Gallimard

  • Après ses livres d'entretiens sur le monde de l'art contemporain qui ont connu un grand succès (Galeristes en 2010, Collectionneurs en 2012, Artistes, en 2014), Anne Martin-Fugier a interrogé quinze femmes actrices de l'art contemporain en France durant les cinquante dernières années.
    Elle n'a pas choisi des artistes, mais des « témoins », journalistes, galeristes, directrices d'institutions publiques et privées qui, partout en France, participent à la diffusion de l'art contemporain avec leur énergie et leur sensibilité. Leurs trajectoires et leurs récits constituent un panorama du monde culturel d'aujourd'hui.

  • Qu'est-ce que peindre ? Qu'est-ce que voir ? Qu'est-ce qui fait qu'un regard est unique ? Gérard Fromanger réfléchit à haute voix sur son art et parle de la naissance de ses tableaux. Vif et percutant, il raconte aussi la face cachée de la vie de peintre. Auteur d'une oeuvre parmi les plus sensibles aux mutations sociales et esthétiques de la deuxième moitié du XXe siècle, c'est tout un pan de l'histoire artistique qui est révélé avec humour et vivacité.
    Dans ce livre de conversations avec Laurent Greilsamer, entrepris après la rétrospective de 2016 au Centre Pompidou, on découvre sa jeunesse, ses années de formation à Montparnasse, son compagnonnage avec Jacques Prévert, César et Giacometti, ses ruptures avec le marché de l'art. Ses amitiés avec les philosophes Michel Foucault, Gilles Deleuze, Félix Guattari et Michel Onfray qui ont commenté quelques-unes de ses plus fortes séries.
    Cofondateur de l'Atelier populaire des Beaux-Arts de Paris en mai 68, il évoque aussi son besoin d'engagement, ses indignations, sa passion pour la foule, thème central dans sa peinture. Sans compter son besoin cyclique de se réfugier dans la solitude de la campagne siennoise où se trouve son atelier. Un témoignage capital sur la vie d'artiste aujourd'hui.
    Gérard Fromanger est né en 1939. D'abord influencé par Giacometti, il s'oriente rapidement vers la Figuration narrative et devient le peintre de la couleur. Il se partage entre Paris et la Toscane.

  • Cet ouvrage reprend la plupart des entretiens que Philippe Dagen a menés avec des artistes d'aujourd'hui pour Le Monde. Comme explique l'auteur, être critique d'art du principal quotidien français lui a permis de rencontrer plus aisément de nombreux artistes en France, aux États- Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Espagne. Philippe Dagen les a choisis « hors de toute considération d'actualité immédiate », mais en cherchant à aller voir dans toutes les générations et toutes les directions. C'est donc sa curiosité d'historien et de critique qui donne le ton de cet itinéraire au fil duquel apparaissent plus de soixante interlocuteurs. Certains ont disparu depuis lors, comme Bacon, Balthus, Louise Bourgeois ou Lichtenstein, mais la plupart sont vivants - et pour beaucoup très largement reconnus, de Christian Boltanski à Yoko Ono, d'Annette Messager à Gerhard Richter, de David Hockney à Bettina Rheims. Ne manquent à l'appel aucune des « stars » de l'époque, Jeff Koons, Maurizio Cattelan ou Ai Weiwei. Mais des créatrices et créateurs plus jeunes, moins connus - et tout aussi intéressants que les plus célèbres - sont là aussi.
    Philippe Dagen les a, chaque fois que cela a été possible, rencontrés chez eux, dans leur atelier, qu'il décrit tout en rapportant leurs conversations, souvent impromptues. Ils parlent d'eux, de leurs trajectoires, de l'actualité, de leur art - et de l'art en général. L'auteur, qui est parvenu à faire parler des artistes parfois réticents, a réuni ainsi une galerie de portraits qui est aussi un paysage instantané de l'art contemporain La réunion de ces entretiens est un document passionnant sur ce monde peu accessible.

  • Modèle et inspiratrice de Maillol, résistante, collectionneuse, galeriste, Dina Vierny, à force de volonté, d'enthousiasme et de liberté a fait de sa vie un vrai roman. Née en 1919 près d'Odessa, émigrée en France, Dina côtoie chez ses parents l'intelligentsia russe de Paris. L'année de ses seize ans, un ami signale sa ressemblance avec les sculptures de Maillol, qui l'invite à son atelier de Marly-le-Roi. Elle y rencontre Van Dongen, Vuillard, Le Corbusier, Gide, Valéry, Bonnard, Matisse. En 1940, Dina est à Banyuls-sur-Mer où elle pose pour Maillol. Elle fréquente Marseille où André Breton et ses amis se sont réfugiés. Elle participe aux filières d'émigration pour les antifascistes européens. Arrêtée à Paris en 1943 par la Gestapo, elle est sauvée par Maillol qui fait intervenir Arno Breker, le sculpteur officiel du IIIe Reich. Avec le soutien de Matisse, Dina ouvre en 1947 une galerie. Elle organise les premières expositions de Poliakoff, et montre aussi Dufy, Kandinsky, Laurens, Picasso... En 1964, Dina offre à l'Etat français 18 sculptures monumentales de Maillol, qu'André Malraux, ministre de la Culture, fait placer dans les jardins des Tuileries. En 1995, elle inaugure enfin la Fondation Dina Vierny - Musée Maillol.

  • Jacqueline Lamba est la jeune femme qui, une nuit de mai 1934, décide d'aller à la rencontre d'André Breton. Avec lui, elle flâne jusqu'aux premières lumières du matin dans un Paris enchanté. Quelques mois plus tard, elle devient sa femme, la mère d'Aube, unique enfant du poète. Breton dédie à Jacqueline ses oeuvres L'Amour fou, L'Air de l'eau, Fata Morgana.
    Muse de l'écrivain et des photographes surréalistes, Jacqueline Lamba est surtout, et tout d'abord, une artiste d'un talent remarquable et d'une exceptionnelle sensibilité. Dans sa peinture se reflètent le courage et la passion d'une femme scandaleusement belle et rebelle qui a su se révolter contre les valeurs conservatrices de la société, en vivant toute sa vie dans l'art et pour l'art. Elle a été en contact avec les plus grands artistes et intellectuels du XXe siècle : Antonin Artaud, Claude Cahun, Marcel Duchamp, Max Ernst, Frida Kahlo, Dora Maar, Picasso, Diego Rivera, Jean-Paul Sartre, Trotski et beaucoup d'autres. Elle a vécu à une époque de grande effervescence artistique, littéraire, révolutionnaire. De Paris à New York, du Mexique à la Provence, de Marseille, où elle se réfugie à la villa Air-Bel avec d'autres intellectuels de l'Amérique du nord, où elle a fait plusieurs séjours avec son deuxième mari, le sculpteur américain David Hare. Jacqueline Lamba traverse des lieux et des moments fondamentaux de l'histoire. Protagoniste du passage du surréalisme à l'expressionnisme abstrait américain, son art, comme sa vie, est avant-gardiste, lyrique, provocateur, car comme elle l'écrit dans son Manifeste de peinture, Jacqueline Lamba a toujours vécu et peint « au nom de la liberté et de l'amour ».

  • Ces mémoires commencent à l'enfance de l'auteur, qui est aussi l'héroïne de cette histoire exemplaire. Une très jeune fille, venue en 1965 de Nîmes à Paris, commence à travailler à la librairie-galerie de La Hune, un des hauts lieux du Saint-Germain-des-Prés mythique de l'époque où, dans une petite salle, on présentait alors des expositions d'art. Elle y rencontre le photographe Jean-Philippe Charbonnier qui «l'enlève», selon ses propres termes. Suivant son mari dans ses voyages, elle apprend et s'intéresse de plus en plus à la photographie. En 1968, elle décide de faire des cartes postales qu'elle appelle «Les chefs-d'oeuvre de la photographie», avec des images signées des plus grands : Boubat, Cartier-Bresson, Doisneau, Man Ray, et bien d'autres, à une époque où tout le monde ignorait qu'il y avait des chefs-d'oeuvre en photographie, et pas seulement en peinture ou en sculpture. Elle arrive malgré tout à imposer cette collection qui se répand dans plusieurs pays. En 1975, Agathe Raillard ouvre sa galerie de photographie à Paris, rue du Pont-Louis-Philippe, où elle se trouve encore. Elle est la première en France à vouloir ne montrer que des photographies, et à démontrer que les photographes sont des artistes.
    Pendant trente-huit ans, sa galerie a organisé près de 250 expositions, couvrant tout l'éventail de cet art. Sont restées célèbres celles qu'elle consacra, entre autres, à André Kertész, Manuel Álvarez Bravo, Ralph Gibson, Bernard Faucon ou Hervé Guibert.
    Agathe Gaillard raconte, avec naturel et verve, les transformations qui ont radicalement changé ce monde avec la reconnaissance des musées et du marché de l'art, qui se sont intéressés à la photo dans les années 1980 et ont fait considérablement monter la cote de ce que l'on considère dorénavant comme une oeuvre d'art susceptible d'atteindre de très hauts prix.
    Mais ces mémoires montrent surtout l'aventure extraordinaire d'une femme qui a entièrement lié sa vie à ce médium, a participé à sa reconnaissance et en est ainsi l'un des témoins les plus exemplaires.

  • Créé à Paris en 1972, art press est considéré comme l'une des meilleures revues internationales sur l'art contemporain, suivant au plus près la création, tout en fournissant des clefs d'analyse d'un domaine qui à la fois soulève beaucoup de curiosité et déroute souvent. L'évolution de la revue se confond avec les transformations récentes de l'art, depuis les dernières avant-gardes jusqu'aux effets actuels de la globalisation. Elle témoigne de cette histoire dans laquelle elle a pris une part active au travers de ses engagements et des débats qu'elle a elle-même suscités. C'est tout cela que Catherine Millet, fondatrice de la revue dont elle continue de diriger la rédaction, raconte dans ce livre, restituant, à travers anecdotes et réflexions, l'épaisseur de ces années. C'est aussi sur son parcours personnel qu'elle revient, en répondant aux questions d'un de ses plus proches collaborateurs, Richard Leydier, faisant de ce dialogue celui de deux générations de critiques d'art. Mais Catherine Millet est aussi l'auteur du best seller La Vie sexuelle de Catherine M., ouvrage à partir duquel elle s'est engagée dans un travail littéraire qu'elle met ici en perspective par rapport à son expérience de critique.

  • « Le Cabinet des douze » : que signifie ce titre au parfum d'Alexandre Dumas ? J'ai voulu rassembler ici, comme dans un cabinet d'amateur, douze oeuvres - en réalité, davantage - qui, tout en me touchant personnellement, ont contribué et contribuent à « faire la France ». Un lavis, un pastel, une huile ne sont évidemment comparables ni aux chefs de guerre qui ont dessiné le territoire national à travers les siècles, ni aux femmes et aux hommes qui, plus paisiblement, ont donné à notre pays ses fondements économiques, intellectuels et politiques. L'expression « faire la France » signifie que cette oeuvre a contribué à construire l'imaginaire de notre pays, à fournir à notre collectivité des images qui l'expriment et constituent autant de jalons de notre histoire. Les arts, dans ce domaine, jouent un rôle que n'épuise pas la littérature. Ils montrent siècle après siècle - et notamment la peinture - le réel ou l'idéal d'une nation, sa violence ou son harmonie, ses thèmes dominants ou cachés, ses grands personnages ou ses citoyens ordinaires, parfois tout cela à la fois. J'ai souhaité réunir le temps d'un livre quelques-unes de ces oeuvres, de Le Nain à Soulages en passant notamment par Quentin de la Tour, Ingres, Monet, Matisse, Picasso. et Hergé : autant de moments forts, de traits marquants qui transparaissent d'image en image et participent à l'histoire de notre pays en lui donnant un peu de sa singularité.

  • Les Éditions Gallimard publient à l'automne prochain le catalogue de l'exposition, Icônes de l'art moderne. La collection Chtchoukine, qui sera présentée à la Fondation Louis Vuitton du 21 octobre 2016 au 20 février 2017. Cette exposition, qui montrera une très large sélection d'oeuvres du grand collectionneur russe, aujourd'hui conservées au musée Pouchkine à Moscou et au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersourg, est un événement exceptionnel attendu par le monde de l'art.
    Un symposium international sera organisé parallèlement à l'exposition. Il s'attachera notamment à éclairer la figure générique du « collectionneur-visionnaire », mécène et patron des arts au XIXe et au XXe siècle comme à interroger les nouvelles spécificités du rôle de mécène collectionneur dans le soutien apporté à la création contemporaine en ce début du XXIe siècle en Europe comme en Russie.
    Cet ouvrage, qui paraîtra dans la collection « Témoins de l'art », est associé à ce symposium prévu autour de l'exposition, et en propose les contributions par anticipation.
    Doté de cahiers couleurs, il presentera notamment les photographies de l'exposition en dialogue avec l'architecture de Frank Ghery et l'oeuvre in situ de Daniel Buren.
    Deux cahiers de photographies présenteront la scénographie et l'accrochage des oeuvres avec des vues et des croquis, illustrations, documents de travail des projets de Daniel Buren et de Peter Greenaway.
    Les essais illustrés de photos des oeuvres reprendront les grands thèmes suivants :
    - La scène parisienne 1890-1900 (Marchands et collectionneurs), - La première collection Chtchoukine, - La Danse et la Musique (Matisse), - Picasso et le principe plastique de l'Icône byzantine, - Histoire de la collection Chtchoukine, - Deux modèles russe et américain de collections d'art moderne, Chtchoukine à Moscou et Alfred Barnes à Philadelphie, - Réception des Ballets russes de Diaghilev par le milieu artistique des modernes et des avant-gardes fauves et cubistes, - L'influence de la collection Chtchoukine sur les avant-gardes russes, - L'histoire des manifestations publiques et des expositions rendant compte de la naissance et de l'action des avant-gardes russes en Russie et en France.
    Une chronologie générale, mise en perspective avec la chronologie de la collection Chtchoukine, recense les faits et dates les plus significatifs pour rendre compte des échanges artistiques entre les avant-gardes françaises, européennes et russes.

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