Littérature étrangère

  • Exploration de la beauté impérissable des derniers grands espaces sauvages américains, En descendant la rivière nous entraîne dans des paysages où le corps et l'esprit flottent librement. Et leur immensité réveille des méditations sur des sujets allant de la vie d'Henry David Thoreau à la militarisation des grands espaces. On y entend alors une condamnation passionnée des coups portés à notre patrimoine naturel au nom du progrès, du profit et de la sécurité. Rempli d'aubes enflammées, de rivières brillantes et de canyons radieux, ce recueil, inédit en France, est chargé d'une rage sincère et déchaînée contre la cupidité humaine.
    En descendant la rivière avec Edward Abbey, nous retrouvons l'auteur américain poète et provocateur à son meilleur, au moment où nous avons le plus besoin de lui.

  • " La fiction ne connaît nulle loi et sa liberté ne connaît aucune limite. La fiction, c'est la liberté. ».

    Inside Story est une invitation de Martin Amis en personne à parcourir sa vie, mais attention, sous la forme d'un roman s'il vous plaît ! Car d'après le grand provocateur des lettres britanniques, aucun espace n'offre plus de liberté que celui de la fiction. Nous voilà partis pour une grande aventure de vie d'écrivain, de sa genèse à ses temps forts, de ses nombreuses amours à ses mentors, le tout parsemé d'observations et conseils uniques en leur genre. On découvre alors un texte empli d'esprit et de malice qui nous balade dans le temps, les cocasseries, les souvenirs et les émois.

    Projet littéraire aussi colossal que loufoque, Inside Story est certes une ode à la vie de Martin Amis, mais surtout, une ode à la vie littéraire et à la liberté d'expression la plus totale. L'autofiction n'aura jamais été aussi bousculée.

  • Un bref instant de splendeur se présente sous la forme d'une lettre qu'un fils adresse à sa mère qui ne la lira jamais. Fille d'un soldat américain et d'une paysanne vietnamienne, elle est analphabète, parle à peine anglais et travaille dans un salon de manucure aux États-Unis. Elle est le pur produit d'une guerre oubliée. Son fils, dont la peau est trop claire pour un Vietnamien mais pas assez pour un Américain, entreprend de retracer leur histoire familiale : la schizophrénie de sa grand-mère traumatisée par les bombes ennemies au Vietnam, les poings durs de sa mère contre son corps d'enfant, son premier amour marqué d'un sceau funeste, sa découverte du désir, de son homosexualité et du pouvoir rédempteur de l'écriture.
    Ce premier roman, écrit dans une langue d'une beauté grandiose, explore avec une urgence et une grâce stupéfiantes les questions de race, de classe et de masculinité. Ocean Vuong signe une plongée dans les eaux troubles de la violence, du déracinement et de l'addiction, que la tendresse et la compassion viennent toujours adroitement contrebalancer. Un livre d'une justesse bouleversante sur la capacité des mots à panser les plaies ouvertes depuis des générations.

  • Près de dix ans se sont écoulés depuis la parution du dernier livre de Claire Keegan, pendant lesquels elle a animé des ateliers de creative writing dans le monde entier. À ses étudiants, elle enseigne avec constance que l'écriture est affaire de suggestion, jamais d'explication, et qu'un auteur accompli se doit de maîtriser sa phrase et sa structure, mais aussi le moindre de ses paragraphes.
    Ce genre de petites choses, son nouveau récit, est une éblouissante mise en pratique de ces préceptes. Dans une petite ville de l'Irlande rurale, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, s'active à honorer ses commandes de fin d'année. Aujourd'hui à la tête d'une petite entreprise et père de famille, il a tracé seul son chemin : accueilli dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d'autres enfants.
    En cette veille de Noël, il va déposer sa livraison au couvent où les soeurs du Bon Pasteur - sous prétexte de les éduquer - exploitent à des travaux de blanchisserie des « filles de mauvaise vie ».
    Ce qui se joue alors dans le coeur simple de cet homme, Claire Keegan va le laisser apparaître avec une intensité et une finesse qui donnent tout son prix à la limpide beauté de ce récit, aussi énigmatique et bouleversant que l'était Les Trois Lumières.

  • Mousse

    Klaus Modick

    Un botaniste vieillissant, de renommée internationale, se retire dans sa maison de famille dans la campagne allemande pour écrire un ultime ouvrage visant à critiquer les méthodes de la botanique moderne. À mesure qu'il avance dans la rédaction, il réalise que son travail scientifique consistant à répertorier et classer la flore du monde entier l'a en réalité tenu à l'écart de la nature, de sa vitalité et de son essence fondamentale.

    Et alors que sa force physique décline, son visage progressivement envahi par une mousse verte et mystérieuse, il se remémore le besoin compulsif qu'avait son père d'élaguer la végétation et de repousser toujours plus loin l'avancée naturelle de la forêt sur les limites de leur propriété. Il se souvient aussi, entre écriture et promenades, comment il a fui avec sa famille le fascisme naissant, ou encore ses premiers émois amoureux.

    Klaus Modick nous plonge ainsi dans les pensées d'un homme qui réexamine sa vie et accède à une compréhension nouvelle, et plus profonde, de l'amour, de la mort et du monde naturel. Il offre aussi une réflexion philosophique sur le langage et la manière qu'il peut avoir de nous tenir à l'écart du coeur vivant de ce qu'il désigne. Mousse explore enfin nos besoins les plus fondamentaux de transcendance et de connexion au monde, et livre un testament émouvant de notre relation intime à la nature.

  • Marco Carrera est le « colibri ». Comme l'oiseau, il emploie toute son énergie à rester au même endroit, à tenir bon malgré les drames qui ponctuent son existence. Alors que s'ouvre le roman, toutes les certitudes de cet ophtalmologue renommé, père et heureux en ménage, vont être balayées par une étrange visite au sujet de son épouse, et les événements de l'été 1981 ne cesseront d'être ravivés à sa mémoire.
    Cadet d'une fratrie de trois, Marco vit une enfance heureuse à Florence. L'été, lui et sa famille s'établissent dans leur maison de Bolgheri, nichée au sein d'une pinède de la côte Toscane. Cette propriété, qui devait symboliser le bonheur familial, est pourtant le lieu où va se jouer le drame dont aucun membre de la famille Carrera ne se relèvera tout à fait. En cet été 1981, celui de ses vingt-deux ans, se cristallisent les craintes et les espoirs de Marco qui devra affronter la perte d'un être cher et connaîtra un amour si absolu qu'il ne le quittera plus.
    Grâce à une architecture romanesque remarquable qui procède de coïncidences en découvertes, Veronesi livre un roman ample et puissant qui happe le lecteur dans un monde plus vrai que nature où la vie, toujours, triomphe.

  • Le train des enfants

    Viola Ardone

    Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d'autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial.
    Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie. Déchiré entre l'amour maternel et sa famille d'adoption, quel chemin choisira-t-il ?
    S'inspirant de faits historiques, Viola Ardone raconte l'histoire poignante d'un amour manquée entre un fils et sa mère. Immense succès en Italie et en cours de traduction dans 29 pays, ce roman remarquable révèle une auteure d'exception.

  • «Les Salemi, notamment, acceptaient tous les travaux saisonniers et, la période d'essai passée, ils étaient pris aussitôt de violents maux de tête, de syndromes dépressifs ou de rages de dent. Et l'entreprise ne les revoyait plus jusqu'à la fin de leur contrat. Ils arrondissaient leur salaire avec quelques petits travaux au noir ou la vente à la sauvette de ballons, piazza Duomo. Je me sentais vraiment bien dans ce 'petit monde moderne', où l'on empruntait de l'argent sans jamais le rendre et où on se roulait affectueusement l'un l'autre. Mais qui carottait qui??» Giovannelli expose sans fard l'existence erratique de Salvatore Messana. De la Seconde Guerre mondiale aux années de plomb, cet énergumène fait preuve d'un zèle remarquable pour mener l'inverse d'une vie bien rangée.
    Ce personnage inoubliable est, dès son plus jeune âge, davantage porté sur la magouille que sur la religion, et fait ses gammes en volant des camions, entre deux balades en vespa. Séducteur invétéré, il découvre les charmes de l'adultère avec la belle Marcella, avant de répondre à l'appel du grand large pour éviter les ennuis, de la Turquie au Brésil. Véritable maître en matière de combines véreuses, son désaveu constant de la discipline le mène à fréquenter tant les gangsters milanais que la classe ouvrière. L'occasion pour lui d'affermir une bonne fois pour toute son dégoût du travail...
    Pour ne jamais travailler, rien de mieux que de connaître à la lettre le Code du travail. Passé maître dans l'art de la perception d'indemnités de licenciement, il plumera ses chefs les uns après les autres, avec une grâce éminemment savoureuse. Difficile de ne pas s'enthousiasmer pour un tel individu, chez qui la lutte des classes prend des allures de partie de Monopoly, où le jackpot n'est finalement jamais très loin de la case prison?!

  • Soeurs

    Daisy Johnson

    Juillet a une soeur de dix mois son aînée, Septembre. Elles sont inséparables. Mais Septembre peut se montrer terrifiante. Elle pousse Juillet à faire des choses qu'elle ne veut pas. Et, comme hypnotisée par le regard noir de sa soeur, Juillet obéit.
    Depuis « l'incident », tout a changé. Elles ont dû déménager loin d'Oxford avec leur mère Sheela, écrivaine pour enfants, dans une vieille maison au bord de la mer, qui, si l'on tend bien l'oreille, semble animée d'une vie propre. Le sommeil y est impossible et les rêves sans fin. L'atmosphère devient brumeuse et étouffante pour Juillet. Tandis que les deux adolescentes font leurs premiers pas dans le monde du désir et de la sexualité, un vent de violence se lève.
    À mesure que le lecteur remonte le fil jusqu'à ce fameux incident, l'auteure fait germer une cruelle pensée dans la tête du lecteur : et si Juillet n'obéissait finalement qu'à elle-même ?
    Daisy Johnson nous plonge dans un univers gothique, âpre et ardent où explose la fureur de l'adolescence.

  • Ils sont trois, une femme et deux hommes. Alors qu'il est toujours plus difficile d'accéder à l'emploi au sortir de ses études, ces trois personnages banals et sans liens apparents se voient proposer un travail à l'Usine.
    L'Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d'une ville et qui s'étend à perte de vue, jusqu'aux montagnes environnantes. C'est là qu'ils vont désormais travailler, à des postes pour le moins curieux : l'un d'entre eux est chargée d'étudier des mousses pour végétaliser les toits, un autre relit des écrits de toutes sortes et les corrige. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse, et passe ses journées à détruire des documents. Très vite, la monotonie et l'absence de sens les saisit, mais quand on n'a pas le choix car il faut bien gagner sa vie, on est prêts à accepter beaucoup de choses... Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de leur existence ?
    Dans une ambiance kafkaïenne où la réalité perd peu à peu de ses contours, et alors que d'étranges animaux commencent à rôder dans les rues, les trois narrateurs se confrontent de plus en plus à l'emprise de l'Usine.
    Hiroko Oyamada livre un roman sur l'aliénation au travail où les apparences sont souvent trompeuses.

empty