Xavier Martin

  • Lorsque je rencontre Serge Gainsbourg à l'Élysée-Matignon, son talent et son style sont déjà légendaires. Il me demande pourtant en riant ce qu'il doit faire pour passer dans Paris-Match. Je lui réponds qu'il pourrait épouser une princesse de Monaco... Mais une idée vient de germer dans ma tête : pourquoi ne pas le photographier dans son bain ?

  • Nouveau livre de Xavier Martin.

  • Vulgate académique, quant à l´évolution du droit pénal français : la législation révolutionnaire (1791) se serait prévalue de l´humanisme de Voltaire et de celui du grand Italien Beccaria, l´illustre visionnaire de la refondation de ce secteur du droit, à l´inverse, les codes « criminels » napoléoniens (1808, 1810), avec leur regain de sévérité, auraient pris leurs distances avec cet humanisme. Or cette approche « classique » est sujette à caution. Une prise en compte de la vision du temps sur l´homme relativise sensiblement un tel contraste : de Voltaire lui-même à Napoléon, sans en excepter la Révolution, elle a propension à mettre en valeur une continuité utilitariste. Et l´on se doit d´y constater que l´idéal d´humanité, omniprésent dans les paroles, a dès l´origine et continûment, difficulté à se faire autre qu´illusoire en profondeur, dans les esprits et dans les faits.L´inconvénient d´une telle recherche, c´est que l'image convenue de l´esprit des Lumières, de la Révolution, de la phase impériale, s´en trouve au bout du compte, quant à l´orientation de son axe majeur, quelque peu écornée.

  • La grande Révolution a-t-elle abîmé la France ? Il n'appartient guère à l'historien de se poser une telle question, encore moins d'essayer d'y répondre. En revanche, si les contemporains en ont eu le sentiment, comme ce fut le cas de façon massive, y compris parmi les républicains les plus convaincus, il lui faut en prendre acte, et explorer accessoirement les trop bonnes raisons qu'ils se pouvaient croire de penser ainsi.

  • Depuis près de quinze ans, les livres du professeur Xavier Martin sur la mentalité du siècle des Lumières et l'esprit des acteurs de la Révolution, ont sans tapage fidélisé un lectorat très motivé. Parmi ces quelques douze ouvrages, nul n'a fait plus d'effet que Voltaire méconnu. Livre à l'écriture vivante et claire, ce qu'on y voit se profiler, c'est une image ordinairement dissimulée du grand « philosophe » de la « tolérance » : haine ou mépris du genre humain en général, et des gens modestes en particulier ; mépris des femmes, jusqu'au sordide ; haine des religions, à l'occasion jusqu'au délire ; mépris des Noirs et des Arabes, haine pathologique à l'égard des Juifs, jusqu'à certains fantasmes d'extermination (qui à l'occasion visent aussi les Turcs) ; mépris des Calas, que Voltaire en douce, avec insistance, tient pour « imbéciles » ; exécration de jeunes auteurs dont il approuve (ou manigance !) l'enfermement par lettre de cachet... Cette énumération n'est pas limitative. Une profusion exceptionnelle de citations époustouflantes, méthodiquement référencées, nourrit l'ouvrage, qui donc pourrait presque être intitulé Voltaire par lui-même.

  • Xavier Martin, dans cette étude historique, démontre comment les philosophes des Lumières, sont à l'origine de la notion de «sous-hommes». Ils considèrent l'homme comme «une machine de chair», affichent un souverain mépris des ethnies exotiques «des hommes imparfaits», sous-humanisent «l'espèce féminine» «inférieure en esprit», «une femme n'est rien par elle-même» «font-elles parties du genre humain ?», l'agression sexuelle dédramatisée.et enfin sous-humanisent le peuple en général, «le peuple entre l'homme et la bête», «les premiers chrétiens : forcément des gueux», «Mépris pour les métiers et les gens de métiers», «la stupidité des hommes de campagne», «les gens du peuple sont des boeufs», il faut «les enmuseler comme des ours». X. Martin apporte les preuves de ce que Pierre- André Taguieff écrivait en 1995 dans son essai Les Fins de l'Antiracisme, « L'envers du siècle des Lumières, c'est qu'il est aussi le siècle de la construction intellectuelle du «sous-homme» ».

  • Programmer la refonte à long terme de " collections d'hommes prises en masse " pour les conformer à " un type parfait ".
    Ou en d'autres termes " s'emparer à l'avance des races futures et tracer le régime du genre humain " de source médicale. voilà le type de voeu assez peu anodin qu'on entendait en france autour de 1800. il est de fait que l'esprit des lumières, en voulant reconstruire le social à partir de l'individuel, et en tendant parallèlement à réduire l'homme à l'organique, suggère clairement la compétence, en politique fondamentale, du " médecin philosophe ".
    Certains auteurs de premier rang proclament nettement et justifient ce magistère. le contexte révolutionnaire, en semblant rendre tout " possible " vient stimuler les imprudences réformatrices de cette nature, et d'autant plus que les déconvenues des premières années assoient la conviction, chez les théoriciens, d'une effective urgence de repentir radicalement la pâte humaine pour l'adapter aux bons principes.
    Pour d'évidentes raisons techniques, ce type de dessein n'a dans l'immédiat aucune suite pratique. mais la logique intellectuelle dont il procède, qu'amplifie le scientisme du xixe siècle, donnera des fruits assez notoires dans certains totalitarismes du siècle suivant. et n'est sans doute guère étrangère aux fondements doctrinaux de la bioéthique contemporaine.

  • De Nature humaine et Révolution française à Voltaire méconnu, en passant par Régénérer l'espèce humaine et quelques autres titres, l'oeuvre de Xavier Martin a sans tapage gagné un public sensible à la richesse documentaire des analyses, au rajeunissement des perspectives, et à la clarté de l'exposition.
    Cette oeuvre singulière, centrée sur les Lumières et la Révolution, n'est pas née du hasard. Elle a une histoire, mêlée au parcours universitaire de l'intéressé ; une histoire étonnante, et d'abord étonnée, c'est-à-dire jalonnée d'étonnements : ils en constituent, depuis l'origine, l'énergie motrice. Xavier Martin retrace ici cette "randonnée intellectuelle" inopinée, riche en imprévus et rebondissements.
    Son récit alerte et plein d'anecdotes pourra surprendre ceux qui déjà connaissent l'oeuvre, et poussera les autres à la découvrir.

  • La grande révolution a-t-elle abîmé la france ? il n'appartient guère à l'historien de se poser une telle question, encore moins d'essayer d'y répondre.
    En revanche, si les contemporains en ont eu le sentiment, comme ce fut le cas de façon massive, y compris parmi les républicains les plus convaincus, il lui faut en prendre acte, et explorer accessoirement les trop bonnes raisons qu'ils se pouvaient croire de penser ainsi. ce sentiment inattendu, l'auteur a donc été conduit, selon sa manière déjà éprouvée, à en établir la réalité au prix d'un recours intensif aux sources directes les plus variées.
    Car les témoignages sont nombreux, abondants, suggestifs, de cette impression pesante et tenace d'une france abîmée : un sentiment qui volontiers a pu aller jusqu'au regret sans équivoque du temps béni d'ancien régime, et parfois même - voir l'épilogue très saisissant de cet ouvrage - s'est cru fondé à faire état explicitement d'un lien tangible entre les lumières et la subversion révolutionnaire des plus hautes valeurs.
    Le lecteur aura plaisir à retrouver dans cette france abîmée ce qui a fait le succès des livres précédents : originalité des angles d'attaque, surabondance de citations, prudente finesse des conclusions.

  • Quelle conception de l'homme les révolutionnaires avaient-ils à l'esprit lorsqu'ils légiféraient pour sa félicité ? Cette interrogation, qui pourrait être primordiale aux yeux de qui se fait devoir de méditer sur leurs « droits de l'homme », est curieusement très peu soulevée. Elle ouvre pourtant, à travers les Lumières et la Révolution, une large voie, qui met au jour un paysage insoupçonné : pour l'essentiel, une conception très réductrice et toute passive de l'être humain, objet prédestiné de manipulation, de « régénération », de bonheur imposé. C'est l'objet de ce livre !

  • Quelle conception de l'homme les révolutionnaires français cultivaient-ils ? Cette interrogation, qui devrait être primordiale aux yeux de qui se fait devoir de méditer sur les " droits de l'homme ", est, curieusement, très peu soulevée.
    Elle ouvre pourtant, à travers les Lumières et la Révolution, une assez large voie, révélatrice de paysages insoupçonnés. La vision de l'homme que nos " grands ancêtres " ont héritée de l'esprit des Lumières est plutôt surprenante. Leur image de l'homme est très réductrice. " L'homme et l'animal ne sont que des machines de chair ou sensibles. " Ces mots fort clairs de l'" humaniste Diderot ", que cosigneraient, pour l'essentiel, tant de ses collègues (Voltaire inclus), résument bien tout : réduction de tous les phénomènes d'intériorité (intelligence et sentiments) à un jeu mécanique des sensations et impressions, absence de frontière entre animal et homme, entière absence de volonté, de liberté en l'être humain, mécaniquement assujetti à l'égoïsme.
    Ces constatations, dont le présent ouvrage fonde minutieusement la démonstration sur un florilège impressionnant de citations, éclairent bien des choses. Elles font, notamment, plus que suggérer une profonde cohérence entre l'idéologie des droits de l'homme, les faux frais douloureux de l'épopée révolutionnaire, et certains hasards de la bioéthique contemporaine.

  • Le discours officiel sur Voltaire (enseignement et médias) est gravement lacunaire : il tait en effet, ou estompe beaucoup, ce qui chez lui dément l'image de l'inlassable promoteur de la tolérance et de l'humanisme.
    C'est ce qu'oeuvre à montrer le nouvel ouvrage de Xavier Martin. Poursuivant, dans les sources du XVIIIe siècle, les investigations tenaces qui ont donné déjà des fruits inattendus, l'auteur met au grand jour la face ou les facettes ordinairement cachées du " roi " des philosophes : mépris réfléchi des humains en masse, ainsi qu'en détail (il répétera que les Calas sont des " imbéciles "), haine de nombreuses catégories, souvent morbide, jusqu'à certains fantasmes d'extermination (relativement aux Turcs, relativement aux juifs...), accointances policières et gouvernementales dont il use pour réduire au silence les jeunes auteurs irrespectueux à son endroit (jusqu'à les faire embastiller lorsqu'il le peut), orgueil social, allergie maladive à la contradiction, délire verbal contre Rousseau, goût anormal pour le néant, acharnement pathologique contre les morts à la consternation de ses propres amis, etc., etc.
    Truffé de citations fréquemment saisissantes, et strictement référencées, ce livre aisé à lire jette une lueur inattendue, qui donne beaucoup à réfléchir, sur l'humanisme des Lumières et sur l'image un peu flattée qu'à l'ordinaire on en propose.

  • Le Japon. Un archipel aux paysages envoûtants, parfois aussi saturés de modernité. Un archipel aux traditions restées vivaces au coeur de la vie quotidienne, héritage d'une longue histoire culturelle et spirituelle. Un archipel qui continue de nous fasciner et de nous faire rêver. À l'origine de cette fascination, il y a les Japonais eux-mêmes  : un peuple à l'âme mystérieuse, ici révélée dans toute son intimité, au gré des saisons, d'Hokkaid au nord à Okinawa au sud. Un voyage singulier et attachant au coeur du Japon  !

  • Eiffel, l'ingénieur amoureux.

    Que cache la vie publique étonnamment lisse de Gustave Eiffel ? Nous connaissons ses grands travaux (sa Tour, la structure de la statue de la Liberté, le canal de Panama...), mais l'homme beaucoup moins...
    Ingénieur paradoxal (il pratique le magnétisme, fréquente Victor Hugo et la franc-maçonnerie), Eiffel entretient un rapport particulier avec les femmes de sa vie : sa mère, sa fille, sa femme et surtout sa cousine Alice avec qui il vécut une relation cachée pendant de très nombreuses années. Alice, la muse qui inspira peut-être par son initiale la fameuse tour. Alice, dont la beauté emportait le rigide Eiffel, travailleur infatigable et apôtre de la technique... Entre réalité historique et fiction romantique, A comme Eiffel nous entraîne à la rencontre d'un Icare moderne qui connut l'ascension puis la chute, vivant aujourd'hui encore dans nos imaginaires à l'ombre de son oeuvre la plus célèbre.

  • Il était une fois. un jeune aventurier qui rêvait de trouver les six Dofus, les six oeufs de dragon convoités par tous.
    Vous êtes cet aventurier.
    Après votre périple dans les profondeurs de l'île du Minotoror, vous auriez bien pris un peu de repos. mais le destin en a décidé autrement.
    À peine avez-vous débarqué sur le continent amaknéen que Strig se manifeste en hululant. La chouette de la magicienne Mériana semble dans tous ses états. Sa maîtresse court un grave danger ! Et vous seul pouvez la sauver.
    Sur les hauteurs d'un village perché dans les nuages, vous rencontrez la protectrice des Brigandins. Elle a bien connu Mériana, autrefois. Elle devine ce qui s'est passé : tout indique que la sorcière des mers est de retour.
    Depuis des siècles, au plus profond de l'océan, la sorcière rumine sa vengeance. Désormais, plus rien ne l'empêchera d'atteindre son but : ramener le dragon Bolgrot d'entre les morts, afin qu'il déchaîne sa colère sur le Monde des Douze.
    Investi du pouvoir des Dofus Pourpre et Émeraude, vous êtes prêt à relever le défi. Si vous l'emportez, l'oeuf turquoise d'Aguabrial sera vôtre !
    Vous attendent dans le Labyrinthe du Minotoror ?

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