Espace Nord

  • Bruges-la-Morte

    Georges Rodenbach

    Parmi les canaux blêmes de l'ancien port figé dans des eaux sépulcrales, le roman se joue entre des reflets : celui d'une femme que Hugues Viane a passionnément aimée, celui d'une morte dont il croit retrouver l'image chez une vivante. Récit fétichiste, où toute la sémiologie de la ville participe aux cérémonies du deuil. Livre-culte pour les spleens d'aujourd'hui.

  • « Messieurs-dames, hélas ! l'Empereur vient de mourir ! » La nouvelle se répand rapidement à travers toute l'Europe. Pourtant, Napoléon n'est pas mort. Après une ingénieuse évasion, il a réussi à regagner la France, laissant un sosie occuper sa place à Sainte-Hélène - et ce n'est que ce dernier qui vient de trépasser. Mal ajusté à son incognito, Napoléon va traverser une série d'étranges épreuves. Confronté à son propre mythe, saura-t-il recouvrer son identité? Et qui est-il donc, maintenant que l'Empereur est mort ?

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  • Pelléas et Mélisande Nouv.

    « Une variation supérieure sur l'admirable vieux mélodrame », notait Mallarmé à propos de Pelléas, dont l'intrigue, effectivement, peut sembler bien conventionnelle : le Prince Golaud recueille à l'orée d'un bois une jeune fille dont il va faire son épouse. Mais c'est du frère de Golaud, Pelléas, que Mélisande tombe amoureuse, et le destin fatal qui pèse sur les personnages de cette pièce de théâtre les mènera inévitablement à la désolation. La fable cependant n'est ici que prétexte à dérober au silence ses secrets.
    Universellement célèbres au début de ce siècle, grâce notamment à l'opéra de Debussy, les ombres de Pelléas et Mélisande nous reviennent dans leur innocence inquiète.

  • Olivia

    Madeleine Ley

    XIXe siècle. Une jeune veuve reprend goût à la vie en s'adonnant à la peinture. Son oncle, peintre également, et sa maîtresse la soutiennent. Ils partent en Europe et découvrent une culture cosmopolite. Elle rencontre un homme qui devient son amant. Roman paru initialement en 1936.

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  • Malpertuis

    Jean Ray

    À la fin du XIXe siècle, sentant sa fin prochaine, Quentin Moretus Cassave, un énigmatique vieillard immensément riche, convoque les membres de sa famille. Son testament stipule que pour prétendre hériter de sa fortune, il est impératif de venir vivre à Malpertuis, sa vaste demeure sombre et inhospitalière.
    Le dernier survivant sera le légataire universel, sauf s'il reste un homme et une femme : ils devront alors se marier pour se partager l'héritage.

  • " Le Feu ! .
    Naoh apporte le Feu !
    Ce fut un vaste saisissement. Plusieurs s'arrêtèrent, comme frappés d'un coup de hache. D'autres bondirent avec un rauquement frénétique - et le Feu était là. " C'est sur la conquête du feu que s'achève ce roman préhistorique, prodigieux voyage imaginaire à l'aube de l'humanité qui met en scène les hommes, les bêtes, la pierre, les cavernes et l'attente d'un âge meilleur.

  • Les marais

    Dominique Rolin

    Entre les murs d'une sombre bâtisse, Madame Tord et ses cinq enfants subissent quotidiennement la tyrannie d'un patriarche en mal de reconnaissance. Gare à celui qui dérangera le père, jamais avare de coups de fouet, de gifles ou de coups de pied. Une manière de fuir cette ambiance sourde sera de se réfugier dans un monde imaginaire aux dimensions insolites. Mais les événements auront raison de chacun d'eux : la mort accidentelle de la petite Barbe, la fuite de Ludegarde qui cherche à se délivrer des «marais» de son enfance, la départ d'Alban auprès d'une jeune femme rencontrée au hasard de ses fugues, tout cela brise leur rêve de liberté et l'univers visionnaire qu'ils s'étaient créés. Irrésistiblement, la maison Tord les ramène à elle, vieillis et désenchantés.

  • Dans ce roman-essai, Kenan Görgün fait la part belle à ses origines et raconte sa quête identitaire et la difficulté de se construire en tant que fils d'immigrés. Par le biais de l'histoire de ses parents, « travailleurs invités », il décrit la douleur de l'exil et, à travers son histoire à lui, raconte sa difficulté à ne se sentir ni tout à fait belge, ni tout à fait turc. L'auteur interroge la communauté turque dans son rapport à la tradition, à la sexualité, au mariage, etc, et emmène le lecteur dans ses questionnements et ses tentatives de lier modernité et tradition. Anatolia Rhapsody est une oeuvre majeure dans la carrière de Kenan Görgün, qui continuera de l'influencer.

  • Dans ce roman explosif, Jacques Sternberg réalise le tour de force d'explorer l'univers intérieur d'un employé arrivé cinq minutes trop tard au bureau, entre le moment où il s'apprête à en pousser la porte (première page : « Devant la porte, je regardai l'heure: dix heures cinq. J'hésitai un instant.») et celui où son employeur lui réservera sans doute un accueil glacial.

    En mêlant ce qui existe péniblement au jour le jour et les projections les plus loufoques, L'Employé met à mal tous les principes. En allongeant puis en rétrécissant le temps, en élargissant puis en compressant l'espace, il provoque un vertige qui vient troubler jusqu'aux chiffres et aux mots. Mais qui est-il donc, cet employé ? Il n'arrête pas de se le demander, pendant l'énorme minute qui sépare dix heures cinq de dix heures six.

  • « Une variation supérieure sur l'admirable vieux mélodrame », notait Mallarmé à propos de Pelléas, dont l'intrigue, effectivement, peut sembler bien conventionnelle : le Prince Golaud recueille à l'orée d'un bois une jeune fille dont il va faire son épouse. Mais c'est du frère de Golaud, Pelléas, que Mélisande tombe amoureuse, et le destin fatal qui pèse sur les personnages les mènera inévitablement à la désolation.
    La fable cependant n'est ici que prétexte à dérober au silence ses secrets. Universellement célèbres au début de ce siècle, grâce notamment à l'opéra de Debussy, les ombres de Pelléas et Mélisande nous reviennent dans leur innocence inquiète.

  • Ce dyptique tendant à l'autobiographie rend compte avant tout d'une écriture de l'errance et du voyage. Au fil des lieux qu'il effleure, des coins de comptoirs qu'il abîme, des villes qu'il traverse, Jean-Claude Pirotte est une sorte de clandestin, un étranger, un vagabond. Il les aime pourtant ces endroits, qu'il écrit et décrit comme des fragments de sa propre personne, s'en imprègne. Toujours fragmentaire, toujours en errance, son écriture se mâtine de poésie et de cavale, se construit par les anecdotes qu'il égraine, ses sensations, ses visions.

    « Je m'en vais en promenade avec mon porte-plume, et parfois une feuille de papier. Il y a toujours du papier dans les bistros. Souvent, ce sont de minuscules blocs-notes, mais c'est sans importance. Très vite j'égare les feuillets où j'ai raconté ce que j'ai vu. Je me souviens avec mélancolie d'avoir écrit ceci ou cela, des choses qui ne feront jamais un livre et que le balayeur poussera d'un geste ample avec les feuilles mortes pour en composer un petit tas de mémoire et d'hiver.»

  • Il ne s'agit pas à proprement parlé d'un road-movie, mais le rythme effréné de cette histoire drôle et loufoque s'en approche délicieusement. Pour attirer l'attention sur les répercussions sociales désastreuses de la fermeture d'un haut fourneau qui conduira au licenciement de milliers d'ouvriers, Richard, un artiste un peu raté, son compagnon ouvrier Octavio, frappé de plein fouet par cette mesure, et un syndicaliste convaincu, kidnappent Lakshmi Mittal, un des industriels les plus riches du monde.
    Au fil des aventures qu'ils lui feront subir, des situations surréalistes qu'ils lui imposent, Mittal devra répondre à une question : que vaut-il, lui, qui licencie des milliers de gens, les poussant vers la misère, aussi facilement qu'il change de boutons de manchette ?

  • Keetje

    Neel Doff

    Publié pour la première fois à Paris en 1919, ce roman dessine, avec Jours de famine et de détresse et Keetje trottin, un triptyque de la famille Oldema et plus spécialement de Keetje, troisième enfant de neuf que comptera le noyau familial.

    Bien qu'ayant à sacrifier une partie d'elle-même, Keetje se sent profondément différente de ses parents. Son père, alcoolique, travaille de moins en moins et disparaît pendant des périodes toujours plus longues. Sa mère continue à conduire le ménage d'une main de fer et lui impose régulièrement de ramener de l'argent, quoi qu'il en coûte. Ses frères et soeurs doivent aussi trouver des tâches, ingrates, parfois dangereuses. Au milieu d'un monde surdéterminé, Keetje lit, s'évade, s'individualise.

    Écrite avec une très grande simplicité de moyens, l'oeuvre de Neel Doff constitue un témoignage exceptionnel sur ce que pouvait être l'expérience de la pauvreté dans les taudis des grandes villes : la faim, les promiscuités honteuses, la prostitution, la cruauté inhumaine des nantis.

  • Après la mort de son père, Suzanne est devenue Comtesse des digues, pour son plus grand bonheur. Mais la jeune bourgeoise doit aussi se marier, et le choix n'est pas facile. Que choisir entre la raison et ce qu'on croit être de l'amour ? Et surtout, quel amour choisir : celui d'un fleuve ou celui d'un homme ?
    Dans son premier roman, Marie Gevers aborde déjà des thèmes très importants pour elle et récurrents dans son oeuvre. L'eau, bien sûr, et particulièrement l'Escaut, mais aussi la nature, la campagne et la Campine, qui font partie des paysages de son enfance. Dans ce roman au rythme des saisons, l'autrice nous emmène dans un coeur bien humain, tiraillé entre deux amours : celui d'un fleuve et celui d'un homme.

  • Julie Malchair, nouvelle dactylo pour une revue scientifique, est une femme d'une beaute´ charmante et perturbante, apparemment sans passe´. Elle fait irruption dans la vie de Hasch, correcteur, et dans celle de ses colle`gues.
    Par sa paresse et sa perversite´ nai¨ve, elle les entrai^ne a` se libe´rer des contraintes que la routine et les re`gles de la vie sociale leur imposent. S'ensuit alors une de´rision totale du travail, notamment par l'introduction du vin et de drogues qui conduisent a` un festin orgiaque dans le bureau.
    Sa ta^che accomplie, Julie disparai^t.

  • Dans de vieilles demeures paisibles, dans des ruelles hors du temps, dans des tavernes de marins et des ports noyés de pluie, jusque dans le néant de la pleine mer, Jean Ray fait planer le souffle des Ténèbres.
    Par la déraison d'un homme, un tour de magie noire ou le simple jeu du hasard, des passerelles fragiles sont jetées entre les mondes, d'où des démons déchus, des créatures invraisemblables, tour à tour féroces et pathétiques, viennent briser et tordre entre leurs griffes le destin des humains.

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  • long poème en prose, equipée est l'aboutissement d'une fascination exercée par la chine, cette " impératrice d'asie ".
    la description d'un voyage aux confins du pays permet une succession d'images colorées et vivantes. une question s'impose, s'agit-il d'un périple réel ou imaginaire ? les deux thèmes s'affrontent et s'imposent tour à tour.

  • Quand Jean Ray mène la danse, la ronde des manèges tourne vite au cauchemar. Au son d'une musique stridente et trépidante, le cochon verni ou le cheval mordoré que l'on enfourche se révèlent goret d'Apocalypse ou cavale d'enfer ! Paru en 1964, Le Carrousel des maléfices offre de chevaucher à cru une araignée géante, de défaillir d'effroi face à quelques horreurs logiques insondables, de croiser Croquemitaine ou Tête de lune, ou de frayer avec une escouade de monstres. Revoici le monde des outre-coins fétides et vertigineux de demeures à l'inquiétante quiétude.

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  • Tyltyl et Mytyl s'éveillent au seuil d'un grand voyage...
    Bérylune, petite fée bossue, les envoie quérir l'Oiseau bleu, le seul être capable d'enrayer le niai qui ronge sa fille. Le Pain, le Sucre, l'Eau, la Lumière, la Chatte et le Chien, qu'un diamant a pourvus de la parole, accompagnent les deux enfants dans leur quête.

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