Argol

  • Crâniennes

    Emmanuel Laugier

    « Crâniennes » est le mot leitmotiv à partir duquel ce livre s'amorce. L'auteur cherche la forme qu'il aura à donner à toutes circonstances, des plus communes à d'autres, au-delà, à fl eur de crâne senties : loire passée avec l'ami, serge à l'hôpital, un chien, une rue, un paysage penché dans le vent, des photographies, des fragments de fi lm, le lent déroulé de la mémoire, la fi nesse sonore d'une barque fi lant. etc. E. L.

  • Variable

    Eric Suchère

    Avec ce livre l'auteur prolonge dans une recherche formelle très exigeante et une lecture du monde profondément humaine. Pendant deux années, il a tenu un journal au sens le plus classique du terme, en notant la météo, ses activités, ses rencontres, les petits événements. à partir de ce matériau, il a essayé de construire un livre de 365 pages... Ce livre, illustré, n'a ni début, ni fi n. On peut le prendre à partir de n'importe quelle section ou n'en lire qu'une page. Une par jour serait l'idéal...

  • Fumées

    Eric Suchère

    « Je suis né le 25 octobre 1967. Depuis le mois d'octobre 1997, j'envoie, le 24 de chaque mois (ou le 23 si le 24 est férié), une carte postale à un nombre fixe de correspondants. Cette carte, identique pour tous les correspondants, comprend une image au recto et un texte au verso. Cette image est toujours un autoportrait et la carte ne peut être envoyée qu'à des personnes que je connais physiquement. » E.S.

  • Aluminium

    David Lespiau

    Pendant quelques années David Lespiau est resté devant " un mur d'images ". Aluminium n'est pas une parenthèse dans sa vie mais une aventure d'écriture, liée à l'oeuvre de Robert Rauschenberg, l'une des figures les plus marquantes de la peinture américaine contemporaine. Mais il n'est pas question de parler de ces images, ni du peintre, on doit lire Aluminium en oubliant toutes références. Il s'agit de pour Lespiau de tenter de s'arranger avec la langue et de parler de soi et du monde. Et si le texte prend la forme " physique " du poème, c'est qu'aujourd'hui pour beaucoup d'écrivains l'écriture du récit, dans son économie et son exigence passe par la forme du poème. C'est ainsi qu'il faut lire Aluminium.

    La tempête grise est venue après dans le brouillard givrant building visible à l'oeil nu par transparence silhouette d'incendie en négatif neige vent poussière froid le tout givré sur la vitre la main gantée raclant le gel silhouette de garçon derrière les rails près du levier d'aiguillage trois morceaux d'ombre ronde roues vis écrous parmi des milliers l'homme de dos sur la passerelle abandonne le paysage blanc décollé qui s'écroule et s'envole en même temps blizzard il allume une cigarette cet effet de flou du crash avion ou tringle armature de landau acrylique ternissure sur aluminium poli est celui de l'écrasement contre la pierre en bas montagne falaise à-pic de palissades arrachées

  • " Inter aerias fagos " est un poème écrit par Pascal Quignard en 1977 au sortir d'une grave dépression et perte du langage. C'est par la langue latine que Quignard est revenu à l'écriture. Traduit et publié en 1979 par Emmanuel Hocquard dans sa collection mythique " Orange Export Ltd ", ce texte au statut exceptionnel dans l'oeuvre de Quignard, matriciel et présent dans beaucoup de ses livres, est resté inconnu et parfaitement oublié jusqu'au colloque organisé par Bénédicte Gorrillot à Mineapolis aux USA en 2009. Elle conçut alors le projet de proposer la traduction du poème à des écrivains contemporains avec la consigne de rester au plus près de leur propre langue. Ce livre est un double événement littéraire :c'est un ouvrage capital pour cerner l'oeuvre de Quignard, qui révèle dans sa longue postface la violence de sa " terror " et comment il a réussi, par le latin, à " remettre ses pieds dans ses pas " ; c'est aussi avec la réunion exceptionnelle de grands noms contemporains : Pierre Alferi, Eric Clémens, Michel Deguy, Bénédicte Gorillot, Emmanuel Hocquard, Christian Prigent, Jude Stefan, le premier livre qui répond poétiquement et magistralement à la question fondamentale de la traduction.

  • Mon beau brouillage

    Mathieu Mével

    Le texte est construit sur la répétition et le brouillage d'une première partie originale, et les deuxièmes et troisièmes parties sont des variations ou des copies qui ne cessent de s'écarter de l'original, jusqu'à l'échappée libre de et la quatrième s'en échappant. L'auteur dit " Je crois qu'on ne parle pas pour nommer les choses, on parle pour les éloigner de la tristesse de leur nom. Ecrire un poème, c'est alors faire le vide, creuser la syntaxe, trouer la langue pour retrouver la liberté déliée de l'enfance ". Parfaitement classique, en vers et alexandrins, ce recueil bouscule un peu les normes de la poésie contemporaines. Le brouillage en copier-coller et jeux de mots donne un souffle nouveau à l'écriture poétique.
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  • Les commourants

    Stefan/Jude

    Présente dans toute l'oeuvre, l'idée de la mort, depuis toujours hante Jude Stéfan. Elle ne le quitte plus aujourd'hui. Après son recueil Désespérance, déposition, publié en 2006 aux éditions Gallimard, Stéfan se disait arrivé au bout de sa vie d'écriture poétique. Sa vitalité le contredit. Il entreprit d'écrire un « dernier » long poème : Les Commourants. Lente litanie anthume, que l'homme solitaire et vieillissant déploie au rythme d'un flux vital sans retour, avec ses pulsations, ses élans, ses stases. Si Jude Stéfan reste sans conteste, par sa langue et son esthétique, le plus contemporain des poètes vivants, c'est aussi près de François Villon, dans la grande tradition des complaintes, que s'inscrit ce texte.

  • Liant

    Colley/Yves

    « Une fosse n'est pas un tombeau, là où le père pose le pied, la terre ne gémit qu'en craquant, comme craque le bois qui sèche ou qui brûle. Tant de forêt avant nous et tant de pierre, que la lumière et le vent ébouriffent et polissent dans le tout, le grand Tout des galaxies si proches soudain, si virulentes, si terriblement viriles, qu'à la branche viennent les rejetons, que le peuplier blanc émette le parfum de la propolis, Yves le sait mieux que quiconque, élevant la contemplation active au rang de rituel, dormant dans la chaleur d'un poêle ardennais ou foulant d'un bon pas la neige ou le pavé des villes. J'aimerais que les textes de ce grand escogriffe polono-rwandais soient enfin lus. » Préface d'Eugène Savitzkaya

  • Nulle part quelque

    Suchere/Eric

    « Une femme vient de quitter un homme sans aucune raison et en rencontre un autre qui l'entraîne malgré elle. Elle tente de vivre cette histoire mais n'y arrive pas. Avec cet homme, elle traverse des lieux dans une chorégraphie imposée par les espaces. Bientôt, le monde, les objets et les êtres lui apparaissent étranges, inquiétants, étrangers. Objets et espaces dictent aux figures leur comportement, expliquent leurs attitudes et gestes qui se répètent, perdent leur sens. Le temps finit par se figer. Les événements ralentissent. Il ne reste plus qu'à attendre que quelque chose se produise. » E.S.

  • Comme la plupart des écrivains Jude Stéfan vit avec entre les mains des livres et un carnet. Le projet de Ménipées est tout à fait nouveau dans son oeuvre : le premier « journal d'écriture ». Stéfan donne là un livre unique en son genre, « p(r)o(so)ésies », nourri de pensées personnelles, de citations relevées dans ses lectures ; mais surtout de proses et de poèmes inédits, écrits sur le vif, nés de ses rencontres et cheminements dans l'écriture, celle des autres et la sienne. Ménipées ouvre le secret de l'atelier d'écriture de cet auteur toujours novateur et résolument singulier. Le livre d'entretien Jude Stéfan donnait des clés pour comprendre une vie et une oeuvre, Ménipées prolonge, enrichit et révèle ses écrits par l'écriture même.

  • Consolatio

    Yves Boudier

    Consolatio clôt un cycle d'écriture de quatre livres. Là (2003) sur la disparition intime, puis Fins (2005), autour des actes meurtriers du xxe siècle, Vanités Carré misère (2009) portait le regard sur la mort quotidienne des rues de nos villes, celle des sans-abri qui meurent à nos pieds. Consolatio referme ce parcours avec une volonté d'apaisement. Dans la tradition de la « consolation » (de Sénèque à Boèce, de Malherbe à Deguy.), l'auteur poursuit en instants de plongée vers le sommeil et de retour à la veille, les sensations et/ou les images intérieures.
    « Je dors comme périssent les enfants sous le tissu de l'eau une image en torsade bouclée sur

  • De la Loire

    Beck/Philippe

    " Voici des vagues, et dessus des bras de danseuse indienne, sous le vent. " Arpentant l'Estuaire de Nantes à l'Atlantique, un Noteur voit et regarde des mouvements d'eau, et le profil des rives. Des poèmes en prose, surtout, sont le résultat d'un exercice d'observation. Loire est le fleuve libre que l'action des hommes ne peut absolument soumettre. Il est comme une aile sur un corps dépendant, le corps de villes et d'industries liées, qui s'arrêtent au bord. Au bord de quoi ? D'une corde d'eau, rythmique, historiée, impliquant des faits et gestes. Le silence de la nature ne peut non plus les réduire ou les comprendre absolument. Toutes les beautés reconduisent à ce qui les a faites difficiles, sinon inaccessibles et fuyantes. Loire est un lieu profane, disponible, et elle commande bien plus que des exercices de contemplation. Elle vaut pour la Nature, sans doute, en tant que la Nature n'est pas seule. P.B.

  • Jean-Christophe Bailly a écrit Col treno dans le sillage des images de Bernard Plossu. Des photographies toutes prises dans des trains circulant un peu partout en Italie, exposées à Rome en 2001 et jusqu'ici inconnues en France.

  • Nous avions

    David Lespiau

    Nous avions est un livre de poésie qui rassemble et condense des variations sur le motif de la suspension, du vol, de l'air, de l'espace, tout en poursuivant, avec un certain humour inframince, le décodage de sensations liées à l'enfance - fi gures de l'aviateur, du cosmonaute... - au suspense, à la magie du récit comme à celle du regard.

  • Surplis

    Frank Smith

    Surplis est un livre né d'investigations littéraires et poétiques au cours d'une résidence d'un an au Domaine de Chamarande (Essonne). Frank Smith a composé un livre à partir d'un travail sur la collection de cartes postales des archives du département autour des infi nis possibilités de « Je pense à toi ». Grâce à un concours proposé aux étudiants de l'École Estienne, son projet est devenu une création graphique tout a fait originale. Le livre « créé » par Julie Pata, reprend de façon singulière les critères classiques de la composition du livre tout en détournant les normes de mise en page et en volume...
    Ce livre est donc un objet plastique, graphique, poétique unique.

  • Je suis né le 25 octobre 1967 : depuis le mois d'octobre 1997, j'envoie, chaque mois, une carte postale à un nombre fixe de correspondants. Ce projet, commencé le jour de mes trente ans, devrait s'achever en 2028 après mes soixante ans; il sera, alors, constitué de 365 textes. 365 textes pour : une correspondance, une éphéméride, un autoportrait en continu, un journal, un résumé, un condensé, un précipité, une commémoration... Après Lent, Brusque Variable, et Fumées qui regroupaient les textes depuis 1997, , Fumées collecte les textes de 2012 à 2017.

  • Khôl

    Isabelle Menival

    Recueil de vie, journal intime, références au monde, écriture très personnelle, sans infl uence comme on pourrait en supposer à ce jeune âge. Une révélation exceptionnelle. Le recueil « Khôl » est une suite de textes écrits par Isabelle Ménival dans sa quinzième année, tout y est dit de la singularité d'un monde d'adolescente, mature, sensible.
    « L'écriture, et sa forme poétique, s'est imposée d'elle-même comme le plus sûr moyen de transcender l'émotion quelle que soit sa nature. J'ai cherché à retranscrire une certaine perception du monde, dans sa violence, ses changements¤; des expériences plus ou moins personnelles. » I. M.

  • Je suis né le 25 octobre 1967. Depuis le mois d'octobre 1997, j'envoie, le 24 de chaque mois (ou le 23 si le 24 est férié), une carte postale à un nombre fixe de correspondants. Cette carte, identique pour tous les correspondants, comprend une image au recto et un texte au verso. Cette image est toujours un autoportrait et la carte ne peut être envoyée qu'à des personnes que je connais physiquement. Ce sont les relations que j'entretiens avec ces personnes qui justifient l'envoi ou non de la carte. Ce projet commencé le jour de mes trente ans devrait s'achever en 2028 après mes soixante ans ; il sera, alors, constitué de 365 textes pour : une correspondance, une éphéméride, un autoportrait en continu, un journal, un résumé, un condensé, un précipité, une commémoration. " Ce livre fait suite à " .un autre mois 1997-2002., Lent " éd. Le Bleu du Ciel éditions, Bordeaux,, 2008, logique d'un projet poétique singulier. " Éric Suchère invente une écriture agrammaticale et abstraite, atonale et sensible. Un journal intime poétique à lire lentement ". Xavier Person, Le Matricule des Anges.

  • Le livre Herculine se regarde est le portrait d'un femme. On la découvre lors d'une rencontre sous la plume d'un narrateur puis après ce premier chapitre, c'est elle-même qui se décrit. Herculine aime la scénographie mais pas l'ambiance tréteaux, elle dessine beaucoup, développe l'idée d'un « se-rencontrer-à-nouveau », habite l'empêchement, assigne l'érotisme à résidence et ne sait pas si les deux semaines suivantes la sonnerie la fera toujours sursauter...
    Un récit étrange, poétique et décalé, qui met en scène une jeune femme singulière Herculine et pose du même coup les questions de l'écriture romanesque.

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