Michel Zink

  • « Celui qui lit dans une langue étrangère se fait une force de sa faiblesse. Il lit avec plus d'attention que dans sa langue maternelle. L'incompétence est pour lui un stimulant autant qu'un handicap. On lit mieux dans une langue qu'on sait mal. » Comme il l'a fait de ses lectures d'enfance dans Seuls les enfants savent lire, Michel Zink se souvient ici de quelques uns des livres qu'il a lus au fil des années en allemand, anglais ou italien. Non qu'il possède parfaitement ces langues, c'est même tout le contraire. Mais trop paresseux pour les apprendre méthodiquement, il a tenté toute sa vie d'y faire quelque progrès par des lectures de distraction qu'il s'autorisait sous ce prétexte.
    Au fil des souvenirs et des réflexions, ces lectures très variées, allant du registre le plus léger au plus grave, émergent, se mêlent, s'enchaînent, se fondent et mijotent dans sa mémoire jusqu'à y produire le plat léger, mais non sans saveur, qu'est ce livre.

  • Première partie : Naissance d'une langue, genèse d'une littérature.
    1 - Les conditions d'une genèse.
    2 - Les premiers textes.
    3 - En marge deslettres françaises, les formes du savoir et la parole de Dieu Deuxième partie : L'épanouissement.
    4 - Les chansons de geste.
    5 - Troubadours et trouvères.
    6 - Le roman Troisième partie : La constitution d'une littérature.
    7 - Naissance de la prose, roman et chronique.
    8 - La dramatisation et le rire.
    9 - L'allégorie.
    10 - Destin des lettres d'oc.

    Quatrième partie : La fin du Moyen Âge.
    11 - La poésie au XIVe et au XVe siècles.
    12 - Les formes de la réflexion, témoigner, juger, savoir.
    /> 13 - Les formes de la représentation.
    En guise de conclusion.
    - Bibliographie.
    - Chronologie.
    - Index.

  • Les troubadours sont, au XIIe siècle, les auteurs, immensément admirés, des plus anciennes chansons d'amour composées dans une des langues nouvelles de l'Europe, la langue d'oc. Le tremblement du désir et celui de la crainte, la ferveur et la frustration, la jalousie et la jouissance, tout cela ils l'ont dit de façon si nouvelle et si intense que leurs chansons résonnent encore dans les mots d'amour d'aujourd'hui.
    Le beau livre de Michel Zink rend sa fraîcheur à cette poésie vieille de neuf siècles en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des poèmes, qu'il cite en grand nombre, juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour qu'elle nous enchante et pour qu'elle vive en nous.

  • Qui était le roi Arthur ? Roland a-t-il vraiment sonné le cor à Roncevaux ? Pourquoi les troubadours, poètes exigeants, ont-ils laissé leur nom aux guitaristes babas cool ? Le Graal ressemblait-il à celui d'Indiana Jones et des Monty Python ? Tomber amoureux comme Tristan et Iseut a-t-il un sens aujourd'hui ? Qui a mieux parlé de l'amour conjugal que les poètes du Moyen Âge ?
    À travers l'imaginaire, le merveilleux, les romans, les chansons et les légendes, Michel Zink, grand spécialiste du Moyen Âge, nous propose un voyage du ixe siècle à nos jours, des chevaliers de la Table ronde à Kaamelott.
      Un ouvrage sérieux et fantaisiste, écrit avec la volonté de transmettre une passion. Un pari réussi. Christine Ferniot, Télérama.

    Michel Zink rend justice à cette période qui ne fut ni plus ni moins sombre que la nôtre. Jean-Maurice de Montremy, Lire. 

  • Ce livre est une plongée dans les lectures de mon enfance : livres de classe, romans pour enfants ou que j'ai lus enfant, contes, poèmes.
    L'amour des livres est un amour d'enfance. Non seulement l'enfant a des impressions plus vives, mais il comprend avec une pénétration instinctive qu'il perd en devenant adulte. Même ce qu'il ne comprend pas, il le comprend mieux que quand il le comprendra. Seuls les enfants savent lire.

  • La littérature française naît au Moyen Age, mais elle s'inscrit dans une continuité. Elle se souvient des lettres antiques, elle est confrontée à une littérature latine toujours vivante, mais elle est l'expression d'une culture largement originale et elle a pour véhicule une langue toute neuve. Des premiers textes écrits au IXe siècle dans cette langue, qui n'est plus du latin et qui est en train de devenir le français ou la langue d'oc, jusqu'à la fin du XVe siècle elle couvre aussi une très longue période. Elle reflète ou modèle des sensibilités, un imaginaire, une esthétique, des valeurs à la fois très différents des nôtres et dont cependant nous avons parfois hérité.
    Ce petit volume tente d'offrir, sous une forme rapide et vivante, à la fois une information suffisante et un exposé raisonné, suivi et cohérent de la naissance et du développement de cette littérature. Il espère rendre ainsi service aux étudiants en lettres ou en histoire, mais aussi à un public plus vaste, curieux des débuts de notre littérature, qui pourra grâce à lui, du moins l'espère-t-on, mieux comprendre et mieux goûter les oeuvres du Moyen Age.

    Une première version de cet ouvrage a été publiée aux Presses Universitaires de Nancy sous le titre Le Moyen Age. Littérature française.

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  • La littérature du Moyen Age naît avec le français lui-même. Mais existe-t-il une littérature à une époque où ce mot a un sens très éloigné du nôtre ? Peut-on réunir sous le nom de littérature française les littératures de langue d'oc et de langue d'oïl ? Ces questions et bien d'autres sont abordées dans ce manuel qui, non seulement expose clairement les faits et présente les textes, mais propose également une réflexion pour donner au lecteur le désir d'aborder directement les oeuvres.

  • Quelle relation la littérature du Moyen Âge entretient-elle avec le temps et la mémoire ? Quelle est la place de la religion et de la spiritualité dans cette littérature ? Peut-on concevoir la poésie comme un récit ? Michel Zink, dans sa leçon de clôture au Collège de France, jette un regard rétrospectif sur ses vingt-deux années d'enseignement. Les grands thèmes ayant servi de fil conducteur à ses cours y sont analysés, et en tout premier lieu le temps : le regard que porte la littérature médi évale sur son propre passé, l'imbrication du temps subjectif et du temps de l'histoire, la réception moderne de ces textes anciens. Des questions de poétique ensuite : poésie et récit, anonymat et sujet poétique, poésie et nature. Enfin, la constante imprégnation religieuse des lettres médiévales, qui brouille la notion même d'une littérature profane.

  • L'humiliation nous révulse parce que nous la redoutons mais aussi parce que nous nous identifions à l'humilié. Signe d'exclusion, marque d'infamie, elle éveille en nous une douloureuse empathie.
    Cette ambivalence, le Moyen Âge nous l'a léguée.
    Dans la société féodale et chevaleresque comme dans celle de l'Antiquité et dans bien d'autres, chacun doit tenir son rang et rien n'est pire que de perdre l'honneur.
    Mais le monde médiéval adhère profondément à une religion de l'humilité fondée sur une scène d'humiliation, la passion du Christ. Il est ainsi partagé entre deux idéaux contradictoires.
    Comment parvient-il à concilier cette contradiction ? Comment considère-t-il Lancelot montant dans sa charrette ? Comment le poète lépreux, que sa maladie, souvent vue comme une punition divine, condamne à l'exclusion et à la honte, se voit-il lui-même ?
    À travers récits et poèmes du Moyen Âge, Michel Zink déchiffre des attitudes qui éclairent les nôtres et nous renvoient à nos propres contradictions.

  • Voici des contes chrétiens du Moyen Âge.

    D'une voix lointaine et toute proche, ils nous parlent le langage de l'amour, nous disent les doutes des puissants, l'espérance des humbles, les joies inattendues des ermites et des saints. Ils témoignent d'une expérience pleinement humaine, généreuse et fervente, celle de la loi fervente, celle de la loi vivante de chaque jour. Enfin, ils nous mènent sur les chemins du salut, là où un sourire peut être un miracle, un geste de compassion guérir les blessures de l'âme, une parole libératrice nous rendre notre véritable visage.

  • Ce livre est un essai consacré au Roman de la Rose de Jean Renart(1228).
    Généralement désigné aujourd'hui sous le nom de Roman de Guillaume de Dole, du nom de son héros, pour le distinguer du Roman de la Rose de Guillaume de Lorris et Jean de Meun, ce roman atypique et sophistiqué du début du XIIIe siècle est farci de chansons - et en particulier de « chansons de toile » - selon un procédé que l'auteur dit être le premier à pratiquer et dont il a lancé la mode.
    L'hypothèse de départ de cette étude est que le hasard ne peut expliquer la parution à peu d'années d'intervalle de deux romans intitulés l'un et l'autre Roman de la Rose, celui de Guillaume de Lorris et celui de Jean Renart. Chez Guillaume, la rose représente la jeune fille aimée, et particulièrement - ou simultanément - son sexe: c'est une rose métaphorique, produit du songe allégorique. Chez Jean, la rose est réelle: c'est une marque de naissance sur la cuisse de l'héroïne. Mais elle désigne le sexe féminin par métonymie, par contiguïté, si l'on ose dire. Tout le roman joue - et de toutes les façons - de cette sorte de glissement, de dérive, de superficialité significative, en décalage apparent avec l'art littéraire et la pensée de son époque, qui cherche le sens second et la glose dans la profondeur du texte. Il ne cesse de révéler l'essentiel à travers l'accessoire (ce qui est peut-être le secret de l'art du roman) avec un sens de la mystification en accord avec le sobriquet de « renard » sous lequel l'auteur dissimule son identité. C'est ce que ce petit livre tente de montrer.

  • Dans les lettres médiévales se cristallisent toutes les associations entre le passé et la littérature, tous les indices qu'un lien essentiel unit la notion de littérature au sentiment du passé. La curiosité qu'a éveillée la littérature du Moyen Âge depuis sa redécouverte à l'aube du romantisme suppose de telles associations. Les formes de cette littérature ellemême recèlent de tels indices. Ils invitent à embrasser d'un même regard l'intérêt de l'époque moderne pour le passé médiéval et les signes du passé dont le Moyen Âge marque sa propre littérature. Bien plus, ils invitent à chercher dans la relation avec le passé un critère de définition de la littérature, tâche tout particulièrement nécessaire s'agissant d'une époque où le mot ne s'entend pas dans son acception moderne et où l'existence même de la notion correspondante n'est pas assurée.

  • Un notable lyonnais sexagénaire reçoit un professeur parisien septuagénaire à la recherche de son enfance lyonnaise et du mystère entourant un frère et une soeur, dont il était alors très proche. Le notable parle trop en expert-comptable, le professeur s'exprime trop en professeur pour que chacun ne prête pas au soupçon de forcer un peu son rôle ? : légère énigme se superposant à celle que veut percer "?le petit vieux monsieur ?", comme l'autre l'appelle avec condescendance tout en s'agaçant de le voir nouer avec son épouse une complicité un peu ridicule, un peu touchante.
    Mais derrière les toutes petites choses de la vie, derrière des souvenirs du Lycée du Parc, vieux de soixante ans, se cachent les stigmates de la guerre et de la Libération, de l'Indochine et de l'Algérie, les traumatismes de l'enfance, oubliés, déplacés, réveillés. Un récit feutré et souriant, des blessures profondes. Michel Zink, né en 1945, est professeur honoraire au Collège de France, membre de l'Institut, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
    A côté de nombreux ouvrages consacrés à la littérature du Moyen Age, il est l'auteur de plusieurs romans, dont trois ont déjà été publiés aux Editions de Fallois (Le Tiers d'amour, Arsène Lupin et le mystère d'Arsonval, Un portefeuille toulousain), ainsi que de contes et d'un livre consacré à ses lectures d'enfance. Il a été élu à l'Académie française le 14 décembre 2017.

  • Automne 1956.
    Emilien Rébeyrol, professeur au lycée de Toulouse, surprend à son retour de vacances un cambrioleur qui fouille dans ses papiers. Ses travaux auraient-ils une telle importance ? Il n'en doute pas un instant. Sa voisine et propriétaire, Mlle de Cantelou, soupçonne, quant à elle, l'intrus d'être à la recherche d'un portefeuille compromettant, retrouvé dans un lieu qui ne l'est pas moins. Mais compromettant pour qui et pour quoi ? Les souvenirs douloureux ou glorieux de l'Occupation et de la Libération sont encore proches.
    De nouveaux troubles agitent les esprits : la guerre d'Algérie, le soulèvement de Hongrie, les préparatifs de l'expédition de Suez. Au milieu des drames passés et présents, chacun mène sa petite vie dans les rues étroites et les vieilles maisons de Toulouse... Un roman satirique, qui évoque avec brio les moeurs provinciales.

  • Peut-on mourir d'une blessure en rêve ? Ou peut-on mourir d'être transparent au regard des autres, de ne pas exister à leurs yeux ? Le jeune Déodat veut percer le mystère qui entoure la mort de son frère Cahus. Mais à la cour du roi Arthur, nul ne prend garde à lui. Cahus et lui ne sont rien pour personne. Tous sont occupés d'un mystère autrement prestigieux, celui du Graal. L'errance à travers la forêt, les rencontres, les terreurs font franchir à Déodat d'invisibles frontières : entre le rêve et la veille, entre l'âge adulte et la mémoire de l'enfance, entre l'univers des contes et celui d'une réalité elle-même incertaine, entre le monde des chevaliers et celui des paysans, entre la cruauté et la miséricorde. Son chemin croise celui d'Yvain, de Perceval, de Galaad, de chevaliers et d'ermites qu'il suit ou qu'il fuit, effrayé, obstiné et obscur. Il saura la vérité sur la mort de son frère et sur un secret familial qu'il ne soupçonnait pas. Mais il apprendra davantage. Lui qui avait tant rêvé d'être un chevalier, qui enviait la gloire passée d'un lignage illustre et la gloire future promise aux quêteurs du Graal, il découvrira qu'on ne meurt pas de la transparence, mais qu'on en vit.

  • This long tradition would certainly not be a reason in itself to keep or restore the subject, had it not something to do with the subject itself. All of the associations between the past and literature, all of the signs that point towards an essential link between the notion of literature and a feeling for the past, are crystallized in medieval literature. The curiosity that medieval literature has aroused since it was rediscovered at the dawn of Romanticism presupposes such associations. The very forms of this literature bear indications of them. They encourage us to consider jointly the interest of modern times in the medieval past and the signs of the past with which the Middle Ages marked its own literature. Even more, they invite us to seek in the relationship with the past a defining criterion for literature, a most necessary task with reference to a time when words are not understood in their modern sense, and there is no guarantee that a corresponding notion exists. The best reason to continue with this hundred-and-fifty-year-old teaching is that its object may not even exist.

  • Le lecteur ne trouvera pas ici une étude de type classique sur la poésie lyrique médiévale - énumérant les théories sur les origines du genre, analysant et décortiquant ses procédés rhétoriques. Si, toutefois, les diverses théories sur les origines de la pastourelle ne sont pas, dans cet ouvrage, passées sous silence, c'est que Michel Zink y voit une occasion de remettre en cause la nature esthétique et idéologique de cette forme poétique, en s'attachant tout particulièrement à éclaircir deux points essentiels. D'abord, le rapport entre le texte versifié et la musique. Contrairement à l'opinion généralement admise - subordination du texte lyrique médiéval à la mélodie - Michel Zink montre que le rythme musical était subordonné au rythme prosodique ; l'aboutissement en était un rythme à peine marqué, aux antipodes de la musique romantique et du jazz moderne. Le texte était beaucoup plus contraignant que la musique pour l'exécutant qui, à la limite, pouvait improviser la mélodie. Le second point montre le rôle inattendu qu'a pu jouer la pastourelle dans l'imaginaire médiéval. Il ne s'agit, il est vrai que d'une hypothèse, mais pleine de richesse : il y aurait une relation profonde entre la pastourelle et le thème mythique de la "femme sauvage" - thème à demi inconscient à partir duquel le poète évoquerait la nature champêtre "ouverte" et la bergère, cet être fruste et presque animal, comme une sorte de contrepoint au verger "clos", à la "dame courtoise", à ce milieu trop civilisé auquel les poètes souhaitaient parfois échapper pour poursuivre le fantasme de leur "pur désir charnel", dans une sorte de "folie érotique", peut-être liée aux vieux rites de mai. Cette nature sauvage se cristallise sur le personnage de la bergère, mais à mesure que ce personnage est individualisé, la nature recule et s'annule, d'autant plus qu'elle diffère des formes régulières d u verger, qui se prêtent mieux à la rhétorique de l'imagerie courtoise. En découvrant ce que la pastourelle - le type de chanson le plus simple de la lyrique médiévale - a de plus révélateur, l'auteur transforme en une étude d'anthropologie culturelle ces pages d'histoire littéraire.

  • Le lecteur ne trouvera pas ici une étude de type classique sur la poésie lyrique médiévale - énumérant les théories sur les origines du genre, analysant et décortiquant ses procédés rhétoriques. Si, toutefois, les diverses théories sur les origines de la pastourelle ne sont pas, dans cet ouvrage, passées sous silence, c'est que Michel Zink y voit une occasion de remettre en cause la nature esthétique et idéologique de cette forme poétique, en s'attachant tout particulièrement à éclaircir deux points essentiels. D'abord, le rapport entre le texte versifié et la musique. Contrairement à l'opinion généralement admise - subordination du texte lyrique médiéval à la mélodie - Michel Zink montre que le rythme musical était subordonné au rythme prosodique ; l'aboutissement en était un rythme à peine marqué, aux antipodes de la musique romantique et du jazz moderne. Le texte était beaucoup plus contraignant que la musique pour l'exécutant qui, à la limite, pouvait improviser la mélodie. Le second point montre le rôle inattendu qu'a pu jouer la pastourelle dans l'imaginaire médiéval. Il ne s'agit, il est vrai que d'une hypothèse, mais pleine de richesse : il y aurait une relation profonde entre la pastourelle et le thème mythique de la "femme sauvage" - thème à demi inconscient à partir duquel le poète évoquerait la nature champêtre "ouverte" et la bergère, cet être fruste et presque animal, comme une sorte de contrepoint au verger "clos", à la "dame courtoise", à ce milieu trop civilisé auquel les poètes souhaitaient parfois échapper pour poursuivre le fantasme de leur "pur désir charnel", dans une sorte de "folie érotique", peut-être liée aux vieux rites de mai. Cette nature sauvage se cristallise sur le personnage de la bergère, mais à mesure que ce personnage est individualisé, la nature recule et s'annule, d'autant plus qu'elle diffère des formes régulières d u verger, qui se prêtent mieux à la rhétorique de l'imagerie courtoise. En découvrant ce que la pastourelle - le type de chanson le plus simple de la lyrique médiévale - a de plus révélateur, l'auteur transforme en une étude d'anthropologie culturelle ces pages d'histoire littéraire.

  • " Lire un texte vieilli, c'est ce que fait tout lecteur dès lors qu'il lit autre chose que le journal du jour ou un roman de l'année. Dans tous les cas, la distance ainsi créée suffit à elle seule à en faire, quel qu'il soit, de la littérature. Cette distance est la première cause qui fait de la littérature une expérience du temps et un arrachement à soi-même. Pour mieux se retrouver. Plus le texte est ancien, plus le lecteur s'étonne et se réjouit d'être touché par lui, d'être en harmonie avec lui, de se reconnaître en lui. Il n'existe pas au monde de civilisation dont la littérature ne s'enracine dans des poèmes, des légendes, des récits, des mythes supposés issus du passé le plus reculé. Partout, la littérature se fonde sur des classiques et un canon qui ne retient par définition que des textes déjà vieux. Autrement dit, ce qui la définit, c'est la distance créée par le vieillissement du texte. Distance subie, car le texte ancien est difficile, mais aussi goûtée". M. Zink.

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