L'université, Lacan

  • L'hospitalité reçue de l'École normale supérieure, un auditoire très accru indiquaient un changement de front de notre discours.
    Pendant 10 ans, il avait été dosé aux capacités des spécialistes ; sans doute seuls témoins recevables de l'action par excellence que leur propose la psychanalyse, mais, aussi, bien, que les conditions de leur recrutement laissent très fermés à l'ordre dialectique qui gouverne notre action.
    Nous avons mis au point un organon à leur usage, en l'émettant selon une propédeutique qui n'en avançait aucun étage avant qu'ils aient pu mesurer le bien-fondé du précédent.
    C'est la présentation que nous devons renverser, nous parut-il, trouvant dans la crise moins l'occasion d'une synthèse que le devoir d'éclairer l'abrupt du réel que nous restaurions dans le champ légué par Freud à nos soins.

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  • Il faut avoir lu ce recueil, et dans son long, pour y sentir que s'y poursuit un seul débat, toujours le même, et qui, dût-il paraître dater, se reconnaît pour être le débat des lumières.
    C'est qu'il est un domaine où l'aurore même tarde : celui qui va d'un préjugé dont ne se débarrasse pas la psychopathologie, à la fausse évidence dont le moi se fait titre à parader de l'existence.
    L'obscur y passe pour objet et fleurit de l'obscurantisme qui y retrouve ses valeurs.
    Nulle surprise donc qu'on résiste là même à la découverte de Freud, terme qui se rallonge ici d'une amphibologie : la découverte de Freud par Jacques Lacan.
    J.L.
    ( Début du prière d'insérer, 1966 ) Pour la première fois en édition de poche, le texte intégral des Écrits.

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  • Le lecteur apprendra ce qui s'y démontre : l'inconscient relève du logique pur, autrement dit du signifiant.
    L'épistémologie ici fera toujours défaut, si elle ne part d'une réforme, qui est subversion du sujet.
    L'avènement ne peut s'en produire que réellement et à une place que tiennent présentement les psychanalystes.
    C'est à transcrire cette subversion, du plus quotidien de leur expérience, que Jacques Lacan s'emploie pour eux depuis quinze ans.
    La chose a trop d'intérêt pour tous, pour qu'elle ne fasse pas rumeur.
    C'est pour qu'elle ne vienne pas à être détournée par le commerce culturel que Jacques Lacan de ces écrits fait appel à l'attention.
    J.L.
    ( Fin de la prière d'insérer, 1966 ) Pour la première fois en édition de poche, le texte intégral des Écrits.

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  • encore

    Jacques Lacan

    Vous n'avez qu'à aller regarder à Rome la statue du Bernin pour comprendre tout de suite qu'elle jouit, sainte Thérèse, ça ne fait pas de doute. Et de quoi jouit-elle ? Il est clair que le témoignage essentiel des mystiques, c'est justement de dire qu'ils l'éprouvent, mais qu'ils n'en savent rien.

    Ces jaculations mystiques, ce n'est ni du bavardage, ni du verbiage, c'est en somme ce qu'on peut lire de mieux. Ce qui se tentait à la fin du siècle dernier, au temps de Freud, ce qu'ils cherchaient, toutes sortes de braves gens dans l'entourage de Charcot et des autres, c'était de ramener la mystique à des affaires de foutre. Si vous y regardez de près, ce n'est pas ça du tout. Cette jouissance qu'on éprouve et dont on ne sait rien, n'est-ce pas ce qui nous met sur la voie de l'ex-sistence ? Et pourquoi ne pas interpréter une face de l'Autre, la face Dieu, comme supportée par la jouissance féminine ?

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  • J'ai trouvé à votre usage une très curieuse ordonnance de 1277. À ces époques de ténèbres et de foi, on était forcé de réprimer les gens qui, sur les bancs de l'école, en Sorbonne et ailleurs, blasphémaient ouvertement pendant la messe le nom de Jésus et de Marie. [.] Les punitions les plus sévères étaient édictées contre ceux qui jouaient aux dés pendant le saint sacrifice. Ces choses me semblent suggérer l'existence d'une dimension d'efficace qui manque singulièrement à notre époque. Et ce n'est pas pour rien que je vous fais jouer au jeu de pair ou impair. [...] C'est avec le symbolisme, c'est de ce dé qui roule que surgit le désir. Je ne dis pas désir humain car, en fin de compte, l'homme qui joue avec le dé est captif du désir ainsi mis en jeu. Il ne sait pas l'origine de son désir, roulant avec le symbole écrit sur les six faces.
    (Chapitres 17 et 18).

    Jacques Lacan (1901-1981) :
    Figure incontournable de la psychanalyse, il a marqué le paysage intellectuel français et international. Son oeuvre, en grande partie constituée par son enseignement - le Séminaire -, est publiée aux Éditions du Seuil.

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  • Thèse publiée non sans réticence.
    À prétexter que l'enseignement passe par le détour de midire la vérité.
    Y ajoutant : à condition que l'erreur rectifiée, ceci démontre le nécessaire de son détour.
    Que ce texte ne l'impose pas, justifierait la réticence.
    J. L.

    De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité constituait la thèse de doctorat en médecine de Jacques Lacan, éditée une première fois en octobre 1932.

    Jacques Lacan (1901-1981) :
    Figure incontournable de la psychanalyse, il a marqué le paysage intellectuel français et international. Son oeuvre, en grande partie constituée par son enseignement - le Séminaire -, est publiée aux Éditions du Seuil.

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  • Le maître interrompt le silence par n'importe quoi, un sarcasme, un coup de pied.
    C'est ainsi que procède dans la recherche du sens un maître bouddhiste, selon la technique zen, car il appartient aux élèves eux-mêmes de chercher la réponse à leurs propres questions. Le maître n'enseigne pas ex cathedra une science toute faite, il apporte la réponse quand les élèves sont sur le point de la trouver.
    Cet enseignement est un refus de tout système. Il découvre une pensée en mouvement - prête néanmoins au système, car elle présente nécessairement une face dogmatique. La pensée de Freud est la plus perpétuellement ouverte à la révision. C'est une erreur de la réduire à des mots usés. Chaque notion y possède sa vie propre. C'est ce qu'on appelle précisément la dialectique.

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  • Dans L'Institution imaginaire de la société, Cornelius Castoriadis expose ses « idées mères » - l'être comme création, l'imagination comme spécificité de la psyché, à laquelle répond l'imaginaire social des collectivités humaines, le projet d'autonomie... Ce premier volume des Carrefours du labyrinthe, qu'il a élaboré parallèlement, entreprend de mettre à l'épreuve la fécondité de ses idées et s'oppose par là même à la prétention scientiste là où elle s'est installée : psychanalyse, linguistique, économie politique.

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  • " l'aliénation ou hétéronomie de la société est auto-aliénation; occultation de l'être de la société comme auto-institution à ses propres yeux, recouvrement de sa temporalité essentielle...
    A ce point de vue, une part essentielle de la pensée héritée n'est que rationalisation de cette hétéronomie de la société et, comme telle, une de ses manifestations. ses réponses à la question du monde et de l'histoire se situent toujours sur un terrain d'où sont, par construction, exclus l'imaginaire radical comme social-historique et comme imagination radicale, l'indétermination, la création, la temporalité comme auto-altération essentielle.
    " critique sans concession de la " pensée héritée " sur la politique, la société et l'histoire, et en particulier de sa version marxiste, ce livre inclassable s'est affirmé comme une des oeuvres majeures de la deuxième moitié du xxe siècle, au carrefour de la politique, de la philosophie, de la psychanalyse et de la réflexion sur la science.

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  • " L'individu moderne vit dans une course éperdue pour oublier à la fois qu'il va mourir et que tout ce qu'il fait n'a strictement pas le moindre sens. " Les intellectuels ont tellement parlé depuis plus d'un siècle de la crise du sens qu'on a fini par ne plus y croire - par oublier que cela pourrait concerner un jour la société tout entière. La montée de l'insignifiance, c'est l'entrée dans une société qui n'a plus d'image d'elle-même, à laquelle les individus ne peuvent plus s'identifier, où les mécanismes de direction se décomposent. Mais une société qui refuse l'autolimitation et l'acceptation de la mortalité est vouée à l'échec. Des deux grandes significations constitutives du monde moderne, celle qui avait fini par s'imposer sans partage - l'expansion illimitée - est aujourd'hui en crise. L'éclipse de l'autre - l'autonomie individuelle et collective - sera-t-elle durableoe Saurons-nous créer de nouvelles façons d'être ensembleoe Les questions soulevées dans ces textes de 1982-1995 se posent à nous de façon toujours plus pressante.

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  • " Le régime a écarté de lui-même les quelques moyens de contrôle que cent cinquante ans de luttes politiques, sociales et idéologiques avaient réussi à lui imposer. [ ... ] Les firmes transnationales, la spéculation financière et même les mafias au sens strict écument la planète, guidées uniquement par la vision à court terme de leurs profits. " Ces jugements pouvaient sembler excessifs quand ils furent formulés il y a une quinzaine d'années par Cornelius Castoriadis. Il n'en est peut-être plus de même aujourd'hui. Face à la réalité d'un monde caractérisé par la destruction des significations, la décomposition des mécanismes de direction et le retrait des populations de la sphère politique, Castoriadis a défendu inlassablement - comme on peut le voir dans cet ensemble d'entretiens et de débats - le projet d'une société autonome : une société réellement démocratique qui se donne ses propres lois et où tous participent effectivement aux affaires communes.

  • Notre époque vivrait-elle un effondrement de l'imagination politique, un laisser-aller intellectuel généralisé ? on dirait parfois que se sont dilués tous les critères, évaporés les repères les plus élémentaires.
    Ce vide étrange rend d'autant plus impérieuse l'exigence de penser lucidement et rigoureusement notre monde. avec ce second volet des carrefours du labyrinthe, cornelius castoriadis poursuit et approfondit son travail, en témoignant de ce qu'il nomme ses " idées mères ". il nous rappelle que nous sommes responsables de notre destin et qu'il faut s'atteler au double mouvement de critique sans indulgence de l'" ordre des choses " et de retour aux sources de notre tradition gréco-occidentale pour y revivifier ce qui prépare son dépassement.

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  • Dans sa stérilité, l'époque s'empresse de proclamer la fin de la philosophie, la clôture de la métaphysique ou la nécessité de nous soumettre derechef à la loi révélée par un autre inaccessible.

    La fin de la philosophie signifierait la fin du projet d'autonomie. et ce projet, partiellement incarné dans l'histoire gréco-occidentale, se trouve menacé. expansion autonomisée et létale de la techno-science ; évanescence du conflit politique et social ; démission des intellectuels empressés autour des pouvoirs, tout conspire à créer un type d'être humain absorbé par la consommation et le plaisir du moment, tout à la fois cynique et conformiste.
    Comment, avec de tels citoyens, la fameuse démocratie pourrait-elle fonctionner ou même à la longue survivre ?.

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  • Le dernier volume des Carrefours du labyrinthe. Le dernier volume (posthume) de la série des six Carrefours du labyrinthe, devenue une référence dans le domaine des idées, non seulement en France mais à l'étranger. Sur les limites de la " rationalité " du capitalisme, la démocratie comme auto-institution explicite de la société, l'interrogation philosophique sur la science et la psyché, Cornelius Castoriadis approfondit dans les textes regroupés ici quelques-uns des thèmes déjà travaillés auparavant. Sous la rubrique " Poièsis ", il aborde plus franchement des aspects de la création humaine - les moyens d'expression de la poésie, l'anthropogenèse chez les tragiques grecs du Ve siècle - qui, pour ne pas être entièrement nouveau chez Castoriadis, avaient rarement été affrontés par lui sous e jour.

  • "Ni fait ni à faire", disaient autrefois les dames bourgeoises du travail de leurs bonnes quand elles en étaient mécontentes. Fait et à faire pourrait être le sous-titre de tout travail philosophique digne de ce nom. Nous ne philosophons pas pour sauver la révolution, mais notre pensée et notre cohérence. La philosophie est la prise en charge de la totalité du pensable - et il nous faut penser ce que nous faisons. La voie de la philosophie s'ouvre nécessairement lorsqu'on réfléchit aux sciences et à leur histoire. Mais, plus encore, la réflexion du social-historique et du psychique est philosophiquement privilégiée. Société, histoire, psyché ne sont pas des conditions extérieures et triviales de la philosophie. Elles lui fournissent l'élément de son existence et, surtout, elles s'expriment dans la philosophie. Car la philosophie, création de significations, est oeuvre de l'imaginaire des sociétés et de l'imagination des êtres humains singuliers.

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