Alexandre Doulut

  • Etude historique sur le camp de Rivesaltes au cours de la Seconde Guerre mondiale. Avant de devenir en 1942 un camp de rassemblement des Juifs de toute la zone libre, il servit de centre d'hébergement aux étrangers de toutes les nationalités. Retraçant l'histoire du lieu, l'auteur dresse une liste exhaustive des déportés juifs du camp et une autre des internés juifs décédés au camp.

  • Le travail d'Alexandre DOULUT est exceptionnel.
    D'abord parce qu'il s'inscrit dans le sillage des recherches menées par la Commission Mattéoli visant à recenser et indemniser les familles spoliées. Ensuite parce qu'il place le Lot-et-Garonne dans le cercle fermé des départements ayants osé aborder la question et poursuivre leur quête de vérité. Celle-ci surprend : il y a bien eu volonté de la part de Vichy " d'éliminer de l'économie toute influence juive ", mais en l'absence d'un représentant local du CGQJ (Commissariat général aux questions juives) ayant en charge " l'aryanisation ", c'est la principale chambre consulaire du département qui liste à sa place les magasins, entreprises et propriétés juives.
    C'est elle qui propose, voire impose des administrateurs provisoires qui, souvent mus par l'appât du gain, procèdent par exemple à la liquidation publique des effets personnels des juifs raflés en août 1942 à Casseneuil. Et ce, sans se soucier des spoliés auxquels les tribunaux de l'après-guerre rendront bien peu justice.

  • Pour expliquer la non-déportation de 75% des Juifs de France durant l'Occupation, c'est souvent la figure des Justes des Nations qui est mise en avant. Depuis plusieurs années une dérive tend à réduire ce chiffre au seul sauvetage.
    En s'appuyant sur une centaine de dossiers de demande refusée d'attribution de ce titre, les auteurs s'interrogent sur l'attitude des français moyens à l'égard des Juifs. Surtout, ils soulignent l'importance de la chronologie et du contexte local et dégagent quels autres facteurs ont contribué à la survie des ¾ des Juifs de France.
    Pour réaliser cette enquête obéissant aux critères de la recherche historique, les auteurs ont utilisé des sources non consultées jusqu'à présent. D'une part les Archives départementales en France, d'autre part des témoignages conservés par les Archives du Mémorial Yad Vashem à Jérusalem, de juifs ayant survécu à l'Occupation en France.
    Les auteurs ont réalisé un portrait de Monsieur ou Madame « Tout-le-monde ». Autrement dit, un portrait de ces Français/es qui n'ont été ni des héros (Justes), ni des salauds (collabos). Ces derniers constituent des catégories quantitativement négligeables de la population française.
    Le livre règle définitivement leur compte aux historiens, ou plutôt pseudo-historiens ayant créé et diffusé le mythe d'une population française toute entière collabo, ou bien le mythe d'une France résistante dans sa totalité.
    La conclusion de ce travail établit que les Français/es dits M/ me Tout-le-monde, soit le gros de la population, ont contribué par leur comportement envers les juifs, de même que les troupes alliées, les Justes et la résistance juive en France, à la non-déportation de nombre de juifs. Ces Français ont illustré les bienfaits engendrés par l'éducation que dispensent les familles et l'école de la République.

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