Un Editeur à la Une !

  • La lettre écarlate, c'est la marque au fer rouge qui désigne la femme adultère dans l'amérique du puritanisme obsessionnel de l'époque coloniale.
    Trois personnages : hester qui vit avec une dignité admirable sa faute et sa solitude. arthur dimmesdale, le jeune pasteur dont les élans mystiques soulèvent à boston l'enthousiasme des fidèles mais qui, ensorcelé par hester, ne parvient ni à dominer ni à vivre sa sensualité. chillingworth, le mari, qui pendant des années tourmentera en silence le pasteur jusqu'à la folie et la mort. le premier des grands romans américains, la clef d'une sensibilité nationale toujours partagée entre la tentation du scandale et le démon de la culpabilité.

  • Toute l'oeuvre de Giovanni Verga, le plus grand vériste italien, est centrée sur les " vinti dalla vita " (" les vaincus de la vie "). Dans les nouvelles ici rassemblées il s'est attaché à peindre le courage viril avec lequel les humbles affrontent la vie. Avec un réalisme saisissant il nous montre l'attachement au lieu de naissance, aux anciennes coutumes, la résignation à la dureté d'une vie parfois inhumaine, la conscience que cette société fermée où évoluent ses personnages, hauts en couleurs, est la seule défense contre les nouveautés venues de l'extérieur.
    Ses personnages manifestent leur fidélité à des sentiments simples et à des valeurs ancestrales. Pour Verga ceux qui acceptent leur propre destin dans une résignation consciente possèdent la sagesse et la moralité. C'est toute la Sicile, âpre et rude de la fin du XIXe siècle qu'il fait ainsi revivre pour ses lecteurs.

  • Croisière est l'un des titres français qui a été donné à The Voyage Out, le premier roman de Virginia Woolf, publié au Royaume-Uni en 1915 par son demi-frère, l'éditeur Gerald Duckworth, puis aux États-Unis en 1920 par Doran.
    C'est un roman de satire sociale, l'un de ceux dans lequel Virginia Woolf montre le plus d'esprit. Rachel Vinrace, en s'embarquant pour l'Amérique du Sud, part à la découverte d'elle-même, dans une version moderne du voyage initiatique.
    En longeant les côtes du Portugal, le capitaine est contraint de prendre à son bord Richard et Clarissa Dalloway. Ce couple qui gravite dans les milieux les plus huppés impressionne Rachel, surtout séduite par l'assurance de Clarissa en qui elle voit une femme accomplie. Le vernis se fendille toutefois un peu quand Mr Dalloway tente de lui ravir un baiser.
    Les Dalloway quittent le navire à une escale. Rachel reste perplexe.
    Sa tante, Mrs. Ambrose, femme posée et intelligente et qui a pour sa nièce des attentions maternelles, s'aperçoit des émois de Rachel. Elle convainc le père de Rachel de la lui confier une fois arrivés en Amérique du Sud.
    Elle y possède une villa dans les montagnes dominant l'hôtel où les Européens descendent. Elle accorde à sa nièce une vaste chambre et des heures de tranquillité pour s'adonner à la lecture et à la musique. Mais c'est sans compter sur les jeunes gens qui montent de la vallée pour rendre visite à Rachel ou qui viennent à tout moment lui proposer de prendre le thé.
    Rachel fréquente ces riches oisifs, en majorité britanniques, dont l'activité principale se limite au commérage et à la médisance. Mais, peu aguerrie à ce jeu de société, elle accumule les déconvenues. Elle fait toutefois la rencontre de Terence Hewet et sent poindre en elle un sentiment amoureux timidement partagé. Sur ces entrefaites, pour secouer la monotonie des jours, une excursion est organisée sur le fleuve qui s'enfonce à l'intérieur des terres sauvages. Rachel et Terence sont du voyage. Au retour, la jeune fille tombe gravement malade.

  • « Savez-vous où il est, ce métèque ? » Et, avant qu'elle ait eu le loisir de répondre, prise dans son extase, il marcha sur elle et, à brûle-pourpoint : « Eh bien, il est mort ! Voilà où il est ! » Elle reprenait conscience et le regardait avec un sourire de pitié indulgente.
    « Mort ! Sur la chaise électrique. Coupable et exécuté ! Et vous savez pourquoi ? » Le drame dont voici l'épilogue forme la trame du roman, qui s'ouvre sur l'arrivée d'Angelo, un jeune et beau Sicilien, dans ce Tennessee où Cassie vieillissante veille son mari impotent.
    Un roman de Robert Penn Warren ne se laisse pour autant jamais réduire à une simple intrigue. Les personnages sont à vrai dire nombreux, les situations admirablement mises en place, aussi bien que les paysages ; et le pouvoir de fascination, dans un monde où le temps paraît figé, relève du plus grand art romanesque, celui qui porte la réalité à hauteur du mythe.
    Amours lavées dans le sang et relents de racisme habitent le roman tragique et envoûtant de Warren.

  • Ondine Spragg s'ouvre les portes de l'aristocratie newyorkaise grâce à son mariage avec Ralph Marvell. Son ambition l'amène à divorcer et à se lancer à la conquête des hommes susceptibles de lui apporter tout ce qu'elle désire, c'est-à-dire l'amusement mais aussi la respectabilité. Si elle échoue face au banquier Peter Van Degen, elle va trouver une nouvelle victime en la personne du Marquis de Chelles, grâce à qui elle va - espère-t-elle - trouver une place de choix dans le monde du Faubourg Saint-Germain. Mais c'est vers Elmer Moffatt, un ami d'enfance auquel elle avait été mariée secrètement, qu'elle finira par revenir et en compagnie duquel elle trouvera le bonheur.
    Les qualités d'analyse de la grande Edith Wharton et son brio font merveille dans cette vaste fresque qui dépeint une classe qui meurt et le monde du XXe siècle en pleine formation et trace avec audace et talent le portrait d'une femme moderne.

  • L'un des plus grands succès romanesques anglais de l'entre-deux guerres Le Chapeau vert est un inénarrable tableau de combat de l'Angleterre traditionnelle contre la nouvelle liberté de moeurs. L'auteur y décrit de façon impitoyable une société de jeunes gens qui habitent Mayfair, descendent au Normandy et au Ritz, partent en voiture de sport sur la côte d'Azur et se baignent nus dans la Tamise. Iris March, vingt-neuf ans, en qui l'on peut reconnaître Nancy Cunard, l'amie d'Aragon à l'époque, est le centre de cette société. Elle a eu deux maris: Boy Fenwick, qui s'est jeté du balcon d'une chambre d'hôtel, et Storm, assassiné par les terroristes du Sinn Fein. Plus excentrique on meurt! Le Chapeau vert devint instantanément un livre culte: Francis Scott Fitzgerald le relisait sans cesse, et ne cachait pas combien il lui devait pour la création de Gatsby, et Virginia Woolf s'en inspira quelque peu pour Les Vagues.Michael Arlen (1895-1956), né Dikran Kouyoumdjian, à Rustschuk, en Bulgarie, fut envoyé, par son père, un riche arménien, à Malvern College, une élégante public school. En 1922, il acquiert la nationalité britannique. La publication du Chapeau vert va lui assurer une célébrité durable. Cet énorme succès de librairie, sans cesse réimprimé, acquit très vite le statut de manifeste d'une génération, celle qui n'avait échappé à la Première Guerre mondiale que pour connaître la grande crise des totalitarismes. Sous ses aspects cyniques, brillants et snobs, ce roman résume un temps où le bruit des fêtes et des cocktails parvenait de plus en plus mal à étouffer le grondements des orages à venir.

  • Dans ce roman plein d'humour, le richissime célibataire Jimmy Pitt, grand mondain et ancien journaliste, relève dans un bar le périlleux pari d'un cambrioleur. Si entrer par effraction lui semble d'une facilité enfantine, il se rend compte avec effroi que la maison dont il vient de forcer la porte n'est autre que celle d'un policier new-yorkais ayant la réputation d'un vrai dur. Bien entendu, le Capitaine MacEachern est le père d'une ravissante jeune femme et ne souhaite pas qu'on mette le nez dans ses affaires. Et, pour corser le tout, sa fille a éperdument charmé Jimmy sur le bateau qui le ramenait à New York.

  • Sur le célébrissime lac de Côme, en Italie, dans un hôtel 1900, des aristocrates cosmopolites s'adonnent aux joies électives de la villégiature et de l'entre-soi.

    Un jeune couple, qui irradie la beauté et le mystère, va mettre à mal l'ordonnancement de cette bonne société. Natalia, la jeune et jolie veuve d'un richissime marchand. Et son frère, Eugène Ardent, qui la rejoint à Côme après des années de séparation. Les deux personnages sont liés par un terrible mystère: violée par son beau-père, Natalia a été vengée par son frère, qui a blessé au pistolet l'auteur du forfait. Le jeune homme est contraint à un long exil. A l'heure où ils se retrouvent, privés de fortune, leur amour éclate. Ils décident d'user de leur pouvoir de séduction pour suborner la bonne société qui les entoure et en obtenir les faveurs.

    Véritable enquête policière perçant enfin l'anonymat de l'auteur de Madame Solario, la préface de Bernard Cohen lève le voile sur la personnalité restée longtemps mystérieuse de l'écrivain qui a publié en 1956 ce roman, salué alors par une critique unanime comme un événement littéraire d'une exceptionnelle importance et dont Marguerite Yourcenar avait fait son livre de chevet. La presse américaine avait parlé d'une "Françoise Sagan mâtinée d'Henry James", et un critique australien crut détecter la plume d'un Anglais de 75 ans, tandis qu'une psychanalyste, Nata Minor, allait hasarder l'hypothèse que l'auteur n'était autre que Winston Churchill. La vérité, si elle est moins romanesque, est tout aussi dramatique: Gladys Huntington s'est suicidée deux ans après la sortie de ce best-seller qui a marqué plusieurs générations.

  • Roman majeur d'Edith Wharton, généralement considéré comme son chef d'oeuvre, L'Âge de l'innocence remporte le prix Pulitzer en 1921, un an après sa sortie aux Etats-Unis, et sera adapté au cinéma par Martin Scorsese en 1993.
    « Faites New York ! » - telle est l'injonction qu'adresse, dès 1902, Henry James, son mentor et ami, à la romancière. L'Âge de l'innocence, oeuvre de la maturité, se présente comme le tableau évocateur, subtil et puissant d'un monde disparu qui est aussi celui de l'enfance d'Edith Wharton.
    Au début des années 1870, dans le petit univers élitiste et fermé de la bonne société new-yorkaise, Newland Archer s'apprête à épouser la pure et radieuse May Welland, incarnation « de tout ce à quoi il avait cru et qu'il avait révéré ». L'irruption de la cousine de sa future femme, la mystérieuse comtesse Olenska, qui rentre précipitamment d'Europe pour fuir un mariage malheureux, va donner une tournure inattendue à ses fiançailles. Alors que la comtesse fascine et scandalise tour à tour New York, Archer voit peu à peu le mélange de sympathie et de perplexité que lui inspire Ellen Olenska se changer en un sentiment plus troublant. Cette rencontre décisive ne sera pourtant porteuse d'aucune émancipation. Tout au plus Newland Archer prendra-t-il conscience de l'implacable étau dans laquelle cette société corsetée enferme les individus et du sort qu'elle réserve à ceux qui refusent de se conformer à ses règles. Peinture d'un amour impossible, d'une libération manquée et d'un monde voué à s'éteindre définitivement au sortir de la guerre de 1914-1918, L'Âge de l'innocence se teinte d'une flamboyante mélancolie.

  • Relatifs à sa mort (accident, suicide, voire crime ?) font planer sur le couple, qui s'est installé à la campagne, dans la grande maison où eut lieu le drame, une ombre noire que ni l'un ni l'autre ne parviendront à chasser. Après avoir lu Vera, Bertrand Russell, alors beau-frère d'Elizabeth von Arnim, avoua : "J'ai donné à mes enfants un conseil de prudence : n'épousez jamais une romancière."

  • 93 textes, glanés par Francis Lacassin dans les correspondances de Jack London ou dans de petites revues enfouies dans des bibliothèques américaines, composent Profession : écrivain. Ils révèlent (après le chercheur d'or, le vagabond du rail ou des mers, le militant socialiste, le prophète du retour à la vie rurale) un nouvel aspect de la personnalité de Jack London : le « travailleur de la plume ». C'est une véritable plongée dans les coulisses de l'oeuvre de London, grâce aux commentaires que lui inspirent ses écrits et les auteurs qui l'ont influencé : Kipling, Stevenson, Conrad, Spencer. Les textes dans lesquels il livre sa conception de l'écriture et du métier, sa tactique d'approche des rédacteurs en chef et éditeurs font de l'écrivain un véritable personnage. de roman. Par sa sincérité, son amour du monde, son obstination à triompher de l'impossible, l'écrivain vu par London ressemble comme un frère. à un héros de Jack London.

  • Pour Virginia Woolf, si les livres doivent tenir tout seuls sur leurs pieds, c'est qu'ils n'ont pas besoin de préface ou d'introduction pour exister. Heureusement qu'elle n'a pas suivi ses propres conseils ! Nous n'aurions pas eu la chance de lire ces 22 essais ou critiques qui nous montrent, entre autres, Thomas Hardy, Katherine Mansfield, Jane Austen, Thoreau ou Conrad, comme nous ne les avions jamais vus.
    Quelques mots suffisent à l'auteur de Mrs Dalloway pour définir Tchekhov : « s'il n'est pas au niveau des génies inspirés devant lesquels on s'incline, c'est parce qu'il est à notre niveau. » Et quelques phrases pour Defoe : « alors qu'il n'y a rien de métaphysique dans le récit par Daniel Defoe du séjour de Robinson Crusoé dans son île déserte, pourquoi réussit-il à en faire un chef d'oeuvre, alors qu'il n'y a pas de solitude, pas d'âme, qu'une chose à laquelle nous faisons face, un grand pot en terre cuite ? » Ces pages nous font découvrir également l'insolence de Virginia Woolf (lorsqu'elle plaide pour que la littérature ne soit pas réservée aux « gens en perruque et en robe » mais offerte à tous ceux qui « mettent l'accent au mauvais endroit » pour qu'ils « piétinent les pelouses vénérables »), ou son humour (« pour transposer aujourd'hui la légende d'Achille, imaginons Tennyson tué sur les marches de St Paul par un aigle - non c'est trop fantastique - imaginons-le tué par un taxi »).

  • Parce que le toujours jeune Lord Ickenham a porté son haut de forme de travers, Sir Raymond Barnstable, grand avocat aux ambitions politiques, écrit, pour fustiger la jeunesse, un roman sardonique et audacieux intitulé Cocktail Time. Mais, prudemment, il le publie sous un pseudonyme. Il fait cadeau de ses droits d'auteur et de l'honneur d'avoir écrit le livre à son neveu Cosmo sans savoir que ce dernier est sous la coupe d'un escroc nommé Oily qui le fait chanter en menaçant de révéler à ses électeurs qui est l'auteur de ce livre à scandale.

  • L'histoire s'alanguit sous le doux soleil de Suède, lors des vacances estivales de Peter, avec sa fiancée Lydia, «la Princesse». Après un long périple, le jeune couple arrive au château de Gripsholm, où ils passent trois semaines enchanteresses. Ils y reçoivent la visite d'un ancien camarade de Kurt, Karlchen, ainsi que d'une amie proche de Lydia, Billie.
    Parmi toute une série d'épisodes, une aventure érotique, audacieuse à l'époque de la République de Weimar, relève d'une fraîcheur insouciante le roman.
    Par la suite, l'intrigue prend une tonalité plus grave, lorsque les vacanciers tombent sur une petite fille vivant dans une garderie non loin du château, sous le joug d'une directrice sadique. Le couple décide alors de sauver l'enfant meurtrie...

  • Dans Le Grand Horloger, publié en 1946 et traduit en français un an plus tard par Boris Vian, Kenneth Fearing enclenche brillamment les rouages narratifs d'une mécanique originale : l'enquêteur et le mystérieux témoin d'un crime sont en réalité la même personne. Ce chef d'oeuvre du thriller américain a été adapté à deux reprises au cinéma, en 1948 (The Big Clock, film américain réalisé par John Farrow) et 1987 (No Way out, film également américain, réalisé par Roger Donaldson).

  • George Cyril Wellbeloved, porcher de Lord Emsworth, et Lavender Briggs, sa secrétaire, se laissent soudoyer par le Duc de Dunstable qui veut leur faire enlever l'Impératrice, l'inestimable truie de concours, pour la lui revendre trois mille livres. Heureusement, Lord Ickenham veille au grain tout en sauvant son filleul favori qui a eu l'imprudence de se fiancer avec deux jeunes filles en même temps.

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  • Il s'agit d'une compilation des billets d'humeur, témoignages, souvenirs, réactions à chaud sur des sujets d'actualité politique et sociale, qui valurent à Malaparte une renommée immédiate en Italie mais qui révèlent une facette de ses écrits moins connue en France. Ses prises de positions contre les ambivalences et atermoiements du gouvernement italien d'après-guerre, la désinvolture qu'entretient la toute jeune démocratie face à un récent passé fasciste, ses provocations, son irrévérence, sa grande culture, ses souvenirs foisonnants, le ton fraternel et chaleureux avec lequel Malaparte s'adresse à ses lecteurs, confèrent à ce recueil non seulement l'atmosphère d'une époque mais aussi une magnifique fresque de l'aprèsguerre, avec ses meurtrissures, ses espoirs et ses contradictions. Pour avoir tutoyé et provoqué en duel le Pape Pie XI (que Malaparte avait connu avant son élection), dans sa première prise de bec, Malaparte faillit être licencié par le directeur du Tempo. Mais devant l'augmentation des ventes du journal, dès la parution des premiers Battibecchi, celui-ci dû très vite se raviser. Le succès ne faiblira pas.
    Grâce à une plume acérée, provocatrice et engagée, le Curzio Malaparte des Battibecchi s'impose comme un intellectuel de premier plan, acteur et moteur du débat politique et culturel de son époque. Il ouvre la voie à un autre escarmoucheur de renom, son successeur à Tempo, Pier Paolo Pasolini...

  • Les Cosaques, achevé en 1862, constitue l'oeuvre la plus audacieuse de Tolstoï, celle où s'exprime avec le plus de violence sa nature charnelle et où surgit en pleine lumière le visage païen de sa personnalité complexe.
    Ce roman teinté d'autobiographie nous livre le souvenir vivace d'une expérience intime, celle d'un jeune citadin écoeuré par les frasques de sa vie mondaine qui découvre brusquement la vie paisible et simple des Cosaques. Dans sa quête du bonheur, Olénine, tout comme Tolstoï dans ses jeunes années, essaye de se dépouiller de tout l'acquis de son éducation pour devenir semblable à ceux qui l'entourent. Au milieu d'une nature partout présente et révérée, la vie du village est cadencée par les récoltes, la chasse, le bétail et les heures passées à l'ombre du verger.
    Certes les abreks, montagnards inféodés, rôdent non loin, mais ils ne sont considérés que comme une distraction de plus pour juger de la bravoure des jeunes cosaques. Les officiers russes, à l'instar d'Olénine, peinent à s'intégrer à ces hommes frustes dont ils admirent pourtant l'insouciance. Le héros du roman, émerveillé par cette vie nouvelle, n'en finira pas moins par fuir, déjà oublié par ceux-là mêmes en qui il portait toutes ses espérances.

  • « Les Célibataires anonymes » est, comme son nom l'indique, un club destiné à empêcher ses membres de se marier à tort et à travers. Ephraïm Trout, homme de loi américain, est un membre actif de cette organisation. Il se sent obligé de suivre son client, Ivor Llewellyn, à Londres pour l'aider de ses conseils en une dangereuse occurrence (il a rencontré une jeune actrice !). Il tente également, par tous les moyens, de contrecarrer les projets matrimoniaux de Joseph Pickering, jeune auteur dramatique dont la dernière comédie a fait un four noir et qui vient de rencontrer Sally à laquelle une vieille dame richissime a légué sa fortune à condition qu'elle s'abstienne de fumer pendant deux ans.

  • En 1920, Roth, le correspondant allemand le plus réputé de son époque, arriva à Berlin. Ses articles influencèrent toute une génération d'écrivains, parmi lesquels Thomas Mann. Ces textes, traduits et réunis ici pour la première fois, se font l'écho des violents paroxysmes sociaux et politiques qui menaçaient sans cesse l'existence de cette fragile démocratie qu'était la République de Weimar.

    Roth s'aventura à Berlin jusqu'au coeur de la cité, ce que ne fit aucun autre écrivain allemand de son temps, tenant la chronique de la vie qu'y menaient ses habitants oubliés, les infirmes de guerre, les immigrants juifs, les criminels, la faune qui hantait les bains publics, sans compter tous les cadavres anonymes qui remplissaient les morgues, et dépeignant aussi les aspects plus fantaisistes de la capitale, les jardins publics et l'industrie naissante du spectacle. Un des premiers à comprendre la menace nazie, Roth évoqua un paysage de banqueroute morale et de beauté débauchée, dressant au passage un remarquable portrait de la ville, à un moment critique de son histoire.

    Roth saisit et résume à lui seul l'Europe de ces temps incertains qui précédèrent le grand effondrement d'un continent et l'annihilation d'une civilisation.

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