Patrick Cloux

  • Plus qu'un hommage, c'est bien d'une célébration qu'il s'agit. Car André Hardellet (1911-1974) est, pour l'auteur, un phare, un saint patron, un modèle et, plus que tout, un ami. Petit maître pour les uns, écrivain modeste pour d'autres, ce promeneur mélancolique a marqué pour toujours ses amateurs par sa "prose ouverte, savante, mais aussi sensuelle, subtile, rigolarde et populaire. Sa prose inquiète et visionnaire, dotée du petit matériel indispensable de l'humour en ruine".
    Patrick Cloux, en chef de file de la société (secrète et fraternelle) de ses lecteurs, entend faire découvrir son oeuvre providen- tielle et paradoxalement cachée, et lui rallier quelques inconditionnels supplémentaires. "Donnez-moi le temps" implorait un titre d'Hardellet ! C'est ce que fait ici, sans réserve, le bel essai d'un admirateur enthousiaste et reconnaissant.

  • Livre gigogne qui évoque les anciennes Halles au centre de Paris, leurs foisonnants équipages, leur luxuriante énergie populaire et baroque. Puis brusquement leur fin. Livre «Au fil des rues» que l'on parcourt en compagnie d'un attachant quarteron d'auteurs - Cendrars, Seignolle, Yonnet, Clébert et Giraud - «Clochards insolites» débusqués aux comptoirs des troquets animés du Paris d'après-guerre et dont les oeuvres résonnent aujourd'hui encore pour tous les amateurs du «temps perdu».

  • Journal de deuil intermittent, entre travail de mémoire et d'accompagnement de l'aimée qui lutte pour «durer encore». Un livre-portrait écrit avec et sans distance, à l'épreuve de la maladie, et qui est avant tout un chant d'amour, de tristesse et de force.  

  • « Le peuple étriqué et coincé dont je sortais, jeune, meurtri, curieux, timide et assez mal assuré, avait donc lui aussi ses artistes, son droit de voir, ses perplexités et ses accroches lumineuses. Un arbre plein de lucioles m'éclairait. Il me changeait de la misère ambiante, du rétrécissement familial où je végétais, de l'absence de perspective et de beauté. Le Merveilleux était derrière ces portes. Il fallait avancer... » Fidèle à une méthode éprouvée dans ses livres précédents, l'auteur examine diverses mani- festations de l'art à la lumière de souvenirs de sa jeunesse, évoquant une enfance démunie dont l'art et la littérature sont venus combler les manques affectifs. En « nostalgique de l'avenir », c'est à la « création libre des couches populaires » qu'il s'intéresse principale- ment, à quelques naïfs, à divers singuliers, bruts répertoriés comme bricoleurs oubliés qu'il entasse dans sa brocante imaginaire, son insolence stimulée par l'insolite et son goût du coq à l'âne bousculant les « conventions esthétiques ». Sa rêverie buissonnière nous invite ainsi à un inspirant dimanche à la campagne.

  • Livre d'hommage, essai personnel et approche sensible de l'oeuvre et la vie d'Andrew Wyeth (1917 - 2009) : Considéré comme l'un des grands peintres réalistes américains, Andrew Wyeth a marqué profondément la peinture américaine du 20ème siècle. Il a été influencé par la Renaissance, principalement par l'oeuvre d'Albrecht Dürer et par des artistes américains comme Winslow Homer ou Thomas Eakins. Il a peint des lieux et des personnages familiers, ainsi que sa ville natale Chadds Ford et sa maison dans le Maine.
    Il a connu un succès public extraordinaire de son vivant mais est resté un artiste solitaire, très controversé, à l'écart des modes contemporaines.

  • Un vin de paille

    Patrick Cloux

    • Stock
    • 3 Mars 2004

    « Avant tout il soeagit doeun livre lié à une célébration du vin ouvrier que joeai connu à travers mon père, des voisins, ou encore un certain goût du paysage, sous forme de chroniques personnelles.
    Pas trop fier de ce petit vin local, un gamay assez raide, fragile et un rien acide par manque doeensoleillement bien franc, joeai osé tout de même évoquer, en effleurant à peine loehistoire de ces vins de maçon exportés autrefois par gabares jusquoeaux chais de Bercy, le passé et le presque-présent, amer, populaire et contrarié, de ces cépages locaux.
    Mais, pour autant, ce noeest pas un livre d?étude sur le vin, pas même une contribution locale sur le vin doeAuvergne. Coeest une musique qui se joue sur un mode privé et public. Le vin en sa qualité de négociant en destins a plus à dire quoeune simple chronique. Seule cette mémoire décalée moeintéresse. Celle des gens au quotidien marqués par lui, bricolés en cave, bons ou médiocres à leur tour. »

  • Parce que les livres comptent pour moi presque un peu trop, j'ai eu envie d'écrire quelque chose dans l'amitié du Merveilleux, précisant ce que je sens, qui lie la faculté de s'émerveiller à une certaine forme de désarroi et de précarité.
    Depuis bientôt dix ans, je suis libraire et je vois trop de lecteurs désabusés ou simplement déçus. En tout cas, pas assez reliés à ce quelque chose qui s'apparente à la magie, et n'en est pas, mais qui fait que dans la grande liberté de l'imaginaire, on aime un livre plus que tout. Aussi ai-je eu envie de donner corps à quelques passions, à quelques grands attachements littéraires et émotifs, où j'ai cru me réconcilier.
    J'aimerais en transmettre une part, donner envie de les lire. Ce livre est une modeste proposition, plus promenade qu'apologie, attentive surtout à révéler, à souligner ces quelques enchantements. C'est avant tout un remerciement à la vie d'être pour moi ce qu'elle est. C'est-à-dire ce qu'on en fait lorsqu'on la rêve.

  • J'ai tenté ici de mettre en mouvement un certain regard porté sur le paysage.
    D'où mes promenades sans but, nourries d'analogies et d'objets de nature, mais aussi ce besoin participatif de dire les choses aimées par les livres lus. Voilà donc mon amour des pierres, des bouts de bois paradoxaux rencontrés sur les chemins. Une sorte de Land Art particulier, privé, et cependant résonnant chez d'autres, traversant le jeu sans fin des formes à découvrir, des collections, des noeuds entre le réel et l'abstraction.
    Je ne sais pas si j'y suis parvenu, mais c'est ainsi, donné, direct, décidé : une tentative d'appropriation du monde, l'éloge du pacte qui nous ramène aux arbres et à l'herbe, aux traces et aux mots. Patrick Cloux

  • Lumieres d'eg e

    Patrick Cloux

    • Miroir
    • 19 Août 2003

    On croit aussi communément que toutes les îles grecques, en tout cas toutes les îles des Cyclades, se ressemblent au point de se confondre.
    Combien de fois n'ai-je pas entendu en Grèce des réflexions du genre : si vous en voyez une, vous les avez vues toutes. Quel aveuglement quel manque de discernement! C'est justement parce qu'elles ont un air de famille évident qu'il importe d'aller au-delà et de trouver en chacune d'elles ce qui la distingue des autres. Faute de quoi un voyage dans les Cyclades et dans la mer Egée ne serait qu'une morne litanie de cimes chauves et de maisons blanches.
    Ce texte fait justice de ces préjugés en montrant par l'évidence du regard et de l'attention, que chaque île a sa mémoire, sa tradition et son propre secret.
    Jacques Lacarrière

  • J'aime le risque de ce livre court et pudique, loin de toute psychologie.
    J'y ai cherché une parole écrite un peu à l'écart de ce que la vie impose. Je l'ai laissé se développer comme un jeu de patience. Une simple chronique qui serait sans l'avouer un long poème, et dirait la respiration qu'il y a à vivre à deux, l'étrange ellipse décidée par les mots, une suite d'instants rattrapés. Et puisqu'aimer c'est parler, voici au fil des pages le portrait d'une femme dessiné à la craie, la marelle blanche et noire d'un homme de quarante ans, les gestes de leur durée.
    Patrick Cloux

  • Carnet d'un jeune collectionneur, rêveur observateur de ce qui ne bouge pas ou pas trop vite, de ce qu'on ne prend pas la peine de regarder : cailloux, bouts de bois, façonnés par la nature comme par la main d'un homme.

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