Les prêtresses de la souffrance

À propos









Léonie eut un sursaut quand la main de l'inconnue lui frôla les
fesses








   Léonie eut un
sursaut quand la main de l'inconnue lui frôla les fesses.

 

- Comme tu es nerveuse ! Depuis
le temps, tu devrais pourtant avoir l'habitude.

 

   La patronne de
la boutique marmonna un « oui, grande maîtresse ! » qui s'acheva en un cri
strident. Les lanières du martinet avaient claqué sur ses fesses, traçant un
bouquet de lignes rouges. Elle bredouilla :

 

- Pas si fort, je vous en prie,
grande maîtresse, ça fait trop mal !

- C'est moi qui décide, et je te
rappelle la règle : tu dois compter les coups. Je repars à zéro !

 

   Implacable, la
femme frappa à tour de bras pendant que son souffre-douleur énonçait tant bien
que mal le nombre de volées qui s'abattaient sur son derrière. Ce dernier prit très
vite une teinte rouge uniforme. La blonde ne ménageait pas ses forces et elle
avait beau être mince, ses muscles semblaient d'acier. En s'abattant, les
lanières sifflaient et le bruit du coup se répercutait dans l'arrière-boutique.
Agnès en était toute remuée. Chaque cinglée provoquait une crispation dans son
ventre, comme si c'était elle qui la recevait, mais elle ne savait pas ce qui
l'impressionnait le plus : le spectacle de sa patronne se faisant fouetter ou
l'exultation méchante qu'elle lisait sur le visage de l'inconnue. Une autre chose
l'étonnait aussi : Léonie geignait mais ne bougeait pas, alors que son cul
virait à présent du rouge vif au cramoisi. A sa place, elle aurait hurlé et
gigoté sous la douleur.

   La femme ne
cessa de frapper qu'au trentième coup. Léonie dut de nouveau se plier à la
cérémonie du baise-main à genoux pour la remercier de la punition qu'elle venait
de recevoir. Derrière la porte, Agnès réalisa qu'il n'était pas prudent de
rester. Le spectacle était terminé ; l'inconnue allait sans doute partir et
mieux valait ne pas être surprise.

   La jeune fille
quitta le magasin, en veillant à verrouiller la porte pour que personne ne se
doute que quelqu'un était entré pendant la correction de sa patronne. Au bas de
la rue, il y avait un square avec des bancs. Elle alla s'asseoir sur l'un
d'eux. Il lui fallait remettre de l'ordre dans ses pensées. Question sexe, elle
n'était pas une oie blanche, loin de là. Elle avait même eu des expériences
très perverses, mais elle n'avait jamais pensé que Léonie était une adepte de
la fessée. Pourtant le doute n'était plus permis. Sa patronne n'avait pas
bronché sous les coups. De la passivité à la complicité, il n'y avait qu'un
pas. Agnès ne l'ignorait pas.

   Au bout d'un
moment, elle réalisa que l'heure tournait et qu'il était temps de reprendre le
travail. L'inconnue devait être partie à présent. Malgré tout, une certaine crainte
la tenaillait alors qu'elle approchait du magasin. Et si jamais elle croisait
la femme ? Pourrait-elle, dans ce cas, cacher sa gêne ? La vue de la patronne
devant la porte de la boutique la rassura. Tout allait bien.

   Rien, sinon
peut-être une légère rougeur des yeux, ne laissait deviner que Léonie venait de
se faire tanner cruellement le cul. Agnès qui, à présent qu'elle ne redoutait
plus de se retrouver face à l'inconnue, sentait sa curiosité se réveiller, en
fut pour ses frais. Il fallait croire que sa patronne était bonne comédienne
pour faire semblant de rien après la raclée qu'elle avait subie. Agnès entra
dans le magasin et se figea en apercevant l'inconnue examinant des rouleaux de
papier peint.








Rayons : Littérature générale > Romans & Nouvelles de genre > Erotisme

  • EAN

    9782362371998

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