Benjamin Fondane

  • Comment mieux définir l'auteur des Petits poèmes en prose ou de Mon coeur mis à nu, de celui qui disait que « le principe de la poésie est dans un enthousiasme, un enlèvement de l'âme » ? Un étonnant portrait, souvent contraire aux idées reçues, d'un calme étonnant quand on sait qu'il est écrit au seuil de la mort.
    La raison principale de cette réédition est l'accessibilité du texte. En effet, la dernière édition de Baudelaire et l'expérience du gouffre, préfacée par Patrice Beray, parue aux Éditions Complexe en 1994, est épuisée.
    Nous espérons qu'en rééditant cet ouvrage, ce texte essentiel suscitera de nouvelles lectures, de nouveaux travaux.

  • Le mal des fantomes

    Benjamin Fondane

    " De tous les poètes ses contemporains, pas un, ni même ceux qui ont été dans la Résistance, pas un n'a écrit la révolte et le goût de vivre mêlé au sens de la mort comme Benjamin Fondane. Sa situation de fantôme lui-même, y est sans doute pour quelque chose : un émigrant de la vie traqué sur les fleuves de Babylone. Contre les dualismes de la philosophie, il est dans le continu de la vie à partir du poème et du poème à partir de la vie. Par là il est présent. " (Henri Meschonnic) Ce volume regroupe sous le titre Le Mal des fantômes les cinq livres de poèmes écrits en français, suivant le désir exprimé par Fondane dans la lettre qu'il a pu faire parvenir à sa femme du camp de Drancy où il fut interné du 14 mars au 30 mai 1944.

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  • Les écrits de Lucien Lévy-Bruhl (1857-1939) ont eu une importance considérable dans le domaine de la sociologie et de l'anthropologie dans la première moitié du XXe siècle, mais la dimension philosophique de son oeuvre a souvent été sous-estimée. Dans un long inédit des années 1940, Benjamin Fondane revient sur cette pensée et en propose une lecture qui va bien au-delà des limites que Lévy-Bruhl lui-même a voulu se donner. Il y voit comme un « coup de théâtre » qui ébranle toutes nos idées reçues et dessine une « métaphysique de la connaissance » qui raccourcit la distance entre rationalité et mystique, reléguant la logique aristotélicienne au rang de logique parmi d'autres. Ce que Fondane vise alors est une connaissance qui persuade l'homme au lieu de le contraindre, une connaissance libérée de l'« enfer logique » aristotélicien, enfin ouverte aux « révélations » de la vie même. Il livre ici un testament philosophique de la plus grande importance que l'autre enfer, voulu par les hommes, auquel il sera confronté ne lui a pas laissé la possibilité de mener à son terme.

  • Paysages

    Benjamin Fondane

    Les poèmes de ce volume ont été écrits entre 1917 et 1923 - date du départ de Fundoianu pour la France, à l'âge de 24 ans - et publiés de 1920 à 1930 dans différentes revues rou- maines. C'est donc de Paris que le poète compose son recueil, en effectuant un choix parmi de nombreux textes. On trouve dans Poèmes d'autrefois (Le temps qu'il fait, 2010) un certain nombre de « paysages » d'inspiration similaire.
    Cette poésie n'est traditionnelle qu'en apparence ; les paysages, où la nature semble toute-puissante, sont minés de l'intérieur par une mélancolie, un désenchantement qui ne s'affirmeront pleinement que plus tard, dans les oeuvres à venir. Dans la singulière introduction que Fondane donne en 1929 au recueil de Fundoianu, le poète explique :
    « En ce temps-là, j'étais nu et ne me savais pas nu » ; la poésie a révélé son impuissance à concurrencer le monde réel, ses laideurs et ses turpitudes. Mais il poursuit cependant :
    « La poésie n'est pas une fonction sociale mais une force obscure qui précède l'homme et qui le suit. » Dans les vers de Fundoianu, que le Fondane de 1929 semble renier, percent les accents si justes et profondément humains du Mal des fantômes.

  • L'exode

    Benjamin Fondane

    • Non lieu
    • 20 Octobre 2020

    Au départ, dans les années 1930, L'Exode est un poème dramatique à plusieurs voix qui évoque la déportation et l'exil des juifs à Babylone sous Nabuchodonosor au VIIe siècle av. J.-C. Pendant l'Occupation, Fondane a repris son poème pour y insérer le récit d'un autre exode, qu'il a vécu, celui des Parisiens fuyant la capitale devant l'avancée allemande en juin 1940. Du coup, l'histoire des juifs relue et réactualisée prenait une dimension universelle. Enfin, il a fait précéder son poème de ce grand texte prophétique qu'est la « Préface en prose »:

    C'est à vous que je parle, hommes des antipodes, je parle d'homme à homme, avec le peu en moi qui demeure de l'homme, avec le peu de voix qui me reste au gosier, mon sang est sur les routes, puisse-t-il, puisse-t-il ne pas crier vengeance! L'hallali est donné, les bêtes sont traquées, laissez-moi vous parler avec ces mêmes mots que nous eûmes en partage - il reste peu d'intelligibles! Un jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée, nous serons au-delà du souvenir, la mort aura parachevé les travaux de la haine, je serai un bouquet d'orties sous vos pieds, - alors, eh bien, sachez que j'avais un visage comme vous. Une bouche qui priait, comme vous.

  • Devant l'histoire rassemble, entre deux grands textes de Fondane sur sa philosophie de l'histoire, deux corpus d'articles, dont quelques-uns inédits en français, qui témoignent de son engagement tous azimuts dans le champ de la culture, hors de toute chapelle. Farouche défenseur d'une liberté sans dogmes, avertissant le siècle, il évite les écueils sur lesquels elle viendra s'échouer tout au long du premier 20e siècle, et dénonce ses fossoyeurs, qu'ils se travestissent en écrivain populaire (Céline) ou se convertissent subitement au stalinisme (Gide). Mais ce qui ressort de cet ensemble, c'est, outre la précision de sa pensée, son extaordinaire écriture incisive, qui dessine les contours du foisonnement intellectuel d'une époque que balaiera définitivement la Seconde Guerre mondiale.

  • Lorsqu'il meurt, en octobre 1944 dans une chambre à gaz de Birkenau, Benjamin Fondane a seulement quarante-cinq ans. Il laisse cependant une oeuvre importante de poète, de dramaturge, d'essayiste, mais aussi de cinéaste - la part la plus ignorée de son oeuvre bien que difficilement dissociable du reste.
    Déjà, en 1928, il écrivait à propos de ses ciné-poèmes : « Une partie de moi-même que la poésie refoulait vient de trouver dans le cinéma un haut-parleur à toute épreuve. » Ayant perdu toute confiance dans les mots, Fondane s'enthousiasme pour le muet. Mais le film devient sonore, parlant - bavard disait Fondane -, soumis de plus en plus à des impératifs économiques. Cependant, entre 1934 et 1936, il lui est permis de faire quelques expériences cinématographiques comme il les a rêvées. Il tourne notamment Tararira. Le film scandalise le producteur qui refuse de le distribuer.
    Ses écrits sur le cinéma sont ceux d'un homme qui se faisait l'idée la plus haute du septième art et qui, ayant vécu comme une tragédie le passage du muet au parlant, en apporta, en son temps, l'analyse la plus pénétrante et la plus lucide.

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  • Ulysse, figure de l'émigrant, de l'errant, incarne le destin de l'homme, du poète et du « juif naturellement et cependant Ulysse ».
    Ulysse que nous publions ici est la première version du poème paru dans les Cahiers du Journal des Poètes, à Bruxelles, 1933. Cette version d'Ulysse que Fondane a maintes fois remaniée n'avait pas été publiée depuis 1933.

  • Installé à Paris, parmi l'avant-garde littéraire et artistique des années trente, Benjamin Fondane écrit à quelques années d'intervalle deux traités d'esthétique, consacrés à deux figures de l'art : Constantin Brancusi et Marc Chagall, chez lesquels il reconnaît, à l'oeuvre, cette implacable liberté qui est la sienne : la liberté d'être inactuel.

    Annexes : Ce travail secret, Franck Guyon.

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  • Rimbaud le voyou

    Benjamin Fondane

    • Non lieu
    • 10 Novembre 2010

    Rimbaud le voyou fut du vivant de Benjamin Fondane et demeure après sa mort son livre le plus lu.
    Dans cet essai polémique, il dénonce les tentatives de récupération du poète des Illuminations tant par les surréalistes que par des écrivains catholiques. Pour lui, si Rimbaud atteint au mythe, c'est paradoxalement parce que son oeuvre paraît trancher de tout son éclat le noeud gordien qui lie la création artistique à la vie. Conjointement à sa lecture du philosophe Léon Chestov, Fondane clans son essai en sonde_ la portée éminemment existentielle.
    La thèse du " voyou " met en tension le " tempérament métaphysique " de Rimbaud, sa soif d'absolu, sa " gourmandise ", et la valeur programmatique de la " Lettre du Voyant ", qui revient selon Fondane à tricher en s'emparant " de l'Inconnu par un coup de force ".

  • Titanic

    Benjamin Fondane

    Benjamin Fondane était un sismographe, a pu écrire Maurice Roche, non pas qu'il enregistrait les secousses, mais parce qu'il les prévoyait. Ses poèmes annonçaient le désastre imminent qu'allait connaître les juifs et l'humanité tout entière. C'est particulièrement vrai du recueil Titanic, écrit en 1936, au moment où le Front populaire arrivait au pouvoir en France et où Fondane effectuait son second voyage en Argentine afin d'y tourner le film Tararira, alors qu'il espérait trouver dans ce pays une terre d'exil.

    C'est un re^ve effrayant et je m'y trouve encore.
    - Une chose mouvante et qu'on appelle Terre coule a` pic, lentement, hors du regard de l'e^tre...
    A` ba^bord, le linge se`che comme avant le de´luge, calme le jeu d'e´checs se poursuit, un pion avance, la danse dans le hall pe´ne`tre dans les chairs avec l'odeur sucre´e des tropiques... [...].

    A` cinq minutes de la fin du monde l'orchestre attaque le Tonnerre...
    La Beaute´ meurt d'e´puisement sur les genoux des spectateurs e´mus par cette Nuit savoureuse entre toutes...

  • Un plaidoyer pour la liberté de l'esprit.
    Initié par les communistes pour constituer un front intellectuel antifasciste, le Congrès international des écrivains, qui s'est tenu à Paris en juin 1935, est resté comme un événement majeur de l'histoire culturelle du XXe siècle.
    En marge de ce congrès, Fondane s'inquiète au sujet de l'autonomie que doivent conserver l'art et la poésie face à une idéologie dominante. Une idéologie qui se présente comme révolutionnaire, qui est en fait contrerévolutionnaire, précise Janover.
    En confrontant la position de Fondane à celles d'autres participants au Congrès (Breton, Crevel), Louis Janover montre combien elle était la plus pertinente au regard de la situation politique d'alors. Combien elle demeure éclairante dans le monde de la pensée unique qui a fait suite à l'effondrement des régimes communistes.

  • « Le meilleur livre de Fondane», E. M. Cioran.
    Au début des Rencontres avec Léon Chestov, Benjamin Fondane évoque sa première entrevue avec le philosophe russe en 1924. Il venait d'arriver en France, avait écrit sur lui en Roumanie sans savoir s'il était toujours vivant. Fondane était poète, il n'était pas philosophe. Il l'est devenu pour défendre la cause de la poésie, toujours condamnée à se soumettre aux contraintes de la pensée rationnelle. Il l'est devenu aussi par amitié pour Chestov et, surtout, parce qu'il percevait dans sa pensée un écho à ses propres tourments, à sa propre révolte. Fondane est alors l'un des rares à comprendre la démarche du vieux philosophe, son combat contre la raison.
    Au contact de Chestov, à la fin des années 1930, Fondane, le disciple inespéré, est devenu l'égal du maître et l'un des principaux représentants de la philosophie existentielle.
    Le livre Rencontres avec Léon Chestov rassemble les notes prises par Fondane pendant leurs conversations ainsi que leurs correspondances, et ses propres reflexions. Il dresse un portrait extrêmement vivant de Chestov à travers des échanges sur la philosophie, mais aussi sur les faits du quotidien ou sur une actualité de jour en jour plus inquiétante.Le penseur existentiel évoque aussi ses souvenirs de la révolution russe et fait souvent peuve de beaucoup d'humour.
    Évoquant tour à tour Husserl, Berdiaev, Gide, Buber, Einstein, Maritain, Malraux et beaucoup d'autres, ce livre est aussi un riche témoignage sur la vie intellectuelle des années 1930.

    2016 : 150e anniversaire de la naissance de Léon Chestov.
    Expostion en avril à Paris, à la Mairie du Ve arrondissement

  • Ce texte fut écrit en marge du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture qui s'est tenu à Paris en 1935, réunissant des intellectuels résolus à mener le combat contre le fascisme, marqué par les discussions entre communistes et surréalistes. Fondane se positionne en tant qu'intellectuel face à la conception que l'on se fait alors du marxisme et de la révolution communiste.

  • Ce recueil rassemble des poèmes écrits en roumain par le jeune Fondane entre 1917 et 1923, manifestement inspirés par sa lecture de la Bible et des Psaumes et qui illustrent bien son idéal de jeunesse de donner une " justification esthétique de l'Univers ".
    Cet ensemble est suivi d'un long poème dramatique, également demeuré inédit en français : Le reniement de Pierre.

  • Stéphane Lupasco, le physicien-philosophe, tentait de substituer à la logique aristotélicienne une nouvelle logique de la contradiction.
    Benjamin Fondane, le poète-philosophe, rejetait la pensée cherchant à " comprendre l'être " pour une pensée permettant de " parvenir à l'être ". Entre les deux hommes - par ailleurs compatriotes et amis - le dialogue était-il possible ? Lecture critique de la pensée de Lupasco, l'essai de Fondane représente aussi l'ultime état de sa pensée philosophique, juste avant sa mort, une pensée tournée vers la quête de l'au-delà du particulier existentiel.

  • " De tous les poètes ses contemporains, pas un, ni même ceux qui ont été dans la Résistance, pas un n'a écrit la révolte et le goût de vivre mêlé au sens de la mort comme Benjamin Fondane. Sa situation de fantôme lui-même, y est sans doute pour quelque chose : un émigrant de la vie traqué sur les fleuves de Babylone. Contre les dualismes de la philosophie, il est dans le continu de la vie à partir du poème et du poème à partir de la vie. Par là il est présent. " (Henri Meschonnic) Ce volume regroupe sous le titre Le Mal des fantômes les cinq livres de poèmes écrits en français, suivant le désir exprimé par Fondane dans la lettre qu'il a pu faire parvenir à sa femme du camp de Drancy où il fut interné du 14 mars au 30 mai 1944.

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