Juan Goytisolo

  • Barzakh

    Juan Goytisolo

  • " Si Cervantès est l'écrivain dont je me sens le plus proche, cela tient à sa qualité de précurseur de toutes les aventures : si sa familiarité avec la vie musulmane donne à son oeuvre une indéniable dimension mudéjar, l'invention romanesque, à travers laquelle il assume la totalité de ses expériences et de ses rêves, fait de lui le meilleur exemple de l'attitude illustrée par le dicton : humani nihil a me alienum puto.
    Trois siècles et demi plus tard, les romanciers font encore du "cervantisme" sans le savoir : en composant nos oeuvres, nous écrivons à partir de Cervantès et pour Cervantès ; en écrivant sur Cervantès, nous écrivons sur nous-mêmes, que sa ferveur islamique nous soit étrangère ou familière. Cervantès reste le point vers lequel toujours convergeront nos regards. " Juan Goytisolo, extrait de " Vicissitudes du mudéjarisme " in Chroniques sarrasines, Paris, Fayard, 1985.

  • « Pour Goytisolo, métisser, c'est cervantiser, et cervantiser c'est islamiser et judaïser. C'est embrasser à nouveau tout ce qui a été expulsé et pourchassé. C'est retrouver la vocation de l'inclusion et transcender le maléfice de l'exclusion. » Carlos Fuentes

  • La forêt de l'écriture

    Juan Goytisolo

    • Fayard
    • 3 Septembre 1997

    Dans la forêt de l'écriture, juan goytisolo guide nos pas vers la découverte de l'écriture, de ses affres, de ses sacrifices, de ses combats harassants pour échapper aux contraintes qui entravent la liberté du créateur. ce faisant, il nous offre une lecture somptueuse de quelques grands écrivains, mettant en relief leur originalité, leurs liens et entre-lacs avec le majestueux " arbre de la littérature " espagnol: de flaubert et sa lutte homérique contre la " bêtise universelle " à leopoldo alas (clarin), son digne émule, dont les personnages de la régente disent rageusement leur horreur face à une espagne au " sommeil invincible "; du duo cubain formé par reinaldo arenas et severo sarduy, fauchés dans la plénitude de leur don par le " monstre aux quatre lettres ", à carlos fuentes dépeignant une littérature qui a le pouvoir étonnant de contrecarrer le dessein inexorable des rois catholiques de faire de la péninsule un désert culturel; sans oublier josé angel valente, jean genet, lezama lima, julián riós, manuel puig et tant d'autres.

    Violent réquisitoire contre le conformisme, la mercantilisation des oeuvres de l'esprit, la pseudo-culture médiatique, la modernité de seconde main, l'uniformisation des goûts, l'inconsistance de la production éditoriale en chaîne, les épigones, la forêt de l'écriture est aussi un plaidoyer pour le retour des valeurs de convivialité, de tolérance, un appel pressant à restituer à l'époque sa dimension spirituelle et sa " métaphysique de la nature ", ruinées par le fondamentalisme de la technoscience, le triomphe du libéralisme pur et dur et la montée de tous les extrémismes.

    Juan goytisolo, dont l'oeuvre fut interdite dans son pays par la censure franquiste dès 1963 et jusqu'à la mort du dictateur, partage son temps entre paris et marrakech depuis 1957. il a obtenu, en 1985, le prix europalia pour l'ensemble de son oeuvre. parmi ses livres publiés en france figurent, outre une quinzaine de romans, les recueils d'essais chroniques sarrasines et l'arbre de la littérature, et les deux volumes autobiographiques chasse gardée et les royaumes déchirés.

  • Ce livre propose, au fil de l'histoire, une réflexion libératrice sur les questions centrales du mythe identitaire, de l'Autre, de la force subversive des classiques occultée par la censure et l'autocensure, du rapport des Espagnols à la modernité.

  • Chroniques sarrasines

    Juan Goytisolo

    • Fayard
    • 13 Février 1985

    " les mythes s'accumulent comme des couches géologiques au-dessus des éléments qui les engendrent, et la tâche de l'historien devient aussi aléatoire que celle de l'archéologue: mettre au jour les vestiges des faits, tenter de les assembler, retrouver leurs bases et leurs fondations, élaborer une théorie plausible qui détermine les différentes phases de leur transformation. et même dans les cas heureux où les excavations livrent quelques vestiges, la preuve matérielle de leur genèse ne vient pas à bout du mythe. celui-ci continue de vivre indépendamment de l'événement qui l'a motivé, mû par une dynamique propre. comme ces statues de déesses païennes qui, converties postérieurement en madones, continuent à faire des miracles même après que leur origine païenne a été révélée, les fables historiques survivent aux preuves et aux raisonnements qui réfutent leurs prétentions et nient leur authenticité. les mythes ancrés dans la conscience culturelle et sociale d'un pays ont la peau dure. " j.g.

    Né à barcelone dans une famille qui sera profondément marquée par la guerre civile espagnole, juan goytisolo se consacre très jeune à la littérature. en 1957, il quitte l'espagne pour s'établir à paris et dès 1963 son oeuvre est interdite dans son pays par la censure franquiste jusqu'à la mort du dictateur. il a enseigné pendant quelques années dans les universités de californie, boston et new york. actuellement, il partage sa vie entre paris et marrakech. parmi ses livres publiés en france figurent les romans pièces d'identité, don julian, juan sans terre, makbara, paysages après la bataille.

  • Paysages apres la bataille

    Juan Goytisolo

    • Fayard
    • 13 Février 1985

    Enfermé dans son refuge parisien du Sentier, un personnage solitaire, qui entretiendra tout au long du récit d'étranges relations affectives avec son invisible épouse, mêle ses inquiétudes politiques _ qui passent par des contacts avec de mystérieuses organisations terroristes étrangères _ et ses prévisions de catastrophes écologiques avec ses fantasmes sexuels proches du monde enfantin d'Alice au pays des merveilles. Son excentricité est peut-être une défense contre la normalisation de notre époque. Doublement exilé, de son pays et de son temps, il ne se reconnaît que dans la dispersion: ses idées, pulsions et sentiments l'entraînent sur des chemins divers, sans lien avec son passé aboli, incertain.

    Le jeu des rapports existant entre le copiste-héros et le narrateur, compliqué par l'intervention d'un homonyme collaborant à différents journaux, pose d'une manière originale le problème de la paternité du texte et de sa connivence avec le lecteur qui le recrée. Conçu comme un puzzle dont les morceaux se mettent en place à mesure que le roman se constitue, Paysages après la bataille nous incite aussi à une lecture arabe: de gauche à droite, d'une prétendue fin à un soi-disant début, en partant de la genèse de son écriture pour aboutir à la monstrueuse hécatombe imaginée par le narrateur-héros.

    Né à Barcelone dans une famille qui sera profondément marquée par la guerre civile espagnole, Juan Goytisolo se consacre très jeune à la littérature. En 1957, il quitte l'Espagne pour s'établir à Paris et dès 1963 son oeuvre est interdite dans son pays par la censure franquiste jusqu'à la mort du dictateur. Il a enseigné pendant quelques années dans les universités de Californie, Boston et New York. Actuellement, il partage sa vie entre Paris et Marrakech. Parmi ses livres publiés en France figurent les romans Pièces d'identité, Don Julian, Juan sans Terre, Makbara et le livre d'essais Chroniques sarrasines.

  • Beauté n'a pas de loi

    Juan Goytisolo

    • Fayard
    • 10 Février 2016

    Dans ces textes écrits entre 2003 et 2012, Juan Goytisolo nous propose sa lecture d'écrivains européens aussi divers que Arno Schmidt, Hermann Broch, Céline, Quevedo, Mikhaïl Boulgakov, Andreï Biély. Il suggère des rapprochements inédits entre les grandes héroïnes de la littérature que sont Emma Bovary, Anna Karénine et la Régente. Il établit aussi un parallèle entre les persécutions de l'Inquisition espagnole du XVe siècle et les pratiques staliniennes dont ont été victimes, entre autres, Isaac Babel et Ossip Mandelstam. Ses analyses passionnantes et érudites, où transparaît sa sensibilité aux enjeux politiques, nous incitent à redécouvrir ces chefs-d'oeuvre.
    Essayiste autant que romancier, Juan Goytisolo poursuit ici son analyse engagée et rigoureuse de l'« arbre de la littérature » entamée il y a vingt-cinq ans.

  • Genet à Barcelone

    Juan Goytisolo

    • Fayard
    • 31 Octobre 2012

    Juan Goytisolo rencontre Jean Genet en 1955. Dès lors, il ne perdra plus de vue l´auteur du Notre-Dame-des-Fleurs (1944) ni son oeuvre, même si Genet avait l´habitude de disparaître du jour au lendemain. Dans son travail d´écriture, Goytisolo revint à plusieurs reprises sur l´étonnante figure que fut son ami. En rassemblant les quatre grands essais qu´il lui a consacrés, Goytisolo construit à sa manière, très proche et très sensible, une biographie et une réhabilitation du poète incompris dans sa dernière oeuvre. Dans un premier récit (publié par El País en 2009), il raconte l´étape juvénile de l´auteur du Journal du voleur, lorsqu´il partageait la vie de la pègre barcelonaise dans le Barrio Chino et que, pour subsister, il se livra, quelques mois durant, au vol et à la prostitution. Dans « Le territoire du poète » (chap. III de Les Royaumes déchirés, Fayard, 1988), il fait un portrait délibérément fragmentaire de Genet à partir de la relation zigzaguante qu´il a entretenue avec lui jusqu´à la fin de années 70. Quand il apprend qu´il est atteint d´un cancer, Genet réduit le cercle de ses amis parisiens et se consacre à la rédaction du livre qui deviendra son chef-d´oeuvre : Un Captif amoureux. C´est à ce livre très attaqué que le fameux texte de Goytisolo « Genet et les Palestiniens : ambigüité politique et radicalité poétique » est consacré. « Le poète enterré à Larache » (La Forêt de l´écriture, Fayard, 1997) donne une nouvelle définition de la « sainteté » du chantre du vol, de la trahison et de l´homosexualité. Vient enfin quelques lettres que Genet avait adressées à Juan.

empty