Table thématique : Dante et sa Bibliothèque

  • La postérité de Dante s'explique par la dimension universelle que revêtent son expérience personnelle, ses espoirs ou ses doutes, livrant une interrogation intemporelle sur le statut même du sujet humain. Dans ce voyage métaphysique qu'est la Divine Comédie, le poète décrit la métamorphose de l'individu du sensible au spirituel, la naissance d'un sujet authentique, capable à la fois d'accepter sa condition mortelle et d'accéder à ce que Dante nomme, au Paradis, le trasumanar. Ce néologisme par lequel il traduit une expérience de dépassement du soi et de l'humain est sans doute la clef de lecture à partir de laquelle son oeuvre prend sens : déceptions amoureuses, condamnations ou exil, elle manifeste le long chemin parcouru par cet « esprit pèlerin », de l'humain vers le surhumain. Une métamorphose de soi qui est aussi une métamorphose de l'amour sous toutes ses formes.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Monument de la poésie universelle, oeuvre fondatrice du lyrisme amoureux qui inspira si intensément les poètes français de la Pléiade et au-delà influença toute la littérature européenne de la psychologie amoureuse, le Canzoniere de Pétrarque (1304-1374), demandait assurément pour que le lecteur moderne accède à sa beauté formelle et à son chant profond la nouvelle et magnifique traduction en vers de René de Ceccatty, aussi érudite qu'alerte et fluide. Écrit tout au long de sa vie, sans cesse augmenté, composé et recomposé par le poète italien, le Canzoniere qui rassemble 366 poèmes, sonnets, chansons, madrigaux, ballades et sextines, s'il fait entendre la passion sublime et désespérée du poète pour Laure de Noves, son amour impossible, est aussi une longue méditation sur les contradictions en l'homme entre la pulsion du désir et la raison, la sensualité et l'idéalisation, la précarité du corps et l'éternité du sentiment. La mort de Laure, intervenant comme une césure au mitan de l'oeuvre, ouvre par ailleurs une réflexion sur la mort et l'absence, alliée au sentiment de solitude, à la conscience de la fragilité du destin humain et donc de la vanité de la gloire et peut-être même de l'écriture.
    On saura gré à René de Ceccatty de nous avoir rendu proches ces préoccupations en sauvant par sa traduction franche et rythmée la poésie de Pétrarque du maniérisme dont on l'a souvent affublée.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Enéide

    Virgile

    Oeuvre sacrée à Rome, L'Enéide est l'opus magnum de la culture occidentale avec les textes homériques d'une part, la Bible en son entier de l'autre. Marcel Desportes dans cet effort magistral de translation voyait en Virgile "un Voyant" et sur tous les plans "un devancier", "notre contemporain" permanent. Le genre humain étant le même, ce qui s'offrait à la spéculation de nos ancêtres nous concerne tout aussi pertinemment au troisième millénaire.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Satires

    Juvenal

    Juvénal (60-140) se plut à opposer la dépravation de son temps aux moeurs plus chastes et droites des Romains de la République. Après s'être voué d'abord à la rhétorique, cet ami de Martial commença en effet à composer des satires vers l'âge de quarante ans, lorsque la chute de Domitien, puis le règne de Trajan et surtout d'Hadrien lui permirent d'exprimer le fond de son coeur en dénonçant surtout les abus dont il était témoin dans un art partagé entre le réalisme et l'outrance, l'emphase déclamatoire et la concision du proverbe. Juvénal fut poète politique, doublé d' un véritable philosophe et d'un moraliste d'inspiration stoïcienne.
    Son oeuvre est un peu plus importante que celle de Perse : seize satires, dont les premières attaquent des travers précis et dont les dernières développent des thèmes moraux plus généraux. Ainsi la troisième satire évoque les embarras de la Ville, la sixième les femmes, la huitième les nobles ou la dixième les voeux...
    Cette nouvelle traduction permet d'apprécier la souplesse de la composition des Satires en même temps que leur véhémence, tout en parachevant le travail entamé par Olivier Sers avec La Fureur de voir (Belles Lettres, 1999) et sa nouvelle traduction, très remarquée, dans la même collection, du Satiricon de Pétrone (2001).

    Ajouter au panier
    En stock
  • Au mythe de la « Renaissance » et aux débats qui s'y attachent, à la figuration célébrée d'un présent fécondé par une restitution des sagesses de l'Antiquité, à l'imaginaire humaniste d'un recommencement, Élisabeth Crouzet-Pavan préfère substituer l'horizon des Renaissances italiennes.
    Le pluriel s'impose à ses yeux, parce qu'il existe une autre Renaissance, moins démonstrative que celle des savants et des artistes, mais tout aussi vivante, par laquelle continuent à vivre et à revivre des passés plus ou moins proches.
    Les représentations, les mémoires et les actions s'enchâssent et jouent alors les unes avec les autres parce que les temps communiquent sans cesse. C'est un âge du paradoxe qui surgit sous nos yeux : de grandes espérances coexistent avec l'appréhension de l'imminence du Jugement dernier, des rêves enthousiastes d'harmonie voisinent avec l'angoisse du péché, la quête de la beauté est confrontée à la conscience du mal...
    Renaissances italiennes, de Milan à Naples, de Florence à Venise, de Rome à Ferrare, invite ainsi le lecteur à déplacer son regard. Et dans cette somme magistrale, Élisabeth Crouzet-Pavan nous guide dans la complexité d'un univers humain qui éprouvait autant un immense amour de la vie qu'une tenace peur de la mort, autant une extraordinaire exaltation créatrice qu'une profonde sensation de finitude...

  • Aristote Ethique à Nicomaque Toute la pensée platonicienne reposait sur une union parfaitement intime entre la vie intellectuelle, morale et politique : la philosophie, par la science, atteint la vertu et la capacité de gouverner la cité. Tout cela se dissocie chez Aristote : le bien moral ou bien pratique, c'est-à-dire celui que l'homme peut atteindre par ses actions, n'a rien à voir avec cette Idée du Bien que la dialectique mettait au sommet des êtres ; la morale n'est pas science exacte comme les mathématiques, mais un enseignement qui vise à rendre les hommes meilleurs, et non seulement à leur donner des opinions droites sur les choses à rechercher ou à fuir, mais à les leur faire effectivement rechercher ou fuir.
    Emile Brehier.

    Oeuvre de maturité, l'Ethique à Nicomaque est le grand texte de la morale aristotélicienne. A partir des notions de Vertu, de Courage, de Justice, de Plaisir, d'Amitié, etc., le philosophe définit l'architecture d'une sagesse à « hauteur d'homme » qui renoue avec l'esprit grec dont Platon s'était partiellement détaché. Le bonheur apparaît comme la « fin » véritable de l'existence, l'action étant alors le « moyen » propre à l'atteindre. C'est pourquoi on peut dire qu'avec Aristote la morale revient dans le monde et fixe les normes d'un savoir-vivre qui réunit le plaisir et l'ascèse.

    Révision de la traduction, commentaires et notes par Alfredo Gomez-Muller. Aristote Ethique à Nicomaque Toute la pensée platonicienne reposait sur une union parfaitement intime entre la vie intellectuelle, morale et politique : la philosophie, par la science, atteint la vertu et la capacité de gouverner la cité. Tout cela se dissocie chez Aristote : le bien moral ou bien pratique, c'est-à-dire celui que l'homme peut atteindre par ses actions, n'a rien à voir avec cette Idée du Bien que la dialectique mettait au sommet des êtres ; la morale n'est pas science exacte comme les mathématiques, mais un enseignement qui vise à rendre les hommes meilleurs, et non seulement à leur donner des opinions droites sur les choses à rechercher ou à fuir, mais à les leur faire effectivement rechercher ou fuir.
    Emile Brehier.

    Oeuvre de maturité, l'Ethique à Nicomaque est le grand texte de la morale aristotélicienne. A partir des notions de Vertu, de Courage, de Justice, de Plaisir, d'Amitié, etc., le philosophe définit l'architecture d'une sagesse à « hauteur d'homme » qui renoue avec l'esprit grec dont Platon s'était partiellement détaché. Le bonheur apparaît comme la « fin » véritable de l'existence, l'action étant alors le « moyen » propre à l'atteindre. C'est pourquoi on peut dire qu'avec Aristote la morale revient dans le monde et fixe les normes d'un savoir-vivre qui réunit le plaisir et l'ascèse.

    Révision de la traduction, commentaires et notes par Alfredo Gomez-Muller. Aristote Ethique à Nicomaque Toute la pensée platonicienne reposait sur une union parfaitement intime entre la vie intellectuelle, morale et politique : la philosophie, par la science, atteint la vertu et la capacité de gouverner la cité. Tout cela se dissocie chez Aristote : le bien moral ou bien pratique, c'est-à-dire celui que l'homme peut atteindre par ses actions, n'a rien à voir avec cette Idée du Bien que la dialectique mettait au sommet des êtres ; la morale n'est pas science exacte comme les mathématiques, mais un enseignement qui vise à rendre les hommes meilleurs, et non seulement à leur donner des opinions droites sur les choses à rechercher ou à fuir, mais à les leur faire effectivement rechercher ou fuir.
    Emile Brehier.

    Oeuvre de maturité, l'Ethique à Nicomaque est le grand texte de la morale aristotélicienne. A partir des notions de Vertu, de Courage, de Justice, de Plaisir, d'Amitié, etc., le philosophe définit l'architecture d'une sagesse à « hauteur d'homme » qui renoue avec l'esprit grec dont Platon s'était partiellement détaché. Le bonheur apparaît comme la « fin » véritable de l'existence, l'action étant alors le « moyen » propre à l'atteindre. C'est pourquoi on peut dire qu'avec Aristote la morale revient dans le monde et fixe les normes d'un savoir-vivre qui réunit le plaisir et l'ascèse.

    Révision de la traduction, commentaires et notes par Alfredo Gomez-Muller.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Les métamorphoses

    Ovide

    Légende dorée, légende des siècles, bible ou génie du paganisme, voici une oeuvre qui, en douze mille vers, conte deux cent trente et une histoires de métamorphoses ; elles remontent, pour beaucoup, à l'origine du monde. Ovide, dans ces poèmes épiques et didactiques, nous a donné, des origines à Jules César, un des grands textes sur la genèse de l'humanité.
    La variété des styles, de l'horreur et du fantastique à l'élégie amoureuse, enchante le lecteur autant que Les Mille et Une Nuits. La grandeur de la Rome impériale, de l'Empire d'Occident s'y reflète. Les Métamorphoses sont l'une des sources principales de la littérature et des arts occidentaux. Comme les fontaines de Rome d'où l'eau ne cesse de jaillir, Les Métamorphoses sont à la fois un monument, et une source de la culture européenne.

    Ajouter au panier
    En stock
  • Boccace a trente-cinq ans en 1348 quand, « juste effet de la colère de Dieu », éclate la grande peste qui flagelle l'Italie. Composé dans les années qui suivent, le « Livre des dix journées » s'ouvrira sur ce tableau apocalyptique, à la force grandiose et terrible, qui n'a rien à envier à la description de la peste d'Athènes chez Thucydide. C'est en effet dans ce contexte que sept jeunes filles courtoises et trois jeunes hommes qui ont conservé leur noblesse d'âme se retirent sur les pentes enchanteresses de Fiesole pour fuir la contagion de Florence, devenue un immense sépulcre, et pendant deux semaines se réunissent à l'ombre des bosquets et se distraient chaque jour par le récit de dix nouvelles, une pour chacun, tantôt sur un sujet libre, tantôt sur un sujet fixé à l'avance pour tous, par la reine ou le roi de la journée. Tel est le premier chef-d'oeuvre de la prose littéraire en langue « vulgaire ».

    Ajouter au panier
    En stock
  • Si la Divine Comédie fut plus admiree qu'imitée, il n'en alla pas de même pour l'«humaine comédie» que fut le Decaméron. Durant plus de deux siècles le recueil de Boccace devint un archétype, donnant à la nouvelle un rôle privilégié dans la fondation de la jeune littérature italienne en prose. Quelques-uns de ces «conteurs» sont restés célèbres : Alberti, Laurent de Médicis, Vinci, l'Arétin, Castiglione, Machiavel. Mais d'autres ne sont pas sortis de l'anonymat ou sont tombés dans l'oubli. Tous cependant furent lus, traduits et souvent plagiés, constituant ainsi pour les littératures européennes une source inépuisable de trames qui furent reprises par les plus grands auteurs. On n'en citera qu'un seul : Shakespeare. Ces récits brefs se veulent des précipités d'expérience : épisodes surprenants et passions indicibles s'y inscrivent paradoxalement dans la quotidienneté. Au détour d'un bon mot, le lecteur cueille l'expression d'un type humain dans une réduction de l'histoire qui contracte le sens, comme la maxime qui opère contre la logique linéaire d'un traité démonstratif. En fait, ces textes - qui prennent corps dans un incessant va-et-vient entre la transcription d'une libre parole et la rigoureuse élaboration de la construction littéraire - témoignent de la tension entre l'oralité et l'écriture aux premiers temps de l'imprimerie. Car ce n'est pas la mesure et les proportions harmonieuses recherchées par la nouvelle perspective du Quattrocento qui émergent de ces contes et de ces nouvelles, mais bien la variété et le mouvement. Pour plaire et divertir, il faut surprendre, quand bien même l'arrière-pays témoigne d'un monde bouleversé par le déclin de la civilisation communale et par les guerres d'Italie.

  • Dans ce livre publié pour la première fois en 1964, Eugenio Garin réussit un tour de force jusque-là sans égal : présenter de façon concise et toujours claire l'essentiel de l'humanisme italien, des origines jusqu'à l'oeuvre de Giordano Bruno. Ce grand classique de l'histoire de la pensée retrace le passage du Moyen Âge à ce mouvement appelé « Renaissance », en souligne les innovations, tant sur le plan des institutions que sur celui des coutumes, et fait revivre les débats philosophiques qui, à cette époque, secouent les hommes de science, les artistes, les théologiens ou les hommes politiques.

  • Avant de choisir le toscan pour écrire la Comédie, Dante a pensé l'usage du vulgaire, langue du peuple, en l'opposant au latin, langue des lettrés. Le Traité de l'éloquence en vulgaire (1304), paradoxalement écrit en latin, constitue une démonstration à la fois politique et linguistique en faveur de ce « vulgaire illustre » indispensable à l'unification de la nation italienne. Dante y décrit philosophiquement le parler propre de l'homme en tant qu'être social et rationnel, réinvente son origine dans l'unité de l'idiome adamique et sa diversification après Babel, puis il construit le « vulgaire illustre » comme l'Un devant éclairer tous les usages multiples, et établit, à partir des pratiques poétiques excellentes, les règles qui le gouvernent. C'est donc en tant que théoricien politique qu'il revendique une autorité sur la langue et donne au poète une fonction essentielle dans la cité des hommes.    La nouvelle traduction proposée ici en regard de la version originale s'accompagne d'un apparat de notes qui donne pour la première fois au lecteur français un accès à ce texte aux facettes multiples, en prise sur les doctrines de son temps, et d'un glossaire qui explicite la technicité et la précision du vocabulaire utilisé par Dante, tant en latin qu'en italien.                                                                                                     Traduction du latin                                                                                       par Anne Grondeux, Ruedi Imbach                                                                                                    et Irène Rosier-Catach                                                                                          Introduction et appareil critique                                                                                                par Irène Rosier-Catach

  • Dans cette biographie tissée à quatre mains, Elisa Brilli et Giuliano Milani éclairent d'un jour nouveau le destin de l'une des plus grandes figures du Moyen Âge italien, démêlant le vrai du faux au gré d'une enquête où se font écho archives et oeuvre littéraire.
    « Une enquête a été faite contre [...] Dante Alighieri, du sestiere de Saint Pierre majeur [...]  pour établir s'il a commis  des « barateries », des injustes extorsions et des gagnes illicites en argent ou en nature ».
    Cante Gabrielli da Gubbio, podestat de Florence, 27 janvier 1302.

    « Je tiens pour un honneur l'exil qui m'est donné : car [...] tomber avec les bons reste digne de louange. ».
    Dante Alighieri, Tre donne, vers 1302-1308.


    Écrire une biographie de Dante est un défi auquel se sont confrontés nombre de chercheurs. Tandis que les archives se taisent le plus souvent sur la vie du Florentin ou sont d'interprétation délicate, son oeuvre contient tant de passages personnels qu'elle pourrait aisément se lire comme une autobiographie. Mais naïve serait la démarche qui prendrait Dante pour un témoin fidèle de sa vie.
    Dans une enquête conduite à quatre mains, où documents et oeuvre littéraire se font écho, Elisa Brilli et Giuliano Milani renouent les fils de ce destin singulier. Celui d'un homme aux prises avec les bouleversements politiques de son temps, à la charnière des xiiie et xive siècles, et dont les expériences, horizons et réactions changent en fonction des contextes qu'il traverse (municipal, seigneurial, impérial, courtisan) ; celui d'un homme qui tenta à plusieurs reprises de façonner sa vie par l'écriture, inventant une forme de récit de soi, aux contenus toujours changeants, entre mémoire individuelle et universelle.
    Là est sans doute la contribution essentielle de Dante à la culture occidentale.

  • Ô vous qui empruntez le chemin de l'amour, Observez s'il existe un mal au mien pareil.
    Je vous prie de souffrir de m'écouter me plaindre.
    Ne suis-je pas de tous les tourments le relais ?

    Dante Alighieri (1265-1321) a moins de trente ans quand il écrit ce récit autobiographique, entrecoupé de sonnets, de chansons, de ballades et de commentaires. Il y raconte son amour pour Beatrice Portinari qui, dans La Divine Comédie, apparaît comme l'intermédiaire privilégiée entre le voyageur céleste et Dieu. Si La Vita Nuova a revêtu une telle importance dans l'histoire de la littérature, ce n'est pas seulement parce qu'il contient des poèmes d'amour rivalisant avec ceux de Pétrarque, mais parce que ce texte, de passion, puis de deuil, ne cesse de poser la question de la vérité, de la transparence, de l'allégorie. Comme dans la plupart des éditions italiennes, sont adjointes les autres poésies circonstancielles et retrouvées de Dante, du moins celles qui passent pour authentiques. La traduction inédite ici proposée est en alexandrins, hexasyllabes et le plus souvent, sur le modèle des Amours de Ronsard et des quelques vers écrits par Dante directement en français, en décasyllabes.

    Ajouter au panier
    En stock

  • le xiiie siècle italien est un long siècle mal connu qui, par sa densité historique, ne le cède pourtant en rien aux " gloires " ultérieures de la " renaissance ".
    un formidable mouvement paraît en effet l'animer, plus vif, plus net à mesure que le temps avance. dante et giotto sont les figures symboliques de ce grand remuement au rythme duquel une autre italie surgit. tout bouge, tout change : les hommes, les paysages, les rues et les places comme les cultures de la colline, les pratiques du politique ou les techniques économiques et artistiques. elisabeth crouzet-pavan s'attache ici à retracer l'histoire de cette capacité de création qui fut peut-être, alors que la violence envahissait implacablement les cités, les déchirait, alors que le sang coulait et que les factions s'affrontaient avec constance et âpreté, un art de continuer à penser la vie sous " le cours du ciel et de la lune ".
    une vie entre enfers et paradis.

  • L'image la plus courante de Dante est encore, en France, celle d'un personnage dix-neuvième, touriste consciencieux des règnes de l'au-delà, selon Peguy par exemple, ou juge sévère et renfrogné, dans les illustrations célèbres de gustave Doré.

    Parler de Dante écrivain, c'est donc tenter de faire émerger l'autre face du monument, plus active et actuelle : la conscience extraordinairement hardie, qui. s'y déploie, de toutes les implications de l'acte d'écrire.

    Il s'agit de parcourir la trajectoire éblouissante qui, à partir du premier petit livre, la Vita Nuova, en touchant successivement tous les points, linguistiques ( De Vulgari Eloquentia, sur l'invention de la langue), philosophique ( Convivio, le Banquet de la connaissance), politique ( De Monarchia, sur la séparation des Deux Pouvoirs), mène jusqu'à la Comédie, le «poème sacré» où tous les éléments s'animent et s'embrasent dans l'espace du grand voyage.

    Voici alors l'Intelletto d'amore : qui est «intelligence d'amour» au sens que lui donnait Dante dans ses écrits, mais aussi, pour nous, intellect amoureux, passion de la pensée, intensité circulaire où l'on peut se reconnaître et se perdre.

    Des fragments de traduction suivent, partie intégrante de l'expérience de lecture, faits pour transmettre, dans la mesure du possible, un peu de la proximité de ce grand texte de notre civilisation.

  • La Divine comédie, la merveille du quattrocento, enluminée et redécouverte. Le poème sacré, dont la composition aura marqué la seconde partie du Moyen Âge occidental, se pare ici des atours symbolistes d'un des maîtres graveurs du XIXe siècle. Lorsque Gustave Doré choisit de s'attaquer à ce chef-d'oeuvre de la littérature européenne, l'éditeur Hachette lui aurait déclaré : « Vous n'en vendrez pas 400 exemplaires. » 3 000 copies de L'Enfer furent écoulées en quelques jours.
    Magnifiée, voici la prosodie dantesque comme vous ne l'avez jamais lue, servie par l'une des meilleures traductions qui soit, celle de Lucienne Portier, l'éminente spécialiste de l'italien ancien. Par cette nouvelle version en français, les trente-trois chants constituant L'Enfer, Le Purgatoire et Le Paradis sont magnifiés dans une langue forte de précision et de beauté.
    La rencontre du « père de la langue italienne », poète majeur de l'Occident, Dante Alighieri et du « plus illustre des illustrateurs », l'artiste précoce et autodidacte, Gustave Doré, et de Lucienne Portier, la savante et traductrice exigeante et sensible. Une somme à l'excellence sans pareille. Une édition collector.

empty