Agone

  • Ce livre propose une vision du monde social étroitement inspirée des analyses de Pierre Bourdieu, dont elle reprend en substance l'appareil conceptuel.

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  • Eric Hobsbawm corrige les amnésies nées de la chute du mur de Berlin. Refusant la vision désespérée d'un XXe siècle réduit à une succession de guerres et de massacres, l'historien rappelle les grandes avancées de l'humanité : non seulement la chute des empires coloniaux, mais aussi les conquêtes sociales issues des luttes ouvrières, ainsi que l'élargissement des droits politiques - dont l'avancée sans précédent de l'émancipation des femmes -, et bien sûr les révolutions dans les domaines des sciences, des techniques et des arts. Synthèse sans équivalent, ce livre s'oppose au pessimisme de la fin de l'histoire et maintient ouvertes les perspectives de changement des rapports sociaux.
    Cette réédition s'ouvre sur une préface de Serge Halimi : la question révolutionnaire a-t-elle ou n'a-t-elle pas disparu de l'histoire ? Elle inclut également un dossier de presse sur la difficile réception de l'ouvrage en France - notamment du fait des réticences des éditions Gallimard - et une postface synthétique de Nicolas Chevassus-au-Louis sur ce même aspect.

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  • Les Chiens de garde

    Paul Nizan

    L'actualité des Chiens de garde, nous aurions préféré ne pas en éprouver la robuste fraîcheur.
    Nous aurions aimé qu'un même côté de la barricade cessât de réunir penseurs de métier et bâtisseurs de ruines. Nous aurions voulu que la dissidence fût devenue à ce point contagieuse que l'invocation de Nizan au sursaut et à la résistance en parût presque inutile. Car nous continuons à vouloir un autre monde. L'entreprise nous dépasse ? Notre insuffisance épuise notre persévérance ?
    Souvenons-nous alors de ce passage par lequel Sartre a résumé l'appel aux armes de son vieux camarade : "Il peut dire aux uns : vous mourez de modestie, osez désirer, soyez insatiables, ne rougissez pas de vouloir la lune : il nous la faut.
    Et aux autres : dirigez votre rage sur ceux qui l'ont provoquée, n'essayez pas d'échapper à votre mal, cherchez ses causes et cassez-les." Serge Hamili Extrait de la préface.

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  • « La question essentielle qui se pose a` la gauche re´volutionnaire, ce n'est pas tant de savoir comment conque´rir le pouvoir que de savoir pre´cise´ment pour quoi faire. Parce que s'il ne s'agit que de redorer le blason d'une petite bourgeoisie en perte de cre´dit et de pouvoir d'achat, s'il ne s'agit que de permettre a` de nouvelles « e´lites » de se partager postes et pre´bendes, de plastronner sous les projecteurs, de mettre davantage encore a` la remorque de la petite bourgeoisie des classes populaires qui ne le sont de´ja` que trop ; s'il s'agit de continuer a` faire croire au « peuple de gauche », sous couvert de « libe´ration », de « progre`s », d'« ouverture au monde », de « de´veloppement durable », de « modernite´ », et autres slogans ineptes, que l'avenir du genre humain est voue´ au mode de vie made in USA, insane, schizophre´nique, totalement alie´nant et soumis aux exigences du capitalisme mondialise´, qui apparai^t aux petits-bourgeois comme l'objectif supre^me du progre`s humain, alors non, merci ! »

  • D'une prison à une autre, au long de journées interminables, ponctuées de brimades, de fouilles et de transferts arbitraires, des bouffées du passé remontent et tracent le fil du récit que donne Rouillan de ses années de liberté. Cette fois, ce sont des photos conservées dans un album ou punaisées dans sa cellule qui déclenchent son voyage dans le temps : manifestations contre les lois Debré de 1973, portraits de militants et militantes des Brigades rouges, actions aux côtés de membres de la Fraction armée rouge, planques et cavales ; ou, plus loin en arrière, le temps du Mouvement ibérique de libération et de sa jeunesse à Toulouse auprès des militants antifranquistes. Et surtout (pour la première fois), c'est la clandestinité et la lutte armée du temps d'Action directe qui refont surface, en particulier le quotidien avec Nathalie Menigon, Georges Cipriani, et Joëlle Aubron. C'est elle qui occupe l'essentiel de cette partie.
    Quand Rouillan écrit Infinif présent, Joëlle Aubron vient de mourir d'un cancer au cerveau, deux ans après être sortie de prison en juin 2004.

  • À la fin des années 1960, la concurrence internationale et la peur du déclassement transforment un populisme de gauche (rooseveltien, conquérant, égalitaire) en un « populisme » de droite faisant son miel de la crainte de millions d'ouvriers et d'employés d'être rattrapés par plus déshérités qu'eux. C'est alors que la question de l'insécurité resurgit. Elle va embourgeoiser l'identité de la gauche, perçue comme laxiste, efféminée, intellectuelle, et prolétariser celle de la droite, jugée plus déterminée, plus masculine, moins « naïve ».

    Cette métamorphose s'accomplit à mesure que l'inflation resurgit, que les usines ferment et que l'« élite », jadis associée aux grandes familles de l'industrie et de la banque, devient identifiée à une « nouvelle gauche » friande d'innovations sociales, sexuelles et raciales.

    Les médias conservateurs n'ont plus qu'à se déchaîner contre une oligarchie radical-chic protégée d'une insécurité qu'elle conteste avec l'insouciance de ceux que cette violence épargne. Au reste, n'est-elle pas entretenue dans ses aveuglements par une ménagerie de juges laxistes, ­d'intellectuels jargonnants et autres boucs émissaires rêvés du ressentiment populaire ?

    « Progressistes en limousine » là-bas ; « gauche caviar » chez nous.

    Extrait de la préface de Serge Halimi

  • Affirmez que vous êtes anarchiste et presque immanquablement on vous assimilera à un partisan du chaos.
    Or, il faut bien le dire : rien n'est plus faux. et ce contresens résulte de décennies de confusion savamment entretenue autour de l'idée d'anarchisme. en première approximation, disons que l'anarchisme est une théorie politique au coeur vibrant de laquelle loge l'idée d'anti-autoritarisme, c'est-à-dire le refus conscient et raisonné de toute forme illégitime d'autorité et de pouvoir. une vieille dame ayant combattu lors de la guerre d'espagne disait le plus simplement du monde: "je suis anarchiste: c'est que je n'aime ni recevoir ni donner des ordres.
    " on le devine: cette idée est impardonnable, cet idéal inadmissible pour tous les pouvoirs. on ne l'a donc ni pardonné ni admis.

  • "Notre manière de penser est une question de vie ou de mort. Si ceux qui tiennent les rênes de la société se montrent capables de contrôler nos idées, ils sont assurés de rester au pouvoir. Nul besoin de soldats dans les rues. Cet ordre résulte d'un processus de sélection au cours duquel certaines idées sont promues par le biais des plus puissantes machines culturelles du pays. Nous devons réexaminer ces idées et réaliser comment elles s'opposent à notre expérience du monde. Nous serons alors en mesure de contester l'idéologie dominante." Préface de Jean-Luc Chappey.

  • À dix-sept ans, j'étais anti-conformiste, empoisonnant, impossible, incrédule, coupeur de cheveux en quatre, intransigeant, colérique, plein d'idées délirantes, et toujours prêt à me disputer avec mes camarades et à conduire mes aînés au bord de la rage et du désespoir.
    Tout de même, je devais aussi avoir quelques qualités.
    J'étais aussi innocent - pas seulement inexpérimenté, mais innocent dans la mesure où la haine m'était étrangère. C'était aussi le cas de mes deux frères ; nous n'avions aucune haine. Quant à l'expérience, c'est une qualité que tout le monde acquiert en cours de route.
    Et j'étais devenu écrivain ; j'entendais le rester. Je n'avais jamais imaginé être quoi que ce soit d'autre, c'était bien la seule chose dont j'étais capable dans cette vie.

  • « Dans l'Allemagne de 1918-1920, la question des conseils fut à l'origine de très vives controverses et donna naissance à une foule d'ébauches théoriques qui allaient de la glorification inconditionnelle à la fin de non-recevoir pure et simple.
    On vit naître alors un mythe des conseils, appelé à constituer un aspect essentiel de l'histoire du mouvement ouvrier et du socialisme européens. » Dans la mythologie révolutionnaire, le soviet, le « conseil », est probablement l'un des objets historiques qui exercent la plus forte fascination. Souvent perçus comme une sorte de forme pure de la révolution, en incarnant les principes (démocratie directe, prise en main de leurs destinées par les travailleurs euxmêmes) en même temps qu'ils lui fournissent l'outil décisif pour la conquête du pouvoir (en incarnant et consolidant un pouvoir ouvrier concurrent du pouvoir bourgeois et appelé à le remplacer), les soviets sont presque synonymes de révolution.
    Or, une telle vision relève d'une approche paradoxalement très antimatérialiste, ou anhistorique. Les conseils ne sont pas des formes figées dont la seule apparition menacerait l'ordre capitaliste. Le rôle qu'ils jouent dépend d'abord des forces sociales qui y sont représentées et qui s'affrontent en leur sein - ce qui rend difficile l'élaboration de toute « théorie générale des conseils ».
    C'est donc seulement par l'étude de situations historiques concrètes que les conseils peuvent être correctement appréhendés. C'est à une telle étude que se consacre, pour le cas russe, le livre d'Anweiler, référence majeure et toujours actuelle sur le sujet.
    Oskar Anweiler est historien, spécialiste de l'histoire comparée des systèmes éducatifs allemand, polonais et russe. Il est notamment professeur honoraire des universités de Leipzig et de Varsovie.

  • Cet ouvrage qui a plus de vingt-cinq ans ne porte guère de ride. L'auteur nous parle déjà de Finkielkraut, de BHL, de Cohn-Bendit, de Bruckner. Et déjà, il nous en dit l'essentiel. Renonçant aux apparences de la bienséance, de la suavité bourgeoise propres, Guy Hocquenghem a usé de la truculence, de la démesure. Son livre éclaire le volet intellectuel de l'ère des restaurations. Les forces sociales qui la pilotaient tiennent encore fermement la barre ; les résistances, bien qu'ascendantes, demeurent éparses et confuses. Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines. Les repentis ont pris de l'âge et la société a vieilli avec eux. L'hédonisme a cédé la place à la peur, le culte de l'« entreprise » à celui de la police. Favorisés par l'appât du gain et par l'exhibitionnisme médiatique, de nouveaux retournements vont survenir. Lire Guy Hocquenghem nous arme pour y répondre avec ceux qui savent désormais où ils mènent.

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  • L'auteur d'Une histoire populaire des États-Unis (Agone, 2002) revient sur un court siècle d'événements politiques, dont il fut d'abord tout à la fois l'acteur minuscule, à l'égal de tout un chacun, puis un témoin refusant de se mentir. De l'enrôlement dans l'US Air force en 1942 aux luttes contre les guerres impériales américaines du Vietnam à l'Irak, du monde ouvrier, immigrant et militant d'une grande ville américaine aux luttes pour les droits civiques, Howard Zinn donne sans manière l'exemple de l'engagement de son savoir d'historien rationaliste respectueux de la méthodologie scientifique tout autant que lucide devant l'impossibilité de la neutralité.
    Si cette autobiographie est édifiante, c'est de montrer que les défaites sociales du plus grand nombre ne sont pas inéluctables, que le premier recul est celle de l'oubli des conditions de lutte.

  • Longtemps, la gauche au pouvoir a caboté entre deux récifs. Tantôt sa volonté de transformation sociale butait sur les «contraintes» imposées par l'ordre capitaliste. Tantôt sa pratique du pouvoir devançait les préférences et les exigences de ses adversaires. En France, au cours du XXe siècle, les périodes associées au Cartel des gauches (1924-1926), au Front populaire (1936-1938), à la Libération (1944-1947), et aux premières années de l'ère mitterrandienne (1981-1986) ont illustré cette tension entre espérance et renoncement, audace et enlisement.
    La gauche a chevauché au pouvoir la puissance de passions collectives, dont celle de l'égalité. Mais elle a accepté ensuite de les dompter, avant de les étouffer sous une couverture de rationalité technique. Cette retraite bureaucratique, cette nouvelle conscience qui ne voit dans le monde que moyens et machines ont forgé les barreaux de sa cage de fer.

    Réédition, légèrement revue, d'un ouvrage épuisé depuis plus de dix ans, ce livre reste la seule étude comparative sur les réalisations et les échecs de la gauche française.

  • Pendant longtemps, le Centre américain de secours - comme Varian Fry, qui reçut en 1994 la distinction de "Juste parmi les nations" - est resté inconnu. Il participe pourtant d'un épisode crucial de ce qu'on a pu appeler "la Résistance avant la Résistance" ; mais aussi au déplacement du centre de gravité de l'art moderne et des avant-gardes esthétiques de l'Ancien vers le Nouveau Monde.
    Envoyé à Marseille avec en poche une liste de réfugiés pour les aider à s'évader, Varian Fry prend vite la mesure de la tâche, et s'il aide bien plusieurs personnalités du monde des arts et des lettres en danger pour leur opinion (dont André Breton et André Masson, parmi d'autres surréalistes) ou simplement parce que Juifs (comme l'éditeur Jacques Schiffrin et sa famille), il est bientôt jugé dérangeant - tant par les autorités américaines que par celles du gouvernement de Vichy -, de ne pas assez trier parmi tout ceux et celles qu'il fait entrer aux États-Unis. Ce témoignage est aussi l'occasion d'interroger la politique des vainqueurs - notamment à l'égard des réfugiés juifs - avant que l'histoire officielle n'ai recouvert d'hommages posthumes la vie et l'action de Varian Fry.

  • NOUVELLE ÉDITION ACTUALISÉE. Pourquoi le monde occidental, à partir des années 1980, est passé avec armes et bagages au néolibéralisme: une véritable enquête menée par Serge Halimi, qui débute aux Etats-Unis et se ramifie en Grande-Bretagne et en France. Étude qui touche le milieu politique et économique et leurs deux principaux relais, les intellectuels et les médias.

  • Célébrée dans nombre de spectacles commémoratifs, l'histoire officielle affirme que les idées et les pratiques les plus radicales des révoltes de Mai 68 ont été récupérées ; que Mai 68 serait une quête individualiste et spirituelle annonçant le mot d'ordre des années 1980, " liberté ".
    La position que j'adopte en est le contre-pied, car Mai 68 fut avant tout un événement politique : Mai 68 fut le plus grand mouvement de masse de l'histoire de France, la grève la plus importante de l'histoire du mouvement ouvrier français et l'unique insurrection " générale " qu'aient connue les pays occidentaux depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle s'est étendue au-delà des centres traditionnels de production industrielle pour gagner les travailleurs du secteur tertiaire.
    Aucun secteur professionnel, aucune catégorie de travailleurs n'ont été épargnés ; il n'y a pas de région, de ville ou de village de France qui ait échappé à la grève générale. Et ce mouvement s'inscrit dans la lignée de l'aspiration profonde des années 1960, à savoir l'aspiration à l'égalité.

  • Les réformes de la IIIe République provoquent la séparation du savant et du politique, créant un " vide " dans l'espace public que les " intellectuels " vont chercher à occuper.
    Le terme s'impose au moment de l'affaire Dreyfus pour désigner l'ensemble hétéroclite des universitaires, politiques et journalistes qui défendent une définition progressiste de la République. Ils énoncent ainsi la fonction qui restera celle de l'intellectuel tout au long du xxe siècle : dire la vérité au pouvoir au nom des opprimés, mais sans avoir été mandatés par quiconque pour le faire. Quelle est la mission politique de ceux qui font métier de savant? La réponse de Gérard Noiriel prend la forme d'une longue enquête qui s'attache, entre autres, aux figures de Charles Péguy, Paul Nizan, Jean-Paul Sartre, jusqu'à celles de François Furet, Pierre Bourdieu et Jacques Rancière.
    Il s'agit avant tout de proposer une manière d'évaluer comment les intellectuels jouent leur partition dans le débat public.

  • Au cours de la seconde moitié des années 1970, une vigoureuse offensive contre le « totalitarisme de gauche » ébranla la vie politique française. Dans leurs livres et leurs articles polémiques, dans les journaux et à la télévision, les intellectuels antitotalitaires dénoncèrent bruyamment, sur un ton dramatique, la filiation entre les conceptions marxistes et révolutionnaires et le totalitarisme. Issus eux-mêmes de la gauche et ne craignant qu'une faible opposition de sa part, les antitotalitaires marginalisèrent bientôt la pensée marxiste et réussirent à saper la légitimité de la tradition révolutionnaire française. Ils ouvrirent ainsi la voie aux solutions politiques postmodernes, libérales et républicaines modérées des années 1980 et 1990. Capitale de la gauche européenne, et à bien des égards mondiale, après 1945, Paris devint la « capitale de la réaction européenne ».
    Déconstruction de la notion d'« antitotalitarisme », tel qu'elle fut intellectuellement et politiquement exploitée en France, ce livre revient sur les usages de ce concept après la Seconde Guerre mondiale puis sur la manière dont, dans la deuxième moitié des années 1970, il fut instrumentalisé pour marginaliser le Parti communiste français en particulier et le marxisme et la stratégie politique révolutionnaire en général.
    L'auteur montre comment la « rupture » de la gauche française associée à la réception de L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne en 1974 ne fut que le point culminant d'une dynamique qui permit l'intégration d'intellectuels radicaux (universitaires mais aussi écrivains et gens de presse) à la stratégie de prise du PS par les urnes. L'usage de l'« antitotalitarisme » doit donc bien moins à la (re)découverte d'une tradition libérale à l'anglosaxonne dont manquerait la culture politique française qu'à la droitisation de la gauche intellectuelle et politique française dans la seconde moitié du XXe siècle.

  • S'il ne faisait que me plaire, j'hésiterais à parler de Char. Je voudrais parler de Char exactement. Et c'est parce que je crois que je commence à pouvoir rendre compte de mon admiration que je parle de lui.
    Ma rencontre avec la poésie vivante d'un poète vivant fut une révélation, voire une initiation. Je sus brusquement que la poésie pouvait être vécue autrement que je ne l'avais fait jusque-là.
    « La poésie de Char changea ma façon de lire », écrit Mounin dans la dernière préface (1991) à son livre. On comprend pourquoi que ses analyses changent, au-delà de l'éclaircissement de la poésie de Char, notre manière de lire toute littérature.
    Ce recueil, le premier consacré à René Char, est paru pour la première fois en 1946. Il fut à l'origine une série de lettres que le jeune militant communiste et résistant écrit au poète surréaliste et résistant entre 1938 et 1945.
    Nous avons complété cette quatrième édition par six textes que le linguiste Georges Mounin avait consacrés à Char.
    Linguiste, Louis Leboucher, dit « Georges Mounin » (1910-1993), fut aussi militant communiste et résistant. Lorsqu'en 1963 il entre à l'université d'Aix-en-Provence, il est déjà l'auteur de plusieurs centaines d'articles dans des revues aussi variées que Les Cahiers du contre-enseignement prolétarien, Les Lettres françaises et La Vie ouvrière. Son travail de critique de poésie débute en 1946 avec cet ouvrage, publié chez Gallimard.

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  • L'idéologie de la croissance et du profit nous conduit à une issue fatale. L'Homo sapiens est un "mangeur d'avenir" en perpétuelle guerre autodestructrice avec son environnement. Un renversement des valeurs et une modification de la relation des hommes entre eux sont aujourd'hui indispensables à la survie des espèces.
    En adoptant une approche interdisciplinaire pour examiner les forces sociales et politiques qui conduisent à la destruction accélérée de la biodiversité, Franz Broswimmer (université de Hawaï) décrit le lien historique entre l'écologique et le social. De l'Antiquité à la globalisation capitaliste, il explore ainsi les fondements sociologiques et les processus qui conduisent à la destruction massive des écosystèmes, et esquisse de nécessaires alternatives.

  • « Voici plus de treize ans que je matricule en rond. J'ai beaucoup désappris. J'ai désappris la nuit. Il ne fait jamais nuit dans vos prisons. Nous sommes toujours sous les projecteurs au halo orangé, comme sur les autoroutes belges et les parkings de supermarché. J'ai désappris le silence. La prison ne connaît pas le silence. Il s'en écoule toujours une plainte, un cri, une rumeur. » « Plus de pendu aux branches, nous sommes à l'époque du capitalisme démocratique, de la représentation idéologique du «No letal system». Intra-muros, on assassine par «fatalité» juridico-administrative. On élimine le non-compatible. On le dissout dans l'acide du temps.
    On le crève comme une bactérie. » Depuis la prison de Lannemezan où il purge une condamnation à perpétuité et a déjà passé 4 750 matins, Jann-Marc Rouillan décrit son passé de militant d'Action directe, ses camarades, les grandes absentes que sont les femmes, son quotidien de taulard. Entre parloirs et transferts arbitraires, dans cet univers saturé de violence, toujours à la limite de la folie, la fidélité à ses engagements politiques devient pour lui une question de survie, face à cette autre forme de peine de mort qu'est la lente déshumanisation imposée par l'incarcération.

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