Begay, (1935-2015), né dans la partie de la réserve navajo située en Arizona, est issu d'une famille nombreuse et traditionnelle. Il est devenu un homme-médecine renommé et respecté, qui a joué un rôle décisif dans l'élaboration du droit coutumier navajo. Son statut d'Ancien et d'homme-médecine ont fait de lui un des principaux interlocuteurs de la nation navajo.Marie-Claude Feltes-Strigler, Maître de conférences à l'Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle, est l'auteur d'une thèse de doctorat, « La Nation navajo - tradition et développement », ainsi que de divers ouvrages sur les Navajos, d'une histoire des Indiens des États-Unis et, dans la présente collection, du livre « Les Indiens osages » ainsi que de nombreux articles sur les nations indiennes.

  • Après l'assassinat en 1877 du chef de guerre des derniers Sioux rebelles Crazy Horse, Washington décide de nommer dans le Dakota du Sud le jeune docteur Valentine McGillycuddy comme agent indien de l'agence des Sioux oglalas, bientôt rebaptisée réserve de Pine Ridge.
    L'homme, honnête et sans détours, va connaître les pires années de sa carrière au service du gouvernement. Ses nouvelles fonctions vont le confronter au chef oglala Red Cloud, une forte personnalité, retors, autoritaire, à l'esprit insaisissable et dont le pouvoir et l'ascendant sur les siens, que les Blancs pensaient briser après son enfermement dans la réserve, demeurent plus fort, que jamais. Dans un style envoûtant, convaincant de par l'exactitude des faits, l'authenticité des personnages, O'Brien décrit minutieusement les circonstances de la politique et des tensions des premiers jours de la réserve, au moment où McGillycuddy, le fonctionnaire qui fit l'objet du plus grand nombre d'enquêtes en Amérique, presse les Sioux d'adopter une économie agricole.
    Le jeune agent va en effet devoir affronter, outre la corruption et les prébendes, une opposition larvée, parfois rude et menaçante qui va pendant plusieurs années le mettre dans une position difficile vis-à-vis de ses collègues du bureau de Pine Ridge, des rares Indiens qui se sont mis de son côté, et du gouvernement dont l'un des enjeux des prochaines élections présidentielles concerne la politique du ministère de la Guerre quant à l'administration des réserves indiennes et notamment l'aigu problème sioux que pose Red Cloud à Washington.
    Le face-à-face entre les deux hommes restera unique dans l'histoire d'un agent de réserve et son dénouement s'achèvera dans un déchirement qui incarnera à jamais le terrible symbole de la tragédie des Grandes Plaines d'Amérique.

  • Les tranchées de la Grande guerre fourmillaient de soldats français et étrangers. Parmi eux, les Indiens d'Amérique du Nord sont arrivés en nombre. Dès 1914, 4000 Indiens du Canada débarquent en France et en 1917, 15000 Indiens des Etats-Unis les rejoignent, retrouvant ainsi leur dignité de guerriers. Comment ont-ils été recrutés ? Quelles étaient leurs compétences particulières ? A quelles tâches ont-ils été employés ? Sioux, Cheyennes, Comanches, Apaches, Crows, Choctaws, Blackfeet, Navajos, combattirent au coude à coude avec les Doughboys ou les Tommies, les Tirailleurs sénégalais et les Australiens.
    Eux qui n'avaient pas même la nationalité américaine, ils se sentirent pleinement Américains pour combattre les soldats du Kaiser et mourir, couverts de boue, dans les tranchées. C'est leur histoire, émouvante et superbe que nous raconte, dans un livre tout public et néanmoins extrêmement documenté, Jacques Rouzet, grand spécialiste des tribus "Natives".

  • C'est de la fiction, mais tout est vrai - Ron Querry
    Bernadette Lefthand, jeune Apache jicarilla, vit dans la réserve au nord-est du Nouveau-Mexique, avec son père et sa cadette, Gracie. Bernadette est vue comme une star des pow wow où, dans les réserves, se retrouvent diverses tribus pour les danses et les rodéos. Un jour, Gracie apprend que sa soeur a été retrouvée morte. L'énigme de cette mort se mêle avec la sorcellerie navajo sur fond de vie quotidienne dans les réserves. C'est du choix narratif, oral, de la jeune Gracie, que le livre tire sa puissance tragique. Elle se partage le récit avec Starr, ancien mannequin à New York, en contre-point. L'ingénuité de Gracie s'oppose à la dureté citadine de Starr. Une troisième voix, plus profonde, nous révèle tout ce qu'il nous faut savoir sur les replis sombres du monde navajo. Querry nous entraîne dans les profondeurs de la nature du Mal telle qu'elle apparaît, encore de nos jours, dans les croyances indiennes. La réalité des personnages, leur environnement font, ici, presque oeuvre d'ethnologie.
    Ce roman de Ron Querry s'inscrit dans la lignée d'écrivains indiens que la présente collection a publié dès 1993, notamment la première traduction de La Maison de l'Aube de N. Scott Momaday, prix Pulitzer 1969.Descendant du clan Sixtown de la tribu choctaw, Oklahoneli, Ron Querry est l'auteur plusieurs ouvrages, roman comme document, liés à l'Amérique indienne et aux chevaux.

  • Inspirées de la réalité quotidienne et racontées sur le mode des légendes anciennes, les nouvelles de ce recueil transcendent leur modèle et touchent au coeur de la vie des indiens d'aujourd'hui.
    Le trickster, animal farceur et souvent malfaisant de plusieurs mythologies indiennes, est l'inspirateur des figures qui traversent les récits : coyotes en rut à figures humaines, corbeaux obsédés sexuels et ours sages, et leurs pendants humains, alcooliques pour la plupart. les vies des personnages s'entrecroisent au fil de ces nouvelles souvent désopilantes, mais aussi tristes, dépouillées ou encore paillardes, et toujours émouvantes, profondément humaines.
    La langue d'adrian c. louis est dure, satirique, mais ô combien lucide, notamment sur les rapports de pouvoir, et portée par un humour tranchant. elle incarne coyote le trickster, mais aussi les gens des rues et des réserves, les clochards, les jeunes, les ratés, les fêlés et les purs génies. malgré l'enfer de la " rez ", louis écrit avec le coeur de ses ancêtres paiutes.
    " tu te demandes sans doute pourquoi j'écris tout ça.
    Au juste je n'en sais rien, mais il fallait que ça sorte et je me suis souvenu que tu m'avais aimé. en tout cas, moi, je t'aimais. quoi qu'il en soit, les grandes villes ont le don de sucer les indiens jusqu'à la moelle pour les recracher ensuite. nous allons dans les villes pour nous y perdre, ou alors pour mourir. ou encore, pire que tout, nous allons dans les villes pour devenir des blancs. ".

  • De la réserve de White Earth dans le Minnesota dès le début du XXe siècle aux années 20 en France, Gerald Vizenor nous em-porte dans le tourbillon d'un périple littéraire, historique et artisti-que qui invite à suivre les pérégrinations des soldats indigènes venus combattre en France durant la Première Guerre mondiale en 1917 et notamment, celles des deux frères Ojibways Basile et Aloysius Beau-lieu qui ont grandi dans la réserve où est né l'auteur. Avec un sens aigu du « hasard, des liens totémiques et sur la nature transitoire de notre passage en ce monde », le livre, puissant, s'avère être un prodigieux en-trelacement des instances dramatiques, comme fatales, de la vie de réserve avec celle vécue dans les « tranchées » ; vies liées aux mythes tribaux et aux grands mouvements artistiques et littéraires parisiens d'avant et d'après-guerre quand l'auteur convoque, allègrement mais toujours subtilement et fermement justifié, cubistes, fauvistes, impres-sionnistes mais aussi des poètes et des écrivains comme Apollinaire, Joyce, Ezra Pound, Hemigway, Cendrars, André Breton, Paul Eluard, Gertrude Stein, tous immergés dans l'effervescence inouïe des gale-ries d'art, des librairies, des cafés, du Marais à Montparnasse où les Dômiers se réunissent, se scrutent, se reconnaissent, s'enguirlandent, se toisent... Et les deux frères, l'un peignant toujours et partout en toute circonstance des corbeaux bleus, l'autre, structurant le récit dans sa forme et son sens avec l'Odyssée d'Homère dont les lectures profon-des des Livres ponctuent chaque étape, de ce monde entier qu'est ce roman, comme un repère ultime. Les Corbeaux bleus contient de nom-breux thèmes récurrents de Vizenor savoir la puissance et l'ironie des mythes tribaux qui forgent la trame du roman, les avantages qu'il y a à perdurer plutôt que de se poser en victime, la raison naturelle et la résistance.

  • Depuis des temps immémoriaux, « marcher d'une manière sacrée » est, pour beaucoup d'Indiens d'Amérique du Nord, une évidence, un « acte » naturel car spirituel et salutaire. Si bien des livres parlent des hommes-médecine, du chamanisme au masculin, bien peu évoquent réellement, comme celui-ci, l'existence des femmes-médecine, leur fonction et leur importance au sein des tribus, hier comme aujourd'hui. Après les guerres indiennes ce sont bien souvent les ces femmes qui ont joué un rôle prépondérant dans les réserves, surtout depuis que les hommes venaient de perdre leurs statuts sociaux et spirituels liés à la chasse et à la guerre : ils ne sont plus forcément ceux qui protègent et nourrissent les « foyers tribaux ».
    Les récits et interviews rassemblés ici sont autant de témoignages uniques, anciens comme récents, sur les femmes-médecine des Plaines principalement lakotas, Cheyennes et Crows. L'ensemble démontre combien ce sont elles qui, aujourd'hui, sont garantes pour beaucoup du maintien des traditions dans les réserves. Loin des dérives du New Age, ces paroles de femmes-médecine et de familles de guérisseuses s'avèrent être une contribution majeure à l'histoire et à l'héritage spirituel des Indiens des Plaines.

  • Little big man

    Thomas Berger

    Etats-Unis, territoire cheyenne, 1852 - un petit convoi d'immigrants en route pour la Californie est stoppé par des Cheyennes.
    Après plusieurs heures de palabres et beaucoup de whisky, la rencontre dégénère en bagarre. Un enfant de dix ans, Jack Crabb, et sa soeur Caroline, sont kidnappés par les indiens. Le jeune garçon sera alors adopté et élevé dans la tradition cheyenne, sous la tutelle du vieux chef Peau-de-la-Vieille-Cabane. Sur les traces de Jack Crabb, nous suivons l'histoire légendaire de l'Ouest américain, le massacre des Cheyennes par Custer à Wahista River en 1868 et, le 15 Juin 1876, la bataille de Little Big Horn qui voit la fin du même général.
    A l'arrière-plan de cette fresque historique, nous découvrons la vie des Cheyennes au quotidien, dans leur intimité, leurs traditions. C'est à l'âge canonique de cent onze ans que le dénommé Jack Crabb aurait raconté, sur magnétophone, ses " Mémoires de visage pâle ". Le récit est-il véridique ? On n'en sait rien. Toujours est-il qu'il fut le prétexte et la pulsion d'une créativité littéraire exceptionnelle.
    Picaresque, truculent, toujours surprenant dans sa façon d'associer les mots, d'enchaîner les situations, ce " roman " fut unanimement salué par la critique américaine.

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