Amos Gitaï

  • La caméra est une sorte de fétiche. Ce n'est pas seulement une machine à reproduire, capable de répliquer le mouvement, la couleur et la texture parallèlement à un dispositif d'enregistrement du son. C'est une machine qui a acquis, dans la seconde moitié du xxe  siècle, le pouvoir d'un objet cérémoniel qui atteste que l'événement a réellement eu lieu. La caméra devient le chroniqueur de notre époque, elle est en ce sens le fétiche moderne par excellence. Filmer, c'est prendre une série de décisions qui déterminent non seulement ce qui sera inclus dans le cadre, mais aussi ce qui n'y sera pas. Cela signifie que nos choix comprennent une part de mise à distance. (A.G.) Amos Gitaï est cinéaste. Dans les années  1970-80, il a réalisé plusieurs documentaires, dont  House, censuré par la télévision israélienne, avant de tourner  Esther, son premier long métrage de fiction (1985). Récipiendaire du prix Roberto Rossellini en 2005, du Léopard d'honneur du 61e  festival de Locarno et du prix Robert Bresson de la Mostra de Venise en 2013, il est le premier cinéaste nommé à la chaire annuelle de Création artistique du Collège de France.

  • Mont carmel

    Amos Gitaï

    Le cantique des cantiques nommait déjà le mont carmel, crête blanche et rocailleuse qui émerge de la mer, au nord d'israël, et terre de naissance d'amos gitai qu'il évoque ici sous une forme poétique.
    Manière archéologique d'arpenter les espaces de la mémoire, de s'attacher aux formes dans leurs métamorphoses, de rendre compte des transformations et des pertes d'un pays dont l'architecture " efface l'histoire et les gens ". manière singulière de convoquer les pionniers et d'honorer son ascendance. " munio mon père ", architecte formé par le bauhaus, qui fuit l'allemagne nazie et arrive en palestine en 1935.
    " efratia ma mère ", née à haïfa sous l'empire ottoman, vibrante d'optimisme et de détermination. et miriam, sklander et youssouf, les personnages des deux communautés juive et arabe qu'amos gitai a filmés de 1981 à, 2001, dans wadi, ce vallon qu'ils partageaient sur les pentes du mont carmel.

  • A. Gitai, cinéaste, acteur, scénariste et producteur israélien, revisite 25 affiches de ses principaux films dont les reproductions pixellisées constitueront la base de la scénographie de l'exposition qui lui est consacrée. Mêlant la fiction et l'autobiographie, l'actualité et l'intemporalité, les thèmes de l'appartenance et de l'exil, l'oeuvre de Gitai pourtant déjà culte, demeure inclassable.

  • Side walk

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    L'ouvrage Frank Horvat s'intéresse plus précisément à son travail en couleur : en proposant un voyage inédit à travers cette oeuvre sous le prisme de l'extraordinaire talent de coloriste d'Horvat, le livre offre un point de vue nouveau en intégrant des photographies iconiques à des images jamais publiées et retrouvées dans ses archives, grâce à l'aide de sa fille.
    Cette nouvelle perspective qu'offre le temps permet de créer un nouveau tableau, en couleur, celui d'une photographie pictorialiste dans laquelle le pigment compose le cadre et son sujet. Les images s'enchaînent dans le livre comme une promenade urbaine très dense et contrastée, parfois rude, mais toujours sensible. Frank Horvat documente ici sa vie passée dans une ville telle que New York.
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    Un texte de Hans-Mikael Koetzle, historien de la photographie allemand réputé, offrira une réflexion plus intellectuelle sur l'importance du passage à la couleur dans l'oeuvre du photographe.

  • Revenir, étape par étape, sur la genèse des films d'Amos Gitai, sur leur maturation, les tours et les détours d'un processus de création singulier, tel est le projet de cet ouvrage.
    Trois points de vue se succèdent : celui d'Amos Gitai lui-même, qui revient sur les images, clandestines ou apparentes, qui nourrissent son oeuvre, celles de sa propre biographie, de son rapport intime aux lieux, aux paysages, aux personnes et aux événements qui forgent son univers.
    Celui de Marie-José Sanselme, coscénariste des films d'Amos Gitai depuis Kippour (2000), qui raconte le processus d'élaboration d'un film particulier, Kedma (2002).
    Celui de Jean-Michel Frodon, critique attentif à l'oeuvre d'Amos Gitai, qui analyse les relations entre plusieurs groupes de films, fictions et documentaires.
    /> Les scénarios définitifs de sept films, Berlin Jérusalem, Golem l'esprit de l'exil, Kadosh, Kippour, Kedma, Alila, News from Home News from House, complètent cette exploration d'une oeuvre ouverte à la compexité du monde.
    Une belle leçon de cinéma.

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