Benoît Peeters

  • Disciple préféré de Freud, Sándor Ferenczi (1873-1933) est l'une des figures les plus attachantes des débuts de la psychanalyse et l'un de ses théoriciens les plus féconds. Longtemps, il se démène dans une relation père-fils tumultueuse, entre fascination et désir d'émancipation. Mais c'est surtout à travers l'imbroglio sentimental entre Sándor, sa maîtresse Gizella et Elma, la fille de cette dernière, que le drame se noue : Ferenczi prend les deux femmes en analyse puis, après être tombé amoureux d'Elma, il l'envoie poursuivre sa cure chez Freud. Bientôt, les lettres et les confidences circulent en tous sens, dans la plus grande confusion des sentiments et des divans.

    Ce livre n'est ni un traité savant, ni une biographie classique. C'est l'histoire bouleversante d'une amitié peut-être impossible et d'un amour qui ne le fut pas moins.
    C'est le portrait d'un perdant magnifique et d'un analyste visionnaire, considéré aujourd'hui comme le précurseur des approches les plus contemporaines sur le soin, les enfants abusés et la résilience.

  • Les Cités obscures sont l'oeuvre culte de François Schuiten et Benoît Peeters. Nourries de références à notre monde, notamment sur le plan architectural, les villes qu'ils mettent en scène s'inscrivent dans un univers parallèle.
    Ce deuxième Livre arpente la Tour, Armilia et Brüsel, fait découvrir les machines inventées par Axel Wappendorf et dévoile d'autres inédits, révélant encore un peu plus au voyageur issu de notre monde la richesse de l'univers obscur.

  • Brüsel, 21 juillet 784. Constant Abeels répertorie avec patience les pierres qui se matérialisent mystérieusement dans les différentes pièces de son appartement. Toutes pèsent exactement le même poids : 6793 grammes - un nombre premier. Dans un immeuble voisin, une mère de famille constate, de la même manière, que du sable s'accumule avec régularité dans son appartement, à la grande joie de ses enfants, tandis qu'un peu plus loin, le patron et chef cuisinier de la célèbre brasserie Maurice découvre qu'il perd du poids, sans maigrir pour autant. Et ces étranges phénomènes ne font que s'accentuer à mesure que passent les jours. C'est pour enquêter sur ces faits insolites qu'une femme arrive spécialement de Pâhry : Mary Von Rathen, celle qu'on a autrefois surnommée «l'enfant penchée». Le deuxième tome de LA THÉORIE DU GRAIN DE SABLE débute deux semaines après les premiers événements du tome 1, le 2 août 784. Débordé par l'accumulation des pierres dans son appartement, Constant Abeels fait appel aux autorités. Mais elles sont elles aussi submergées par l'urgence : des tombereaux de sable continuent de se déverser du haut d'un grand immeuble, depuis l'appartement où tout a commencé. Dans une profusion de décors urbains d'une richesse et d'une inventivité exceptionnelles, Schuiten et Peeters renouent avec les atmosphères inimitables du cycle des CITÉS OBSCURES, pour une intrigue prenante qui marie une discrète touche d'humour et d'ironie au souffle de leurs meilleurs albums.

  • Bien qu'issu d'un milieu aux convictions étroites, Georges Remi dit Hergé (1907-1983) est parvenu à donner naissance à une oeuvre ouverte et universelle. Pour Hergé, la bande dessinée ne fut jamais un art mineur. Il voulut tout faire entrer dans Les Aventures de Tintin : ses curiosités et ses angoisses, ses passions et ses rêves, sa sensibilité au siècle. Quelques semaines avant sa mort, il déclarait y avoir mis toute sa vie. Il y avait mis en tout cas la plus belle part de lui-même. Benoît Peeters, spécialiste de l'oeuvre d'Hergé qu'il connaît mieux que personne évoque dans ce texte passionnant, plein d'anecdotes révélées pour la première fois, l'itinéraire complexe de ce créateur et cet art de la bande dessinée qu'il a porté au plus haut.

  • Benoît Peeters, scénariste de bande dessinée (il est notamment l'auteur, avec François Schuiten, des Cités obscures) et réalisateur de cinéma, est aussi l'un des meilleurs spécialistes d'Hergé, auquel il a consacré un ouvrage de référence : Le Monde d'Hergé (Casterman, 1983), ainsi qu'une biographie : Hergé, fils de Tintin (Champs-Flammarion, 2006).
    Il vient de publier Derrida et Trois ans avec Derrida. Les carnets d'un biographe (Flammarion, 2010).

  • Portrait synthétique de Paul Valéry à travers son parcours d'écrivain et sa vie intime.

  • Et si le prodigieux succès de Tintin était dû à d'autres raisons que les circonstances anecdotiques ? Et si par delà son aspect rassurant cette oeuvre s'avérait d'une stupéfi ante modernité ?
    Et si cet auteur populaire entre tous était encore à découvrir ? C'est à ces questions que Benoît Peeters répond dans cet ouvrage. Déjà auteur du Monde d'Hergé et de Hergé, fi ls de Tintin , il propose ici une analyse plus approfondie des Aventures de Tintin en se concentrant sur un seul volume, l'un des sommets de la bande dessinée classique : Les Bijoux de la Castafi ore . L'essai de Benoît Peeters est suivi d'un long entretien avec Hergé, l'un des plus passionnants qu'il ait jamais accordé.

  • "Tintin, c'était moi, avec tout ce qu'il y a en moi de besoin d'héroïsme, de courage, de droiture, de malice et de débrouillardise. C'était moi, et je t'assure que je n'avais pas à me demander si cela plaisait ou non aux gosses. Et les sujets que je choisissais, c'étaient des sujets qui me tenaient à coeur, où je trouvais quelque chose à dire, où j'avais quelque chose à dire", écrivait un jour Hergé. Par-delà leur apparente simplicité, Les Aventures de Tintin, qui ont enchanté plusieurs générations de lecteurs dans le monde, constituent une autobiographie indirecte, une sorte de journal à travers lequel se donnent à lire tous les événements, publics ou privés, qui marquèrent Georges Remi, dit Hergé. Mais, dans ce singulier roman de formation, c'est surtout le personnage qui a construit son auteur. Le jeune employé du quotidien Le Vingtième Siècle était parti de bien peu de choses. Album après album, Tintin a fait l'éducation d'Hergé, le conduisant vers des horizons inimaginables. Cette aventure méritait, je crois, d'être racontée.

  • Ecrire la vie de Jacques Derrida (1930-2004), c'est raconter l'histoire d'un petit Juif d'Alger, exclu de l'école à douze ans, qui devint le philosophe français le plus traduit dans le monde, l'histoire d'un homme fragile et tourmenté qui, jusqu'au bout, continua de se percevoir comme un " mal aimé " de l'université française, c'est faire revivre des mondes aussi différents que l'Algérie d'avant l'Indépendance, le microcosme de l'Ecole normale supérieure, la nébuleuse structuraliste, les turbulences de l'après-68, c'est évoquer une exceptionnelle série d'amitiés avec des écrivains et philosophes de premier plan, de Louis Althusser à Maurice Blanchot, de Jean Genet à Hélène Cixous, en passant par Emmanuel Levinas et Jean-Luc Nancy.
    ('est reconstituer une non moins longue série de polémiques, riches en enjeux mais souvent brutales, avec des penseurs comme Claude Lévi-Strauss, Michel Foucault, Jacques Lacan, John R. Searle ou Jürgen Habermas, ainsi que plusieurs affaires qui débordèrent largement les cercles académiques, dont les plus fameuses concernèrent Heidegger et Paul de Man. ('est retracer une série d'engagements politiques courageux, en faveur de Nelson Mandela, des sans-papiers ou du mariage gay.
    C'est relater la fortune d'un concept - la déconstruction - et son extraordinaire influence, bien au-delà du monde philosophique, sur les études littéraires, l'architecture, le droit, la théologie, le féminisme, les queer ou les postcolonial studies. Pour écrire cette biographie passionnante et riche en surprises, Benoît Peeters a interrogé plus d'une centaine de témoins. Il est aussi le premier à avoir pris connaissance de l'immense archive personnelle accumulée par Jacques Derrida tout au long de sa vie ainsi que de nombreuses correspondances.
    Son livre renouvelle en profondeur notre vision de celui qui restera sans doute comme le philosophe majeur de la seconde moitié du XXe siècle.

  • Venu à Villers pour y conduire une enquête sur des crimes vieux de plus de cinquante ans, le narrateur se trouve entraîné, presque malgré lui, dans la plus angoissante des aventures. Plusieurs meurtres vont se produire coup sur coup dans cette ville où le temps semble s'être assoupi. D'abord simple spectateur, le narrateur se trouve soudain mêlé à cette affaire incompréhensible et dont l'étau, cependant, se resserre progressivement autour de lui.

    L'intrigue de La Bibliothèque de Villers se réfléchit, à la manière d'un miroir critique, dans le bref essai que constitue Tombeau d'Agatha Christie et qui s'emploie à démasquer les procédés familiers de l'auteur des Dix petits nègres.

    La Bibliothèque de Villers annonce par bien des traits la série Les Cités obscures, réalisée avec François Schuiten.

  • Premier édifice marquant de Victor Horta, la Maison Autrique est un élément majeur du patrimoine architectural bruxellois. D'abord parce que cette maison de 1893 représente une étape essentielle dans l'évolution du plus grand architecte belge. Ensuite parce que ce bâtiment vient de faire l'objet d'une restauration à bien des égards exemplaire, aidant à mieux comprendre la naissance de l'Art Nouveau.
    Le projet conçu par François Schuiten et Benoît Peeters est de faire de cet édifice une sorte de "maison des maisons", hommage à l'architecture privée de Bruxelles en même temps que porte de l'imaginaire. Mise en scène de la cave au grenier, la Maison Autrique souligne l'intérêt historique et esthétique des maisons bruxelloises, les révélant dans leur séduction et leur mystère.
    Réalisé à l'occasion de l'ouverture au public de la Maison Autrique, ce bel album rend hommage au grand architecte belge Victor Horta. Il relate en détail l'histoire de la Maison Autrique et de sa restauration, proposant une série de dessins inédits de François Schuiten, le dessinateur des Cités obscures, ainsi qu'un superbe ensemble de photographies de Marie-Françoise Plissart, l'auteur de Droit de regards (éditions de Minuit) et de Bruxelles, horizon vertical (éditions Prisme).

  • " Bien plus qu'un pastiche, Omnibus est une vie rêvée de Claude Simon, cet écrivain qui me donnait alors le sentiment d'avoir accompli à l'avance, et à la perfection, ces livres que je n'avais pas commencé d'écrire.
    Une année durant, je vécus dans la fascination des oeuvres de Simon, transporté par les alluvions que charrient leurs phrases enveloppantes. J'accompagnais Simon dans la débâcle de 40, je combattais en Espagne à ses côtés, je plongeais au coeur de provinces perdues, sur les traces de ses ancêtres. Dans les pages d'Omnibus, irrespectueux autant qu'admiratif, j'enivre Claude Simon et je le fais mourir, je lui attribue le prix Nobel avec dix ans d'avance, j'écris à sa place son discours, et lui retire la paternité de ses livres.
    " B. P. Premier ouvrage de Benoît Peeters, Omnibus est paru pour la première fois aux Editions de Minuit voici exactement 25 ans. A l'heure où Claude Simon vient de publier Le tramway, la réédition d'Omnibus a semblé particulièrement opportune. Vif et souvent désopilant, ce petit livre est enrichi d'une préface, qui évoque avec autant de tendresse que d'humour la ferveur qui, dans les années 70, entourait le Nouveau Roman et la modernité.

  • Tenant à la fois de l'essai et de l'autobiographie intellectuelle, ce petit livre voudrait proposer un état des lieux doublé d'une mise en perspective : après plus de trente années de publications très diverses, pour ne pas dire hétéroclites, Benoît Peeters cherche ici à retracer, ou peut-être à découvrir, la cohérence de son itinéraire.
    Dans cet essai, il évoque, nombreuses illustrations à l'appui, son expérience de scénariste de bande dessinée (avec François Schuiten et Frédéric Boilet surtout), de récits photographiques (avec Marie-Françoise Plissart) et de films (avec Raoul Ruiz). Mais il nous livre surtout, en historien et en théoricien, une réflexion originale sur l'image narrative et ses métamorphoses depuis deux siècles.

  • Le transpatagonien est un train d'un autre âge, qui traverse interminablement le chili, de puerto montt à la terre de feu.
    à l'intérieur, pour passer le temps, les voyageurs - des représentants de commerce pour la plupart - racontent à tour de rôle leur histoire. des histoires étranges, glissant de plus en plus dans le fantastique, oú il est question d'une malle parlante, d'un enfant de choeur devenu lion, d'algues bleues aux troublantes facultés de mimétisme, et de sang qui se change en vin. mais est-il prudent de s'abreuver de tels récits ? bientôt, de curieux incidents surviennent dans le train, comme si les histoires commençaient à prendre corps.

  • " Il comprend bientôt qu'il va quitter Prague pour n'y plus revenir, qu'il ne fera pas son film. Il voudrait partir vers une autre ville, lointaine, perdue, une ville où rien ne l'attirerait, une ville sans histoire, sans statues, sans printemps, une ville sans pavés ni réverbères, une ville inondée de soleil, bordée d'interminables plages, une ville aux odeurs fortes, à la poussière omniprésente, une ville envahie de moustiques. Puis il devine que toute ville, si différente de Prague qu'elle puisse paraître, ne cessera de la lui rappeler. Il voudrait se lancer dans un voyage qui n'en finirait pas, un voyage soumis à des règles obscures et compliquées, lui faisant traverser d'innombrables villes dont il ne connaîtrait même pas le nom, des villes que relierait un fil ténu, par exemple leurs ponts, des villes qu'il ne regarderait jamais, des villes qu'il aimerait seulement quitter. "

  • En août 2007, le projet d'écrire la biographie de Jacques Derrida s'est imposé à moi comme une évidence.
    J'avais eu la chance de le connaître un peu ; je n'avais jamais cessé de le lire. Pendant trois ans, j'ai consacré l'essentiel de mon temps à cette recherche, avec une constante passion. Je suis le premier à avoir pu explorer l'immense archive accumulée par Derrida tout au long de sa vie. J'ai retrouvé des milliers de lettres dispersées à travers le monde, rencontré plus de cent témoins, souvent bienveillants, quelquefois réticents.
    Derrida occupait ma vie, s'insinuant jusque dans mes rêves. Parallèlement, dans de minuscules carnets, j'ai consigné les étapes de cette quête de plus en plus obsessionnelle : les rendez-vous et les lectures, les découvertes et les fausses pistes, les réflexions et les doutes. Trois ans avec Derrida est le journal de cette aventure, en même temps qu'un éloge de ce genre souvent mal aimé qu'est la biographie.

  • Paul Valéry est bien autre chose que ce que la postérité a fait de lui.
    Derrière l'académicien aux éternelles moustaches se cache un penseur qui, toute sa vie, de silences en éclats, s'est débattu avec son désir de littérature. Derrière le disciple de Mallarmé, le poète glorieux et le contempteur du roman, voici un prosateur à la langue superbe, énergique et multiforme. Derrière l'écrivain mondain, c'est un homme désargenté, contraint, pour « faire bouillir la marmite », de servir un vieillard des décennies durant ou de monnayer ses propres manuscrits. Derrière le pur esprit, on découvre l'ami exigeant de Gide et de Louÿs, mais aussi un amant fragile et brûlant dans sa liaison tourmentée avec Catherine Pozzi ou ses passions pour Renée Vautier et Jeanne Loviton.
    Les funérailles nationales du 25 juillet 1945 furent celles d'un homme au destin tragique, pour qui « tenter de vivre » ne fut pas que la moitié d'un vers.
    Impénitent lecteur de Valéry, nourri d'archives et de correspondances inédites, Benoît Peeters nous livre le portrait empathique d'une des plus fascinantes figures d'écrivain qui ait jamais existé, et renouvelle avec brio la lecture de son oeuvre.

empty