Ce livre est l'histoire, fidèle, rigoureuse, éminemment documentée et absolument romanesque d'un pays. L'histoire d'un peuple, d'une nation, d'un fleuve sur lequel s'aventurèrent Stanley et les premiers marchands d'esclaves, les envoyés du roi des Belges, et ceux venus tracer les lignes frontalières de cette immensité géographique appelée Congo.
Ainsi David Van Reybrouck retrace-t-il le destin tumultueux de ce pays, de la préhistoire à nos jours. De la colonisation à l'indépendance, il entremêle les faits historiques et le récit de ses rencontres, son livre prend alors une dimension très personnelle où l'empathie à l'égard de ses interlocuteurs est fondamentale. Parmi ces figures généreuses, le lecteur se souviendra de ces anciens qui content au jeune Belge des aventures extraordinaires remontant jusqu'à l'époque précoloniale.
Alternant passages explicatifs et narratifs, David Van Reybrouck prend tour à tour sa plume d'historien, de romancier, de journaliste et d'auteur de théâtre - quatre "territoires" d'écriture - qu'il travaille avec virtuosité, passant de l'ample rigueur d'une Histoire du Congo à la sensibilité littéraire d'un grand récit de voyageur : une construction qui donne à ce livre son rythme, sa vivacité, sa singularité. Au fil du temps, il rencontre des acteurs essentiels des débuts de l'indépendance, de l'ère Mobutu et des guerres qui ont éprouvé le pays depuis l'arrivée au pouvoir des Kabila, il retrouve des victimes et des bourreaux - tel ce seigneur de guerre au Kivu - qui se confient à lui et offrent des témoignages inédits où le tragique le dispute à un comique féroce.
Mais Congo, une Histoire est aussi un hymne jubilatoire à la vitalité de tout un peuple, à sa créativité musicale et artistique, à sa capacité de survie dans une économie de la débrouillardise qui, en l'absence de structures, se mondialise naturellement : alors que s'installent déjà une population chinoise venue exploiter les richesses du sous-sol, certains importateurs congolais vont aujourd'hui se fournir à Guangzhou.
Le XXIe siècle sera peut-être celui de l'âge d'or du Congo.
Paru à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance du Congo, ce grand livre a valu à son auteur le prix Ako (le Goncourt belgo-néerlandais). Véritable best-seller en V. O. (plus de 300 000 exemplaires vendus), Congo est traduit dans de nombreux pays.
Pourquoi cet engouement international ? Parce que nous avons tous en Europe un passé colonial et l'histoire du Congo est le symbole même de la mainmise européenne sur l'Afrique, de ses succès, de ses excès, de ses échecs et des conséquences brûlantes de nos récentes interventions sur le continent africain.
David Van Reybrouck est né à Bruges en 1971. Il a étudié l'archéologie et la philosophie aux universités de Louvain et de Cambridge et a un doctorat de l'université de Leyde. Il a été professeur invité à Barcelone et Paris et chercheur postdoctoral au sein du département d'histoire de l'université de Louvain. Il vit à Bruxelles. D'année en année, Van Reybrouck a sillonné l'Afrique. Il a d'ailleurs publié en mai 2010 Congo. Een geschiedenis (Une histoire du Congo), l'histoire captivante du pays le plus dévasté de l'Afrique. Loin de se contenter d'être observateur, Van Reybrouck s'est aussi investi dans l'organisation d'ateliers littéraires pour des auteurs de théâtre congolais à Kinshasa et Goma. Son premier livre De plaag (2001, traduction Le Fléau, Actes Sud, 2008), qui tient à la fois du récit de voyage et du roman policier littéraire, plaçait déjà l'action dans l'Afrique du Sud post-apartheid. Co-éditorialiste de longue date pour le quotidien flamand De Morgen, Van Reybrouck a coédité un ouvrage sur le futur de la Belgique Waar België voor staat (Les défis de la Belgique, 2007) et un pamphlet, Pleidooi voor populisme (Un plaidoyer pour le populisme, 2008), qui a suscité quelque polémique. Ses essais et reportages ont été publiés dans différents journaux et revues : De Morgen, Knack, NRC-Handelsblad, de Volkskrant, de Groene Amsterdammer et Vrij Nederland. David Van Reybrouck poursuit aussi une carrière d'écrivain de théâtre. ). Il a publié en janvier 2011 Mission suivi de L'Âme des termites chez Actes Sud-Papiers. Sa première pièce Die Siel van die Mier (L'âme des termites, 2004) est partie en tournée plusieurs années en Belgique et à l'étranger et a reçu le prix de Théâtre de l'Union de la langue néerlandaise en 2004 ainsi que le Prix quinquennal pour les arts de la scène décerné par l'Académie royale de langue et de littérature néerlandaises. N a été jouée au Toneelhuisen 2006 dans une mise en scène de Peter Krüger. Van Reybrouck a reçu le Arkprijs van het Vrije Woord, (le prix de l'Arche de la libre parole) le plus prestigieux prix flamand accordé chaque année à une personnalité ou organisation publique, un intellectuel, un artiste ou un écrivain. Poète, Il contribue régulièrement à la revue littéraire Het Liegend Konijn. Il a fondé le Collectif bruxellois de poètes, une initiative plurilingue et multiculturelle (performances, vers classiques, slam et expérimentation). Fasciné par les arts visuels, Van Reybrouck a collaboré à des livres avec de grands photographes tels que Stephan Vanfleteren (Belgicum, 2007) et Carl De Keyzer (Congo (belge), 2009), ainsi que le peintre et sculpteur Koenraad Tinel (Scheisseimer, 2009). Il a remporté fin 2010, coup sur coup, trois grands prix littéraires en Belgique
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