Didier Daeninckx

  • Cannibale

    Didier Daeninckx

    Paris 1931, l'Exposition Coloniale. Quelques jours avant l'inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d'une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d'un coup.
    Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirque Höffner de Francfort-sur-le-Main, qui souhaite renouveler l'intérêt du public allemand, veut bien prêter les siens, mais en échange d'autant de Canaques. Qu'à cela ne tienne !
    Les « cannibales » seront expédiés.
    Inspiré par ce fait authentique, le récit déroule l'intrigue sur fond du Paris des années trente - ses mentalités, l'univers étrange de l'Exposition - tout en mettant en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi-siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie.

  • Vétérinaire en Normandie, Erik Ketezer a passé sa jeunesse à Courvilliers, un ancien fief communiste de la périphérie parisienne. De retour dans sa cité natale, il découvre l'état de déliquescence de la ville. L'économie est dominée par le trafic de drogue (le titre, « Artana ! Artana ! » est le cri que les guetteurs de rue lancent en cas de danger lors des transactions), qui s'organise au sein même de l'équipe municipale : on a découvert des centaines de kilos de cannabis dans un local prêté par la mairie à un délinquant notoire. Une impunité inexplicable règne, couvrant les actes de népotisme, les faux emplois, les pots-de-vin, les abus de biens sociaux en tout genre. Pendant ce temps, la ville part à vau-l'eau, les équipements municipaux sont détériorés, les ascenseurs ne fonctionnent pas plus que le ramassage des poubelles, les rats pullulent, le maire a été élu grâce au travail efficace des dealers et des islamistes qui ont labouré le terrain en distribuant menaces et récompenses...Ce nouveau roman de Didier Daeninckx est mené tambour battant. Son écriture efficace, directe, est mise au service d'un tableau accablant des territoires oubliés de la République.

  • Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s'oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d'histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l'ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s'était fait truffer de plomb, à Toulouse.

  • Vanessa et ses parents, de retour d'Algérie, s'installent dans un petit village du Sud de la France. Un jour, ils reçoivent une lettre anonyme menaçant leur chat Amchiche, qu'ils ont ramené de Kabylie.
    Pourquoi lui en veut-on oe

  • 1943, asile de Saint-Alban en Lozère. Deux psychiatres organisent la résistance à la négation des fous, tout en cachant des maquisards parmi eux. Ils accueillent une jeune résistante juive, Denise Glaser, en même temps que le poète Paul Éluard et sa compagne Nusch. Dans cet hôpital, où l'on favorise le surgissement de ce que l'on nommera plus tard l'art brut, le poète découvre, sous le regard fasciné de Denise, comment la parole des «fous» garantit la parole des poètes.

  • « Mon ombre sur les murs se superpose à toutes celles, amies, dont le soleil a projeté l'histoire. Et pourtant je pars sans regarder derrière moi, non pas soulagé mais comme désentravé. Je ne déserte pas ce territoire, où pendant quarante années j'ai écrit la totalité des dix mille pages publiées, parce que j'ai fini par comprendre que c'était lui qui m'avait quitté, abandonné. » Didier Daeninckx.
    Il ne fait plus bon vivre dans certains territoires de la République, où le clientélisme, la corruption et le communautarisme semblent tenir lieu de politique municipale sur un tissu social atteint jusqu'à la trame. À l'échelon de la plus grande proximité supposée entre l'élu et le citoyen ne restent que des valeurs bafouées, des mots qui masquent l'inadmissible, le mépris pour tout destin collectif. Didier Daeninckx, qui naquit et vécut en ces lieux avant de se résoudre aujourd'hui à les quitter, ferme ici une porte sur la plus grande partie de sa vie, non sans avoir donné l'alerte sur la dérive en cours et le sursaut de justice qu'elle appelle.

  • Missak

    Didier Daeninckx

    21 février 1944. Le poète Missak Manouchian, communiste arménien à la tête d'un réseau de résistants immigrés, est dénoncé et arrêté par les Allemands. À quelques heures de son exécution, il écrit une lettre bouleversante à sa femme Mélinée.
    Janvier 1955. Avant l'inauguration d'une rue en l'honneur du Groupe Manouchian, Louis Dragère, journaliste à L'Humanité, est missionné par le parti communiste pour retracer le parcours de ce héros de la Résistance à Paris. C'est ainsi qu'il exhume l'ultime lettre de Missak, qui contient de nombreux points de suspension, preuves d'une curieuse censure. De rencontres en découvertes d'archives inédites, Dragère comble les blancs au fil d'une enquête passionnante où se croisent Jacques Duclos, Louis Aragon, Charles Aznavour, l'ancien chef des Francs-tireurs et partisans Charles Tillon, ou encore le peintre Krikor Bedikian. Peu à peu se dessine le profil étonnant d'un homme bien éloigné de l'image véhiculée par l'Affiche rouge.
    Daeninckx joue à la frontière ténue qui sépare le romancier de l'historien dans un livre où se mêlent trois enjeux historiques : la Résistance, la France communiste des années cinquante et le travail de mémoire dédié aux combattants immigrés.

  • Écrites au cours des quarante dernières années, les 76 nouvelles qui composent Le Roman noir de l'Histoire retracent, par la fiction documentée, les soubresauts de plus d'un siècle et demi d'histoire contemporaine française.
    Classées selon l'ordre chronologique de l'action, de 1855 à 2030, elles décrivent une trajectoire surprenante prenant naissance sur l'île anglo-normande d'exil d'un poète, pour s'achever sur une orbite interstellaire encombrée des déchets de la conquête spatiale.
    Les onze chapitres qui rythment le recueil épousent les grands mouvements du temps, les utopies de la Commune, le fracas de la chute des empires, les refus d'obéir, les solidarités, la soif de justice, l'espoir toujours recommencé mais aussi les enfermements, les trahisons, les rêves foudroyés, les mots qui ne parviennent plus à dire ce qui est...
    Les personnages qui peuplent cette histoire ne sont pas ceux dont les manuels ont retenu le nom, ceux dont les statues attirent les pigeons sur nos places.
    Manifestant mulhousien de 1912, déserteur de 1917, sportif de 1936, contrebandier espagnol de 1938, boxeur juif de 1941, Gitan belge en exode, môme analphabète indigène, Kanak rejeté, prostituée aveuglée, sidérurgiste bafoué, prolote amnésique, vendeuse de roses meurtrière, réfugié calaisien, ils ne sont rien.
    Et comme dit la chanson, ils sont tout.

  • 8 mars 1963. Le jeune Lucien Ricouart, isolé dans une pension pour apprentis, s'acharnant à domestiquer sa solitude, est retrouvé mort noyé dans un bassin après que ses camarades l'aient traité de «fils d'assassin».
    Un professeur efface dans la boue, sous la pluie, son dernier message et son cri de révolte qui affirme au contraire et jusque dans la mort : «Mon père n'est pas un assassin».
    Vingt-cinq ans plus tard, un jeune historien enquête sur la vie de ce père. Sur cet homme au passé d'ouvrier dans le nord de la France. Sur son parcours de résistant. Sur ce qu'il est advenu après guerre qui autorise des gamins à pousser l'un des leurs au désespoir.

  • Par désir de paraître, déni du passé, pour cause d'inertie, de lâcheté, quelquefois par désespoir ou générosité, des gens ordinaires empruntent ces passages d'enfer générés par l'ordre social.
    Didier daeninckx, caustique, sensible et drôle, épingle les démissions et les compromissions de la folie quotidienne.
    Son insolence dynamite les leurres, les impostures et les illusions que nourrissent notre société et nos aliénations.

  • 'Je suis la somme de tous ceux dont j'ai, à distance, l'impression d'avoir endossé le costume. Je me reconnais en tous. Novice sur le pont noir de La Belle Poule, zouave d'opérette devant Sébastopol, soldat bafoué en Algérie, comédien et pourquoi pas saltimbanque, fossoyeur de l'empire, colonel des Turcos de la Commune, compagnon de Louise Michel et metteur en scène de ses oeuvres, laissé pour mort sur la barricade du Château-d'Eau, estropié sans pension, condamné à mort, déporté en Calédonie, inventeur du théâtre déshabillé, directeur des Bouffes-du-Nord, gargotier, fondateur de journaux, orateur, dresseur de lions édentés, prétendant à la députation, buraliste en désespoir de cause, mari fidèle et père aimant.' Ainsi Didier Daeninckx fait-il parler Maxime Lisbonne (1839-1905). On comprend que l'auteur de Meurtres pour mémoire et de Galadio ait été fasciné par ce personnage de réfractaire haut en couleur, héros des barricades de la Commune, homme de théâtre, dur à cuire pétri d'idéaux révolutionnaires, précurseur des Restos du Coeur avec son 'banquet des Affamés' et défenseur de la cause canaque alors que la plupart de ses amis bagnards se rangaient du côté de la brutalité coloniale. Maxime Lisbonne fit de sa vie une succession de fureurs héroïques et de ratages splendides : un vrai roman d'aventures.

  • « La foule des parents, des amis attendait les jeunes mariés sur le parvis de l'église. On avait disposé de part et d'autre du portail deux rangées de malheureux gars coincés dans leur véhicule d'hommes-troncs. Les poitrines bardées de quincaillerie, ils relevaient la tête, les mandibules saillantes. La Garde d'Honneur des donneurs de membres à la Patrie Cannibale ! Et que de malheurs sous un seul képi ! »

  • Galadio

    Didier Daeninckx

    Allemagne, années trente. Ulrich est un adolescent de Duisbourg comme les autres. A un détail près : sa peau est noire... Son père, un soldat africain, est venu en Allemagne avec les troupes françaises chargées de veiller à l'application du traité de Versailles. Il est reparti en 1921, quelques mois avant la naissance de son fils, fruit d'un bref amour avec une jeune Allemande. Ils sont des centaines, comme Ulrich, à incarner ce que Hitler et les nationalistes ne cesseront de dénoncer comme la "honte noire", symbole de l'avilissement délibéré du sang aryen par les occupants. A partir d'une très solide documentation, Didier Daeninckx éclaire un aspect méconnu de l'histoire du XXe siècle. De Duisbourg aux studios de cinéma de Babelsberg, jusqu'aux rivages du Sénégal, Ulrich découvre une autre facette de son identité : Galadio.

  • Ce texte, en conformité avec les programmes scolaires de 3e et de 4e, vient enrichir la collection des Contemporains Larousse et fait le point sur les aspects essentiels de l'ouvre et de l'auteur à l'aide d'une pédagogie concise. Didier Daeninckx, l'auteur, y raconte l'histoire de trois jeunes adultes en errance qui investissent un terrain vague en banlieue et qui se verront dérangés par des dealers...

  • Le 2 juin 1918, dans une tranchée près de Soissons, un soldat du rang et un jeune sousofficier vont passer plusieurs heures ensemble, sous le déluge des obus. Le premier est un comédien de la troupe de Firmin Gémier, le second n'est autre que Louis, le fils de Jean Jaurès. C'est par la voix de ce fils admiratif, au coeur d'un conflit que Jaurès a tout fait pour éviter, que l'on découvre l'engagement constant de ce dernier pour les idées de l'Internationale socialiste. Très attaché à ses origines tarnaises, le fondateur du journal l'Humanité a, toute sa vie, tendu la main à l'Autre, l'étranger. Dès 1912, il a tenté d'unir les travailleurs d'Europe pour dire ensemble "Guerre à la guerre !". Hélas, le 31 juillet 1914, ce dernier rempart au conflit naissant mourra assassiné.

  • Clément Duprest, brillant étudiant en droit, intègre la police nationale en 1942. Contrairement à certains de ses collègues, Duprest ne « fait pas de politique » : il va se contenter de mettre au service de ses patrons son intelligence et son sens de l'observation. Au sein de la « brigade des propos alarmistes », il est chargé de repérer et de neutraliser les individus hostiles à Vichy... Ainsi commence la longue carrière d'un fonctionnaire que certains diraient irréprochable. Duprest sera mêlé, au cours de sa vie, à nombre d'événements qui ont marqué la chronique.
    Didier Daeninckx, à travers les faits et gestes quotidiens d'un salaud tout à fait ordinaire, nous invite à revisiter quarante ans d'histoire française, depuis la rafle du Vél' d'Hiv jusqu'à la candidature de Coluche à l'élection présidentielle de 1981 : Occupation, Libération, décolonisation, affaires politico-mafieuses, mouvements étudiants, grèves ouvrières, répression policière... Comme dans Meurtres pour mémoire, le savoir-faire du romancier s'appuie à la fois sur une analyse très fine des comportements humains et sur une multitude de détails véridiques, qui rendent captivante cette traversée du dernier demi-siècle.

  • Journalistes, présentateurs, animateurs, acteurs, candidats de jeux télévisés, gens ordinaires tirés de l'anonymat par une caméra indiscrète ou prêts à tout pour être filmés, la télévision a bouleversé leur vie, le petit écran a fait irruption dans leur quotidien.
    Didier daeninckx zappe de chaîne en chaîne avec férocité et humour pour décrire les usages et les abus d'une télévision qui n'est que le reflet de notre société...

  • Le tour du monde en 26 nouvelles, du canal de l'Ourcq à Ostende, d'Aubervilliers à Nouméa, de la Rochelle au Québec, de Bordeaux aux Antilles. On y rencontre des situations improbables, mêlant émotions, violences et humour avec des personnages réels, passerelles entre la fiction et la réalité.

  • La narratrice, Dominique, travaille avec succès dans une agence de publicité. Son mari, François, approche comme elle de la soixantaine. Cadre dans un groupe pharmaceutique en cours de restructuration, il est miné par la perspective d'un possible licenciement à quelques années de la retraite. Un message arrive un jour sur la boîte électronique de François, provenant d'un ancien ami de lycée qui tente de renouer le contact grâce au site internet « camarades-de-classe.com ». Dominique répond à l'insu de son mari et sollicite les confidences...
    Dans la correspondance électronique qui naît s'affrontent des visions contradictoires d'un même passé. Ces anciens gosses d'Aubervilliers, qui fréquentaient la même classe en 1964, ont connu des trajectoires diverses, marquées par Mai 68 et par la culture communiste. L'un est devenu chanteur de charme, l'autre est demeuré stalinien, un autre a tourné escroc au grand coeur, d'autres sont chimiste, universitaire exilé, détective privé, SDF, ou bien mort.
    Mais la photo de classe autour de laquelle s'organisent ces retrouvailles virtuelles recèle une énigme d'un autre ordre...
    En revisitant la banlieue rouge dans la période encore triomphante du parti communiste, Didier Daeninckx nous raconte, avec précision et humanité, l'histoire d'une génération marquée par les bouleversements des années soixante et soixante-dix.

  • Le Poulpe n'est ni un vengeur, ni un justicier, ni le représentant d'une loi ou d'une morale. C'est un personnage libre, curieux, un témoin en mouvement qui, pour comprendre le monde contemporain, se rendre compte par lui-même des désordres du quotidien. Que la presse relate un fait divers qui semble masquer une autre réalité que celle annoncée et il va sur place pour tenter de comprendre... Lorsqu'un romancier de soixante-dix-huit ans, parfaitement connu pour ses engagements, se fait tabasser alors qu'il préparait un livre sur une affaire d'empoisonnements et de meurtre de femme, le Poulpe voit rouge. Ecrire, si vous regardez le monde tel qu'il est, relève du combat. Du danger. De la mise à mort parfois. Ce que le Poulpe sait de cet écrivain et de son oeuvre le mène de nouveau sur la route, par respect, par besoin viscéral de ne pas laisser en plan ce qu'il sent bien être une affaire des plus troubles...

  • Retour à Béziers

    Didier Daeninckx

    • Verdier
    • 2 Octobre 2014

    Houria vient d'avoir 65 ans et une retraite si maigre qu'il ne lui est plus possible de vivre à Paris. Elle décide alors de revenir sur les lieux de son enfance: à Béziers, où elle trouve facilement un appartement au centre-ville.
    Mais elle va découvrir peu à peu que cette ancienne capitale du Midi viticole autrefois florissante est aujourd'hui rongée par la pauvreté, l'incurie et la déshérence.
    Au cours du mois de février et mars 2014, alors que se déroulait la campagne électorale fortement marquée par les thématiques du Front National, Didier Daeninckx a promené son regard sur les façades délabrées, les vitrines murées, les ruelles lépreuses. Il a écouté les propos d'une population qui vit dans un abandon et un désarroi inquiétants.

  • La main courante est ce registre sur lequel, dans les commissariats de police, on inscrit brièvement les incidents enregistrés heure par heure, comme une mémoire quotidienne de tragédies minuscules. Et les lieux, chargés d'histoires, deviennent les métaphores des drames qu'ils abritent parce que ceux-ci s'y ancrent au point d'en être indissociables. On passe du lieu au lieu commun du fait divers.
    Vingt nouvelles pour prendre le pouls de la ville, et huit récits pour révéler les abîmes au creux desquels le passé se terre, un ensemble tonique et stimulant.

  • « Le fait divers est le premier monument érigé à la mémoire des victimes, même si ce n'est qu'un pauvre monument de papier noirci.
    Et si les textes qui suivent méritent le terme d'"éloge", il faut, pour être honnête, y ajouter celui de "funèbre". »

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