Essais littéraires

  • " je transportais avec moi un tel fardeau de détresse que toute ma vie, j'étais sûr, se passerait à errer.
    " phrase prémonitoire et lucide, genet, toute sa vie, erra - entre crises et fulgurances créatrices. orphelin sans bien ni instruction né en 1910, genet bâtit seul son destin comme on compose un roman. il trouve le salut en pleine guerre, enfermé dans une cellule de prison, par le récit de ses turpitudes de voleur, de pédéraste et de traître. libéré en 1944, il invente des drames baroques et provocants et joue, à sa façon, sur la scène du monde.
    Il poursuit son chemin poétique en s'engageant pour les panthères noires aux états-unis et pour les palestiniens à qui il rend un ultime hommage dans une oeuvre joyeuse, qu'il écrit avant de mourir. arnaud malgorn raconte ici la vie et l'oeuvre de ce marginal exemplaire. marginal, genet l'est demeuré toute sa vie. exemplaire, il le fut, car jamais il ne s'est laissé fixer, figer. quinze ans après la mort de genet, son oeuvre paraît toujours aussi visionnaire.

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  • Pour échapper à une vie de mendiant, de voleur et de prostitué, Jean Genet s'engage à 20 ans comme caporal de l'armée de terre, en Syrie. Il fugue sans cesse et déserte à 25 ans. Après une jeunesse en forme. de longue dérive, il n'est plus de retour possible : il ira à l'encontre de toutes les règles pour accomplir son destin librement, écrire.

  • Un éclairage oblique, rasant, porté sur l'enfant Genet, gosse de l'Assistance, "petit Paris" placé chez des villageois d'Alligny-en-Morvan.
    L'auteur traque l'ombre du poète dans la vieille bâtisse où celui-ci passa son enfance. Dans les herbes des prairies qu'il foule à son tour, il en révèle l'empreinte. Il réveille les souvenirs des vieux du village et raconte non seulement l'enfant, mais le vieil homme revenu, brièvement, peu avant sa mort.
    " Sonnent 6 heures en ce milieu d'août 1924.
    Il écrit son roman pour les vaches, les champignons, l'herbe, les arbres, il est l'idiot du village, il parle aux poissons, aux sources, aux vipères, au ciel et ou silence."

  • «On dit que plus un rosier souffre et plus il donne de belles roses. Les jardiniers le savent, qui en plantant cet arbuste lui flanquent rituellement quelques coups, du plat de la pelle. Ainsi en était-il de Genet : chaque heure de souffrance à Mettray, pinçant les cordes de ses nerfs, faisait croître son génie. Bientôt il tirera lui-même de son désespoir, comme d'une harpe merveilleuse, les sons mélodieux du malheur.»
    Lydie Dattas.

    L'auteur
    Lydie Dattas est née en 1949 à Paris. En 1983, elle découvre les récits de Jean Grosjean. À leur lumière, elle relit les Évangiles et commence Le livre des anges. En 1994, elle a participé à la création du premier cirque tzigane d'Europe, le cirque Romanès. Elle a écrit notamment La Nuit spirituelle, Les amants lumineux, L'expérience de bonté, Le livre des anges (collection blanche, 2003) et, en collaboration avec Christian Bobin, La lumière du monde (collection blanche, 2001).

  • Genet à Barcelone

    Juan Goytisolo

    • Fayard
    • 31 Octobre 2012

    Juan Goytisolo rencontre Jean Genet en 1955. Dès lors, il ne perdra plus de vue l´auteur du Notre-Dame-des-Fleurs (1944) ni son oeuvre, même si Genet avait l´habitude de disparaître du jour au lendemain. Dans son travail d´écriture, Goytisolo revint à plusieurs reprises sur l´étonnante figure que fut son ami. En rassemblant les quatre grands essais qu´il lui a consacrés, Goytisolo construit à sa manière, très proche et très sensible, une biographie et une réhabilitation du poète incompris dans sa dernière oeuvre. Dans un premier récit (publié par El País en 2009), il raconte l´étape juvénile de l´auteur du Journal du voleur, lorsqu´il partageait la vie de la pègre barcelonaise dans le Barrio Chino et que, pour subsister, il se livra, quelques mois durant, au vol et à la prostitution. Dans « Le territoire du poète » (chap. III de Les Royaumes déchirés, Fayard, 1988), il fait un portrait délibérément fragmentaire de Genet à partir de la relation zigzaguante qu´il a entretenue avec lui jusqu´à la fin de années 70. Quand il apprend qu´il est atteint d´un cancer, Genet réduit le cercle de ses amis parisiens et se consacre à la rédaction du livre qui deviendra son chef-d´oeuvre : Un Captif amoureux. C´est à ce livre très attaqué que le fameux texte de Goytisolo « Genet et les Palestiniens : ambigüité politique et radicalité poétique » est consacré. « Le poète enterré à Larache » (La Forêt de l´écriture, Fayard, 1997) donne une nouvelle définition de la « sainteté » du chantre du vol, de la trahison et de l´homosexualité. Vient enfin quelques lettres que Genet avait adressées à Juan.

  • Jean Genet invite Samuel Beckett, qu'il n'a jamais rencontré, à partager avec lui un thé au café Hafa, à Tanger - un lieu populaire où se croisent amoureux, touristes et intellectuels.
    Ils bavardent, règlent des comptes imaginaires, rient, dansent, se fâchent, en attendant la visite improbable de Giacometti, leur ami commun...

  • Genêt à Chatila

    Jean Genet

    La rencontre de Jean Genet avec les Palestiniens fut déterminante : le texte publié ici sous le titre les Palestiniens, retrouvé et traduit de l'anglais, rend compte de quelques-unes des réflexions - sur la religion, les femmes, l'art ou la révolution - que lui inspira son séjour dans les bases de guérilla, en Jordanie, dès 1970. Mais c'est en septembre 1982 que tout bascula : au moment des massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila, l'écrivain est à Beyrouth. Bouleversé, il écrit Quatre Heures à Chatila, texte d'une violence inouïe, publié par Gallimard dans l'Ennemi déclaré (1991) et mis en scène par Alain Milianti en 1991, au Volcan du Havre.
    Le présent ouvrage, prolongement du spectacle, rassemble des interventions qui toutes mettent en lumière, dans la trajectoire de l'écrivain, l'importance de ce moment où se lient de manière indissoluble quête esthétique et action politique.

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  • Dialogues

    Jean Genet

    Dialogues avec Hubert Fichte (1975) et Bertrand Poirot-Delpech (1982).
    " Vous me reprochez d'écrire en bon français ? Premièrement ce que j'avais à dire à l'ennemi, il fallait le dire dans sa langue, pas dans la langue étrangère qu'aurait été l'argot. Seul un Céline pouvait le faire. Il fallait un docteur, médecin des pauvres, pour oser écrire l'argot. Lui, il a pu changer le français bien correct de sa première thèse de médecine en un argot, avec des points de suspension, etc.
    Le détenu que j'étais ne pouvait pas faire ça, il fallait que je m'adresse, dans sa langue justement, au tortionnaire. ".

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  • Jean Genet : né amputé de mère et de père, déposé au Bureau des Enfants abandonnés, jugé non contagieux et déporté dans le Morvan, au pays mor, c'est-à-dire au pays noir. Adressé au destin Poste Restante et personne pour le réclamer. Pour panser le blessé-né.
    Dès lors la Blessure déménage. Elle ne tient pas en place. Voyage de la Blessure en laquelle il fait son trou. S'il avait un bateau, Genet l'appellerait Lésion. Et que sa quille éclate. Son lot : avoir toujours à n'être, tout au long du fil de sa vie, qu'un être volant, que dis-je un mort volant, revenant de livre en livre se refaire l'acte manqué de sa naissance.

    Il le sait, comme avec lui Shakespeare, Dostoïevski ou Joyce, on entre en littérature par lésion. Par la suite chaque oeuvre vit de sa plaie originaire. J'en suis né, songe-t-il, je la porte, comme ma mère intérieure. On la lèche d'une langue vigoureuse, on la fait parler, on l'entretient, on poursuit avec elle un entretien fiévreux, sans consolation.

    Toute sa vie, la plaie, l'appeler, de tous ses voeux, la creuser. Jamais de paix. Il faut maintenir la vieille à vif, pour cela la réécrire, la remettre mille fois sur le chevalet, retourner en prison tous les livres, donner les fils à retordre, aller partout rêver au bagne perdu. De la perte on fait son gain.

    Un jour de mai 1974, Jean Genet me confie une lettre à porter à l'autre bout du monde, et depuis.

  • La Méditerranée est au coeur de l'existence de Jean Genet. Dès son enfance, il part, fugue, s'évade, s'engage dans l'armée, déserte et vagabonde. Ces errances clandestines nourrissent une large part de ses livres et sont prolongées, après sa sortie de prison et l'accès à la notoriété, par le voyage.
    Cet ouvrage, catalogue de l'exposition «Jean Genet, l'échappée belle» présentée au MuCEM, propose de retracer la vie de Jean Genet à travers trois oeuvres inscrites dans la géographie méridionale : Journal du voleur, Les Paravents et Un captif amoureux. Berceau des premières expériences et abri lumineux de la fin de sa vie, la Méditerranée est le pôle magnétique de sa trajectoire, celui auquel il revient obstinément.
    Grâce à des images d'archives, des photographies, des lettres et des extraits de ses manuscrits, cet ouvrage invite à suivre Genet au coeur de l'Espagne, de l'Algérie et du Moyen-Orient.

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