Belfond (réédition numérique FeniXX)

  • Ce livre raconte la passionnante aventure de Jacques-Henri Lartigue devenu l'un de nos plus grands photographes alors qu'il n'a jamais voulu être qu'un amateur. Fasciné par la peinture qu'il aborde en artiste inspiré et professionnel, Lartigue est aussi un écrivain dont le Journal est encore inédit. A travers son oeuvre photographique, liée aux autres formes de création, on découvre à la fois la volonté d'un homme en lutte contre l'éphémère, et le témoin incomparable d'une société en pleine mutation.

  • Par sa vision singulière de la réalité, et son défi constant aux conventions, Bill Brandt (1904-1983) a su donner à l'expression de son univers personnel, une dimension plastique exemplaire. Il est surtout l'un des premiers grands photographes à s'être sciemment constitué un style. Son oeuvre s'enracine dans la durée, sur plus d'un demi-siècle, et aborde les quatre grands genres de l'art photographique que sont le reportage, le portrait, le nu, et le paysage, mais elle conserve une part indispensable de mystère, indissociablement liée à la personnalité de son auteur.

  • Depuis dix ans, Bernard Faucon utilise la photographie pour mettre en forme son monde personnel. À l'écart des modes, des courants et des définitions, il nous conte, dans des images délicatement colorées, ses angoisses d'un temps traversé de fulgurances et de visions. Il a mis en scène des mannequins, pour restituer le sentiment d'une enfance improbable, décliné l'absence et les traces dans les « chambres d'amour », organisé l'espace, la fiction et l'illusion de ses récentes « chambres d'or ». Reconnu, du Japon aux États-Unis, comme l'un des talents les plus originaux de la création contemporaine, il se livre ici dans le dialogue avec Pierre Borhan, pour un portrait serein, fait de confidences, de complicité et d'inévitables énigmes.

  • Créer une collection pour faire parler les grands photographes, était une double gageure : on n'explique pas l'originalité d'un regard, ni la manière d'ouvrir les yeux sur le monde, en retenant l'essentiel dans l'image que l'on vole, le temps d'un instant. Agathe Gaillard est, aujourd'hui, la première à relever le défi. Son privilège est d'avoir à la fois décrit l'itinéraire artistique de Kertesz et raconté, de façon romanesque, l'aventure professionnelle et humaine de ce géant de la photo, que la célébrité américaine n'a jamais empêché d'oublier qu'il fut, d'abord, reconnu et aimé en France.

  • Parmi les photographes de l'entre-deux-guerres, Maurice Tabard occupe une place singulière. Théoricien, auteur de nombreux écrits où s'élabore une réflexion sur l'histoire de l'art, la philosophie des sciences - et notamment des mathématiques -, il demeure avant tout un « curieux », au sens classique du terme. En marge des dogmes et des mouvements constitués, Tabard est pourtant proche du Bauhaus, par son désir d'élaborer une pédagogie de l'art, et de rassembler autour de l'image une communauté de théoriciens et de plasticiens. Il a également des affinités avec le surréalisme. Mais ce qui fait aussi sa force, c'est sa conscience aiguë de la spécificité de l'oeuvre photographique. Maurice Tabard prône une esthétique de la rigueur et de la lucidité : il refuse l'arbitraire et le spontanéisme, sans exclure toutefois le jeu et l'innovation. Tabard est ce photographe qui, dans les années trente, sut déjouer toute systématicité, cet insatiable expérimentateur d'images capable de conjoindre le plaisir du dilettantisme et la maîtrise du métier. Un esprit libre.

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