Yann Moix

  • Reims Nouv.

    Reims constitue le deuxième volume de la tétralogie, ou du quatuor, que l'auteur a intitulé « Au pays de l'enfance immobile », dont Orléans paru en aout 2019 était le premier opus, et dont Verdun et Paris seront les troisième et quatrième.
    Le narrateur s'est enfin échappé du cauchemar familial d'Orléans, il aspire aux plus grandes écoles pour « monter à Paris » mais ses résultats médiocres aux examens de mathématiques le font atterrir à l'Ecole supérieure de commerce de Reims, vécue par lui comme une relégation en troisième division.
    Ici tout n'est qu'ennui, impuissance, obsession sexuelle jamais assouvie, dérive alcoolisée, débâcle progressive avec une petite bande de paumés masturbateurs et suicidaires qui tournent le dos à la compétition scolaire pour mieux affirmer leur différence.
    Dans cette course à la vanité paradoxale de l'échec, avec les mots brandis contre les chiffres, la littérature contre les mathématiques, le déclassement contre le classement, la révolte contre le conformisme, la provocation contre la convocation, il va s'agir, à défaut de briller par le succès, de se distinguer par l'ignominie.
    Sur cette bande de pieds nickelés travaillés par la chose littéraire qu'ils ne travaillent pas, plane l'ombre des « Simplistes » qui étaient parvenus à produire des oeuvres belles et profondes à partir de Reims : René Daumal, Roger Gilbert-Lecomte, Roger Vailland et d'autres qui ont illuminé la revue littéraire Le Grand Jeu, là où leurs pâles successeurs ne sont plus capables que d'un tout petit jeu grinçant et misérable.
    Reims, ou la prolongation de la haine de soi quand la haine des vôtres vous a définitivement incarcéré au « pays de l'enfance immobile »...

  • « Je me promis qu'un jour, quand je saurais écrire la vérité dans sa simplicité nue, je la dirais dans un roman d'humiliation comme il existe des romans d'initiation. ».
    Dans ce texte bouleversant et poétique, l'auteur pose un regard sans concessions sur le cauchemar intime de son enfance à Orléans. En deux grandes parties, « Dedans », la vie entre les murs de la maison familiale, source de son traumatisme, et « Dehors », l'école, les amis et les amours, il raconte le cosmos inhabitable où il a vécu.

  • " Les notes qui suivent furent prises au jour le jour, puisque c'est dorénavant ainsi que nous sommes sommés de vivre. Je ne suis pas sociologue, ni spécialiste de l'islam. Je n'ai d'autres spécialités que de vouloir rester en vie. [... ] Comme vous je traverse (cela ne fait que commencer) une réalité gangrenée par la mort et contaminée par la peur. Pour une fois, cette réalité n'est pas abstraite, posée sur la géographie de territoires lointains qu'on imagine par essence plongés dans le chaos.
    Non, elle est là, en bas de la rue, prête à faire de ce matin mon dernier matin. " Voici les temps des assassins. Il fallait ce livre lumineux, implacable, pour définitivement le comprendre. Albert Sebag, Le Point. Une vision subtile et humaniste, un régal d'intelligence, de sensibilité, de clairvoyance. Lucas Bretonnier, Le Parisien magazine. Il faut lire Yann Moix parce qu'il nous éveille. Joseph Macé-Scaron, Marianne.

  • « Il est toujours bon d'écrire aux femmes que l'on aime. Ne serait-ce que pour les avertir, une fois la rupture consommée, qu'elles font bien de fuir ceux qui leur ont menti, les ont bernés, les ont parfois trompées pendant si longtemps. Il en va de leur départ comme de la mer, lorsque celle-ci se retire : on s'aperçoit de ce qui se cachait sous les flots. Des bidons d'essence, de vieux pneus, des bestioles décharnées. » Y. M.
        En exhumant de ses cartons cette lettre vieille de dix-huit ans, Moix accomplit un geste magnifique et ressuscite un verbe qui n'appartient qu'à lui. Albert Sebag, Le Point.
      Ne pas croire l'adjectif « simple » dans le titre. C'est une lettre d'amour fiévreuse, complexe, ambitieuse, sombre, exaltée, caractérielle, très littéraire. Bernard Pivot, Le Journal du dimanche.
      C'est cru et cruel, certes, mais aussi inventif et souvent tordant. Louis-Henri de la Rochefoucauld, Technikart.

  • Rompre

    Yann Moix

    Avec ce roman, Yann Moix revient à son thème de prédilection  : l'amour (et ses dépendances  : la jalousie, la haine, la rivalité, la séduction, l'addiction, etc...) Et son livre prend la forme d'un dialogue imaginaire (à la manière du Neveu de Rameau de Diderot, ou de L'idée fixe de Paul Valéry) où Yann Moix bavarde, à la terrasse d'un café, avec un ami qui tente de le consoler à la suite de sa dernière déconvenue amoureuse...
    Dans un roman précédent, l'auteur avait choisi, comme incipit  : «  Ce que les femmes préfèrent, chez moi, c'est me quitter  »...
    L'inverse eut été plus exact car, dans ce livre précisément intitulé «  Rompre  » -, le narrateur confesse qu'il ne peut s'empêcher de mettre un terme très prématuré à chacune de ses aventures, de les «  rompre  » tant il craint d'aimer et d'être aimé...
    Evidemment, cette disposition mentale vient de loin  : de l'enfance, de douleurs enfouis, d'humiliations passées...
    Mais tout, ici, prend un aspect drolatique et fort peu psychanalytique.
    Dans ce dialogue, la «  rupture  » sert ainsi de prétexte à une variation sur la solitude, sur la jalousie, sur l'enfer narcissique, sur la violence amoureuse.
    Chaque fois, formules et aphorismes fusent sous la plume moixienne.
    L'écrivain se reproche, au fond, de ne pas savoir aimer les femmes, bien sûr, mais aussi, et surtout, lui-même.
    Et c'est sur cette note tenue qu'il compose ce «  journal d'un séducteur-destructeur  ».

  • La naissance ne saurait être biologique : on choisit toujours ses parents. Naître, c'est semer ses géniteurs. Non pas tuer le père, mais tuer en nous le fils. Laisser son sang derrière, s'affranchir de ses gènes. Chercher, trouver d'autres parents : spirituels. Naître biologiquement, c'est à la portée du premier chiot venu, des grenouilles, des huîtres. Naître spirituellement, naître à soi-même, c'est à la portée de ceux-là seuls qui préfèrent les orphelins aux fils de famille, les adoptés aux programmés, les déviances aux descendances. Toute naissance est devant soi.

    « Cet accouchement n'est pas seulement le plus long de l'histoire littéraire, il est aussi le plus drôle, le plus déjanté. » Joseph Macé-Scaron, Le Magazine littéraire.

    /> « Il transforme la boue de ses tourments en oeuvre d'art jubilatoire. Naissance est un monument. » Hervé Bertho, Ouest France.

  • Dehors

    Yann Moix

    DEHORS est une lettre ouverte au président de la République ; il s'agit d'un appel, d'un SOS : dire à quel point les jeunes exilés, à Calais et ailleurs, font les frais d'une politique absurde. Une politique « migratoire » qui les empêche de sortir de notre territoire, alors que, tous ou presque, veulent rallier l'Angleterre. Ces « migrants » sont des exilés : ils sont partis de chez eux parce qu'ils ne pouvaient y rester. La migration est une procédure, l'exil est une aventure. La migration est un déplacement, l'exil est un bannissement. Cette lettre ouverte veut dire une chose : l'honneur de la France serait d'aider ces enfants courageux, qui n'ont plus rien d'autre à sauver que leur vie. L'histoire nous regarde. Ne lui faisons pas honte.

  • Ce livre raconte l'histoire d'une femme (1891-1942) qu'on a tour à tour nommée Edith dans sa famille, Fräulein Edith Stein au lycée, Doktor Edith Stein à l'université, soeur Thérèse au Carmel, matricule 44 074 à Auschwitz, et sainte Thérèse Bénédicte de la Croix au ciel.

  • Yann Moix Podium Roman burlesque sur les sosies, fable sur les années Cloclo, balade nostalgique au musée Grévin des icônes de la culture populaire, Podium raconte drôlement une histoire désespérée : comment le désir d'être célèbre est devenu la religion des temps modernes.

  • A douze ans, Nestor a connu Hélène, et il a aussitôt décidé qu'elle serait « son amoureuse ».Pendant quarante ans, il essaiera de la séduire. Voilà pour le thème. Reste l'essentiel, à savoir l'éblouissante cavalcade à laquelle se livre ici un écrivain de vingt-sept ans qui sait jouer de tous les registres, faire vibrer toutes les cordes de l'amour, du lyrique au sensuel,du drôle au tragique, de l'étourdissement de la vie à l'horreur du vieillissement... Un coup de maître, salué à la fois par le Prix Concourt du premier romanet le Prix François Mauriac de l'Académie française.Un auteur de vingt-sept ans qui comptera sûrement dans la littérature de notre fin de siècle, s'il continue à écrire de cette encre-là.Geneviève Dormann, Le Figaro.

  • Quels liens peut-on établir entre un club échangiste de Paris et les attentats du 11 septembre ? Entre la sublime Pamela croisée il y a longtemps dans une université égyptienne et le grand amour de jeunesse de François Mitterrand ? Entre les poèmes de Charles Péguy et le terroriste Mohamed Atta ?
    Les réponses sont dans ce roman enfiévré, torrentiel, provocant, drôle et obscène, hanté de femmes inaccessibles, de sexe omniprésent, de violence planétaire, oeuvre d'un écrivain kamikaze qui prend tous les risques et dévoile quelques vérités dérangeantes sur la modernité occidentale.
    Après le triomphe de Podium en librairie et à l'écran, Yann Moix confirme une présence désormais incontournable dans la jeune littérature française.

    Ça brûle et ça sent le cramé dans ce roman. Ce Moix-là nous lance à la figure qu'il ne veut pas réduire la littérature à d'exquises gaufrettes d'un salon d'automne.
    Jacques-Pierre Amette, Le Point.

  • Panthéon est un roman sur l'enfance. l'enfance est souvent une horreur - mais quand on finit par la rejoindre, tard dans la vie, elle est peut-être enfin cela, qu'on appelle le paradis.
    Yann moix.

  • Yann Moix Anissa Corto Tu vois Maria, je l'ai terminé, mon livre. C'est un peu grâce à toi. Les nuits que j'ai passées à écrire Anissa Corto sont des nuits où je n'ai pensé qu'à ton regard par-dessus mon épaule. J'ai tenté, à chaque phrase, de deviner tes exclamations, ton étonnement, tes doutes. Il m'est arrivé de te retrouver à São Paulo, pour écrire auprès de toi. Auprès de toi, je n'écrivais pas beaucoup.
    J'ai très peur de ta réaction à présent. Ce que je pensais être immense, parcouru par tes yeux, va s'excuser d'avoir été écrit. C'est trop tard. Mon style va se retrouver en slip au milieu de la cour. Tout est là, en place, imprimé, figé, définitif, tout est là qui t'attend et te craint.
    J'essaie de gagner du temps, mais tu es peut-être déjà en train de regarder la couverture, d'ouvrir le livre, d'isoler quelques bribes au passage, prélevant, à la manière des chimistes, les échantillons qui te suffiront pour juger l'ensemble. Je ne peux plus reculer ; il ne me reste qu'à te faire face. Ou à fuir.
    Je n'ai pas essayé de faire le malin. Tu n'aurais pas été dupe ; j'ai voulu suivre ma pente naturelle, sans jamais forcer les mots, sans jamais chercher à impressionner quiconque, et surtout pas toi. Tu verras, je serai tour à tour pathétique et excessif, lyrique et névrosé. Comme dans la vie. Je serai tour à tour moi-même. Anissa Corto, ce n'est pas Madame Bovary, d'accord, mais c'est moi.

    Voilà, je me tais. Je te laisse. Comme chaque fois que je sors un livre, je me sens minuscule ; surtout à côté de mes maîtres, les grands, les morts, que je salue debout sur mon escabeau.

    Je t'aime.
    Yann

  • Deux enfants ont trouvé la mort dans un accident d'automobile. Leur mère, Elise, qui conduisait, survit. Fou de douleur, son mari, Gilbert, va entreprendre de lui faire payer ce qu'il juge être son crime. Dès lors, l'existence d'Elise n'est plus que souffrance, culpabilité, humiliation. Gilbert, lui, ne découvrira que trop tard ce que peut l'amour, au-delà du deuil et de la destruction.
    Après Jubilations vers le ciel, couronné en 1996 par la Bourse Goncourt du premier roman, Yann Moix confirme ici sa personnalité : celle d'un romancier de l'excès, de la fureur, de la passion sous ses formes les plus extrêmes. Et de la plus forte d'entre elles : l'amour fou.
    Un roman sur la folie écrit avec folie.
    />

  • Zébré, digressant, ingénieux, pulsatile. En 170 pages électriques, l?auteur de Transfusion prouve qu?un petit volume littéraire peut cracher des décibels. Marc Lambron, Le Point.Le propre de la dualité étant de cerner le mystère où se cache, se contracte et surgit la vérité d?une vie, c?est dans les contradictions du chanteur que Yann Moix éclaire son destin.
    Quand chacun s?intéresse au corps de Michael Jackson, aux outrages qu?il a reçus et à ceux qu?ils auraient prodigués, l?écrivain ne veut connaître que l?âme de son héros. Sébastien Lapaque, Le Figaro littéraire.

  • « Ubu roi se déroulait ''en Pologne, c'est-à-dire nulle part''. Ce livre se déroule ailleurs, c'est-à-dire en Corée du Nord. Dans un monde qui se ressemble partout, c'est le seul ailleurs qui nous reste. Un ailleurs, c'est un lieu qu'on ne visite pas, mais qui nous visite. Ce n'est pas un pays qui ne nous traversons, mais qui nous traverse. A Pyongyang, c'est d'abord avec soi-même qu'on a rendez-vous. Pourquoi aller là-bas, si ce n'est pour se rencontrer soi ? La Corée du Nord ne se « raconte » pas ; et pourtant elle parle, à travers ses guides. Ce livre est constitué de dialogues, parfois exacts et toujours vrais, que j'ai eus avec eux durant mes séjours au royaume de Choson. Où l'on verra que non seulement tout est différent, mais que rien n'est ressemblant. Que rien n'est anormal, mais d'une normalité toute autre. Il y a, là-bas, quelque chose de ''chimiquement pur''. Est-ce la race, qui ne se mélange pas ? Est-ce la nuit étoilée, jamais polluée ? Est-ce la dictature ? Non, c'est l'ailleurs. C'est l'ailleurs qui est chimiquement pur. Et c'est l'aventure. Alea jacta est. » Y.M.

  • Les lecteurs de Yann Moix connaissent, depuis Jubilations vers le ciel, le goût de cet écrivain pour le lyrisme le plus élégiaque, le plus " romantique "... Et c'est ce qu'il prouve, avec ce recueil de poèmes rimés ou en vers libres : Yann Moix croit que le poème est encore un genre moderne et légitime. Que la chanson ne l'a pas encore définitivement remplacé. Et il le prouve avec cette " transfusion " composée de poèmes forts, violents, tendres, souvent improbables. L'inspiration poétique de Yann Moix a, à l'évidence, deux sources : Appolinaire (c'est-à-dire la tradition qui va de Musset à Aragon) et Houellebecq - donc la " beat generation " etc... Ce mélange inattendu correspond au romantisme noir de l'auteur. Il en est, en quelque sorte, la vraie signature.

  • La meute

    Yann Moix

    Y aurait-il donc une " Affaire Polanski " comme il y eut une " Affaire Dreyfus "? Beaucoup dont Yann Moix, le croient. Tandis que d'autres, plus nombreux, semble-t-il, s'indignent d'une telle comparaison. D'où ce livre qui, a n'en pas douter, fera débat.
    La thèse ? D'un côté, on le sait, ceux qui disent à juste titre que tout crime ou délit mérite son jugement et sa sanction. Qu'il n'y a pas une loi pour les " élites " et une loi pour les " obscurs ". Dont acte- puisque telle est la règle démocratique.
    Face à ceux-là, Moix fait simplement observer que " l'Affaire Polanski " serait enterrée depuis longtemps si Polanski avait été un " Monsieur tout- le- monde ".
    Au nom de la règle démocratique, on en arriverait donc à trouver naturel qu'il y ait des lois (d'exception) pour un homme célèbre, et un droit à l'oubli pour les autres... C'est contre ce fait que Moix s'emporte et s'indigne.
    Au passage, bien sûr, il entre dans les détails de " l'Affaire " : le retrait de plainte de la victime ; l'arrangement financier ; le rôle de la mère de la victime ; l'attitude pour le moins étrange du gouvernement suisse ; le fait que Polanski, en trente ans, n'ait jamais " récidivé " ; le rôle des juges (élus) aux Etats-Unis.
    Du coup, il en vient à décrire notre époque, où l'idéologie égalitariste instille une haine particulière du talent, de la singularité. Selon Moix, " la meute " veut immoler (tout en les adorant) ses idoles. Il faut qu'elles soient punies. Freud n'avait pas démontré autre chose dans Totem et Tabou.

empty