Loose Joints

  • Cette monographie propose un récit des expériences de création d'image du photographe britannique autodidacte Jack Davison entre 2007 et 2019. S'inspirant de la vie quotidienne et travaillant beaucoup sur le clair-obscur pour masquer et révéler des détails, il cherche à l'image des qualités cinématographiques en jouant sur les ombres et des cadrages serrés. La main et l'oeil sont deux motifs récurrents dans son travail.

  • Dans cette série, Rahim Fortune propose une exploration photographique du Texas et des Etats voisins. Il analyse les relations entre la famille, les amis et les étrangers, tous pris dans un flot de problèmes liés à la santé et à l'environnement. L'artiste utilise ses propres expériences personnelles pour explorer les frictions entre vie publique et privée, et les tensions tacites de la vie quotidienne à travers une approche ancrée dans le paysage. Par sa relation biographique à l'image, il tente de dévoiler sa propre identité et son expérience entre pandémie, troubles politiques, déménagement à travers le pays, carrière et perte d'un parent, en pensant à la fois au futur et au passé.

  • L'artiste conceptuel américain Pacifico Silano nourrit sa pratique des archives et de la recherche de documents imprimés liés à la culture gay : il crée ainsi de nouvelles images qui parlent de la perte, du désir et d'une certaine mélancholie queer. Avec des recadrages, des découpes et des superpositions d'erotica gay vintage, il évoque la crise du Sida et ses conséquences sur les vies queer, à commencer par le décès de l'oncle de Silano au pic de l'épidémie.

  • La photographe documentaire anglaise Chloe Dewe Mathews a passé 5 ans à rendre compte des activités et rituels qui ont lieu le long de la Tamise, de sa source à son arrivée dans la mer. Dans la série Thames Log, la rivière devient donc la protagoniste essentielle dans une série de cérémonies et de pratiques parfois ancestrales, qui vont des incendies de bateaux à Oxford aux célébrations hindous pour l'anniversaire de Ganesh, en passant par le ratissage des berges, le transport de passagers au quotidien, ou la dispersion de cendres des défunts.

  • L'artiste français Paul Rousteau est connu pour son approche de la photographie baignée par la couleur et par une lumière relavant de l'alchimie. La série Seascape a été réalisée lors d'une résidence sur un bateau dans la mer de Corail en Australie. Inspiré par l'horizon autour de lui, il se retire dans la chambre noire pour réinventer des topographies mentales personnelles, cherchant à réduire le paysage à la réaction d'éléments simples : eau, air et lumière. Il étand à ses images toute la fiction que nous projetons habituellement sur les paysages et invite le spectateur à se réapproprier lui aussi les paysages marins qu'il connaît.

  • Au cours des cinq dernières années, l'artiste norvégienne Fin Serck-Hanssen a suivi et documenté la transition de son amie Hedda, qui, depuis ses vingt ans, a voyagé d'Oslo à Buenos Aires et Bangkok pour subir des chirurgies esthétiques et une vaginoplastie. Les images de Serck-Hansen et Hedda sont réalisées en collaboration pour dresser un portrait complexe du changement physique et psychologique dans la vie d'une jeune personne et montrer avec une honnêteté sans faille les réalités de la transition, des chirurgies et du rétablissement de Hedda. Hedda réfléchit à la construction psychologique de l'identité au 21e siècle, mêlant ses selfies et la fabrication de sa nouvelle identité numérique aux images tendres mais directes de Serck-Hansen de ses moments les plus vulnérables.

  • Jet Swan : material Nouv.

    Anglais Jet Swan : material

    Jet Swan

    Cette première monographie de l'artiste britannique Jet Swan se concentre sur les trois dernières années de son travail sur le portrait : il a créé deux ateliers de fortune, l'un dans un magasin abandonné dans un centre commercial de Scarborough au Nord-Est de l'Angleterre, l'autre dans un centre communautaire réhabilité à Ramsgate dans le Kent, où il vit et travaille. Il utilise ces espaces pour saisir ses contemporains, les extraire de l'espace public pour créer des environnements intimes et souvent sombres, travailler sur le détail des corps, des visages et des émotions qui transparaissent, à la marge des codes conventionnels du portrait.

  • Dans Ghost Witness Marten Lange visite des villes chinoises en expansion rapide à la recherche de traces fantomatiques du passé. Ses photographies en noir et blanc, presque futuristes, utilisent la logique de la grille en architecture pour interroger le lien ténu entre architecture, technologie, surveillance et futur. Des vitres cassées, des traces d'usure témoignent de cet état liminal dans lequel la réalité de ces constructions demeure, entre planfication et déclin rapide.

  • Avec un travail très fin sur la lumière, Mark Mc Knight propose ici une exploration brute de l'intimité queer avec des images crues de nus et d'étreintes sexuelles ayant pour cadre l'austérité du désert au Sud de la Californie. En noir et blanc, des paysages fermés et sans horizons répondent aux nuages et aux corps entremêlés, pour composer ce que le photographe décrit comme "un autre monde queer entre utopie et purgatoire".

  • Anglais Thomas prior amen break

    Prior Thomas

    Amen Break de Thomas Prior, dont le titre s'inspire du célèbre sample de batterie utilisé dans la musique hip-hop, jungle et drum and bass, porte son regard sur l'année 2020 au moment où New York s'est arrêté. Le photographe, dont la pratique documentaire est fortement liée à la rue, a parcouru les quartiers commerciaux autrefois très animés de sa ville, témoignant du moment où toutes les conventions du quotidien ont basculé pour faire place à l'émergence d'un dialogue global autour de la santé, du bien-être, des droits civils, des minorités, de l'économie et plus généralement sur l'avenir. Thomas Prior évoque l'Amen Break pour réfléchir à la manière dont des événements singuliers - le meurtre de George Floyd, le choix de porter un masque ou non, ou un mensonge prononcé par un leader - peuvent provoquer des ondulations sur l'avenir, comme un rythme sur lesquels l'histoire se compose. Une partie des bénéfices des ventes seront donnés à 9 Million Reasons, la plus grande banque alimentaire de New York.

  • Tomber dans le déshonneur, enceinte, de sommeil, en dépression : tomber est un acte à la fois comique et tragique, plein de perte et d'abandon volontaire - un acte répété tout au long de notre vie. Réfléchissant à des situations personnelles de deuil et de nouvelle vie, la chorégraphie de la chute de Gabby Laurent est une forme d'auto-réflexion, où permettre à son corps de céder à plusieurs reprises à la gravité crée un espace visuel pour contempler le temps, le destin et les circonstances.

  • Depuis des générations, les pêcheurs kazakhs s'installent en hiver sur la rivière gelée Ishim pour attraper du poisson sous la glace.Pour se protéger du froid, ils utilisent des morceaux de bâches plastiques assemblés entre eux, provenant d'Astana, capitale du pays née de l'exploitation pétrolière dans les années 90, érigée au milieu de nulle part et emblème de l'architecture post-soviétique. Dans cette série, le photographe Aleksey Kondratyev cherche à mettre en lumière le flux des matériaux capitalistes et leur effet sur les traditions nomades subsistant dans la population pour confronter les deux réalités d'un même pays.

  • La série Paintings par Harley Weir présente des images pensées comme une forme de digression par rapport à la pratique photographique habituelle de l'artiste. Connue pour sa photographie de mode très frontale ainsi que son approche forte, intime et souvent érotique du portrait, elle tente ici d'effacer la question des rapports de pouvoir qui peuvent peser sur la relation entre photographe et modèle. Cette série rassemble donc des vues quasi abstraites de détails, de murs saisis comme des peintures à la manière de natures mortes.

  • Cette série de l'artiste Lui-Alberto Rodriguez, photographe et ancien danseur professionnel, est faite avec les communautés du comté de Wexford en Irlande, un lieu où tradition et modernité sont présentes au quotidien. Le passé de l'artiste le poussant à accorder une grande attention au corps, il s'intéresse aux postures et aux cicatrices de ceux qui travaillent la terre. En parallèle, il observe les corps musculeux et les mouvements des joueurs de hurling, qui semblent créer des sortes de sculptures collectives mouvantes. Rodriguez crée ainsi, par la représentation des corps mise face à des éléments de paysage, un portrait collectif et communautaire de l'Irlande rurale et de son identité.

  • Dans la perception des Indiens, larégion du Cachemire est synonyme de paradis naturel vert et montagneux, mais il est aussi lié à un conflit qui touche le coeur de l'identité indienne. En 2014 et 2015, l'artiste Bharat Sikka, inspiré d'un roman de Mirza Waheed, a voyagé dans la région pour réalisr des paysages et portraits qui rendent compte de ce qu'est le Cachemire aujourd'hui.

  • Anglais Bobby doherty seabird

    Doherty Bobby

    Seabird est un livre de moments observés par le photographe américain Bobby Doherty entre 2014 et 2018. Il saisit différents aspects de la vie quotidienne avec la même mesure : paysages bucoliques et portraits de gens assis aux côtés des ordures de la ville, animaux, nourriture et fleurs. Malgré sa renommée de photographe de nature morte, Doherty est désireux d'éviter la catégorisation ; il travaille ici sans souci de cohésion pour créer une tapisserie d'images humaines, sautant de la carte de voeux kitsch à la juxtaposition formelle.

  • Avec des images méticuleusement élaborées et mises en scènes, le photographe de Los Angeles Buck Ellison étudie les codes visuels de la richesse aux Etats-Unis. Sportswear, alimentation saine, crossing et aviron, téhrapies de bien-être, portraits de cartes de voeux, il observe et met en scène les facteurs distinctifs de la classe supérieure blanche de manière lisse et irréelle.

  • Ce projet de recherche visuelle sur trois ans propose une réflexion sur les actions scientifiques et technologiques qu'entreprend l'humain pour modifier délibérément le climat. Il regroupe des images de phénomènes naturels, d'expérimentations et de mesures scientifiques issues de la presse scientifique, de forums sur internet, et des archives personnelles de l'artiste. Ces procédés ont d'abord été mis en place pour stimuler la production agricole et compenser des sécheresses à l'échelle locale puis intégrées à des contextes militaires, pour faire baisser la production et déstabiliser l'économie adverse. Cette série pose ainsi la question de la toute puissance de l'humain sur son environnement et sur son rapport au pouvoir.

  • Dans la série Campaign Child, l'artiste chinois Xiaopen Yuan utilise les codes de la photographie commerciale et publicitaire pour créer des narrations inattendues en manipulant corps et objets dans l'espace.En effet, alors qu'il développait une pratique artistique personnelle, le photographe a été plusieurs fois commissionné pour réaliser des pub de vêtements pour enfants, utilisant des modèles occidentaux et un décor évoquant l'Amérique, pour un résultat irréel. Il de donc décidé de jouer avec ces codes, de restructurer ces mises en scène pour en faire un espace de jeu et d'imagination.

  • Pendant près de deux décennies, Miranda Lichtenstein a travaillé à tordre les archétypes historiques de la photographie : paysages contemporains marginalisés, natures mortes réfractées, portraits basés sur la performance et abstraction. Dans cette nouvelle publication, les oeuvres abstraites en couches denses de Lichtenstein s'appuient sur des boucles de rétroaction de matériaux d'impression, de numérisation et de rephotographie au sein d'un studio. Cette publication expérimentale mêle trois séries basées sur ces boucles, utilisant l'impression et la reliure expérimentales pour apporter davantage de profondeur à ces images mystérieuses.

  • Tealia Ellis Ritter : the model family Nouv.

    Depuis sa jeune adolescence, dans la région rurale du Connecticut où elle a grandi, Tealia Ellis Ritter photographie sa famille en noir et blanc. Avec une approche intime et simple rappelant Sally Mann, elle réalise ainsi une série au long cours sur des dizaines d'années, The Model Family, qui rend compte avec émotion et douceur du passage du temps. L'ordre des images n'obéit pas nécessairement à une chronologie stricte mais forme des chapitres thématiques qui reproduisent ce que Tealia Ellis Ritter appelle "les chemins sinueux qu'emprunte souvent la mémoire".

  • Robin Friend : apiary Nouv.

  • Suite au décès de son grand-père métallurgiste dans les mines de Finlande, la photographe Felicia Honkasalo récupère quelques objets allant des souvenirs intimes aux simples outils de travail. A partir de cet héritage singulier, elle dresse un portrait photographique en creux de son grand-père en mettant en scène ces objets comme un cabinet de curiosité poétique et épuré. La séquence qui en découle parle à la fois de son ancêtre et de l'histoire industrielle de sa Finlande natale. Elle est accompagnée de notes manuscrites de la main de son grand-père et de la sienne.

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